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Philomela D. Nutter • Héritage

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Messages : 6
Ft : Maisie Williams.

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Ven 30 Nov - 0:07
PHILOMELA DEMDIKE NUTTER

Behind the Screen
ft. Maisie Williams

▬ Pseudo : PnP
▬ Age : 24 ans
▬ Ou as tu connu le forum : Que le temps passe vite...
▬ Ton avis sur celui-ci ? : De mieux en mieux !

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informations

▬Nom - Nutter.
▬Prénom - Philomela Demdike.
▬Age - 15 ans.
▬Date de naissance - 20 février 1983.
▬Année/Métier - 5e année.
▬Baguette - Bois de frêne & moustache de troll. Vingt-trois centimètres, assez rigide.
▬Patronus - Un rossignol.
▬Objets Personnels -
• Un balais Friselune : Elle possédait autrefois un balais Nimbus 1700 avant que l'un de ses cousins, ne lui offre un balais Friselune pour la féliciter de sa qualification dans l'équipe de Quidditch de sa maison. Si ce balais ne concurrence pas la rapidité des balais Nimbus, il reste un modèle encore très difficile à dégoter sur le marché. Elle en prend soin comme de la prunelle de ses yeux. Sur le manche, l'un de ses anciens propriétaire l'a marqué d'un mystérieux symbole que Philomela ne comprend pas mais qui lui permet de le reconnaître parmi d'autres Friselunes. Un objet qu'elle considère unique.

• Un pot en verre rempli de terre de Pendle Hill : La terre de nombreuses de ses ancêtres et chargée d'une macabre histoire de procès aux sorcières. La famille a recueilli un immense vase remplit de cette terre, dans leur maison et Philomela en subtilisé un peu pour en verser dans un pot en verre. Toute chose enterrée dans la terre de Pendle Hill disparaît. Si Philomela ne peut pas y fourrer des objets trop grands, elle peut cependant faire disparaître quelques petites preuves compromettantes lorsque ça l'arrange.

▬Don - • A quatre ans, au cours d'un voyage de vacance en Australie avec sa famille, Philomela a fait une réaction allergique à une piqûre de Bellywig, la condamnant à léviter en permanence. Cependant, de retour en Angleterre, elle fut vite soignée à Sainte-Mangouste. Après deux semaines à flotter en l'air (on y dort très mal et je ne vous raconte pas la galère pour aller au petit coin), Philomela a pu atterrir de nouveau. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, ses éternuements peuvent réactiver sa vieille allergie. Elle peut se mettre à léviter de quelques secondes une vingtaine de minutes avant que sa crise ne passe.

• Adepte de voltige sur balais et d'acrobaties aériennes, Philomela possède une agilité et une souplesse surprenante, sur un balais. Ses réflexes en vol sont également très impressionnants. Cependant, elle n'est pas très rapide et sa force brute laisse à désirer. Ce sont pour ces qualités que Philomela a été désignée pour devenir gardienne des buts dans son équipe de Quidditch.

caractère

Que l'on soit certain d'une chose, concernant Philomela : Rien au monde ne pourrait égratigner cette assurance imperturbable qui entoure l'aura de la sorcière. Philomela sait ce qu'elle veut, ce qu'elle ne veut pas et semble ne laisser aucun jugement la traverser. Sûre d'elle, de ses attitudes et de ses manières, Philomela s'attire beaucoup d'ennemis en rejetant la critique aussi précieusement que des mouches qui tourneraient autour de son assiette. Philomela ne semble chercher l'approbation de personne si ce n'est de ses amies. Elle sait ce qu'elle fait et comment. Elle s'amuse des médisances et des rumeurs. Elle le sait : Si on parle d'elle dans son dos, c'est que les gens ont bien trop peur de venir lui abattre ses quatre vérités en face. D'un geste époussetant son épaule, Philomela hausse un sourcil circonspect et toise comme une dame. L'hypocrisie lui glisse dessus sans l'atteindre.

Philomela a été éduquée autour des traditions et des mythes des sorcières de sa famille. Honorant les vieux tableaux, écoutant les récits des fantômes familiaux et entourant chacune des sorcières de la famille de mythes et de légendes de bûchers, de malédictions et d'accoucheuses brûlées vives, beaucoup d'entre elles se sont également fait connaître à travers la société sorcière. Inventrices, innovatrices, femmes d'entreprises, leaders charismatiques. Philomela a l'ambition de devenir une sorcière puissante et respectée. Écoutée et admirée. Aussi fait-elle une élève studieuse et toujours sérieuse. Ou presque.

Philomela est à la tête d'un groupe de petites sorcières qui s'encouragent mutuellement sur la voie de l'indépendance, de la puissance et du bien paraître. Toutes amatrices de mode, de nouveautés magiques et de chasse aux garçons, ce sont des filles qui n'ont pas froid aux yeux et qui savent ce qu'elles veulent. Philomela mène la danse d'un air aimable et dispose généreusement ses conseils à qui veut l'entendre. Rarement seule, on peut entendre la petite sorcière très loin dans les couloirs. Son exubérance maniérée et son assurance s'écoutent à travers ses rires et ses remarques toujours plein de jugement. Philomela aime commenter la tenue ou l'attitude de ses camarades, pimentant ses réflexions d'acerbes remarques hautaines. Cependant, ne le fait-elle qu'avec ses amies et en dépit de ses airs désobligeants, Philomela est une sorcière bien plus abordable qu'on ne l'entend.

Sociable et amicale, la jeune fille ne s'amuse pas à blesser et à attaquer ceux qui n'ont pas mérités son courroux. S'évertuant à rester la plus digne possible, Philomela est une adolescente polie et souriante. Toujours portée sur l'humour, elle n'hésite jamais vraiment à rire à ses propres blagues et à celles des autres. Plutôt bon public, la petite sorcière sait se faire apprécier et apprécier ceux qui auront le bon goût de l'amuser. Gloussant timidement, prompte à se pendre aux lèvres de ceux qu'elle admire (des élèves plus grands qu'elle ou les professeurs les plus populaires, pour la plupart), Philomela ne joue l'effarouchée que pour mieux attendrir son auditoire.

C'est, en vérité, une adolescente décomplexée et très ouverte. Par ailleurs, elle et ses amies sont à l'origine d'une liste « secrète » (elle est, en vérité, assez connue parmi les élèves appréciés de son âge) classant les garçons et les professeurs les plus beaux de l'école. Régulièrement mise à jour, les pauvres garçons de cette liste font souvent l'objet de remarques très déplacées de la part des filles, de regards appuyés et d'un harcèlement assez oppressant. Par ailleurs, une rumeur circule laissant entendre que quelques garçons figurant en tête de cette liste auraient été victimes de philtre d'amour. Enfin, il peut également arriver que des petites fictions érotiques puissent circuler sur l'un ou l'autre de ces garçons, entre filles. Évidemment, bien moins connue, cette liste existe aussi en coloris « Top 10 des gros scroutt à pétard ». Cependant, si Philomela considère qu'il est flatteur pour un garçon de se faire dévisager et de connaître du succès pour son joli minois, la sorcière évite de faire circuler la dernière liste et se justifie par un frivole « C'est pour rire ! » De temps en temps, d'autres listes sont ouvertes mais jamais tenues très longtemps.

Cependant, si l'adolescente admet des crush par-ci, par-là pour quelques garçons très demandés, son rapport la gente masculine très conflictuel. Considérant de manière générale les garçons comme d'éternels enfants (« C'est bien connu que les filles sont bien plus matures que les garçons »), Philomela ne les prend presque jamais au sérieux, interprétant la moindre de leurs attitude comme une preuve plus ou moins directe de leur débilité sous-jacente. Philomela a connu quelques amourettes sans lendemain qui se sont toujours soldées par une lassitude très brusque et sans explication. Philomela séduit pour mieux jeter. Ses exigences sont beaucoup trop élevés pour de nombreux d'adolescents. La sexualité semble faire l'objet de beaucoup de curiosités (et d'obsessions) et qui pourtant n'apparaît pas intéresser Miss Nutter. Elle rit aux blagues mais n'en formule presque jamais. Cache sa répugnance et s'applique à prendre un air détaché pour cacher son trouble face à l'évocation du sexe opposé. Etre le plus décomplexée possible pour avoir l'air de s'y connaître. Si Philomela affiche une attitude décomplexée, c'est pourtant une amoureuse romantique très sélective. Cependant, elle assume que « La nature a donné le désir aux hommes pour les faire bander. Aux femmes, pour être satisfaite. » Comme beaucoup de sorcières de sa trempe, Philomela place en très haute estime la force féminine et son pouvoir sur le monde et la magie.

Philomela est une compétitrice hors-pair. Appréciant la rivalité pour la pousser à faire toujours mieux, la sorcière est pleine de défi et aime se mettre en concurrence avec ceux qui feraient mieux qu'elle. Ainsi ne reste-t-elle à sa place que lorsqu'elle est première. Toutefois, Philomela tient à un principe d'honneur : Une compétition est un sport fair-play. Jamais elle ne triche. Jamais elle ne fait de coup bas. Tricher, c'est admettre sa faiblesse avant même d'essayer. Miss Nutter aime lorsque ça se passe bien et dans les règles de l'art. Lorsqu'il est de bon ton d'encourager son rival pour entretenir le niveau et féliciter ses victoires pour mieux apprécier les siennes. Ainsi, son ambition sait trouver les chemins habiles. Stratège dans ses choix de vie, Philomela ne se donne même pas la peine de viser le Ministère : La concurrence y est rude et elle sait qu'une fois entré dans ces cercles-là, sans piston, il est impossible de grimper bien haut dans l'échelle. Ceux qui sont montés dans la hiérarchie du Ministère sans aide de l'intérieur sont ceux qui ont prouvé leur valeur dans d'autres domaines que la politique. Philomela cherche encore sa voie mais elle entend bien dominer le marché. Lucide sur la société et les hautes sphères de l'aristocratie, ce n'est pas le genre de fille à faire les choses par pure gratuité généreuse.

Philomela ne rend service que lorsque c'est à profit (et elle l'assume sans complexe). Endetter les autres, entretenir une relation ou lorsque quelque chose lui est promis en retour. Philomela ne se casse pas la tête pour trois mornilles et ne fait pas la charité. Cependant, elle ne la dénigre jamais et Philomela sera celle qui rendra service aux bonnes poires pour mieux profiter de leur bonté désintéressée. Dans son opportunisme, cependant, Philomela est toujours infiniment franche et honnête. Brute de décoffrage sur de nombreux sujets, la sorcière dit presque toujours ce qu'elle pense et ne craint pas d'être jugée de vénale. Ne craint pas d'être jugée tout court. Elle tient à son honnêteté et peut paraître très dure en affaire. Cependant, elle fait une fille qui tient ses promesses et n'a qu'une seule parole. Impartiale, cruelle mais sur qui on peut compter.

Evidemment, Philomela ne supporte ni les bien-pensants, ni les démago. Elle assume ses idées très fermement : Les sorciers sont supérieurs aux moldus bien qu'elle ait quelques doutes sur le fait que la puissance magique se transmet par le sang. Pour la jeune fille, la vie sans magie se traduit par une vie moyenâgeuse. Elle admet l’ingéniosité des moldus mais l'explique très simplement : Ils n'ont pas eut le choix. Cependant, à l'instar d'autre intégristes aveugles, Philomela pense très sûrement que les né-moldus sont destinés à de grandes choses. La magie ne choisit pas ses élus par hasard. Aussi, elle ne supporte plus les discours type « Les moldus et les sorciers sont tous égaux,voyons ! ». Cette phrase n'a strictement aucun fondement et Philomela pense que si les gens le disent, ce n'est que par conformisme. Pour ne pas avoir l'air méchant, sans comprendre ce qu'ils disent. Quel sorcier ayant un peu de bon sens penserait sincèrement qu'une vie sans magie pourrait valoir mieux qu'une vie de sorcier, à notre époque ? En somme, l'adolescente semble s'évertuer à assumer avec aplomb ses certitudes, quitte à déranger. Si l'après-guerre a rendu son discours un peu dérangeant et qu'elle s'applique à éviter le sujet (pour ne pas s'énerver, principalement), ce n'est pas le genre de fille à dissimuler ce qu'elle pense, certaine d'avoir absolument toujours raison.

Enfin, si Philomela connaît beaucoup de hobbies et de passe-temps chronophages (la mode, les études, la collection de cartes de sorcières célèbres, le chant, la danse, les clubs...), elle nourrit une véritable passion pour le vol sur balais. Voltigeuse hors-pair, il n'est pas si rare de retrouver Philomela accomplir d'invraisemblables et dangereuses acrobaties sur le terrain, s'entraînant à toujours plus de grâce et d'élégance. Se nourrissant des compliments et de la sérénité que cet exercice lui apporte, Philomela est devenue une adepte des chorégraphies aériennes. Toutefois, indifférente au Quidditch (si ce n'est quelques joueurs d'exception se faisant remarquer par leur adresse et leur agilité), il semblerait que ce soit le seul sport sur balais qui intéresse les sorciers, reléguant son talent à une compétence utile pour un match. Se sentant dénigrée par le Quidditch et ayant compris qu'elle était bien obligée de s'inscrire dans l'équipe pour que l'on reconnaisse son talent, Philomela déteste ce sport autant qu'elle le pratique. Elle n'en peut plus de sa famille qui s'excite à chaque fois que l'Angleterre joue. Refuse d'aller les voir sur les stade alors que ses frères et sœurs semblent n'avoir que ça en tête. Philomela rêve que ce sport disparaisse pour laisser la place à des formes de vol moins violentes et laissant plus de possibilité à l'aspect esthétique et technique du vol sur balais.

histoire (part I)
(1600)

Si dans les grandes villes, les sorcières se cachent et se montrent bien prudentes, dans les petits villages, on sait qui sont les magiciennes et où elles vivent. Moldus et sorciers s'arrangent et cohabitent dans une méfiance tacite et une coopération mutuelle (en dépit de quelques dénonciation qui font l'objet d'une série de meurtres vindicatifs contre les délateurs et leur famille). Le Code International du Secret Magique n'a pas encore été signé et on connaît une myriade de hameaux où les sorcières sont craintes mais tolérées. Souvent appelées à pratiquer leur sorcellerie pour soigner, maudire ou améliorer la vie des paysans. Upper Flagley, Ottery Ste Chaspoule ou Tinworth, pour citer les plus réputés.

Le comté de Lancaster est célèbre. Tristement célèbre. Vols, meurtres, paysannerie violente, sexualité libérée, sans foi ni loi, le Lancashire connaît peu d'autorité et c'est là que ce sont regroupés, depuis des siècles, des familles sorcières cherchant à échapper aux répressions religieuses, avec son lot de criminels recherchés et de persécutés en fuite que les sorciers protègent et nourrissent. Au fil du temps, les familles se sont transformées en clans qui n'ont eut de cesse de s'affronter entre eux pour des motifs de rivalités mutuelles et souvent pécuniaires. Au milieu, prêtres catholiques et chrétiens refusant de se reconvertir avaient trouvés dans le Lancashire une terre d'asile où ils pouvaient y fonder une famille. Cette drôle de communauté s'était toujours organisée ainsi, loin du regard de la noblesse et de la justice. Dans une tradition semi-païenne, semi-chrétienne mais toujours très solidaire dans un comté qui savait se faire cruel pour qui n'a pas le caractère pugnace.

Ainsi, le Lancaster est un comté très particulier, pour la communauté sorcière. Et il l'a toujours été. Là où les moldus s'organisaient au mépris du monde magique, des centaines de familles sorcières se font et se défont sans cesse. De ces sorcières et sorciers, on n'en voit que la mendicité et le charlatanisme. Pour quelques pièces de monnaie moldue, les sorcières ont appris à manipuler, à voler et à vendre leurs compétences. Jusqu'alors, furent ceux à mettre en en garde les  bonnes gens d'éviter cette région maudite, permettant aux habitants du comté de vivre en marge de la société anglaise.

Mais éclatèrent les événements de 1612, marquant certainement une grande partie de la communauté magique et achevant de faire réfléchir les décisionnaires sur une loi permettant d'obliger les sorciers à se protéger de la violence moldue.

A Pendle Hill s'affrontent deux clans majeurs sous la tutelle de leur matriarche respective : Chattox et Demdike.

Les deux sorcières sont aveugles et revanchardes. Mais elles possèdent des connaissances que leur envie de très nombreuses familles. Leur autorité est incontestable. Elles sont les doyennes, sages et respectées. Et chaque jeune sorcière doit aspirer à leur ressembler. On ignore d'où vient exactement la rivalité entre Chattox et Demdike. Cependant, de meurtres en vols, d'arnaques en délation, la haine s'est rapidement installé et a sut former les alliances.

Du côté de Chattox, on retrouve :

Les Whittle, famille de la vieille matriarche ainsi que les Redferne qui s'associèrent à la puissante et terrible Anne Whittle. Une jeune femme très belle et très puissante en magie dont le visage de poupon faillit lui épargner le bûcher. Cependant, Anne était aussi belle qu'elle était hargneuse contre les ennemis de sa mère. Malgré les supplications de la vieille Chattox pour le jury afin d'épargner la vie de sa fille en échange de la sienne, Anne connut le même sort que sa mère.

La famille Robinson dont l'un des garçons avait vécu, il y a très longtemps sous la bienveillance la vieille Chattox. Par la suite la femme de ce même garçon fut embauchée par la famille les Redferne. Les Robinson ne furent jamais d'une très grande fidélité à Chattox en dépit de ses pouvoirs et de son expérience. Cependant, ils le furent assez pour se mêler des conflits entre Chattox et Demdike et auxquels tous les sorciers finissaient, de gré ou par la force des choses à participer.

Enfin, les familles liées à Demdike :

Les Device, associés par le mariage aux Southerns, la famille de Demdike. Vieux lignages de sorciers et de sorcières dont la loyauté à la famille se transmettaient aux enfants et aux époux. Famille très prolifique, chaque membre s'affaira à faire dans le prosélytisme afin d'enrayer les rangs de Chattox.

Par le biais de Margaret Crook, les Nutter finirent à leur tour par participer aux affrontements. Les Nutter étaient des sorciers puissants, majoritairement des hommes, qui amenèrent un gros des finances aux partisans de Demdike. Paysans possédants leurs propres lopins de terre, les Nutter étaient connus pour mépriser les lois et la bienséance. Voleurs, menteurs et d'une rare fourberie, c'est dans leur talent à se mêler aux affaires moldues qu'ils réussirent à tirer leur épingle du jeu. Enfin, les Nutter étaient des sorciers qui étaient particulièrement craints pour leur capacité à invoquer des créatures terribles. Ball et Dandy étaient de fidèles serviteurs de la famille, qu'ils usèrent évidemment pour le compte de Demdike.

Ces affrontements perdurèrent et perdurent encore aujourd'hui, dans la ville de Pendle où il est bon de choisir très vite son camp. En dépit de la mort des deux vieilles magiciennes, leur nom résonne encore aujourd'hui, très fort dans les légendes de Pendle Hill.

Les choses s'envenimèrent lorsque l'une des filles Demice rencontra un colporteur moldu. Suite à une querelle idiote, Alizon Device assassina par magie le colporteur, John Law, attirant sans le vouloir, le regard de la justice Anglaise sur les sombres affaires qui tourmentaient le comté de Lancaster.

Drôle d'ironie ou preuve que la sorcellerie du Lancashire vivait depuis trop longtemps au mépris de toute forme d'autorité, des sorcières à Salmesburry furent également condamnées. Par gain de temps et de moyen, ces dernières furent jugées au même endroit et au même moment que les sorcières de Pendle Hill. Cependant, les sorcières de Salmesburry s'en sortirent bien mieux que leurs consœurs : Sur huit accusées, « seulement » trois furent condamnées au bûcher.

Pour Pendle Hill, les pertes furent bien plus lourdes.

Les familles rivales, si haineuses et mauvaises les unes contre les autres, ne surent se serrer les coudes face à la justice moldue. Bien au contraire : Voyant un moyen de faire tomber avec elles la famille rivale, chacun s'appliqua au moyen d'aveux et de délations à accuser le clan rival de nouveaux meurtres et d'autres diableries. Pour une seule affaire de maleficium, York eut droit à une véritable pègre sorcière qui sévissait depuis presque cent ans sur tout le comté.

Loin de réussir à sauver les meubles, presque tous les accusés finirent au bûcher. Tous et toutes impliquées dans de nombreuses et sordides affaires de meurtres et de malédictions, aucun ne fut épargné.

Aujourd'hui, au sommet de la Tour Malkin, demeure célèbre mais bien cachée des ancêtres qui participèrent à cette folie, on entend encore les légendes de la vieille Demdike. De ses ancêtres et de ceux qui ont fait la renommée de la région. Ainsi, on apprend encore aujourd'hui aux enfants à haïr ceux qui se lient aux descendants des Device. A honorer la mémoire de la vieille Demdike et à tout ce à quoi elle croyait. A mépriser les moldus qui n'auraient pas le respect des femmes et de la tradition sorcière. Et depuis cet incident, plus jamais les femmes descendantes de ce lignage n’acceptèrent d'abandonner leur nom au profit de celui d'un époux. A Pendle Hill, les sorciers rependent le nom de leur ancêtre tandis que les filles étaient jusqu'à récemment, interdites de mariage. Si elles souhaitent épouser un homme alors elles ont l'obligation de garder leur nom de jeune fille et de le donner à leurs enfants. Comme un héritage sanglant qu'il serait sacrilège d'effacer. Un héritage maudit mais dont il est bon d'en être fier.

Et si beaucoup ont oublié que l'abolition du bûcher ne date que d'il y a quarante ans à peine, les sorcières de Pendle Hill continuent pourtant de le rappeler avec une  véhémence qui ne pourrait oublier la barbarie des moldus à l'encontre des magiciens. Ainsi la communauté sorcière et célèbre pour sa violence et son acrimonie, continue de s'organiser, cette fois, sous le regard prudent du Ministère de la Magie. Car on le sait : Le pire de la pratique de la magie ne peut être avorté que de Pendle Hill.

Enfin, quant aux Nutter, ayant été tardivement liés aux Device par le mariage, ils n'ont eut de cesse de continuer à exploiter les terres qu'ils possèdent désormais. Nourrissant presque toute la communauté sorcière du Lancashire, ils fournissent également beaucoup de matières premières au reste de l'Angleterre sorcière. Depuis leur mariage aux Device, les Nutter ont pu reprendre en main l'entretien de la Tour Malkin qui tombait alors en ruine depuis la mort de la Vieille Demdike.  La Tour Malkin qui est devenu, de nos jours, le centre névralgique des décisions communales et le lieu de vie des descendants de Demdike.

« De quel droit, vous parlez à ma fille ? Je vous interdit de vous approcher des enfants ! »

Dans les petits chemins qui mènent au parc de Pendle, un groupe assiste à une scène hystérique entre deux femmes qui se hurlent dessus. Elles crachent et ont le visage tordus et rouges. Derrière elles, des enfants se cachent et envoient des signes de la main injurieux aux enfants d'en face. Dans les balcons et devant les portes, le voisinage a décidé de prendre part à la scène. Quelques uns s'en mêlent. Très rapidement, c'est tout le pâté de maison qui est concerné par l'affaire.

« Votre fille est mal éduquée ! Elle a sali la robe de la mienne ! 
« Oh, mais Madame ! Ne venez pas embêter les honnêtes gens ! Vous n'avez qu'à utiliser votre baguette, comme tout le monde !
« Je vais me gêner !

Wilhelmina Redferne s'insurge et sort sa baguette. Un geste malheureux à Pendle. Immédiatement après, Vesperina Nutter et quelques autres sorciers témoins de cette drôle de scène sortent à leur tour la baguette de leur fourreau, se rassemblant aux côtés de la mère Nutter. Les témoins sont ivres de terreurs et se regardent les uns les autres sans savoir réagir. Pourtant, Wilhelmina ne démord pas. Et quelques secondes suffisent pour que, sous un épais brouillard, se rassemblent les Chattox.

Pour une brouille d'enfant, il n'est pas rare que les adultes s'en mêlent. Tout prétexte est bon pour chercher la petite bête auprès de la famille rivale. A Pendle Hill, la scène est très familière. Généralement, ce sont les hommes de chaque famille qui réussissent à rétablir le calme. Si ce n'est les Robinson et le Nutter, en vérité, les sorciers étaient bien moins intéressés par ces vieilles rivalités que leurs épouses, leur mère ou leurs sœurs. La plupart ne se sentaient guère concernés par les conflits qui avaient toujours secoués le petit village sorcier. Capables de s'entendre, même entre clans rivaux, les sorciers étaient parfois accusés par leurs consœurs de vouloir comploter contre elles. D'essayer de marier leurs enfants à leurs adversaires. A Pendle Hill, les hommes préféraient rester entre eux, à l'écart tandis que les femmes organisaient la vie du village au gré de leurs querelles.

« Mais c'est elle qui voulait jouer avec nous ! On a rien fait ! »

A la Tour Malkin, mère et fille se brouillent. La mère de Philomela était une femme très fine et de petite taille. Mais on la connaissait pour être une sorcière d'un caractère fort et violent. Orgueilleuse, elle n'entendait pas les explications de sa fille.

En vérité, les choses avaient commencé le plus simplement du monde. La fille Redferne et ses copines avaient croisé le groupe des enfants Demdikes. Encore très jeunes, il arrivait parfois que les enfants acceptent de jouer entre eux pour mieux s'humilier mutuellement. Et il arrivait parfois qu'un parent soit averti de la chose et n'intervienne. Vesperina interdisait à Philomela de jouer avec ces enfants. Parce que ça avait bien trop pris de dramatiques tournures.

« C'est la dernière fois que je te le dis, Philomela ! Tu vois bien que ces gens ne sont pas fréquentables ! »

Philomela avait les larmes aux yeux. Le visage rougit de colère et de honte. Elle reniflait bruyamment et baissait la tête en se frottant furieusement le visage.

« Ah ! Ne te mets pas à pleurer, hein ! Ou je vais vraiment m'énerver !
« Je pleure paaas ! 

Mère et fille était d'inséparables sorcières. Philomela ne jurait que par la force de caractère de sa mère. Elle aspirait à l'assister discrètement et à la rendre fière. Toujours plus fière. A l'âge de quatre ans, au cours d'un voyage en vacance, Philomela avait contracté la maladie du Bellywig. Le traumatisme ou le contact avec le monde magique avait éveillé les pouvoirs de la sorcière. Dévastée par son corps qui flottait piteusement en l'air, Philomela s'était mise à pleurer, pleurer, pleurer. A crier et à appeler sa mère en tendant fort les bras, de peur de ne s'envoler définitivement dans le plafond et que personne ne pusse la rattraper. Lorsque le médicomage annonça  que l'enfant resterait peut-être ainsi le restant de ses jours, la terreur se lit sur le visage de Philomela. Et alors qu'elle suppliait pour redescendre, les vases et les objets de la petite pièce se mirent à voler à leur tour, comme attirés par la petite sorcière. En montant vers elle, les bibelots en lévitation se collèrent à son contre elle alors qu'elle essayait de les éloigner en hurlant.

Quand ils retournèrent en Angleterre, la famille passa inexorablement par Sainte-Mangouste où Philomela fut prise en charge. Après deux semaines à vivre en lévitation constante, la jeune enfant avait appris à s'y faire. Même, à apprécier son sort. Quelque fois, s'amusait-elle à fuir sa mère en riant aux éclats pendant que les membres de sa famille tentaient de la rattraper en lui ordonnant de cesser ses jeux dangereux et ridicules. Au bout d'une semaine, Philomela était promenée en laisse comme un vulgaire ballon de baudruche rempli à l'hélium afin de permettre à la famille de continuer leur visite du pays du Kangourou sans encombre.

Alors, un peu pour consoler sa fille de la déception d'avoir perdu une drôle de maladie, un peu pour fêter l'éveil de ses pouvoirs, beaucoup pour célébrer la fin de ses inquiétude maternelles, lorsqu'ils arrivèrent à Pendle, Vesperina habilla toute la Tour Malkin de fête et de joie. Ce jour-là, Philomela avait invité toutes ses copines, ses tantes, ses cousines, ses oncles favoris. Et chacun s'évertua à inviter les copains, les oncles, les cousins et les tantes favorites. Tant de Demdikes soudés entre eux... Tous réunis au même endroit.

L'attaque fut fulgurante. Hurlant à la mémoire des ancêtres disparus dans les conflits, les Chattox venus jouer les troubles-fêtes furent vite repoussés mais marquèrent si fort l'esprit de Philomela qu'aujourd'hui encore, dix ans après, elle continue à plaider la fourberie mauvaise des Chattox à travers cet événement. Elle s'en souvient encore mal, entre anarchie, sortilèges bruyants et hurlements. Sa mère, quant à elle, semble s'en rappeler comme d'un événement sans importance. Les Chattox n'étaient, paraissait-il, pas plus d'une dizaine et en quelques minutes, ils finirent par fuir le combat, noyés par le nombre des Demdikes. N'empêche, s'insurge Philomela qui se sent trop sensible à entendre l'anecdote de la bouche de sa mère,presque indifférente. Ils étaient très fourbes et très violents... « Et en plus, c'était ma fête d'éveil. J'aurai pu mourir ce jour-là ! » A l'écouter, sa mère en rit tendrement et la prend affectueusement dans ses bras. Sa fille. Sa fierté et sa joie.

Évidemment, en grandissant, Philomela se mise à son tour à participer aux affrontements, se considérant toute légitime de haïr les Chattox. Première meneuse contre les enfants Chattox parmi les Demdikes, elle assure son héritage avec une dignité que sa mère félicite toujours.

« Tu vas où, Phil' ? 
« … Avec mes copines, on va à Liverpool.
« Ah. Et les leçons... ?

Philomela a neuf ans. La plupart de ses copines sont bien plus âgées qu'elle. Coqueluche d'un petit groupe de sorcières, elle est la petite poupée qu'on aime traîner partout, coiffer, maquiller et habiller. Ses copines souhaitaient l'emmener à la grande ville pour aller visiter la vieille Himelda. Une sorcière très âgée qui n'avait de cesse de leur raconter les vieilles légendes du Lancashire en leur offrant toujours des breloques et un peu d'argent. Philomela n'aimait pas beaucoup sa maison où flottait dans l'air quelque chose d'occulte et de terriblement sombre. Mais elle adorait la vieille sorcière et se sentait toujours immensément aimée. Himelda aimait se rappeler de sa fille à travers le culot de Philomela.

Cependant, ce jour-là, Philomela oublia ses obligations. Les yeux ronds, la bouche en cœur, son visage se décomposa. Elle savait d'avance qu'elle ne pourrait pas y réchapper.

« J'ai oublié ! Mais elles m'attendent et je dois y aller parce que Himelda va...
« Vous irez à vos classes, mademoiselle. Tes copines, elles sont en vacance. Toi, tu dois apprendre.
« Mais Mère ! S'il te plaît ! Juste une fois...En plus je connais ma leçon !

Les larmes aux yeux, nourrit à la frustration, Philomela plaida son cas avec toute la mauvaise foi du monde. Mais Vesperina Nutter ne se laissa guère attendrir. Philomela devait faire ses classes sorcières.

A Pendle Hill, une grande majorité de sorciers apprenaient la magie à domicile. Quelques rares familles plus riches que d'autres avaient la possibilité d'envoyer leurs enfants à Poudlard. Du reste, pas d'école avec les moldus, pour les filles Demdikes. Alors s'organisaient des classes composées d'enfants entre 6 ans et 17 ans. On y apprenait l'art de la potion, quelques bases en sortilège et l'histoire du Lancashire.

« De toute façon, après tes classes, nous irons acheter une baguette pour ta petite sœur, annonça sa mère avec une malice complice dans le regard.

Philomela grogna qu'elle s'en fichait de toute façon. Butée comme un âne, Philomela n'accepta de montrer son enthousiasme qu'en classe, en saluant ses copines.

« Eh oui ! Ma mère m'a demandé d'être là ! Et même qu'elle m'a demandé de conseiller le vendeur parce que personne ne connaît mieux ma petite sœur que moi. Alors, tu vois, il faut que la baguette soit adaptée à sa taille, hein. Et je connais ma sœur : Il lui faut un bois très noble. La mienne, elle est en bois de fraisier. Mais c'est que pour quand je suis encore petite, hein. Si ma mère m'inscris à Poudlard, elle m'a dit qu'on ira en acheter une encore plus forte ! »

La Vieille commençait à peine son cours qu'elle gronda Philomela pour être si dissipée. Toujours très bavarde, jamais très attentive, Philomela se tournait vers la Vieille en boudant, convaincue que la sorcière avait une dent contre elle.

Personne ne connaissait son nom, en vérité. On appelait Sage cette sorcière d'un certain âge et qu'on avait élue pour apprendre aux jeunes génération la première maîtrise de la magie. Mais très vite, les enfants s'étaient appropriés le titre pour lui donner une connotation bien moins élogieuse. Tout le monde l'appelait la Vieille, dans les classes et au fur et à mesure du temps, les parents eux-mêmes avaient adopté ce surnom, sans trop oser le prononcer devant l'enseignante au mauvais caractère. Cette dernière était connue pour s'insurger régulièrement de la jeunesse de plus en plus débile et insolente. Plus aucun respect pour les traditions... On l'écoutait sans trop de sérieux. Avec beaucoup de recul et une tendresse que l'on accordait toujours aux anciens.

En dépit des moqueries, lorsque la Vieille fut enterrée, quelques années plus tard, on pleura beaucoup sa disparition. A Pendle Hill, on respectait tant les anciens qu'il était impensable de ne pas porter le deuil pour chacun d'entre eux. Leur mémoire était toujours très respectée. Car à Pendle Hill, un ancien qui décédait, c'était une bibliothèque qui brûlait.

Lorsque Philomela quitta la classe, elle se dirigea en trombe vers sa mère, râlant qu'elle n'était pas assez bien coiffée pour aller à la FAMEUSE (la Foire aux Articles Merveilleux et Enchantés, Urbaine, Sorcière et Ésotérique). Un marché exceptionnel qui ouvrait ses portes une fois par ans, durant l'été et qui durait tant que tout n'avait pas été liquidé. Si les articles coûtaient très chers aux premiers jours d'ouverture, il était dangereux d'y aller trop tard en dépit de la chute vertigineuse des prix. De peur de rater la bonne affaire ou dans l'attente de voir les prix baissés sans perdre de vu son objectif, certains sorciers fréquentaient la FAMEUSE quotidiennement. Souvent, on y allait en famille ou entre amis et on découvrait parfois les nouvelles modes Londoniennes. Quelquefois, avec un peu de chance, on pouvait y dénicher quelques articles rares et puissants. Parfois, uniques. Philomela, chaque année, fut habituée à visiter régulièrement la FAMEUSE au cours des vacances d'été. Cette activité, aussi épuisante soit-elle, est toujours un souvenir heureux du bonheur estival dans les souvenirs de Philomela. On y retrouvait alors tous les élèves inscris à Poudlard qu'on ne voyait plus au cours de l'année et des centaines de sorciers venus de tout le comté et parfois d'ailleurs. Devant un stand où l'on vendait boissons et nourriture, les sorciers se retrouvaient et discutaient comme si tout le monde se connaissait. On faisait la rencontre de sorciers venus de très loin qui contaient leur parcours et leur vie, s'étonnant des traditions de la région. On y retrouvaient des amis perdus de vu à cause de Poudlard qui racontaient leur expérience à l'école. Et on mangeait avec le voisin sans se préoccuper du nom de sa famille. Rare instant où jamais Chattox et Demdikes n'oseraient s’entre-tuer. Sous un soleil parfois caniculaire, les longues avenues étaient noires de monde et il était bon d'apprendre très vite à se faufiler entre les robes de sorcier pour avancer à travers la foule.

Le marchand de baguette était très réputé. Il n'était lui-même pas fabricant mais se fournissait auprès des plus grands de l'Angleterre pour y dénicher la baguette rare ou qui se vendait vite. Plus loin, on trouvait le marchand d'animaux et un autre de chaudrons et de nécessaires de balais. Ce n'est que le jour où Philomela fit ses premières courses de rentrée, à ses onze ans, qu'elle comprit que tout ce pan de la FAMEUSE était destiné aux élèves de Poudlard et s'y organisait pour attirer tous les parents venus faire quelques affaires avant de compléter leur liste de course à Londres.



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Ven 30 Nov - 14:53
Histoire (part II)

Dans le train, chacun s'applique à déballer sa science. Philomela a toujours été habituée à tout connaître, tout savoir. A être au centre de l'Univers. Elle est la fille Nutter, descendante de Demdike, la sorcière la plus célèbre (Chattox, ça compte pas) du Lancashire. Philomela a grandit avec la conviction que tout lui est déjà due. Alors, au milieu des élèves plus âgés, tandis qu'on discute de la signification de chaque maison (« Oh mon Dieu, faite que je n'aille jamais à Poufsouffle... »), Philomela se perd. Elle n'ose pas trop mettre l'accent sur son ignorance et se tait donc pour écouter. Lorsqu'elle tente une percée pour parler de sa famille, personne ne semble savoir de quoi elle parle. Silence un peu gêné. Philomela essaie d'avoir l'air cool. Ca ne marche pas. Elle finit par bénir l'élève de 3e année qui change très vite de sujet.

Philomela s'en rend très vite compte : Ici, elle n'est personne. Les rois du game, ce sont les sang-purs. Les vrais. Ceux qui sont célèbres dans toute l'Angleterre. Pas seulement dans un petit comté de merde. Dans tout ce renversement des codes qu'elle pensait universel, Philomela se sent un peu perdue. Elle suit les groupes, se laisse guider, écoute attentivement. Lorsqu'elle entend la première moquerie à l'égard de son nom de famille, il n'y a cependant pas de timidité qui tienne. Sa virulence portera la première pierre qui fera sa popularité.

Quand Philomela rejoint sa salle commune, elle est vite accueillie par un ou deux élèves. Elle en reconnaît quelques uns qui viennent de son bled natal et rapidement, elle tente de ramener tous les sujets de conversation à Pendle Hill. Si, au début, on l'apprécie et la materne, très vite, Philomela se rend compte qu'elle fait chier tout le monde à tout ramener à Pendle et sa famille.

Cette année, ça tombe bien, c'est la Coupe de Feu ! La délégation débarque, les gens discutent et Philomela peut se permettre d'écouter ce qu'on en dit. Très rapidement, elle apprend comment ça se passe, dans le coin. Les rivalités de maison, l'importance du Quidditch, la réputation des professeurs,... Philomela apprend également à organiser ses cours. Si elle se fait largement rabrouer pour ses bavardages en classe, Philomela fait dans la sur-participation et se montre parfois beaucoup trop active au goût de certains professeurs qui la trouvent parfois un peu encombrante. En dépit de sa dissipation et d'une insolence fardée de bonne volonté, Philomela commence à faire connaissance ici et là. Elle travaille avec des copines et si elle est encore très attachée à ses origines, devenant occasionnellement très ennuyeuse avec ses anecdotes de campagnarde, elle finit par apprendre à se faire des amis de sa trempe. Aussi caractériels (les professeurs disent « capricieuse ») et frivoles qu'elle.

Finalement, c'est par groupe que les premières années vont aux tournois, encourageant leur champion (même si d'un avis collectif, elles auraient été beaucoup plus enthousiastes à encourager Viktor... Mais bon, faut faire comme tout le monde, hein. Vive Poudlard). Ou plutôt, leurs champions. Philomela connaissait évidemment l'histoire de Voldemort et comment un enfant de un an l'avait terrassé. Ca s'était raconté comme un conte, autour d'elle et Philomela, dans sa tête d'enfant, avait toujours imaginé que ce ne fusse qu'une légende. Apprenant que Harry Potter était le fameux garçon, le petit cœur de Philomela se serra. Elle trouvait Harry Potter insupportable parce que tous les professeurs semblaient l'adorer. Le petit chouchou. C'était un garçon super bizarre qui, avec sa petite troupe de Gyrffondor, semblait mépriser tout le monde. Cédric était un garçon beaucoup plus aimable et à sa portée, au goût de Philomela. Cependant, Harry Potter... Une vraie légende. Il y a toujours quelque chose d'extrêmement impressionnant, pour une enfant, à regarder un élève plus grand et savoir qu'il est déjà un véritable mythe dans toute l'Angleterre. Philomela refusa de porter les badges de « Potter Menteur ». Elle ne voulait pas de problème avec lui et ses amis (qui ne semblaient pas très très patients avec ça). Et quelque part, c'était pas très gentil... En imaginant combien ça pouvait être une expérience horrible de voir toute son école le traiter de tricheur, Philomela s'insurgea contre les détracteurs de sa classe. « Et toi ? Tu as fait quoi dans ta vie ? » Philomela était loin de se douter que l'école n'avait eut de cesse de taper sur le dos de Potter durant les dernières années et combien Potter avait été lié à de très sombres affaires.

Elle ne l'apprit qu'une fois le tournoi terminé. Le cadavre de Diggory dans ses bras. Le retour annoncé de Voldemort. Philomela avait onze ans. Pour elle, c'était l'annonce de l'Apocalypse qui approchait. La boule au ventre, emportée par le deuil général, elle pleura la mort de son champion. Une fois rentrée à Pendle Hill pour les vacances d'été, elle l'oublia presque aussi vite.

A la Tour Malkin, beaucoup en parlaient. De ce retour annoncé et du gouvernement qui semblait le nier. Le procès de Potter et des événements qui se préparaient. Au cours des guerres précédentes, Pendle Hill n'avait jamais eut à craindre vraiment les Mangemorts. Cette petite campagne isolée, on nourrissait les sorcières à la magie noire et il arrivait parfois que des Aurors du Ministère fasse une ou deux descente dans le coin, en espérant retrouver des mages noirs en fuite que les Chattox ou les Demdikes auraient recueillis. Philomela, elle, n'en sut rien, encore trop jeune. Parfois, les enfants soupçonnaient une ou deux affaires un peu scabreuses. Mais ça n'allait guère plus loin.

Vesperina sembla inquiète en dépit des airs d'arrogance de sa fille. « Moi, ça me fait pas peur. » Sa mère se garda bien de répondre qu'elle n'avait aucune idée de ce dont elle parlait. Philomela ne comprenait pas les agitations qui s'élevèrent autour d'elle. Et durant toutes les vacances, la petite Nutter envoyait inlassablement des lettres à ses copines pour les convaincre de venir lui rendre visite à Pendle, qu'elle continuait de vendre comme le plus bel endroit du monde.

La rentrée en deuxième année fut un peu plus étrange. Philomela comprit combien les événements de l'an passé la dépassaient. Maintenant, le gouvernement envoyait ses employés gérer Poudlard. Apparemment, c'était une première. Virer Dumbledore ? Pourquoi a-t-il été viré ? On dit qu'il a disparu... Difficile de dire ce qu'il se passait à Poudlard. Philomela avait aperçut Ombrage de loin, au travers des couloirs. Quand elle se présenta comme leur nouveau professeur, Philomela crut qu'elle apprécierait cette dame-là. Bien habillée, très élégante et venant du Ministère. Elle était impressionnante et ne semblait pas être d'un genre à se laisser marcher sur les pieds. Philomela ne comprenait cependant pas pourquoi le Ministère ne croyait pas Harry Potter. Quand elle osa poser sa question, innocente, Ombrage la renvoya sèchement à ses livres comme si elle n'était qu'une idiote. Philomela se renfrogna sans oser parler plus.

Philomela continua sur la voie des études et se garda de la moindre retenue. Même si Ombrage était exécrable avec tout le monde, Philomela avait beaucoup d'admiration pour cette sorcière. Un jour, elle eut vent de la Brigade Inquisitoriale qu'on lui demanda d'adhérer. Philomela eut la sensation de ressentir comme un choc électrique en plein dans le cœur. Une Inquisition ? Une Inquisition Sorcière ? Ca ne choquait qu'elle ? (non) Et ça se disait sang-pur ? Philomela se mordit très fort la lèvre. Sourit. Et refusa poliment. Décliner l'invitation lui valut les foudres de certains de ses camarades qui ne comprenaient pas.

« Non mais, la Brigade... Inquisitoriale... !
« … Je sais comment ça s'appelle ! J'y suis ! Ca me dit pas pourquoi tu as refusé.
« Non, non, non, non... Je vais te la refaire. Tu comprends pas. La... Brigade...
« Inquisitoriale, je sais ! Tu me fatigues, Phil' !
« Mais c'est toi qui me fatigue ! Pourquoi tout le monde, ici, à l'air de trouver ça normal de dénoncer des sorciers parce qu'ils ont pratiqué la magie ?!
« … Naaan, Phil' ! Là, c'est toi qui comprend pas. Nous, notre rôle, c'est juste de s'assurer que les gens respectent le règlement. On gère un peu la sécurité, tu vois ?
« Va te faire voir...

Philomela réussit cependant à convaincre quelques unes de ses amies ou à rassembler ceux qui étaient d'accord avec elle au sein de sa maison. Si la jeune sorcière n'avait aucun intérêt à mendier une place dans l'Armée de Dumbledore (ce nom est ri-di-cule), elle tenta tout du moins de la protéger du mieux qu'elle le put. Un peu secrètement, par esprit contestataire, en donnant de fausses informations à la Brigade ou menant quelques uns de ses amis en bateau.

Dans les échanges avec ses amis de Pendle Hill et sa mère, elle sut se rassurer de la bonne attitude à avoir. « Ne te met pas en porte-à-faux, surtout. » Conseilla sa mère, inquiète. « Reste loin. » Philomela appliqua ces conseils avec une rare dignité, comme si tout ça lui passait bien au-dessus de la tête. Apprendre. Compter les jours. Rentrer à la maison.

En rentrant, Philomela se sentit enfin ressentir cette espèce de sensation de retour au foyer. Comme si elle retrouvait la nostalgie d'un temps passé. Poudlard était devenu, sans qu'elle ne s'en rende compte, son nouveau foyer et Philomela commençait à se sentir grandir. A se sentir grandir beaucoup plus vite qu'elle ne l'aurait imaginé. Il lui semblait que ses BUSE arriveraient d'ici demain. Elle ne se sentait pas prête ! Elle n'était pas assez concentrée ! Et puis, il y avait ses amies. Elle adorait Pendle Hill. Elle y trouvait tout ce dont elle avait besoin. Cependant, elle avait apprit que Pendle Hill n'était, aux yeux des autres, qu'un patelin campagnard où s'organise la fameuse FAMEUSE. Aussi, Pendle Hill était relativement en retard en terme de mode, d'information, de technologie magique. Philomela se sentit obligée de s'abonner à Sorcière Hebdo et d'autres revues pour magicienne à la mode pour rattraper le temps perdu. Il ne fallait surtout pas que ses amies puissent s'imaginer pouvoir la surpasser !

Sa mère accepta de suivre les caprices vestimentaires de sa fille, considérant que Philomela était en train de s'investir dans le beau monde. Aujourd'hui, c'est ça, demain, ce sera le Ministère ! Vesperina dépensa sans compter pour le bonheur de sa fille. Il fallait qu'elle soit la plus belle, la plus douée et la plus aimée. Une obsession que l'une de ses tantes (une pauvre gueuse qui lisait l'avenir à travers des cailloux autour d'un genre de pentacle gravé dans une table) railla avec beaucoup d'amusement.

« Tu comprends pas ! Si je suis pas à la mode, mes copines vont se moquer de moi !
« Et alors ? Leur avis t'importe ?
« Bien sûr, qu'il m'importe, bouda Philomela comme une évidence. S'il ne m'importait pas, je finirai comme toi... Et sans vouloir te vexer, Tata...

Les adultes restèrent silencieux. Seul son oncle ne put s'empêcher de pouffer. La tante lui lança un regard noir et Philomela fut punie pour son insolence. Dès que sa mère fut rentrée du travail, elle leva la punition en sermonnant sa sœur « Tu ne punis pas ma fille sans mon autorisation. Ce n'est pas parce que la vérité te fâche que tu dois t'en prendre à ceux qui ont mieux compris la vie que toi. »

Au cours de sa troisième année, Philomela reçut enfin son balais Nimbus. L'an dernier, comme un exutoire à sa colère face aux injustices et à la débilité des gens à banaliser ce qui ne devait pas l'être, la petite sorcière s'était mise à pratiquer le vol. S'échapper un peu de cette école de fou. Juste pour elle-même, sans vraiment d'objectif. Petit à petit, ses copines s'étaient mises à complimenter ses talents sur le balais et encouragèrent Philomela à plus de risque.

« Tu sais faire ça ?
« Tu connais la figure de l'étoile ?
« T'arrives à faire un piquet plongé ?

A force de défis et pour toujours mieux impressionner son public, Philomela s'était rendue très douée et finalement, quelqu'un lui proposa d'entrer dans l'équipe de Quidditch. Tout du moins, de tenter les auditions, l'an prochain.

Alors, chose promise, chose due. Il lui fallait son propre balais ! Ceux de Poudlard tombaient en ruine et c'était avec ces balais revêches et difficiles que Philomela avait apprit la base de la voltige sur balais. Au cours des vacances, Nutter fille demanda tardivement son balais et Nutter mère oublia d'aller l'acheter. Alors, peu de temps après la rentrée (« Vite, maman, les qualifications débutent bientôt ! », Phil' reçut enfin son colis. Et l'essaya pendant des heures. Il était tellement plus facile à manier que les vieux balais de l'école ! Léger et si rapide que Philomela eut un peu peur, au début. Comme s'il était trop glissant pour elle. Trop nerveux. Tout neuf. Mais à force de pratique, elle finit par prendre en main la souplesse du manche et à se faire la main. Comme Philomela n'était pas assez forte, elle ne put pas passer le concours pour être batteuse. Comme elle n'avait pas le meilleur balais de son temps, elle ne pouvait pas être poursuiveuse. L'idée d'être attrapeuse lui était venu à l'esprit mais il lui semblait qu'elle n'avait pas les bonnes compétences. Il lui fallait un poste où son adresse seule pouvait faire l'affaire. Un poste qui n'ait pas besoin de faire de grandes traversées du terrain. Celui de Gardienne lui allait comme un gant.

En entrant dans l'équipe de Quidditch, Philomela devint une véritable petite starlette, parmi sa classe. Elle venait de montrer au monde entier à quel point elle était agile sur son balais (même si les plus sceptiques n'avaient qu'à se contenter d'expliquer qu'elle manquait encore cruellement de technique même si on pouvait effectivement admirer son aisance et son assurance dans les airs). Philomela semblait être née pour voler. Elle était belle, assurée, elle était dans l'équipe de Quidditch et savait parler. Pour Philomela Nutter, c'était l’ascension. Cependant, depuis sa promotion, toute sa famille sembla s'être donné le mot pour l'inviter aux matchs de Quidditch qui semblaient, depuis très longtemps, la laisser indifférente. On ne comprenait pas sa position. Elle ne voulait pas parler de Quidditch, ne connaissait pas vraiment les joueurs célèbres ni les dates des prochains matchs. Avec son équipe, Philomela était en retrait, ne participant pas aux discussions sur ce sport qu'elle n'arrivait pas à apprécier. Elle venait, enfourchait son balais, faisait la muraille puis redescendait à la fin du match, satisfaite d'avoir eut son quart d'heure de gloire. A chaque match, Philomela s'appliquait à toute la grâce et l'élégance possible pour dégager tous les souaffles qui passeraient les mailles des poursuiveurs.

L'année se déroula plus tranquillement que les précédentes et Philomela commençait à entrevoir ce que serait sa popularité dans l'avenir. Grande parmi les petites, elle et ses amies prirent un peu plus d'importance dans les influences de groupe au sein de sa classe. Quelques garçons avec qui elle s'ennuya fermement et qu'elle quitta sous prétexte qu'ils ne la faisaient pas assez voyager, elle posa sa réputation de façon plus concrète au cours de l'année. Ses notes restèrent relativement stables et par divers jeux sociaux, Philomela réussit à s'introduire dans le club de Slugh (bien qu'elle y resta très discrète, se sentant imposteur parmi ces élèves de « bonne société ». Il aurait été dommage qu'on ne la démasque en si bon chemin). Il semblait à Philomela qu'elle vivait sa meilleure année.

Jusqu'à l'incident qui marqua un tournant tragique pour l'école.

« Qu'est-ce qu'il va se passer ?
« Tu retourneras à l'école. Et tu me tiendras au courant par hibou. Si je peux, je te retirerai de Poudlard. Mais pour le moment, tu n'as pas le choix.
« On est sang-pur, pas vrai ?
« Ton grand-père est un moldu.
« Mais ils peuvent pas le savoir, non ?
« Je ne sais pas. Va te coucher. On en rediscutera.

A Pendle Hill, un vent contestataire s'était levé. On ne craignait pas les Mangemorts. Ni aucun mage noir. La politique que prenait le Ministère ne les dérangeaient pas tant que ça. Elle était stupide mais compréhensible. Quelque part, beaucoup de Demdikes et de Chattox épousaient les idéaux intégristes et s'enthousiasmaient de ce renouveau. Mais pour Philomela, la chose ne semblait pas si bien que ça. Il semblait que tout Poudlard prévoyait une année en Enfer, là où ses tantes avaient convaincu sa mère que l'enseignement de la Magie Noire n'était pas une mauvaise chose. Qu'elles auraient elles-mêmes envoyé leur fille à Poudlard, si elles avaient sut. Mais qu'est-ce qu'elles en savaient ? Vesperina semblait partager les inquiétudes de Philomela. Chez les Nutter, on n'aimait pas que les choses changent. Chez les Nutter, s'adapter était un art qui prenait du temps et de l'investissement. Et Philomela n'avait encore jamais dû s'adapter à ça. Elle n'était pas prête.


Dans la gare, ce n'est que silence et regards inquiets. Quelqu'un hurle à l'autre bout du quai et quelques parents se retournent, le regard un peu las. On s'embrasse. C'est parti.

Le repas de répartition se fait dans le silence général. Seule la table de Philomela semble se permettre quelques mots, quelques discussions. A côté, un peu moins. On se regarde gravement. A la table des professeurs, à la place du révéré professeur Dumbledore, le professeur Rogue. Philomela est un peu perdue. A ses côtés, les professeurs Carrow ont un œil presque victorieux sur les rangées d'élèves. Quand elle sent sur elle le regard du professeur d'étude des moldus, elle se sent glacée et pique le nez vers son assiette. Personne ne sait ce qu'il va se passer au cours de cette année. Pour Philomela qui se sent écrasée par la terreur de ses camarades, à l'impression de redouter le pire sans vraiment comprendre ce qu'elle craint.

Rapidement, on annonce la couleur : Les nés moldus sont priés de se lever de table et de se mettre en rang. Le professeur Rogue les fait sortir de la grande salle, accompagné du professeur de Magie Noire. Les autres élèves se regardent, sans comprendre. Sans savoir ce qui va leur arriver. Ils sortent et personne ne les revoit plus jamais au cours de la semaine. Le professeur Rogue met en garde sur le mensonge. On sait qui sont nés-moldus et ceux qui ne se seront pas dénoncés devront en subir les conséquences. La menace est si terrifiante que durant un bref instant, Philomela doute de son propre arbre généalogique. Non... Elle est la descendante de la Vieille Demdike, hein. Il n'y a pas de raison. Je suis presque une sang-pur.

Presque.

Philomela découvre les premiers cours. L'année débute dans un mutisme solennel comme si tous les élèves et même les professeurs restés à Poudlard auraient décidé de prendre une année entière pour se recueillir sur la mort de Dumbledore. Philomela retrouve ses amis. Pas tous. Ce n'est que maintenant qu'elle y pense : Certains d'entre eux étaient né-moldus. Alors, elle s'inquiète et demande des nouvelles. Personne ne semble savoir où ces élèves sont passés. Ce qu'ils font. Ce qu'on leur a fait. Philomela ne peut pas faire plus. Elle ne peut pas retourner tout le système pour savoir. Tout le monde se fait tellement peur les uns les autres qu'il semblerait impossible de retourner sa veste. Philomela regarde alors la salle, un soir, durant le repas. Et puis balance cette phrase, le visage sévère :

« On est des centaines d'élèves. Si ça dérangeait autant les gens, d'être sous la direction de Rogue, ils se révolteraient tous ensemble. »

On lui demande de se taire. On lui dit qu'elle n'est pas prudente.

« Nan mais faut arrêter l'hypocrisie... Soit tu acceptes le système, soit tu le rejettes. Mais tu fais pas semblant parce que t'as peur !
« C'est facile à dire... Et toi ?
« Quoi, moi ?
« Bah je sais pas, tu critiques les autres... Mais tu t'es regardé ?
« Ah mais moi, c'est simple ! Je suis là pour mes examens. J'aime la magie noire et je viens du Lancashire... De quoi tu veux que j'ai peur ?
« Mais t'es horrible... Tu sais que...
« Je suis pas horrible. Je suis pragua... Pra...
« Pragmatique.
« Pragmatique. Voilà.

Philomela ne sait pas encore ce qui l'attend. Et ne le saura qu'une fois les premiers cours théoriques passés. Durant ces leçons, le professeur Carrow semble prendre un malin plaisir à mettre très mal à l'aise ses élèves. Ses phrases suintent une menace qui installe un malaise constant. Philomela retient parfois quelques rires, quand le professeur Carrow s'indigne avec impatience du manque de connaissance sur la magie noire de ses élèves. Un jour, elle lève la main et tente sa chance. On la regarde un peu de travers. Elle garde la tête haute. Ses réponses semblent plaire au professeur qui se permet une insulte générale. « Et c'est elle qui répond juste... Vous devriez avoir HONTE ! » Philomela ne sait pas trop comment le prendre. Elle décide de se taire. Son cœur se serre un peu et elle se convainc qu'elle arrivera bien à se faire une place là-dedans. Quitte à faire oublier que son sang n'est pas parfait. Alors, de temps en temps, elle essaie. Elle ose. Vient à la fin du cours pour poser ses questions. Un jour, Amycus lui parle de sa famille. En bien. Philomela à l'impression d'une victoire. Elle remet une mèche derrière son oreille et sourit timidement en rougissant. En quittant le cours, son cœur est sur le point d'exploser. Dehors l'attendent quelques personnes qui la traitent de collabo et la bousculent un peu.

A ses yeux, elle se contente simplement de jouer avec le système. Elle ne se sent pas concernée par les conflits politiques sur la pureté du sang. Elle se sent bien au-dessus de tout ça.

Un jour, le professeur Carrow fait entrer quelqu'un dans la pièce. Un adolescent. Certains élèves sont prêt à se lever de leur chaise et ont les yeux fous. Philomela demande :

« Qui c'est ?
« … C'est... C'est l'un des élèves moldus qui... Au début de l'année, tu sais ?

Philomela le regarde. Il est maigre, il a des cernes aux yeux. Il a le regard mort. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Elle se pince la lèvre pendant qu'on leur explique que le « sang-de-bourbe » sera leur cobaye pour un tout nouveau sort. Le Doloris. Phil a la gorge sèche. Amycus Carrow la regarde avec des yeux satisfaits et presque bienveillants. Mais prédateur. Elle tremble. Il l'aime bien. Depuis quelques jours, Philomela se targuait d'avoir réussi à se créer un confort, dans cette nouvelle année. Et parfois, lors que professeur la croisait, ils discutaitent de Pendle Hill et de son histoire. Philomela découvre ainsi la complicité de ses ancêtres sur de sombres affaires de mages noirs en cavale. Alors, aujourd'hui, elle le sait : Il veut lui faire « l'honneur » de passer la première. « Venez nous montrer l'exemple, miss Nutter. »

Doucement, elle se lève. Jette un regard désespéré a des amis qui la fuient. Elle sort sa baguette. Il ne faut pas qu'elle tremble. Tout le monde la regarde. Le temps semble s'arrêter. Ses pas résonnent fort dans la salle. Lancer un maléfice aux Chattox, okay. Précipiter la fin d'un moldu un peu paumé dans la pampa, pourquoi pas. Mais rien dans le visage boursouflé et désespéré de cet élève ne lui inspire le moindre mal. C'est un sorcier. Comme elle. Son sang lui importe peu. Et son attitude presque abandonnée la décourage. Lentement, elle lève sa baguette. Pas bien haute ; Elle ne sait pas trop ce qu'elle vise. Et prononce sans grande conviction un « doloris » qui se répercute en écho dans la salle. Il semble que ses autres camarades aient retenus leur souffle. Petit silence. Rien.

Amycus semble s'impatienter. Philomela bredouille, bafouille. L'angoisse lui fait perdre pied et lui donne des vertiges. Elle se sent fiévreuse. Elle tremble. Amycus approche d'elle. Se met dans son dos et s'accroupit à son niveau pour redresser sa baguette au niveau du visage du garçon. Il lui murmure des insanités à l'oreille. Philomela ne comprend pas. Pour l'encourager, peut-être. Pour la terrifier, sans doute. Pour nourrir sa colère. Mais Philomela se contente de fondre entre les griffes du professeur en des couinements pitoyables. « Je me sens pas bien, professeur... » Réussit-elle seulement à baragouiner.

Le professeur se lève. D'un revers de la main, la gifle et sort sa baguette. Philomela se sent propulsée plus loin et tombe. Le coup la libère brusquement de tout. Elle explose en sanglots tandis que le professeur « montre l'exemple ». Le garçon, le né-moldu, hurle devant une classe qui détourne les yeux. Philomela se recroqueville par terre avant qu'elle ne sente son bras agrippé douloureusement par la main du mage noir qui la rejette du cours et envoie un autre élève l'accompagner à l'infirmerie. Elle s'en sort bien. Pour cette fois.

Sur le chemin, la tête baissée, les larmes qui continuent à couler sur ses joues fiévreuses, Philomela se sent idiote. A quoi s'attendait-elle ? Elle reste silencieuse. Elle a l'horrible sensation d'avoir raté quelque chose d'important. Et qu'aujourd'hui, elle s'en rend compte comme d'une gifle en plein sur le piffe.

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bienvenu
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merci
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Lun 3 Déc - 13:13
Re-Bienvenue à toi ! Very Happy Han, c'te fiche super longue !!! \o/ Tu as été inspirée ! Very Happy

bounce cheers hola :calinou: excité


Hold my hand
Can you lie next to her and give her your heart, as well as your body?  ▬ White Blank Page
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Lun 3 Déc - 17:32
J'ai vraiment adoré ton histoire !
Le background de la petite Philomela est super intéressant, des vibes de procès de Salem, j'aime beaucoup. (on pourrait presque se croire dans Game of Thrones avec ces guerres de famille).
Et puis, elle est si attachante ! J'adore comment Philomela est à la fois une peste, forte et courageuse, mais qui peut s'avérer très sympathique et empathique (un personnage puissant très loin d'une mary sue) ! Et puis... Enfin une élève qui ne sait pas lancer de Doloris ! Bravooo, ça c'est cool ! Pleins de petits éléments comme ça viennent ajouter des côtés super sympa au perso. Comme le fait qu'elle aime bien Ombrage, ça c'est nouveau et intéressant !
Voilà, tout ça pour dire que j'aime beaucoup cette nouvelle élève.


"i can get anything i want"
Now the sirens have a still more fatal weapon than their song, namely their silence... Someone might have escaped from their singing; but from their silence, certainly never  ♛ by endlesslove.
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Aujourd'hui à 16:25
Hello coucou

Il te reste 6 jours pour terminé ta fiche soit jusqu'au 20 décembre inclus
Si tu as besoin d'un délais n'hésite pas.

Cordialement MB love
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Philomela D. Nutter • Héritage
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