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Shooting Stars • LIBRE

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Lun 17 Sep - 3:21
Une odeur de pâte cuite s'évaporait dans l'air tandis qu'un air tranquille et électronique grésillait dans une petite radio, sur le plan de travail. On passait une musique de Massive Attack. Tiberius se dandinait paresseusement dessus.

Movin'up slowly...

Les cuisines avaient été désertées par les elfes de maison, après le repas. C'était l'idéal. Tiberius avait beaucoup réfléchit à comment il allait pouvoir réaliser sa petite recette. Il avait d'abord pensé à faire ça par magie, dans un petit coin secret. Mais sans les ustensiles nécessaires, ça aurait été compliqué. Il avait aussi pensé à les voler. Mais cuire de manière magique des fournées entières... Non non, la solution la plus simple était bien souvent la meilleure. Après les repas, personne n'irait squatter les cuisines. Qui étaient de toute façon interdites. Et Tiberius flirtait légèrement avec le couvre-feu. D'ici... Une demi-heure. Première ronde. C'était parfait : Tiberius s'était calé sur la ronde de ses amis Persson. Prévenus, ils ne feraient pas cas d'une odeur de gâteau qui s'échappe des cuisines. Une odeur de gâteau et légèrement d'épice.

Un saladier volait au-dessus d'un évier et mélangeait une pâte dense et onctueuse. Brune. Tiberius était penché sur des petites têtes de fleur, les manches retroussées, la baguette entre les dents. Méticuleusement, il triait. Puis de temps en temps, passait un coup de baguette sur les plantes pour arranger quelques imperfections manuelles ou envoyer un ordre à son orchestre gastronomique.

Il avait déjà sorti une première fournée. Mh. Perfectible. Quelques bords des gâteaux avaient brûlé. L'odeur était indétectable. Le chocolat masquait presque tout. Il en prit un. Il avait mal dosé. On sentait un léger goût un peu âcre peaufiner les nuances chocolatées censées dissimuler les saveurs répugnantes de l'herbe. Se mettre bien avec des gâteaux et de façon discrète, c'était bien. Que ce soit bon, c'était mieux.

Tiberius l'avait plus ou moins promis à quelques amis. Ils s'étaient enthousiasmés à l'idée de pouvoir goûter aux effets furtivement entre deux cours. C'était discret et beaucoup plus pratique qu'à fumer. Tiberius avait fait le plus gros. Évidemment. Personne n'avait osé s'y coller et il apparaissait que Tiberius ait atteint un certain stade dans son suicide scolaire pour s'y pencher sans trop d'angoisse. Pourtant, quelques uns s'étaient amusés à lui trouver les graines. Quelques autres avaient nourris la plante. D'autres encore avaient donné leurs conseils ou avaient fournis quelques instruments. Tiberius avait même reçu des cours particuliers de sortilèges ménagers de la part d'une camarade pour apprendre à « réussir tes petits plats à tous les coups ». En somme, un joyeux travail d'équipe où chacun avait tenté de participer à sa façon. C'était fun. Ludique. Drôle. Excitant. Et ils seraient dûment récompensés.

Tiberius pris l'herbe séchée transformée en petite poudre épaisse et bien grasse. Il dosa méticuleusement puis abandonna sa part dans le saladier. Un fouet enchanté continuait à touiller dedans. Attendre trois quart d'heure que la pâte prenne bien les effets. Que tout soit homogène.

Une fois qu'il secoua ses mains au-dessus du saladier, il le laissa à son labeur pour commencer à ranger. Le plus important : Le reste des fleurs qu'il rassembla dans un petit pochon avant de l'enfourner dans sa poche. Avec sa main, il tenta de récupérer un peu de pollen sur la table pour en saupoudrer les brownies déjà cuits et encore tout chauds. Avec les vapeurs, le pollen y fondrait. Quitte à ce qu'ils soient trop dosé, autant en profiter à fond.

Puis, d'un air tranquille, exempt de tout soupçon à présent que les preuve compromettantes avaient disparu (ne restait dans l'air d'une vague odeur acide mêlée aux parfums encore tenaces de sa cuisson), il se mit à tranquillement ranger le reste. Un coup de baguette par ici. Un petit rangement à la main par-là. Puis il en vint à s'occuper de ses gâteaux. Il prit un carré dans sa bouche et emballa les premiers dans des petites serviettes.


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Lun 17 Sep - 9:30
Saint-Nicolas, fête des enfants. Margaret et sa sœur, quoi qu’elles fussent trop grandes depuis longtemps pour ce genre de choses, avaient chacune reçu le matin même, de la part de leurs parents, un petit paquet de noix caramélisées. Meg avait baissé le nez en riant : elle pouvait bien se moquer, elle-même avait ciré ses chaussures par habitude au cas où le saint patron de Galway serait passé pendant la nuit lui apporter quelques petites étrennes dedans.

Enfant, le six décembre était l’une de ses fêtes préférées. L’après-midi, leur gouvernante leur donnait congé et les accompagnait plutôt au village de Dingle. Le but était d’y effectuer le plus d’actes charitables possibles sans se faire repérer, un jeu de cache-cache follement amusant rendu particulièrement aisé par l’usage de la magie. Voir la tête des moldus lorsqu’au supermarché, le bocal de sauce tomate trop haut à atteindre pour une grand-mère volait gentiment dans son caddie !  Quand la porte de sa maison s’ouvrait toute seule devant la mère de famille poussant laborieusement une poussette double ! Quand il pleuvait pour de vrai des chocolats dans la cour de l’école ! Mathair et Athair faisaient en cette occasion de conséquentes donations pécuniaires, mais Meg avait toujours considéré avoir le meilleur rôle, juste pour l’air émerveillé des gens face à un petit miracle. Il ne serait jamais venu l’idée à personne de leur reprocher de risquer le Code International du Secret Magique cette après-midi-là de l’année : dans le pays où Saint Nicolas était enterré, des évènements étranges étaient attendus sans que l’on se pose la moindre question.

Toutefois, Meg n’avait pas bien ri longtemps. A quinze ans, elle n’était plus une enfant et de violentes crampes l’avaient empêchées de finir son petit déjeuner en paix. Elle avait eu toutes les peines du monde à remonter jusqu’à la Tour de Serdaigle, et avait passé la journée roulée en position fœtale dans son lit autour d’une bouillotte. Ses camarades de dortoir avaient proposé de l’accompagner à l’infirmerie, mais elle avait fermement refusé. D’abord, l’idée de devoir affronter de nouveau les marches, quand elle avait l’impression que ses jambes allaient se détacher d’un moment à l’autre de son corps, la révulsait. Ensuite, elle était beaucoup trop mortifiée pour prononcer les mots « douleurs menstruelles » devant une infirmière. Elle était du parti qu’il n’y avait qu’à attendre que ça passe. Ce genre de mauvaise passe n’était pas si fréquente chez elle, et ne devrait pas durer longtemps.

Le soir était venu, et émergeant de sa léthargie, la Serdaigle réalisa qu’elle avait dû s’endormir un peu, enfin, puisque ses camarades s’étaient couchées sans qu’elle s’en rende compte, et que sa douleur avait sensiblement reflué. Ouf. Elle regarda sa montre, eut un sursaut, et fila aux toilettes avant d’enfiler sa robe de chambre et ses fidèles et silencieuses ghillies. Son estomac criait famine, et une sortie nocturne s’imposait.

Nécessité est mère de la créativité. L’année dernière, outre la Volière, les cuisines avaient parfois figuré sur sa liste de petites rapines et excursions nocturnes illégales. Les gens retranchés dans la Salle sur Demande devaient bien se nourrir, et Abelforth Dumbledore ne disposait pas de quantités de nourriture infinies à leur fournir. Sans impliquer les elfes, disons que les habitudes de stockage de certains avaient… perdu en rigueur lors des longs mois sous les Carrow, permettant aux élèves débrouillards de piocher dans les réserves sans trop de difficulté pour peu que l’on s’y prenne correctement. Quoi que se sentant un peu coupable, Meg n’eut donc aucun problème à se rendre aux cuisines, espérant y trouver son premier véritable repas de la journée.

Une odeur de gâteau qui la fit saliver flottait dans le couloir. Jour de chance ! Saint Nicolas continuait peut-être à veiller sur elle, tout compte fait. Elle se glissa silencieusement dans la porte à peine entrebâillée, observant la situation. Sur la table, une fournée de brownies encore fumante lui tendait les bras. Lui tournant le dos, la silhouette familière de Tiberius s’affairait au-dessus d’autres gâteaux. Tiberius Avery, en train de faire de la pâtisserie ? Aurait-il donc disparu dans les cuisines toutes ces heures où on ne l’avait pas vu en cours ?! Dubitative, elle s’avança dans son dos et se saisit d’un gâteau, dans lequel elle mordit à pleines dents, n’y tenant plus. Silencieusement, elle se glissa sur le banc entourant la table, et le regarda travailler tout en mangeant. Ce n’était pas du vol : d’abord parce qu’il avait fait trop de gâteaux pour qu’un lui manque, ensuite parce que manger quand on avait réellement faim était toujours permis, et enfin parce que les ingrédients appartenaient de toute manière à Poudlard, et non au grand Avery. Il était amusant à observer, plus détendu qu’à l’habitude, presque dansant. Si on lui avait dit un jour qu’elle le verrait lancer un sortilège de nettoyage de vaisselle, lui et ses précieuses manières, elle n’y aurait pas cru.

Elle était particulièrement blessée par son attitude de ces derniers temps de l’éviter. Elle savait qu’il agissait ainsi avec tout le monde, mais tout de même… Elle lui avait sauvé la vie, gardait pour lui un secret qui la rongeait et il n’en avait absolument rien à faire.  Elle était trop fatiguée pour lui faire des reproches ce soir, et n’avait plus envie de se battre, juste de se détacher mais tout de même : ça valait bien un brownie. Elle en attrapa un deuxième, qu’elle observa d’un œil critique, et se décida à signaler sa présence :

« Bonsoir. Tu m’avais caché ton talent pour la pâtisserie, Tiberius. Mais tu devrais revoir ton glaçage. Je ne sais pas ce que tu as mis dedans, mais l’arrière-goût est désagréable. »

Elle fit voler une serviette en lin du comptoir jusqu’à elle et s’essuya proprement le coin de la bouche.


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Mar 18 Sep - 0:24
Les longues nuits glaciales qui annonçaient l'arrivée de l'hiver et de ses festivités avaient depuis longtemps commencé à envelopper le château de leurs ailes nuageuses lorsqu'Elizabeth commença à se rendre compte du retard qu'elle avait pris dans ses devoirs. C'était un peu comme si tout ce dans quoi elle s'était retrouvée embarquée depuis la rentrée, les Parques, le bal, lui avait complètement fait oublié qu'elle avait ses ASPICs à préparer. Elle étouffa un bâillement, relisant pour ce qui devait être la centième fois la première ligne de la page où était ouvert devant elle son manuel de potions. "Mille herbes et champignons magiques" était déjà loin de la passionner en temps normal, mais la fatigue qui colorait de violet profond le dessous de ses yeux depuis déjà plusieurs jours rendait la tâche d'écrire trois rouleaux de parchemin sur l'importance de la qualité d'un chaudron selon les ingrédients qu'il allait contenir beaucoup plus compliqué. Elle aurait bien pu demandé son aide à Jonathan dont la famille, sembait t-il, travaillait dans le domaine, mais elle avait remarqué son air particulièrement distrait ces derniers temps et ne voulait pas l'embêter pour un sujet aussi trivial. Et puis il y avait aussi tout simplement le fait qu'elle détestait demander de l'aide. Aussi.

À partir du moment où son esprit se mit à divaguer assez pour qu'elle essaye de prédire l'arrivée prochaine de la neige à la forme des nuages qu'elle apercevait par la fenêtre, Beth comprit qu'elle n'arriverait à rien sans un petit remontant. Et par remontant, la sage Serdaigle n'insinuait bien sûr rien d'autre que de la caféine à profusion. Elle quitta le confortable fauteuil qu'elle occupait depuis maintenant quelques heures pour se glisser hors de la salle commune, profitant de l'absence de préfets, partis faire leur ronde ou vacants à leurs occupations ailleurs, qui pourraient lui reprocher cette sortie si proche de la fatidique heure du couvre-feu. Aslinn avait beau encourager ses camarades de maison au travail (Elizabeth l'avait déjà même observée à plusieurs reprises pratiquer du tutorat auprès des plus jeunes), la jeune fille doutait qu'elle ne parvienne à la convaincre que sa réussite scolaire ne dépende d'une illicite sortie nocturne.

Il faisait extrêmement froid dans les couloirs, si bien que Beth regretta d'avoir abandonné dans son dortoir la chaude cape qui venait compléter son uniforme en cette saison. Elle risquait de voir ses lèvres se colorer de la même teinte que son écusson si elle ne se hâtait pas bien vite jusqu'à la chaleur des cuisines. La fatigue et l'heure tardive l'avaient un peu déshabillée de son habituelle prestance, faisant disparaître sa cravate et relever ses cheveux maintenus précairement par un crayon à papier (elle se refusait à user d'encre et de plumes, bien trop peu pratiques, en dehors des salles de classes).

La porte à demi-ouverte laissait entendre une légère musique qui aurait pu servir de bande son à ses cauchemars, étouffée par des bruits de casseroles, puis celui d'une voix qu'elle reconnaissait malgré son esprit embrumé. Comme elle était plutôt certaine que la douce Margaret ne s'offusquerait pas trop de sa présence ou ne jugerait ses manières devenues lambines, elle n'hésita pas trop à entrer dans la pièce pour constater l'effective présence de la jolie blonde, attablée dos à elle. "Bonsoir Meg, dîner tardif ?" Elle avait elle-même sauté le dernier repas de la journée dans ses tentatives avortées de fournir un travail sérieux, mais son estomac ne lui en faisait pas grand cas, ce n'était pas la première fois.

Elle mit quelques secondes a être frappée par la réalisation que sa cadette ne pouvait pas avoir été décemment en train de se faire la conversation à elle même avant qu'elle ne débarque et quelques secondes de plus à remarquer la présence de Tiberius près du poste de radio grésillant. Méduse elle-même n'aurait pas fait un meilleur travail pour la transformer en statue de sel sur le pas de la porte.

Puis, de nouveau, l'évidence se forma dans sa tête. Elle s'était finalement endormie dans la Tour des Serdaigle et tout ça n'était qu'un rêve, fruit de son imagination visiblement dérangée. Sinon comment expliquer que Tiberius Avery soit en train de faire non moins que de la PÂTISSERIE à l'heure où ils étaient sensés rejoindre leurs dortoirs, ondulant étrangement en rythme avec le son d'un appareil MOLDU ? Elle haussa les épaules pour elle-même. Très bien. Si son subconscient tenait à la gratifier de telles images... Elle bouscula légèrement le Serpentard pour passer derrière lui, regrettant qu'il soit aussi tangible dans ses rêves que dans la réalité. "Pardon." Elle farfouilla dans les placards jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait : une cafetière tout ce qu'il y avait de plus moldue (mais après tout, c'était son rêve et elle ignorait la manière dont les sorciers préparaient leur café aussi n'aurait-elle pas dû être étonnée). Elle se dirigea vers l'évier pour remplir la carafe, étouffant un nouveau bâillement. Qu'il était étrange que sa fatigue ne la poursuive jusqu'à dans ses songes...


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Ven 21 Sep - 19:38
Tiberius se retourna d'une pirouette. D'un sursaut qui éclata son petit cœur sec en un tambour bruyant. Tiberius sentit toute l'adrénaline descendre jusqu'à ses jambes et laisser sa tête froide comme un gros glaçon. La voix de Maggie avait été la dernière qu'il aurait imaginé entendre. Woh woh woh... Quelle heure était-il ? Couvre-feu bientôt passé ? Élève exemplaire qui serait en train de violer le règlement ? En vérifiant sa montre à gousset, il constata que l'heure était effectivement beaucoup trop tardive pour qu'une Margaret Bride sauvage se promène aussi nonchalamment dans les couloirs de cette écoles. Sa tour était à l'autre bout du château, pourtant...

Il lui offrit un grand sourire crispé. « Saaalut, Maggie... »

Il n'avait pas tellement pris compte de ce qu'elle venait de dire dans l'immédiat. Ca faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas croisés (ou que Tiberius s'était amusé à l'éviter soigneusement). Après ce qu'il s'était passé entre l'accident avec Hippolyte et les événements du bal, Tiberius s'était quelque peu mis en arrière. Il avait des affaires "personnelles" qu'il devait régler et Maggie était beaucoup trop protocolaire pour qu'il pusse se permettre de la mettre au parfum.

Parfois, ses regards et ses évitements laissaient entendre quelque chose que Tiberius n'arrivait pas à définir. Etait-elle en colère ? Le boudait-elle ? Qu'importe, finalement. Ils se confronteraient en temps voulu.

En temps voulu. Peut-être pas ce soir. Tiberius joua alors le jeu de Margaret qui ne semblait pas vouloir aborder le sujet immédiatement. Et ce n'est que lorsque Tiberius la vit tourner le petit brownie dans les mains qu'il se rappela brusquement que cette situation lui était tout sauf confortable. Il sourit d'avantage. Crispé.

« Ah. Aha... Oui... Alors, justement... » Tiberius se pencha légèrement en avant pour essayer doucement de lui subtiliser le space-cake des mains. « Je ne suis pas si doué que ça... » Il se mordit la lèvre, se pencha en avant. « J'en referais à l'occasion. Avec un bien meilleur glaçage... »

Bruit de porte. Tiberius, presque allongé sur le plan de travail, une jambe en l'air et la main tendue vers Margeret, s'immobilisa brutalement. Il tourna la tête vers la porte des cuisines.

Quoi, encore ?

De mieux en mieux ! Les Serdaigle étaient tous tombés de leur nid, ou bien ? Les deux pires pète-secs de tout le bahut avaient décidément décidé de l'emmerder ce soir-même. Diable !

Tiberius resta une seconde suspendue pour voir ce qu'allait faire Elizabeth. Ne pas bouger. Surtout. Ne pas... Bouger. Il paraîtrait que son acuité visuelle est basée sur le mouvement... Okay. Elle resta silencieuse. Tiberius se redressa doucement pour la laisser passer sans un mot et échangea un regard léger avec Maggie d'un air de « Je ne sais pas... »

Et il vit. Il VIT que cela n'était pas bon du tout. Le carré de chocolat que Maggie avait dans les mains n'avait pas été croqué. Pourtant, elle avait des miettes au coin de la bouche qu'elle essuyait avec ces même manières de petite sainte. Tiberius comprit alors qu'il était trop tard. Il osa à peine briser le silence des cuisines. Les yeux ronds, les sourcils froncés.

« Tu... En as déjà avalé un... ? » Maggie, se servir sans demander ? Il aurait presque put l'admirer si l'unique fois où elle acceptait de péter un coup ne lui serait pas une très mauvaise expérience... La pauvre.

Tiberius inspira. Elle en avait déjà avalé un, il n'avait pas besoin qu'elle le lui confirme. Dans moins de quoi... ? Un quart d'heure ? Elle allait ressentir les premiers effets. Normalement, dans les gâteaux, c'était toujours plus agréable. Plus doux. Mais Tiberius avait surdosé celui-là et le pollen qu'il avait utilisé en glaçage n'allait certainement pas arranger son cas.

Okay. Okay. Tout va bien... Il inspira. Lui accorda son plus charmant sourire et lui fit signe que ce n'était pas grave. Puis claqua des mains en direction d'Elizabeth, d'un air léger et autoritaire comme s'il appelait un simple garçon. Il ne quitta pas sa petite Maggie des yeux, tâchant de garder son grand sourire.

« Fitzduncan... Sois utile, pour une fois... Remplis-moi un grand... Très grand verre d'eau. »


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Ven 21 Sep - 23:42
« Maggie ». Elle inspira profondément la volupteuse odeur de chocolat pour se centrer et ne pas laisser paraître combien l’utilisation de ce petit surnom stupide la marquait encore. Elle devait vraiment grandir dans sa tête et cesser de lui donner tant d’importance. Cesser d’accorder tant d’attention aux personnes qui, peut-être, n’en valaient pas autant la peine, malgré toute l’affection qu’elle aurait toujours pour elles. Celles qui étaient vraiment aimables avec elle, et n’avaient pas pour habitude de la rejeter à répétition ne manquaient pourtant pas.

Tiberius avait l’air gêné d’être surpris à cuisiner et malgré son agacement et sa fatigue, elle trouva la situation si comique qu’un léger rire lui échappa. Tiberius Avery, rebelle patenté, terreur des professeurs de Poudlard, prince du sarcasme et… pâtissier amateur ? Gourmand invétéré ? C’était vraiment amusant.

« Vraiment, ce n’était pas si pire, je t’assure. Tu as parfaitement réussi la cuisson. »

Hum. Peut-être n’aurait-elle pas dû le complimenter. Un peu d’humilité était ce dont il avait besoin, finalement, et la démonstration, de sa part, était rare. Pour une fois, qu’elle se sentait plus compétente que lui ! La cuisine n’était même pas sa partie préférée de l’économie domestique, mais son éducation l’avait toujours préparée à assurer dans les arts ménagers et si à Poudlard, elle n’avait pas vraiment l’occasion de pratiquer, elle savait faire un gâteau au chocolat parfaitement depuis son plus jeune âge, et des choses bien plus élaborées encore.

« Est-ce que tu te cachais à la cuisine depuis tout ce temps ? » Du gâteau, elle reporta son attention sur Tib, et le scruta de la même manière, lui et sa position improbable, à demi allongé sur la table. De toute évidence, il ne maîtrisait encore pas complètement les règles d’hygiène alimentaire élémentaires. Il n’avait pas spécialement grossi, pour quelqu’un qui se serait terré dans le royaume des elfes de maison pendant presque un mois… et ça lui ressemblait si peu ! Elle fronça légèrement les sourcils. Quelque chose dans cette histoire lui échappait.

Elle n’eut tout de fois pas le temps de s’éterniser sur quoi exactement que la voix d’Elizabeth retentissait dans son dos. Meg se retourna, un peu surprise, mais tout sourire malgré sa pâleur.

« Bonsoir Beth. J’ai été malade aujourd’hui, et c’est mon premier repas de la journée. Et toi ? »

Elle était contente que ce soit sa camarade de Serdaigle qui ait débarqué inopinément dans les cuisines. A moins que Beth n’ait d’autres plans pour la suite de la soirée, elle apprécierait sa compagnie en remontant l’interminable série d’escaliers, et surtout, l’esprit de son aînée pour résoudre le plus rapidement possible l’énigme du heurtoir et de là, regagner son lit. Elle avait vraiment de la chance que ce soit l’amicale Beth, et non un préfet mal luné, qui ait également eut une fringale nocturne ce soir.

« Oui. » Elle se retourna vers Tiberius, un peu d’inquiétude au fond des yeux, cette fois-ci. Comment aurait-elle pu lui donner son avis sur le goût de ses gâteaux si elle ne les avait pas goûtés ? Est-ce qu’il allait bien et suivait réellement la conversation ? Son expression était bizarre. « Je suis désolée, j’avais vraiment faim. Et ils sentent très bon. » Lentement, elle reposa le second gâteau, toujours dans sa main depuis le début de la conversation. Mieux valait ne pas contrarier le Serpentard. Et puis, si elle était complètement honnête, elle n’avait pas envie de commencer à lui être redevable. Enfin… Il allait falloir plus qu’un brownie ou deux pour annuler la dette qu’il avait envers elle (quoi qu’elle ne pensa guère aux choses de cette manière vulgairement comptable), mais tout de même.

« Je fais tout à l’envers, ce soir. Je vais plutôt continuer avec du salé. »

Elle se leva, et se dirigea vers un placard un peu sur le côté. Etagère du bas, derrière le sac de farine… Bingo ! Des crackers et du fromage lui tendaient les bras, à la disposition de qui saurait les trouver. Il fallait croire que l’elfe de maison qui les avait approvisionnés l’année précédente n’avait pas perdu ses bonnes habitudes. Son butin plein les bras, elle revint à sa place et commença à se faire une tartine (l’appétit venait en mangeant !). Ce faisant, elle releva vivement la tête vers Tiberius : il allait bien, finalement, et son insolence usuelle était au beau fixe. Est-ce que sa mère ne lui avait pas fait des bras, pour qu’il puisse se servir un verre d’eau tout seul, au lieu d’embêter Elizabeth ? Elle pinça les lèvres et baissa le nez sur ses crackers, bien décidée à ne pas s’en mêler. Son expression actuelle exprimait suffisamment clairement ce qu’elle en pensait.


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Mer 26 Sep - 15:34
L'absence de couleur sur le joli visage de poupée de Meg lui avait échappé avant que sa cadette ne souligne son état. Beth semblait propice à ne pas remarquer ce qui était apert ces temps-ci, alors le teint d'albâtre de Meg, manifeste de sa santé défectueuse ce jour-là, n'avait eut aucun mal à passer le filet abîmé de sa conscience. Elle s'excusa d'un petit sourire de son manque de considération.

"J'ai simplement sauté le dîner pour aller à la bibliothèque, mais c'est mon addiction à la caféine plus que mon estomac qui m'a conduite ici..."

Elle ignorait ostensiblement la présence de Tiberius qui semblait agité pour une raison inconnu, espérant vaguement que ça suffirait à le faire disparaître alors qu'elle s'afférait avec lenteur près de l'évier.

"Tu veux que je regarde si les elfes ne gardent pas quelques plantes calmantes par ici ? Peut-être qu'une infusion te fera du bien si tu ne te sens toujours pas très bien ?"

La magie accordait à la nature des propriétés thérapeutique là où le naturopathie moldue n'était pour elle que de la poudre aux yeux, vague placebo qui ne soulageait que les hypocondriaques en pleine santé.

La Serdaigle commença à se demander si elle allait mettre un jour la main sur un grain de café alors qu'elle fouillait son quatrième placard. Elle s'étonna dans un coin de sa tête de l'avarice de Tiberius. Il semblait avoir fait (bien que l'image ne se soit pas encore vraiment imprimée dans sa réalité) de la pâtisserie pour un régiment alors qu'il prétende s'horrifier que Meg l'ait privé d'une petite mignardise était exagéré. Même pour lui. De ce qu'elle savait, ils s'entendaient bien en plus... Même elle avait pu voir que Margaret se rongeait les ongles lorsqu'il avait séjourné à l'infirmerie alors qu'elle n'avait suivi l'histoire que de très loin, au rythme des ragots du château. Les différentes théories élaborées par les élèves avaient d'ailleurs été pour la plupart complétement rocambolesques ce qui n'était pas peu dire puisque, après tout, elles étaient centrées autour d'Avery. Beth n'avait pas trop d'opinions sur la question, sans doute est-ce qu'un élève (ou même un professeur, ça expliquerait la disparition de leur professeur de potions) avait finalement cédé à une pulsion commune à la moitié de Poudlard et l'avait poussé du haut d'un escalier. Ou alors, tout simplement, une des énièmes tentatives de Tiberius pour attirer l'attention sur lui avait mal tourné.

Deux placards plus loin, elle n'eut pourtant pas d'autre choix que de prêter attention à ses élucubrations puisqu'il s'adressa directement à elle. Ses sourcils se perdirent dans les mèches de cheveux désordonnées qui barraient son front en signe d'étonnement. Le plus surprenant dans tout ça devait en fait être qu'elle arrivait encore à s'étonner de son insolence. Elle jeta un coup d'oeil à Meg, partie dans sa propre quête de nourriture, comme pour s'assurer qu'elle avait bien entendu. Ignorer Tiberius n'était pas une tâche très facile quand il semblait tout faire pour lui taper sur les nerfs. Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire moqueur qu'elle lui avait sans doute d'ailleurs emprunté, tranchant avec la froideur avec laquelle elle lui répondit.

"Mais bien sûr... Son Altesse voudrait t-elle aussi que je lui donne la becquée ?"


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Mer 3 Oct - 18:20
« Est-ce que tu te cachais à la cuisine depuis tout ce temps ? »
« Tout ce temps...? Comment ça, "tout ce temps" ? » Répéta-t-il en fronçant les sourcils et penchant la tête sur le côté.

Il était convaincu qu'il y avait une question importante dans celle-là en dépit des airs détachés de Maggie. Qu'il n'en saisissait pas tout à fait le sens et qu'il risquait de répondre à côté. Tout tendu, la main vers le gâteau, il s'était immobilisé. Puis avait vite glissé sur le sol. Le temps que sa camarade la Duchesse-Moldue s'éloigne. Il l'avait regardé d'un œil mi-amusé, mi-désappointé. Il en revint rapidement à notre amie Miss Bride en agitant la main comme pour poser sur leur conversation un désintérêt futile.

« En fait... » Il regarda Meg de haut en bas et grimaça. « Pour être tout à fait honnête, d'ici quelque minutes, elle sera aussi sereine qu'une vache sacrée... » Il tourna un grand regard sur Elizabeth. Puis sur Meg. Du doigt, il désigna les gâteaux et tenta un sourire innocent. Ou presque. Il acquiesça. « Les gâteaux... » Murmura-t-il alors que Meg avait déjà la bouche pleine de crackers. Il joignit soudainement les mains et lui accorda son plus beau sourire. « Alors, ça ne me dérange pas que tu te seeerves ! Hein. Vraiment... Maiiis, la prochaine fois, préviens, ehe. Pour toi, hein. Moi je m'en fous... » Assura-t-il en posant une main sur sa poitrine, incapable d'effacer son sourire parce que l'idée même de voir Maggie défoncé à l'herbe lui était infiniment drôle.

Lorsqu'il eut à demander son verre d'eau, la réponse d'Elizabeth le fit réagir immédiatement. Il se tourna vers elle. Pouffa. Et retint son hilarité en mettant sa main devant la bouche. La toisant, il se rappela pourquoi il adorait l'emmerder. Après ces derniers temps, il lui semblait qu'il s'était coupé du monde. Comment aurait-il put se couper définitivement de sa Duchesse... ?

« Ce serait volontiers mais il paraîtrait que les moldus sont pleins de sales maladies... Et je ne voudrais en aucun cas attraper les tiennes, Fitzduncan. » Il ricana. D'un coup de baguette, il fit voler un verre jusqu'à lui. Tapota son rebord après une formule pour y laisser de l'eau fraîche couler. Puis le verre plein, il le posa à côté de Margaret. « Ne fais pas attention, ehe. C'est... Juste au cas où. » Secoua-t-il la tête d'un air convenu.

Entre l'estomac creux d'une fonce-dalle bien campée ou le corps desséché et la bouche pâteuse, choisis ton poison, camarade. Si Meg avait déjà de quoi grignoter et se remplir l'estomac, les biscuits salés allaient vite achever de transformer sa bouche en un désert aride.


TIBERIUS H.
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Lun 8 Oct - 17:13
« Le commun des mortels a pour coutume d’aller en cours, durant la journée. Ca fait un mois que tu es quasiment porté disparu, Tiberius. » Est-ce qu’il pensait qu’elle serait assez stupide pour ne pas remarquer ses absences, ses expressions distraites pendant les repas, sa disparition générale de la bibliothèque, des couloirs ou de tout autre lieu commun ? Elle avait beau n’être ni dans la même année que lui, ni dans son cercle intime et familier au même titre que les Persson, il aurait été difficile de ne pas remarquer qu’il lui avait à peine adressé la parole de tout novembre. Franchement, cela l’avait vexée de se faire ignorée ainsi. Toutefois, il avait en cette instant une expression si particulière… « Est-ce que j’aurais dû m’inquiéter ? » murmura-t-elle. Elle était franchement épuisée de s’inquiéter pour les Avery, mais elle ne pouvait décidément pas s’en empêcher.

L’arrivée de Beth brisa toutefois la légère tension qu’il pouvait y avoir avec son ami d’enfance, et ce fut son tour de se retrouver en quelque sorte sur le grill. Que sa condisciple ait sauté le dîner pour passer plus de temps à la bibliothèque était très Serdaigle, et lui arracha un sourire. Il était facile de se perdre dans un bon livre. « Non merci, c’est très gentil mais ça va déjà beaucoup mieux. C’était juste… passager. » Elle eut un petit haussement de sourcils qu’elle espérait assez éloquent. Elle ne se montrerait pas plus explicite sur la nature de ses problèmes devant Tiberius, ni même d’ailleurs devant Beth, avec qui elle n’était pas assez intime.

Elle n’avait pas menti : elle se sentait bien mieux que ce matin, et avoir mangé avait achevé de la remettre en forme, lui semblait-il. L’ambiance dans la cuisine était conviviale, malgré l’attitude étrange de Tiberius et elle commençait à être beaucoup plus détendue. « Accio couteau. » Il était temps de se tailler une tranche de ce fromage.

Elle réceptionnait le couvert, qui avait volé docilement dans sa main, lorsque les paroles du Serpentard pénétrèrent enfin dans son cerveau. Elle afficha un air insulté, l’impression désagréable qu’il la dévisageait : « Je ne te permets pas de me comparer à une vache, sacrée ou pas ! » Il parlait d’elle à Beth comme si elle n’était pas là, en plus ! Vraiment, il était exaspérant. Elle voulu souffler, mais ne put répliquer, la bouche pleine de crackers. Momentanément bâillonnée par sa collation (on ne parlait pas la bouche pleine quand on était bien éduqué, et il le savait parfaitement), elle le fixa avec des yeux de plus en plus immenses. Quoi, les gâteaux ?

Se désintéressant de la joute verbale entre Beth et Tib, elle fixa les brownies à se sortir les yeux de la tête, cherchant désespérément ce que Tiberius avait essayé de lui faire comprendre. Elle avait l’impression que son cerveau tournait un peu au ralenti, pas assez pour qu’elle ne s’en rende pas compte, trop pour qu’elle réussisse à s’en irriter. Quelles raisons son ami aurait-il eu pour empoisonner de la pâte à gâteau ? Est-ce qu’il venait de se rendre compte qu’il avait utilisé des ingrédients périmés ? Non, les elfes ne les auraient pas gardés dans la cuisine. Elle s’affaissa un peu sur son banc. Est-ce qu’il avait mélangé une potion quelconque dedans ? Mais pourquoi ? Il n’était pourtant pas du genre à vouloir recréer une boîte à flemme, ni à partager ses petits secrets concernant des magies anciennes et obscures.

Face à ce mystère insondable, elle se décida pour ce qui lui semblait le plus logique : délaisser un instant le problème et, avec un long soupire inhabituellement expressif, se concentrer sur son fromage. Elle s’en coupait une tranche lorsque le verre d’eau atterrit à côté d’elle, la faisant sursauter. Le couteau mordit dans son doigt, la laissant trop surprise pour réagir immédiatement. Les pupilles dilatées, elle fixa le sang clair qui coulait vivement de la coupure, pas très grande mais profonde. Releva la tête, cherchant de l’aide du regard auprès de Beth. Tomba sur Tiberius. Sang. Tiberius. Tiberius. Sang. Quelque part de la légère brume qui avait envahi son cerveau, monta un sentiment de panique. « Ne meurs pas ! »


The piano is not firewood yet
They try to remember but still they forget
That the heart beats in threes
Just like a waltz
And nothing can stop you from dancing

crédits : siren charms, visenya, eylika
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