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Les Filles d'aujourd'hui [PV MEG]

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Serpentard
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Mer 28 Fév - 16:33
Billie n’avait pas attendu Meg pour vider le contenu de sa malle sur son lit. C’était la première fête de l’année, mais surtout la première fête depuis la fin de la guerre ayant eu lieu dans l'enceinte même du château. Une partie de Billie se demandait à quoi bon y aller. La vie à Poudlard ne serait jamais la même. Pouvait-elle vraiment prétendre vivre une vie estudiantine normale quand certains de ses anciens camarades n’auraient jamais cette chance ? D’un autre côté s’arrêter de vivre n’était pas la solution non plus. Ils avaient combattus au nom de la liberté et de la tolérance, s’enfermer pour se morfondre dans une pièce sombre allait à l’encontre des valeurs qu'ils avaient défendues. Comme un pendule, Billie balançait souvent entre les deux états d’esprit et la seule solution qu’elle avait trouvée jusqu’à présent était de s’occuper la tête, parfois de manière automatique, comme un robot dépourvu de libre arbitre. La soirée remplirait au moins ce rôle-là à défaut d’autre chose.

Elle avait fini d’étaler tous ses hauts et la moitié de ses bas sur le lit et les contemplait de manière pensive. Elle culpabilisait encore un peu mais quelque part cela faisait du bien d’avoir de nouveau des préoccupations d’adolescente. Un coup d’œil rapide à sa montre lui indiqua qu’il était bientôt l’heure d’aller chercher Meg devant la porte de leur salle commune. Elle n’était toujours pas sûre que la serdaigle vienne, mais elle ne désespérait complètement de la faire sortir de son trou de souris, ou plutôt son nid d’oiselle considérant la localisation de sa salle commune. Elle lui en voulait toujours un peu pour le regard qu’elle lui avait lancé au cours de potion même si depuis le temps la petite brûlure de ce qu’elle avait ressenti comme une humiliation s’était estompée. Depuis le temps, elle avait eu le temps d’y réfléchir. Après tout, les adolescentes ne s’étaient pas vues depuis plus d’un an. Et qu’elle année. Billie avait bien sûr eu vent des horreurs qui s’étaient déroulées dans l’enceinte de Poudlard, et en tant que Sang-Pur, Meg ne s’était pas vu refuser l’accès à l’école, contrairement aux nés-moldus, et avait probablement dû y rester toute l’année. Billie avait entendu parler des tortures aux sortilèges impardonnables ayant eu lieu dans l’enceinte même de ces murs et des punitions monstrueuses infligées aux élèves qui ne se pliaient pas aux règles des mangemorts. Meg avait toujours été une gamine un peu effacée, plate diraient certains, mais doté aussi d’une grande bonté et largeur d’esprit. Cela Billie l’avait compris à force de la fréquenter. La serpentard refusait de croire que Meg aurait été capable de torturer quelqu’un délibérément. Dans les situations extrêmes, l’Homme pouvait se rendre coupable des pires horreurs. Mais pas la petite Meg… si ?

Billie se rendit compte que malgré tous les échos qu’elle avait eus de la condition des élèves de Poudlard de l’année précédente, elle n’avait jamais eu la version de quelqu’un qui l’avait vécu, mais seulement des informations probablement délayées par de multiples intermédiaires. L’adolescente avait une petite boule au ventre quand elle gravit les marches vers sa salle commune mais pris soin d’afficher un sourire enjoué lors qu’elle ouvrit la porte de la maison des serpentards.


Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.
- George Abitbol

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Sam 3 Mar - 11:06
Meg avait passé le restant de la journée dans un état d’excitation nerveuse considérable, malgré ses dehors fidèlement calmes. Elle n’avait jamais été invitée à la moindre fête de ce genre auparavant. Elle avait été trop jeune, elle avait été trop sage, il y avait eu les Carrow. Mais ce soir… Ce soir, pour commencer, elle allait retrouver Billie.  C’était fou, le nombre de personnes perdues de vue l’année dernière avec qui elle n’avait pas encore eu l’occasion de véritablement renouer, emportée malgré elle par la routine estudiantine. Ses quelques tentatives d’approche n’avaient d’ailleurs pas été de très grands succès (ahem, Tiberius !). Mais Billie serait différente, ou du moins, elle l’espérait. Ce qu’elle souhaitait le plus, c’était retrouver son amie exactement comme elle avait été avant-guerre. C’était un vœu pieux, bien sûr. Tout le monde avait été changé par les évènements, même légèrement, et elle aurait été bien incapable de deviner ce que les jumeaux Persson avaient dû affronter l’année dernière. Mais ce matin-là, à la bibliothèque, la Serpentard lui avait semblée… si elle-même, si familière, l’entraînant dans ses combines comme si elles s’étaient quittées la veille, que Meg ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle irait bien. Si quelqu’un était résiliente, ce devait forcément être Billie. Tout ce qu’elle voulait, c’était à nouveau se faire entraîner vers un peu de légèreté et avoir l’occasion de discuter comme autrefois.

Après avoir tergiversé un long moment sur sa tenue, donc, elle s’était finalement décidée pour le justaucorps en velours noir dans le style de celui de sa sœur, et une maxi-jupe en tartan, dissimulant le désastre vestimentaire, le temps de traverser les couloirs, par sa fidèle robe d’uniforme. Une chance que les sorciers portent des vêtements aussi amples et longs ! A ses pieds, elle avait lacé ses ghillies de cuir noir presque sans réfléchir. C’étaient des chaussures de danse irlandaise, ce qui semblait approprié pour une fête. Et surtout, c’étaient les chaussures qu’elle avait porté toute l’année précédente lors de ses escapades nocturnes et autres ascensions secrètes vers la Salle sur Demandes. Le cuir souple, parfaitement ajusté à ses pieds, ne faisait aucun bruit sur les vieilles dalles de pierre du château, les semelles ne glissaient pas, et en cas d’urgence, elle pourrait courir sans risquer de se tordre les chevilles. Margaret se secoua, tandis qu’elle descendait les escaliers, fixant ses orteils et évitant avec soin les marches les plus grinçantes : il n’y allait pas avoir d’urgence ce soir, et elle n’aurait pas besoin de courir pour se cacher d’un quelconque Mangemort. Porter les bonnes chaussures était juste un rituel rassurant.

Ses précautions ne l’empêchèrent pas d’être à l’heure devant la Salle commune des Serpentards. Meg faisait de son mieux pour ne jamais être en retard. La dernière chose qu’elle voulait était donner l’impression à son amie que son temps à elle valait mieux que le sien. L’idée de la fête, de retrouver Billie, de traverser une salle commune qui n’était pas la sienne, aussi, se combinaient en un nuage vague d’appréhension, mais fort heureusement, celui-ci n’eut pas le temps de se concrétiser en mal de ventre que son amie apparaissait déjà. Meg lui rendit son sourire, reflet presque automatique et ravi, mais absolument sincère.

« Billie ! Merci pour l’invitation. »

Prise d’une soudaine impulsion, elle s’approcha et la serra brièvement dans les bras. Les autres filles de son âge faisaient ça de manière routinière pour se saluer, même si ça n’était pas vraiment son style à elle. Son sourire se fit un curieux mélange de malice et de nervosité. Enfin, elle n’allait quand même pas serrer la main de Billie, si ?
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Serpentard
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Sam 3 Mar - 22:45
Le sourire de Billie s’agrandit lorsqu’elle découvrit Meg dans le couloir des cachots. Elle était venue ! La petite blonde lui renvoyait son sourire. Elle n’avait rien perdu de sa raideur mais il semblait à la Serpentard qu’il y avait quelque chose de plus affirmé en elle… Elle était toujours aussi formelle en tout cas. Elle avait l’impression qu’elle la remerciait pour une invitation à une tea party chez la reine et pas une petite before entre adolescentes. Billie allait faire une petite remarque pour la taquiner gentiment mais n’en eu pas le temps car Meg la prit dans ses bras. La jeune fille resta interdite pendant un court instant. Elle n’avait pas souvenir que son amie l’ai jamais serrée spontanément dans les bras avant. En réalité elle était plutôt du genre à fuir le contact, contrairement à la Serpentard qui était très tactile avec ses proches et s’était beaucoup amusée à la chahuter un peu pour la décoincer. La surprise passée elle la serra en retour contre elle. Une petite voix dans sa tête se demanda à quand remontait la dernière fois où elle avait serré sincèrement dans ses bras mais elle chassa bien vite cette pensée qui lui chatouillait désagréablement le cerveau. Mettant fin à leur accolade amicale, elle attrapa la main de Meg pour la tirer à l’intérieur de sa salle commune.

- Ça me fait vraiment plaisir que tu sois venue !

Elle traversa rapidement la salle commune. A cette heure-ci elle était presque déserte. Les autres élèves de sa maison étaient en train de dîner dans la Grande-Salle. Les quelques Serpentards qui étaient là relevèrent à peine la tête. Il était de plus en plus commun de voir le blason bleu et bronze dans les sous-sols ces derniers temps. Billie descendit les escaliers dans les profondeurs du château en direction de son dortoir. Les serpentards ne disposaient pas de la vue aérienne sur le parc comme les gryffondors ou les serdaigles mais ils étaient les seuls à avoir une vue imprenable sur les fonds du lac. Entre chaque lit se trouvaient d’énormes fenêtres par où filtrait une lumière rendue verdâtre par les eaux du loch. De temps à autres un poisson passait devant pour y lâcher quelques bulles avant de disparaître entre les algues.

La jeune fille ne lâcha la main de Meg qu’une fois arrivée devant son lit où s’étendait encore en vrac une bonne partie des vêtements de sa valise. Les bas avaient été entassés d’un côté, Billie avait visiblement arrêté son choix sur le jean patte d’ef qu’elle portait, pour faire de la place à de multiples hauts sur lesquels elle semblait encore hésiter.  Billie jeta un rapide coup d’œil autour d’elle mais à part les deux filles l’endroit était désert. Avec un sourire complice à l’adresse de Meg, l’adolescente se mis à quatre pattes pour sortir une boite de dessous son lit. Elle en sortit une bouteille de Bailey’s et deux verres à shots.

- Ca te dit un petit pour commencer la soirée ? Après je vais avoir besoin de toi pour m’aider à choisir mon haut. Et toi tu caches quoi sous ta robe ?

En parlant elle avait dégagé une partie de sa table de nuit pour y poser les deux verres et elle entreprenait maintenant d’ouvrir la bouteille. Elle s’arrêta pour regarder Meg de haut en bas en attendant qu’elle lui montre comment elle comptait s’habiller pour la soirée.

Elle aurait voulu lui demander comment elle allait, comment elle avait survécu à Poudlard pendant un an. Mais elle ne savait pas vraiment comment aborder la question et elle n’était pas vraiment connue pour mettre les pieds dans le plat quand elle avait quelque chose à demander. Elle préférait pour le moment s’occuper de problèmes futiles et ordinaires en espérant que le temps vienne finalement à la confidence, une fois que les deux filles seraient plus à l’aise. L’alcool aiderait probablement un peu à délier les langues également.


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Dim 4 Mar - 11:46
Margaret se laissa entraînée par Billie, soulagée que sa soudaine tentative n’ait pas été mal interprétée. Elle s’efforça d’arrêter l’idée comme quoi elle était de toute manière trop insignifiante pour pouvoir froisser la Serpentard. Elles étaient amies depuis trop d’années pour qu’elle puisse encore s’autoriser à penser ça, même s’il était vrai que leur relation n’avait jamais été parfaitement égale.

« Moi aussi, ça me fait plaisir de te voir. Ça faisait trop longtemps. »

Pas de sous-entendu cette fois-ci, ni d’allusion cachée à la guerre. Cela faisait réellement longtemps qu’elles n’avaient pas eu l’occasion de discuter. Meg traversa la salle commune des Serpentards sans faire d’histoire, si ce ne fut pour adresser à sa sœur Catriona un signe de sa main libre, et une grimace lui signifiant que sa position (perchée sur un coin de table) n’était pas très correcte. Mais enfin, elle n’était pas venue pour enquiquiner sa cadette aujourd’hui. De toute manière, le rythme de Billie ne lui laissa pas vraiment le temps de s’arrêter. Elle l’entraîna dans son dortoir, et Meg fut saisie par l’étrange éclairage, verdâtre et mouvant. Il aurait dû lui sembler glauque, en comparaison des hautes fenêtres de la Tour de Serdaigle laissant constamment entrer un flot de lumière, mais elle le trouva bizarrement beau. Elle était cependant contente de ne pas avoir à y dormir pendant sept ans : elle aurait eu trop peur de rêver constamment de noyade.

Le baldaquin de soie verte du lit de Billie était noué sur le côté, dévoilant une pléthore de vêtements plus ou moins bien pliés. Meg entrouvrit légèrement la bouche devant cette débauche d’habits moldus, avant de se mettre à les observer avec curiosité. Elle savait que Billie était une fille à la mode, le genre de fille sûre d’attirer les regards ce soir, et elle voulait voir ce qui se faisait chez les Moldus avec du style. Elle se pencha donc par-dessus le fatras, passant une main légère sur les différentes matières, dont certaines lui étaient inconnues. Les sorciers n’utilisaient pas de tissus synthétiques…

« Oh, euh… Oui, d’accord. »

Elle était très mauvaise quand il s’agissait de dire non à Billie. Et puis, bien qu’elle n’ait jamais goûté de Bailey’s, elle en avait fréquemment vu une bouteille sur le guéridon, dans le bureau de son père. Elle savait que leurs clients américains en raffolaient, même si son père lui-même snobait la boisson. C’était irlandais, donc ça allait aller. Les verres que Billie venait de sortir n’était au pire pas très haut, pour un liquide qui ressemblait étrangement à du lait de poule.

« Je ne sais pas si je pourrais vraiment t’aider, je n’y connais rien. » Elle entreprit d’enlever sa robe, dévoilant justaucorps et maxi jupe. « Je ne savais pas trop quoi mettre, j’espère que ça va. Je ne suis pas trop sûre, pour la jupe. Je suis juste contente qu’il n’y ait pas besoin de porter un corset. »

Elle envoya un sourire à Billie pour appuyer sa faible tentative de blague, tandis que celle-ci examinait sa tenue. Est-ce que ça allait, ou bien était-elle démodée ? Ridicule ?

« Ton pantalon est très joli, en tout cas. Il te va bien, surtout. »


C’était amusant, ce bas des jambes qui s’élargissait soudainement, presque comme si le jeans était indécis et voulait imiter une jupe sur les derniers centimètres. Margaret elle-même n’avait jamais porté de pantalon de sa vie, et se serait sentie parfaitement scandaleuse dans l’un d’entre eux, mais elle devait reconnaître que le style allait très bien à Billie. Il lui sembla tout de même que Billie était plus fine que dans ses souvenirs, marque légère de la dureté de son année précédente, sans doute.

« Comment va Ian ? Je l’ai encore moins croisé que toi, depuis la rentrée. »
demanda-t-elle pour lancer poliment la conversation, et accessoirement, détourner l'attention de sa jupe.

Elle ne l’avait pas vu dans les cours de présentation qu’ils auraient pu avoir en commun, et à peine entraperçu au détour d’un couloirs depuis. Peut-être aussi parce qu’elle avait vaguement cherché à éviter Tiberius, depuis leur conversation, et que les deux étaient souvent fourrés ensemble ?
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Lun 5 Mar - 0:26
Meg accepta son premier verre de la soirée assez facilement mais cela ne surprenait pas Billie. Depuis qu’elles se connaissaient la serdaigle avait pratiquement dit oui à tout ce que l’adolescente proposait… si on considérait que les ordres à peine déguisés de la jeune fille comptaient comme des propositions. Elle s’était déjà demandé si elle arriverait un jour à la pousser assez loin pour qu’elle la renvoie sauvagement sur les roses mais « sauvage » et « Meg » n’étaient pas des mots qui s’accordaient bien ensemble. Billie connaissait le caractère complaisant de son amie et même si elle aurait aimé qu’elle s’affirme d’avantage, elle ne pouvait pas nier que sans ce trait de personnalité, les deux filles n’en seraient jamais venues à se fréquenter. Meg ne savait pas dire non à la personnalité sans-gène de Billie, et Billie savait qu’elle aurait toujours une camarade même pour ses petits projets les plus extravagants. Elle repensa au regard que la jolie blonde lui avait lancé en cours de potion au début du mois et son estomac se serra un peu. Billie appréciait la compagnie de Meg mais elle ne s’était jamais dit que ce n’était peut-être pas réciproque. Elle s’en voulait d’accorder autant d’importance à un simple regard, d’autant que dans la masse d’élèves présent à ce stupide cours ou présentation, peu importe, ce n’était pas elle qui s’était montrée la plus critique. Mais la condescendance que Billie y avait lu dans son regard avait marqué la serpentard plus qu’elle ne s’y attendait. Enfin, elle n’avait pas trop envie d’aborder le sujet ce soir, consciente qu’elle passerait pour une chouineuse et une rancunière… Mais cela ne voulait pas dire que Billie ne pouvait pas avoir droit à une petite vengeance. Oh rien de bien méchant, elle n’aurait jamais pût faire de mal à Meg et encore moins pour ce genre de broutille, mais bon elle pouvait s’amuser un peu… Et honnêtement ça ne pouvait pas faire de mal à Meg qui avait un sérieux besoin de se décoincer.

Billie avait fini de servir les shots sans se départir un instant de son attitude enjouée et les tenait à la main pendant que Meg ôtait sa robe pour dévoiler la tenue qu’elle avait choisie pour la soirée. Billie ne put empêcher une grimace d’apparaître sur son visage alors qu’elle la regardait de haut en bas. Cette jupe… ça n’allait pas le faire du tout ; les années soixantes-dix étaient loin derrière elles, dieu merci, inutile d’essayer d’invoquer leur retour en portant des vieilleries. Ce qui donnait de l’espoir à Billie, c’est que Meg donnait l’impression de s’en rendre compte d’elle-même. Tout n’était donc pas perdu.  Elle pinça les lèvres se retenant de lui répondre qu’un corset aurait probablement fait moins vieillot que les rideaux qu’elle portait en guise de jupe mais retrouva le sourire suite au compliment de la serdaigle.

- Merci ! lança-elle en faisant un demi-tour sur elle-même comme pour mieux le montrer, je l’ai acheté cet été, je n’ai pas encore eu l’occasion de le porter.

Billie l’écouta demander des nouvelles de son frère d’une oreille distraite. C’est vrai qu’il avait évité le fiasco du premier cours de potion en séchant ce matin-là. Et à part cette présentation les jumeaux et Meg n’avaient plus partagé de cours étant donné leur différence d’âge. Même si Meg avait d’abord approché Ian, elle était devenue très vite plus proche de Billie. Les interactions entre la Serdaigle et son jumeau restaient épisodiques. Non pas que le jeune homme ai quoi que ce soit à reprocher à Meg, mais il était beaucoup moins démonstratif que sa sœur, et l’aînée des Bride n’était pas non plus du genre à imposer sa présence sur autrui. Dans de telles circonstances, il était donc rare qu’ils échangent davantage que des banalités lorsqu’ils se croisaient.

- Ian va bien… Tu n’auras qu’à lui demander des nouvelles toi-même ce soir.

Elle haussa les épaules avec détachement. Après tout ils allaient se rejoindre dans à peine plus d’une heure, elle n’avait pas besoin de gâcher le seul sujet de conversation que ces deux-là pouvaient avoir. Elle tendit ensuite le petit verre à Meg et leva le sien pour porter un toast.

- On trinque à quoi ? A la première fête de l’année ? A nos retrouvailles ?

On s’occuperai de se rendre présentable juste après, pour le moment on pouvait bien commencer par célébrer un peu. Bien que Billie avait l’impression que le mot célébrer sonnait horriblement faux après les évènements de l’année passée.


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Mar 6 Mar - 11:14
L’humeur enjouée de Billie, dont Meg n’avait pas remarqué une seconde qu’elle était un peu forcée, était contagieuse. La Serdaigle avait l’impression de fondre, après cette légère pression ridicule qu’elle s’était mise à descendre de sa tour le plus silencieusement possible puis à traverser la salle commune des Verts et Argent en se faisant remarquée le moins possible. Depuis combien de temps n’avait-elle pas juste partagé un bon moment purement léger avec une amie ? Trop longtemps. Elle n’avait évidemment pas été entièrement seule, ni l’année passée, ni depuis la rentrée, mais les circonstances avaient mis dans chaque instant une lourdeur qui ne commençait que maintenant à disparaître, et qu’elle ne percevait que maintenant qu’elle s’effaçait graduellement.

Elle admira Billie faire un tour de démonstration pour son jeans avec un grand sourire.

« Tu me montrerais, un jour, tes boutiques de vêtements moldus préférées ? »

Meg n’avait jamais vraiment l’opportunité de faire du shopping. Depuis qu’elle était enfant, une couturière passait à la maison prendre ses mesures régulièrement, et les vêtements apparaissaient en conséquence dans son armoire. En grandissant, elle avait gagné le droit de se prononcer sur le choix des tissus, la longueur d’une manche ou la forme d’une encolure, voire tricoté elle-même ses articles de lainage, mes ses propres choix en matière vestimentaire avaient toujours été plutôt restreints. Elle n’était pas certaine qu’elle aurait voulu porté la moitié des choses qu’elle voyait sur le lit de Billie, ou de celles qu’on pouvait acheter dans un magasin moldu, mais le stretch de ses débardeurs en polyamide la fascinait et… ce devait être tellement amusant d’avoir des brassées de vêtements différents devant soi, de plein de styles hétéroclites, et pouvoir choisir ce qui vous passait par la tête !

Elle hocha la tête à la suggestion de son amie de demander des nouvelles à Ian en personne à la soirée. C’était amusant, quand on y pensait. Si elle n’avait pas abordé le garçon en premier, jamais elle ne serait devenue amie avec sa sœur par la suite, mais au final, ils se fréquentaient assez peu. Pas assez, en tout cas, pour qu’il soit un véritable sujet de conversation entre elles. Il fallait dire que Ian n’était pas très loquace. Sans que Margaret s’en soit bien rendu compte, et peut-être autant que leurs gadgets électroniques, ce qui l’avait attirée chez les jumeaux Persson lors de sa deuxième année, c’était l’intense confiance en eux qu’ils exsudaient à ses yeux. Celle de Billie, toutefois, était plus… accessible. Moins intimidante. Peut-être parce que c’était une fille, peut-être parce qu’elle n’avait pas hésité à prendre l’ascendant quand Meg était trop timide pour faire le premier pas. Le résultat était que leur amitié avait fleurie, tandis que sa relation avec Ian était restée beaucoup plus impersonnelle.

Sans regret pour cette conversation avortée, Meg attrapa donc le petit verre que Billie lui tendait et imita son geste, le levant en hauteur pour porter un toast.

« A tout ça, et à une Salle sur Demandes qui sert à nouveau à faire la fête ! »

Cling. Elle entrechoqua son verre avec celui de son amie en la regardant dans les yeux, moment bref mais intense pour une Meg ayant surtout l’habitude de garder les yeux baissés, puis porta le breuvage à ses lèvres. Elle commençait réellement à être suffisamment à l’aise pour que sa proposition de toast ait été offerte sans sentimentalité excessive. La Serdaigle se réjouissait de balayer certains fantômes de l’année passée ce soir.

« Oh, c’est drôle, ça a moins le goût de whiskey que de chocolat ! Je n’avais jamais bu de Bailey’s avant, mais je trouve ça délicieux. Je… Je n’avais rien à ramener à boire pour ce soir, je suis désolée. S’il y a une prochaine fois, je me débrouillerais pour obtenir du whiskey irlandais, et peut-être du Bailey’s, donc. »
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Jeu 8 Mar - 19:50
Billie fut un peu surprise de la demande de Meg, avant de se rappeler qu’elle avait toujours été curieuse d’en savoir plus sur l’univers parallèle au sien dont étaient originaires les jumeaux. Avec l’année qui venait de s’écouler c’était le genre de détails que Billie avait tendance à oublier parfois. La serpentard et la serdaigle ne s’était jamais fréquentées en dehors de Poudlard. D’un autre côté la distance géographique n’était pas pour faciliter la chose, les Persson et le Bride ne vivaient pas sur la même île. Cependant, Billie n’avait jamais pensé à lui proposer de passer quelques vacances chez eux. Les jumeaux avaient tous deux une personnalité assez exclusive et le seul autre être humain de leur âge à jamais avoir eu l’autorisation de fouler leur plancher était Tiberius. Mais à dire vrai, maintenant que cela avait été mentionnée, l’idée de parcourir les rues de Londres accompagnée de Meg n’aurait pas été pour déplaire à Billie. Et elle n’osait même pas imaginer la tête des Bride si leur fille rentrait de vacance avec une nouvelle garde-robe entièrement constituée de vêtements moldus. Rien que pour ça, cela en aurait valu la peine. L’adolescente acquiesça à l’idée lancée par sa camarade avec un enthousiasme non feint cette fois. Après tout pourquoi pas… Concrétiser ce petit projet serait en revanche une autre paire de manches.

Billie trinqua avec son ami et avala le contenu du petit verre sans se presser. Contrairement aux alcools plus secs, les liqueurs avaient l’avantage de ne pas la faire grimacer quand elle les avalait. Au contraire leur texture velouté et leur goût sucré en faisait de vraies gourmandises, en particulier le Bailey qui devait être une des liqueurs préférées de l’adolescente. Elle se disait parfois qu’elle pourrait s’en boire une bouteille entière sans se forcer ; elle n’était pas assez inconsciente pour véritablement tenter l’expérience cependant.

Son sourire se crispa un peu à l’évocation du toast de Meg, cela ne dura qu’une seule seconde, assez pour faire frémir un coin de ses lèvres. Elle n’avait même pas pensé à ce détail. Il faut dire que n’ayant pas été présente lors de l’année précédente, l’évocation des salles dans lesquelles s’étaient déroulés certains drames n’étaient que des échos lointains pour elle, alors qu’ils devaient résonner encore puissamment dans les esprits de certains. Comme Meg par exemple. Elle savait bien sûr à quoi avait servi la salle sur demande pendant ces longs mois d’oppression journalière, mais elle ne l’avait pas vu de ses yeux. Et cela constituait déjà une énorme différence. Billie faillit ouvrir la bouche pour demander à Meg si cela ne la dérangeait pas d’aller faire la fête là-haut, ou nombre d’élèves avaient trouvé refuge, fuyant une mort certaine de la main des Carrows où d’un de leur sous-fifre, mais elle ne savait pas comment formuler sa question. Elle ne voulait pas non plus gâcher l’atmosphère détendue et bon-enfant qui s’était installée depuis que les deux filles étaient descendues dans le dortoir. Mais elle avait besoin de savoir où s’était tenue Meg dans tout ça. A quel point elle s’était fait malmenée, si elle arrivait toujours à regarder certains élèves en face, si des détours dans certains couloirs ne lui étaient pas insupportable après les horreurs dont avaient été témoins les vieilles pierres du château. Billie s’étonna du flot de questions qui lui montait dans la tête. Après tout Meg n’était au départ qu’une gamine un peu trop curieuse qui avait eu le malheur de croiser le chemin des Persson un jour ou la serpentard avait désespérément besoin d’un quatrième joueur pour son jeu de rôle. Elle n’était qu’un pion, un joli petit pion très poli à un point que c’en était souvent agaçant. Mais un pion. A quel moment l’avait-elle laissé prendre plus de place que ce rôle de bouche-trou dans sa vie ?

Billie sauta sur la distraction que lui offrait la serdaigle sur un plateau d’argent et rit à son commentaire sur le Bailey. Billie roula bien un peu des yeux quand elle commença à s’excuser de ne rien avoir apporté mais sans se départir d’un petit sourire en coin.

- Commences pas à t’excuser, je me doute bien que c’est compliqué pour une cinquième année de se procurer de l’alcool… et de l’introduire clandestinement à Poudlard qui plus est. De toute façon Ian et moi on a probablement ramené de quoi sustenter toute l’école… ce qui ne veux pas dire qu’on va le faire, rectifia-elle avec un petit froncement de sourcil qui se voulait comique.

Ce n’était pas la première année que les jumeaux ramenaient des boissons dans l’enceinte de l’école, et avec le temps ils avaient perfectionné leurs petites techniques pour introduire ce qu’ils voulaient dans la plus parfaite illégalité, dans leur cas ils se contentaient de boissons alcoolisés mais ils avaient partagé leurs petits secrets avec Tiberius si l’envie le prenait de ramener autre chose. Meg en revanche n’avait vraiment pas le profil d’une contrebandière et Billie n’avait de toute façon aucun problème à partager son butin avec elle ce soir.

Après avoir reposé son verre elle attrapa deux haut sur son lit, un bustier en élasthanne à imprimé zèbre et un crop-top en tie-and-die qux couleurs vives allant du bleu au mauve.

- Bon du coup j’ai besoin de ton aide. Le débardeur ou le crop-top ? On s’occupera de ton cas après, ajouta-t-elle avec une petite grimace qui sous-entendait qu’il allait y avoir du travail.


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Ven 9 Mar - 11:56
Billie semblait d’accord avec son idée, et le visage de Meg s’illumina en la voyant acquiescer. C’était fun de s’imaginer en train de faire les boutiques avec son amie dans les rues de Londres. Entre les conversations glanées auprès de ses camarades ce chambrée et les romans moldus qu’elle avait lu, elle pouvait se représenter quelques détails, tels que les étiquettes des vêtements indiquant leur taille (quelle pouvait bien être sa taille en petit numéro, d’ailleurs ? Elle n’en avait aucune idée.) ou les sacs multicolores (en plastique !) avec lesquels elles repartiraient sous le bras. Et en échange… Oui, et si elle songeait à inviter Billie à son bal d’anniversaire ? Après tout, si elle devait trouver un futur fiancé, il fallait aussi penser aux cavalières de tous les garçons qui seraient présents. Au pire, elle pourrait également convier Ian, et voilà qui passerait comme une lettre à la poste. Meg tenta d’imaginer son amie corsetée dans une robe de bal, en train de danser la valse, et son sourire se fit malicieux. Probablement que Billie réussirait à être élégante, comme dans tout ce qu’elle faisait lorsqu’elle le voulait, aux yeux de Meg, mais elle la voyait d’ici lever les yeux au ciel. Oui, il faudrait qu’elle lui propose cet « échange culturel », le moment venu. Ce serait tellement amusant ! C’était bon de planifier à nouveau des choses futiles.

« Ne t’excuse pas » devait être la phrase que Billie lui avait le plus seriné, en quatre ans d’amitié. Souvent avec exaspération, là où Meg avait seulement voulu utiliser une formule de politesse, mais de plus en plus avec une certaine affection, aussi. Margaret eut un léger soupir de contentement pour elle-même en entendant la sacro-sainte phrase. Une énième chose dont elle n’avait pas réalisé qu’elle lui avait manqué jusqu’à ce qu’elle soit de retour.

« Oh non, ce ne serait vraiment pas un problème, il aurait juste fallu que je l’apprenne plus tôt. Notre majordome m’enverrait une bouteille sans difficulté, si je le lui demandais avec une bonne excuse, je pense. Quant à la faire rentrer dans Poudlard… Ca serait probablement un jeu d’enfant, maintenant que la censure est levée. La Volière n’est plus surveillée et mon hibou bien entraîné. Bon, certes, plus à sortir du courrier du château qu’à en faire rentrer, mais ça serait facile. »

Elle eut un petit rire. Une bouteille miniaturisée ne pèserait pas beaucoup plus qu’une liasse de lettres et ce serait tellement facile maintenant que le parc n’était plus gardé ! Et puis, il n’aurait pas été juste qu’elle vive éternellement au crochet des Persson quand elle se savait beaucoup plus riche qu’eux. Elle n’avait pas encore un très grand accès à la fortune familiale, mais elle n’était pas pauvre, loin de là, et pouvait s’octroyer des petits plaisirs lors de ses sorties sans difficulté. Pour que le ton de la soirée reste léger, elle ajouta :

« La Directrice McGonagall aura bien du mal à faire respecter le règlement intérieur, maintenant que nous sommes tous rompus à le détourner dans des conditions extrêmes. Tu t’imagines, un Poudlard entier en faisant autant à sa guise que le Trio d’Or ? »

Si l’école tournait normalement à l’heure actuelle, c’était uniquement parce que la majorité des élèves le voulaient bien et s'étaient replongés avec gratitude dans la routine et l’obéissance au règlement usuel. Harry Potter et consorts s’étaient rendus célèbres pour coûter des points à Gryffondor bien avant d’avoir eu le temps d’accomplir leurs exploits. Qui, certes, leur avaient permis de compenser, et de finalement faire gagner maintes fois la coupe des maisons aux Rouge et Or. Mais tout le monde savait qu’ils avaient brisé le couvre-feu, volé des livres dans la réserve interdite de la bibliothèque, s’étaient battus en duel clandestinement, avaient volé des ingrédients de potions des réserves du Professeur Rogue, et généralement été retrouvés partout où ils n’auraient pas du l’être. Et c’était vrai que sous les Carrow, briser le règlement était également devenu un art de vivre pour beaucoup. Evidemment, les conséquences lorsque l’on était pris étaient sévères, si cruelles que l’on y réfléchissait à deux fois avant la moindre entorse. Mais quand on se lançait dans la désobéissance, on avait au moins un incitatif pour le faire parfaitement, et c’était comme ça que Meg était devenue une experte en contrebande légère, travaillant avec son hibou Puck pour sortir le courrier des membres de l’A.D. de l’enceinte de l’école. Il y avait eut des lettres destinées à leurs familles, et sans doute aussi des messages à l’intention d’autres organisations de résistance à l’extérieur du château. Elle n’avait jamais demandé, ni jamais ouvert les plis qu’on la chargeait de transmettre. Par respect, mais aussi parce que si elle s’était fait prendre un jour, elle n’aurait comme cela rien pu dévoiler. C’était mieux de garder les choses compartimentées. D’ailleurs avoir appris à compartimenter leurs émotions était peut-être la raison pour laquelle tout le monde semblait si bien s’accommoder des non-dits dans Poudlard depuis la rentrée.

Meg termina son Bailey’s, savourant le goût de la dernière gorgée, et se rapprocha du lit avec un léger « oh » quand Billie lui laissa entendre avec une grimace que sa tenue n’était pas appropriée. « A Poudlard, une aide serait toujours apportée à ceux qui en faisait la demande », et elle était venue demander à la Serpentard, après tout, non ? Voyons déjà voir les hauts entre lesquels Billie hésitait. Le premier n’avait pas de manches, ce qui ne choquait pas trop Margaret. Les robes de bal aussi pouvaient être bustier. En revanche, elle ne trouvait pas l’imprimé de très bon goût, malgré toute sa fascination pour la matière élastique du petit haut. Le second était si court qu’il devait lui laisser voir scandaleusement le nombril, mais elle trouva les couleurs très jolies.

« Le deuxième, le bleu. Ça s’assortira mieux à ton jeans. Crop-top, tu dis ? Beaucoup de gens montrent leur nombril comme ça, dans les fêtes moldues ? »

L’incrédulité pointait un peu dans sa voix. Est-ce qu’ils allaient aussi dans des soirées en maillots de bain ?
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Lun 12 Mar - 21:35
Billie resta un moment interdite devant la réponse de son amie et faillit s’étouffer avec sa gorgée de liqueur. La petite Margaret, passer du courrier clandestinement ? Pas une seconde elle se le serait imaginé. Billie l’avait toujours connue frêle et docile, se pliant au règlement comme si sa vie en dépendait. C’était elle qui désapprouvait les entorses aux sacrosaintes règles de l’école du trio nommé d’argent avec ironie, qui les regardait de travers dès qu’ils avaient un mot plus haut que l’autre à l’encontre des professeurs, elle encore qui était restée immobile dans ce fameux cours de début d’année alors que deux serpentards et une serdaigle lançaient une petite révolution envers cette professeure qu’ils avaient jugée incapable et injuste. Cette même Meg, la gentille Margaret qui honorait sans faillir son nom de Bride, se serait lancée dans des missions de contrebande pendant l’année passée ? Une petite pointe de fierté réchauffa la poitrine de Billie comme une flamme légère. C’est dans les temps les plus sombres que Meg avait décidé d’agir, alors que la facilité aurait été de plier face à la tyrannie des mangemorts, elle avait choisi le chemin ardu de la rébellion. Elle avait probablement usé de son nom, Bride, certes pas un des vingt-huit sacrés, mais assez influent et pur pour passer sous le radar des Carrows ; elle avait dû utiliser cette tranquillité relative pour faire ses petites affaires dans la plus grande discrétion. Après tout qui aurait pu soupçonner cette petite souris silencieuse et transparente au visage encore poupin ? Pas Billie. Le goût un peu amer de la honte se mêla à la chaleur de sa joie. Elle avait douté de son amie. Même si elle s’était raccroché à l’espoir d’apprendre que Meg s’était révolté d’une façon ou d’une autre contre le système despotique de l’année passée, cela n’effaçait pas le fait qu’une partie de l’adolescente en avait douté. Elle n’aurait pas dû.

Elle profita du choix de son haut pour se reconstituer un visage jovial. Elle hocha la tête en réponse à la serdaigle. Crop-top ce serait alors. Sans aucune pudeur, elle ôta le vieux t-shirt qu’elle avait enfilé à la hâte après sa douche, la laissant un moment en soutien-gorge avant qu’elle n’attrape le haut en tie’n’dye sélectionné par Meg et l’enfile d’un geste habile.

- Euh… ouais… répondit-elle à Meg de façon un peu évasive.

C’est vrai que le crop-top était à la mode mais Billie n’avait jamais fait spécialement attention au ratio de crop-tops par soirées où elle se rendait. Le string sortant des pantalons taille-basse commençait à faire son entrée dans le monde de la nuit également. Billie ne savait pas bien pourquoi elle pensait à cela subitement, il avait toujours été hors de question qu’elle succombe à ce courant-là, elle trouvait cela laid et vulgaire ; même elle avait ses limites et ne souhaitait pas vraiment s’ajouter des points communs avec le saucisson si cela était évitable.

Une fois habillée elle contourna rapidement Meg et entreprit de fouiller dans l’énorme malle située au pied de son lit et d’en sortir diverses pièces de vêtement pour les jeter sur son lit à baldaquin déjà bien encombré. La tête dans son bagage, elle reprit la parole en s’efforçant de garder un ton badin de conversation.

- Si on prenait tous exemple sur Harry et ses camarades, l’école ne serait pas au bout de ses peines. Après pour sa défense, il a quand même sauvé le monde. Je suppose que ça peut excuser certains de ses écarts.

Les exploits de Potter, les bons comme les moins bons, étaient bien entendus célèbres à travers toute l’école. Et si parfois les élèves n’avaient pas tous les éléments nécessaires pour comprendre les actions du surnommé « le Survivant » il n’empêchait pas qu’ils en avaient souvent subit les conséquences. Maintenant que la guerre était finie, grâce à un investissement collectif mais aussi grâce aux actes héroïques de l’Elu, une bonne partie du voile d’incompréhension s’était levée sur une vérité éclatante. Potter n’était pas un meurtrier, ni un colporteur d’idées fausse, et encore moins un ennemi d’état. Mais cela ne changeait rien au fait qu’il était quand même un sacré fauteur de trouble lors de ses jeunes années et qu’il n’avait jamais eu grande considération pour le règlement.

Billie sorti enfin la tête de sa malle, l’air assez satisfait. Revenant à côté de son lit elle se mit à fouiller dans la pile de linge qui s’était formé sur ses couvertures et se mis à en rejeter certaines pièces dans sa cantine selon une logique qui n’avait de sens que pour elle-même. Elle lançait régulièrement des coups d’œil vers son amie qui devait se sentir quelque peu dénudée sous ses regards scrutateurs.

- Mais toi alors ? Si je m’attendais un jour que tu deviennes une pro de la contrebande… Tu ne t’es jamais fait attraper au moins ?

Elle n’ignorait pas ce que les Carrows faisaient subir aux élèves dissidents. Nombre de patients du quatrième étage de Ste Mangouste y avait été envoyés suite à leurs méthodes d’enseignement. Billie avait encore beaucoup de questions à poser la jeune fille mais elle craignait de la brusquer, où peut-être de réveiller en elle des souvenirs douloureux. Elle aussi, si on lui avait posé des questions sur ses agissements de l’année précédente, aurait été obligée de taire certains faits de peur de rouvrir certaines blessures qu’elle s’était efforcé d’enfouir au plus profond d’elle-même en espérant qu’elle y sommeillent jusqu’à ce que Billie les ait oubliées.


Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.
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Mar 13 Mar - 17:16
Est-ce qu’elle avait mis les pieds dans le plat ? Meg s’en voulut un peu d’avoir évoqué ses activités de l’année précédentes, en entendant le silence gêné qui était soudain tombé sur leur petite île de vêtements. Depuis la rentrée, il lui arrivait très souvent de glisser dans la conversation des allusions à l’année de guerre qu’ils venaient de vivre. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle n’arrivait pas à s’empêcher de tendre des perches, parfois si fines qu’elle était probablement à seule à se comprendre. Dans tous les cas, personne n’avait jamais jugé utile de lui répondre sur le sujet, ce qui ne l’empêchait pas de continuer de manière quasi compulsive. Elle baissa les yeux et fixa ses pieds tandis que Billie se changeait sans gêne devant elle, après une demi-seconde à regarder brièvement à quoi pouvaient bien ressembler les sous-vêtements d’une fille aussi à la pointe de la mode que son amie. Elle se morigéna intérieurement. Elle n’aurait pas dû parler de contrebande de guerre ce soir. Elle avait cassé l’ambiance, alors qu’elle était si heureuse de retrouver la Serpentard. Elle aurait pourtant dû intégrer, depuis le temps, que personne ne voulait penser aux temps sombres. Elle-même n’y pensait d’ailleurs pas tant que ça, lorsqu’elle était toute seule. Simplement, cela avait le don de sortir de l’arrière-plan et surgir tel un diable à ressort de sa boîte lorsqu’elle faisait le moindre effort de socialisation.

Elle se jeta donc sur la diversion offerte par Billie telle la faim sur le monde. Parler du mythique Potter était presque la seule évocation socialement acceptable des évènements de l’année dernière. Comme tout le monde, lorsqu’elle le croisait au détour d’un couloir, Margaret ne pouvait s’empêcher de fixer légèrement le Gryffondor, comme s’il s’était s’agit d’un personnage de roman ayant soudain sauté des pages pour entrer dans le monde réel. Toutes sortes de rumeurs folles courraient sur ce qu’il avait réellement pu faire l’année précédente avant la bataille de Poudlard. Certaines étaient clairement ridicules (Potter, parti faire du camping et de la randonnée, ahah, cette bonne plaisanterie !), d’autres franchement effrayantes, et elle avait abandonné depuis longtemps l’idée d’en démêler le vrai du faux.

« Tu as raison. Je n’ai aucune idée de comment il a fait, mais c’est un héros. »

Et Potter se retrouva ainsi une fois de plus rangé sur la plus haute étagère, celles des figures historiques trop importantes pour qu’une humble adolescente comme Meg ne se permette de les juger ou questionner leurs agissements. Il était, très littéralement, hors de sa portée et lui reprocher ses erreurs de jeunesse avec le règlement scolaire était certainement déplacé de sa part.

A quoi jouait Billie, exactement ? Elle venait de sortir un tas de vêtements, et… non, elle remballait un tas de vêtements. Son verre vide toujours à la main, Meg resta plantée là, ne sachant trop ce qu’on attendait d’elle, un peu mal à l’aise, jusqu’à ce que Billie rouvre la bouche. La Serdaigle la fixa, les yeux un peu écarquillés par la franchise de la question. Evidemment. Ce qu’elle avait dit plus tôt n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde, mais elle ne s’était pas attendue à ce que son amie aborde le sujet aussi franchement. A sa propre surprise, Meg sentit un sourire s’étirer sur ses lèvres. Elle s’avança d’un pas, et posa une demi-fesse sur les derniers centimètres libres du rebord de lit.

« Tu ne m’aurais pas soupçonnée non plus, n’est-ce pas ? Tu sais ce qu’on dit, nécessité est mère de l’inventivité. J’ai seulement fait passer de la nourriture et du courrier. Dans d’autres circonstances, ça aurait été parfaitement légal. »

Elle ne mentionna pas l’Armée de Dumbledore. Quelque part dans l’une des innombrables versions de la Salle sur Demandes, son nom était toujours signé sur un parchemin enchanté et quoi qu’il n’y avait plus personne auprès de qui trahir cette association n’ayant plus lieu d’être, on n’était jamais trop prudent. Trois ans plus tard, les cicatrices faciales de Marietta Edgecombe, une Serdaigle qui n’était d’ailleurs pas revenue pour sa huitième année, avaient toujours le même puissant pouvoir dissuasif, au cas où une année de dissimulation ne lui aurait déjà pas donné de saines habitudes de discrétion.

« Non. Enfin, si, mais heureusement jamais avec quelque chose de compromettant à la main, sinon… »

Sinon, elle n’aurait pas été là ce soir pour le raconter. Il y avait eu plusieurs épisodes où ce n’était pourtant pas passé très loin. La plupart étaient de jour, et son simple nom, associé à son attitude si soumise et docile, l’avaient tirée d’affaire sans réelle difficulté, malgré les sueurs froides. Il n’y avait eu qu’une seule fois où la catastrophe était passée si prêt qu’elle s’était franchement vu mourir. Si Hippolyte l’avait prise avec les lettres à la main, ce fameux soir de février, que serait-elle devenue ? Son estomac se contracta à l’idée, et un goût de bile lui monta à la bouche. Il n’aurait pas eu d’autre choix que d’informer les Carrow. Le Directeur Rogue, si elle avait été chanceuse. Dans tous les cas… ils l’auraient torturée pour savoir d’où venaient les missives. Elle aurait probablement craqué, aurait trahi ses amis, aurait eut leur mort sur la conscience. Ou bien, elle aurait tenu juste assez longtemps pour finir à Sainte-Mangouste. Elle n’était pas certaine duquel des deux scénarii lui était le plus horrible, mais se leva nerveusement. Elle avait soudain le besoin irrépressible de bouger et se sentir active.

« Je peux t’aider ? Qu’est-ce que tu cherches, exactement ? »

Elle eut un léger mouvement du menton envers les habits. Est-ce qu’elle était soulagée de se confier à son amie ? Indéniablement. Raconter ça à quelqu’un d’extérieur était obtenir enfin l’assurance que ces évènements affreux n’avaient pas eu lieu uniquement dans sa tête. D’un autre côté, elles étaient censées se détendre ce soir. Elle ne comprenait que trop bien pourquoi la difficulté de gérer son deuil sans exacerber celui des autres au passage poussait l’écrasante majorité de ses condisciples à préférer ignorer purement et simplement la situation.
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Jeu 15 Mar - 19:50
Oui, Harry Potter était un héros. Tout le monde s’accordait là-dessus. Ses proches l’affirmaient, ses amis, les élèves de sa classe et ses professeurs l’appelaient l’Elu, toute la communauté sorcière d’Angleterre et au-delà des frontières parlaient des exploits du Survivant, même la Gazette qui n’avait pas hésité à salir son nom les années précédentes avait retourné sa veste et acclamait à présent les prouesses du garçon à la cicatrice en forme d’éclair. Billie, bien entendu, n’avait pas un avis contraire et se rangeait elle aussi du côté des supporters du brun aux yeux verts. Elle n’était pas non plus au courant de tous ses faits d’arme (la discrétion du jeune homme sur ce sujet était d’ailleurs une qualité appréciée de la serpentard) mais le voir combattre à la bataille de Poudlard avait suffit à reconnaître sa valeur et son courage. Mais elle pensait simplement que, peut-être, il y avait plusieurs sens au mot « héros » et que Potter n’était pas le seul à mériter ce titre. Tous les membres de l’Ordre du Phoenix étaient des héros. Tous les tombés au combat étaient des héros. Toutes les petites mains anonymes qui s’étaient employées à garder l’existence des sorciers secrète en réparant les dégâts causés par les affrontements, qu’ils aient meurtrit la ville ou l’esprit des moldus, n’étaient pas moins méritantes d’éloges et de remerciements. Et les élèves, tous les élèves de Poudlard qui avaient résisté d’une façon ou d’une autre à la sombre doctrine du Seigneur des Ténèbres, qui avaient dénoncé l’horreur, agis sous couverture, protégé les plus faibles… ils avaient tous participé d’une façon ou d’une autre à la chute de Voldemort. Et ils n’étaient pas moins des héros parce que leurs actions n’avaient pas été jugées assez incroyables pour être mentionné dans le journal local. Mais elle ne savait pas vraiment comment exprimer cette idée sans tomber dans un discours complètement mélodramatique qui ne lui ressemblerait absolument pas et se contenta donc d’un vague hochement de tête approbateur en direction de la serdaigle.

Meg sorti de son immobilité raide que même une statue de granite aurait pû lui envier et vint s’assoir sur un des rares bouts de lit dont on pouvait encore voir la couleur de la couette, un coup d’œil en biais de Billie par-dessus un petit haut en mousseline synthétique lui apprit que la cinquième année souriait. L’adolescente se détendit un peu, rassurée de ne pas avoir braqué son amie par ses questions dérangeantes.

Meg avait complètement raison, même elle qui se considérait comme plutôt proche de la jeune fille, ne l’aurait pas soupçonnée.  Le cours de ses pensées lui échappa une seconde, elle commença à se demander à quel point elle se sentait proche de Meg, et à quel point Meg pouvait bien se sentir proche d’elle. Elle se reprit bien vite et se força à revenir à la réalité, fouillant dans le tas de vêtements devant elle pour cacher son trouble fugace.

- C’est vrai, mais l’année dernière cela ne l’était pas. Et rien ne t’obligeait à le faire. Et c’est d’autant plus…

… courageux ?  Billie laissa mourir sa phrase avant d’en prononcer le dernier mot. Etait-il seulement approprié ? Il semblait tellement simpliste face la complexité des enjeux qu’elle essayait vainement de définir. Billie avait beau prétendre qu’elle avait réussi à surmonter le choc de la guerre, elle se rendait compte que la coque d’assurance à laquelle elle se raccrochait désespérément était bourré de trous et dans des moments comme celui-ci elle avait le sentiment de sérieusement devoir écoper pour ne pas complètement disparaître sous les eaux.

Le sourire de Meg était contagieux, Billie sentit le coin de ses lèvres s’étirer alors que ses yeux croisèrent le regard bleu de la jeune serdaigle. Ses sourcils se levèrent dans une expression de stupeur, et elle s’arrêta un instant dans son tri de vêtements hasardeux mais devenu machinal au fur et à mesure que les deux filles discutaient. Billie s’imaginait très bien ce qui pouvait se trouver au-delà de ce « sinon » aux accents hostile. Ou plutôt elle ne préférait pas s’imaginer. Elle se demandait comment  Meg pouvait supporter d’être revenue à Poudlard. Que l’école soit le décor d’une bataille sanglante était terrible, mais pour Meg, elle était tout entière un rappel permanent du harcèlement quotidien et des tortures ayant eu lieu entre ses quatre murs pendant de très long mois. Billie ne savait pas si elle aurait supporté ce poids continuel sur les épaules. La serpentard mourrait d’envie de questionner l’adolescente mais elle se contint en voyant que son visage s’était subitement fermé, et son dos raidit comme si elle s’était assise sur une pelote d’aiguilles. Comme pour lui donner raison, Meg se leva brusquement et lui demanda nerveusement ce qu’elle pouvait faire pour l’aider. Billie fut prise au dépourvue et se mis à bafouiller de façon qui ne lui était pas du tout habituelle.

- Je, euh… je cherche une tenue pour remplacer cette atrocité que tu portes, fit-elle, reprenant de l’assurance au fur et à mesure de sa phrase.

Valait-il mieux se contenter de parler mode ce soir ? Les sujets plus sérieux auraient dû être à bannir ce soir mais Billie doutait que la jeune fille en face d’elle ait beaucoup eu l’occasion de se confier au sujet de l’année passée. Et puis sa langue, dans un élan peut-être égoïste voulait absolument s’activer comme si elle était dotée d’une vie propre. Elle-même n’avait pas eu l’occasion de parler de son année mouvementé. Qu’aurait-elle pu raconter de nouveau à son frère, ils étaient restés ensemble pour le moindre déplacement, la moindre mission au service de l’Ordre. Et de toute façon il était d’un naturel taciturne et ne se laissait pas souvent aller à des épanchements émotionnels. Quant à Tiberius, son cher Tiberius à qui elle avait toujours raconté le moindre de ses petits secrets, depuis qu’il était revenu à Poudlard il n’était plus tout à fait le même. Elle n’aurait pu dire exactement en quoi, mais depuis quelques temps elle avait l’impression que la personne la plus chère à son cœur était en train de lui glisser comme de l’écume entre les doigts.


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Ven 16 Mar - 9:48
Les yeux de Meg se perdirent dans le vague un instant, contemplant sans les voir les poissons étranges derrière la vitre. « Rien ne t’obligeait à le faire. » Ca n’était pas comme ça qu’elle avait vécu la situation, et elle secoua doucement la tête, sans se départir de son sourire. Elle n’avait pas eu besoin qu’une force extérieure lui impose l’action. Sa conscience l’avait fait toute seule, et elle n’aurait pas plus s’en détourner que s’il s’était s’agit d’un ordre reçu sous Imperium. Pas sans se perdre elle-même. Parfois, en y repensant, elle se faisait peur. Quand elle essayait de se représenter ce que Tiberius pouvait bien voir en elle, ce qu’elle avait beaucoup fait depuis leur dispute, elle se voyait si habituée à ployer sous les normes qu’un jour, celles-ci finiraient par la consumer sans qu’elle soit seulement capable de lutter.

« Je crois que si. Je n’aurais pas supporté de me regarder dans un miroir, sinon. Et puis, toi non plus tu ne serais pas restée immobile devant des première année subissant des Doloris. De toute manière, Neville… Neville Longdubas, je veux dire, disait qu’en tant que Sangs Purs, les Carrow n’oseraient pas trop nous abîmer. Probablement. »

Ça n’avait pas empêcher Neville et de nombreux autres de devoir rejoindre la clandestinité pour pouvoir survivre. Le visage de Kitty McGrath s’imposa dans son esprit. Kitty était une deuxième année de Serdaigle, irlandaise comme elle, qui était arrivée à Poudlard, l’année précédente, vive et espiègle, l’esprit en effervescence de découvrir le château malgré les circonstances. Elle avait constamment de nouvelles et grandes idées et une demi-douzaine d’hypothèses à tester. Sa curiosité insatiable, son enthousiasme bouillonnant d’enfant de onze ans et son statut de Sang-Mêlé n’avaient pas tardé à la confronter au courroux des Carrow, pour de petites incartades aussi stupides que sans gravité. Meg s’était dénoncée pour elle la première fois sans avoir eu le temps de réfléchir. Impossible d’imaginer cette enfant à peine moins âgée que Catriona se faire torturer parce que l’une de ses petites expériences sans conséquences avait mal tourné. C’était pour Kitty qu’elle avait pris son premier Doloris, et si l’expérience avait été souverainement déplaisante, elle ne regrettait pas pour autant. Elle n’avait pas trouvé dans l’acte la joie d’une rébellion triomphante comme certains Gryffondors semblaient le faire, ni ne se réjouissait particulièrement de jouer les martyrs sanctifiés. D’ailleurs, les regards de reconnaissance coupable et les petites attentions de Kitty après ça l’avaient surtout mise mal à l’aise. Mais ça avait été la juste chose à faire. Celle qui redonnait du sens et un peu de décence dans leur quotidien dévasté. Elle aurait voulu que quelqu’un fasse la même chose pour Cat si sa sœur en avait eu besoin.

Toutefois, elle ne pouvait pas passer la soirée à penser à Kitty. L’image des petits yeux suppliants avait de quoi couper tout sens de la fête. Meg s’humecta les lèvres et puisqu’elle était de nouveau debout, s’avança jusqu’à la table de nuit de Billie pour y déposer son verre vide à côté de celui de son amie. S’occuper de ses vêtements, oui. La Serdaigle se força à sourire de nouveau, puis abaissa la taille élastiquée du jupon sur ses hanches avant de l’ôter soigneusement et de le replier sur son bras. Elle n’aurait pas poussé le bouchon aussi loin que de qualifier sa jupe d’ « atrocité », mais elle s’était un peu doutée que qu’elle n’était pas adaptée aux circonstances.

« D’accord. Je suis désolée, je crois que je n’avais vraiment aucun bas approprié pour ce soir. Qu’est-ce que l’on est censé porter, pour une soirée comme ça ? »

Elle ne se sentait pas particulièrement blessée par la critique de sa tenue et était même plutôt curieuse de voir ce que Billie allait lui dégoter. Elle avait envie de redevenir légère, ce soir, et d’expérimenter un peu. Avec un brusque coup au cœur, elle réalisa à quel point c’étaient ce genre d’instants frivoles et complices qui avaient manqué à l’année précédente. A quel point elle s’était sentie seule, aussi, dans ce climat où l’on ne pouvait faire confiance qu’à une poignée de personne et ne voir ses véritables alliés qu’en coup de vent. Elle avait joué son rôle à la perfection, mais avait soudain soif de plus pour cette nouvelle année. Elle se redressa, prise d’une inspiration subite :

« Billie, ça te dirait que nous allions prendre un thé ensemble, un de ces quatre ? Lors du prochain week-end à Préaulard, par exemple, ou quand ça t’arrangerait. Tu… tu m’as manqué, l’année dernière. »

Une invitation à continuer leur précédente conversation, mais dans un lieu plus neutre. Maintenant qu’elle avait commencé à dévoiler une petite partie de ses activités de l’année précédente, Meg brûlait d’en parler plus, comme un besoin impérieux de se confesser à l’oreille de son amie, la première attentive qu’elle ait trouvée. Et apprendre ce que Billie avait fait, elle aussi, si elle avait envie de s’ouvrir à son tour. Expurger leurs dettes de non-dits respectives, et ensuite, pourquoi pas, pouvoir de nouveau jouer ensemble. Mais pas ce soir. Ce soir, elles avaient gagné le droit d’essayer d’être frivoles.
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Lun 26 Mar - 21:57
Billie écouta sa jeune amie sans rien dire, dans un silence presque religieux. Mais l’agréable vague de chaleur était revenue, et avec elle un sentiment de tendresse pour la serdaigle de deux ans sa cadette l’envahi. Ce que Meg avait fait, quelle qu’en soit l’importance mais Billie la soupçonnait de se sous-estimer, elle ne l’avait pas fait pour la gloire, pour son blason ni même sous la justification d’un cause trop lourde à porter pour ses frêles épaules, mais simplement parce qu’elle était Meg. Et qu’elle n’aurait pu agir autrement sans la peur de se perdre. Un nouveau sentiment que son ego surdimentionné l’empêchait de ressentir trop souvent, et surtout qu’elle n’avait encore jamais ressenti en regardant cette petite souris timide qui avait un jour abordé son frère trois ans plus tôt, pointait le bout de son nez. Elle était admirative. Sincèrement. La modestie honnête de Meg face à ses actes de bravoure la touchait peut-être plus qu’elle ne l’aurait dû ? Peut-être pas. Billie avait déjà eu vent des nombreux sacrifices de Neville qui avaient permis à de nombreux élèves d’être épargnés par le courroux des Carrows, mais tous les sang-purs n’avaient pas suivi son exemple en s’improvisant boucliers humains pour leurs camarades moins chanceux de naissance. Malheureusement ils avaient été en réalité plutôt rares. Trop rares. Et assez pour être souligné. Peut-être que Billie ne serait pas restée sans rien faire non plus ; elle avait toujours été première à s’offenser des injustices qu’elle subissait au sein de sa maison à cause de son sang supposé impur. Mais d’autres, bien d’autres, n’avaient même pas eu à recevoir un doloris pour s’écraser devant les serviteurs du seigneur des ténèbres. La menace seule d’en subir un avait suffi. Et bien qu’elle ne fût pas là l’année passée, même Billie était capable d’en nommer quelques-uns qui se promenaient encore dans les couloirs de l’école comme si rien ne s’était passé.

« Les Carrow n’oseraient pas trop nous abîmer »

Billie avait toujours vu Meg comme une petite chose fragile qui avait grandi dans un petit cocon, loin de la réalité cruelle de la vie et qu’il fallait secouer de temps en temps mais en prenant garde de ne pas la briser. Elle se rendait bien compte que l’adolescente n’avait plus rien de fragile.

Mis à part son style vestimentaire.

Billie se secoua mentalement. Elle avait toujours eu du mal à mettre des mots sur ses émotions. Et elle ne se sentait pas de se lancer dans cet exercice ardu à l’instant. Pas ce soir. Pas ici. Elles n’étaient pas là pour ça. Elles étaient là pour s’amuser, passer du bon temps. Mais à Poudlard en 1998 apparemment on ne pouvait même pas se rendre à une fête étudiante sans d’abord avoir des discussions d’écorchés vifs. Est-ce que c’était aussi ça la guerre ? Dans les manuels d’Histoire cela paraissait tellement plus simple.  « La Guerre des Géants se déroula de septembre 1824 à avril 1832 et fit de nombreux morts chez les géants comme chez les sorciers. A l’issu des nombreuses batailles qui se déroulèrent durant ces huit années les géants furent finalement vaincu et forcés de se retirer dans les montagnes. » Pas de fioritures. Les traumatismes avaient rarement leur place dans les manuels scolaires.

Billie finit de complètement de se réveiller à l’invitation de Meg. Elle papillonna des yeux, la regardant comme si le sens de ses mots lui échappait. Puis un sourire, un peu faible d’abord, apparut sur son visage.

- Oui j’aimerais beaucoup, son sourire s’élargit, elle était sincère, toi aussi tu m’as manqué.

Elle détourna les yeux, qui étaient peut-être un peu plus brillant qu’à l’accoutumée, pour se saisir de ce qui ressemblait à un petit carré de tissu en velours gris dont la brillance donnait un aspect argenté à la matière élasthanne. Un fil qui dépassait dans la même matière laissait supposer que le vêtement était garnit d’un laçage dont l’utilité devait être purement décorative. D’un geste vif elle le lança sur les genoux de sa camarade et dit après s’être éclaircit un peu la gorge :

- Tiens essaie ça ! On va enfin découvrir si tu as des jambes sous ta toile de tente.


Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.
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Ven 30 Mar - 21:51
Billie accepta son invitation, et Meg retint à grand peine un « Vraiment ? » dubitatif, qu’elle remplaça aisément par un « Merveilleux ! » enthousiaste. Elle rendit son sourire à son amie, le visage illuminé du compliment qu’elle venait de recevoir. Elle ne s’était pas vraiment attendue à avoir manqué à Billie de son côté. Elle savait que la Serpentard l’appréciait sincèrement, mais la préfète était… tellement plus cool qu’elle. Jolie, excellente élève, populaire, et remplie d’une assurance qui suscitait autant son admiration que sa timidité. Bon, peut-être qu’elle n’était pas si populaire que ça au sein de sa propre maison, à cause de son statut de sang. Mais tout de même, il aurait fallu être aveugle pour ne pas remarquer comment certains garçons se retournaient sur son passage, par exemple. Alors, s’imaginer que Billie avait eut le temps de penser à elle l’année précédente était plus que flatteur. Et ce n’était pas uniquement une question d’ego défaillant de sa part. En tant que Née-Moldue, son amie avait du en voir de toutes les couleurs l’année précédente et être occupée par des choses bien plus vitales que ce que faisait l’aînée des Bride. Elle n’avait pas fini à Azkaban, ni elle, ni son frère, ce qui signifiait qu’ils avaient du vivre de longs mois dans la clandestinité. « Clandestinité ». Elle ne savait pas trop quoi mettre derrière le mot, au juste, mais elle se doutait que ça n’avait pas dut être agréable. La Gazette du Sorcier commençait seulement à évoquer le nombre de personnes tuées par des Raffleurs, de manière tout à fait anonyme et silencieuse, et leur nombre était étonnamment élevé. Un long frisson la parcourue à l’idée que Billie ait pu être laissée pour morte dans un coin de bois, plutôt que bien vivante en face d’elle. Elles allaient avoir beaucoup de choses à se raconter, le jour où elles iraient boire ce fameux thé.

Meg fixa ses chaussures quelques secondes, le temps dont leurs pudeurs respectives avaient besoin pour que la brève bouffée d’émotions qu’elles avaient sous-entendues se dissipe de manière appropriée. Margaret n’avait pas été élevée dans la froideur de certaines grandes familles Sang Pur, mais elle n’avait pas non plus été encouragée à se montrer vulnérable. Elle n’éprouvait pas vraiment de honte à révéler ses sentiments à quelqu’un comptant autant pour elle que Billie, mais elle préférait ne pas s’éterniser dessus non plus. Ce n’était pas tant sa propre fragilité qui lui posait problème, que la peur de se montrer malpolie. Clairement, maintenant n’était pas le moment pour leurs confessions.

Heureusement, l’instant de gêne émue était passé, et elle accepta de bon cœur le changement de sujet et de jupe que lui proposait la Serpentard. Elle attrapa à la volée le petit bout de tissus que lui lançait Billie, et chercha vainement à le déplier. Mais… Il n’y avait pas grand-chose ! Meg jeta un regard interloqué à son amie avant d’éclater d’un petit rire nerveux. C’était son tour de se déshabiller et elle se sentait embarrassée de devoir se montrer en culotte. Elle envisagea un bref instant d’enfiler la mini-jupe sous son jupon avant d’enlever celui-ci, examina d’un œil critique la quantité de tissus qu’elle devrait retrousser, et y renonça finalement à regret. Il n’y avait pas le choix, et après tout, Billie venait de le dire, elle avait déjà fait des choses plus courageuses et dangereuses, alors elle empoigna la taille élastiquée de sa jupe et la baissa. Le vêtement s’affaissa lentement, l’air emprisonné sous les panneaux de tartan froncé comme dans une montgolfière. Meg l’enjamba d’un pas, et s’empressa d’enfiler le remplacement. Elle trifouilla un peu les lacets, qui ne semblaient pas nécessaires pour fermer la jupe, et tira sur l’ourlet dans l’espoir de couvrir une plus grande partie de ses cuisses, avant de se tourner vers le miroir et de fixer son reflet, la bouche légèrement entrouverte sous le coup de la surprise, et le rouge aux joues.

« C’est… court. »

On voyait ses genoux, et beaucoup plus. Est-ce qu’elle était censée danser avec ça ? Si elle faisait un grand pas, on verrait sa culotte ! Ceci dit, elle ne pouvait pas nier que l’image que lui renvoyait la glace était plaisante, à défaut de lui ressembler vraiment. Ses jambes n’étaient pas trop laides. Elle avait pensé à se raser au cas où Billie lui jouerait un tour de ce genre, avec des gestes rendus maladroits par l’inexpérience ayant laissé de légères coupures autour de ses malléoles, et le regret ferme de ne pas posséder de potion dépilatoire, mais au moins, elle pouvait dire sans mentir qu’elle était presque jolie. Elle se retourna vers Billie, indécise mais pleine d’espoir :

« C’est bien, tu trouves ? On dirait quelqu’un d’autre. »



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Sam 7 Avr - 16:50
Billie se racla la gorge pour meubler le léger moment de gêne qui s’était installé entre les deux filles. Ouvrir leur cœur n’était pas vraiment leur truc ni à l’une, ni à l’autre. Comme quoi, même s’ils étaient invisibles au premier abord, elles avaient quand même quelques points communs. La serpentard eu la décence de détourner le regard alors que Meg retirait le chapiteau en tartan qui lui servait de jupe et enfilait le tube de tissu en velour stretch en se tortillant un peu (Billie pouvait la voir s’agiter du coin de l’œil et compatissait totalement devant la difficulté de s’introduire dans ce petit tube de tissu pour l’avoir expérimenté de nombreuses fois). Détournant son attention sur la bouteille restée sur son chevet, elle entreprit de se servir un second verre, laissant vide celui de la serdaigle supposant que si elle en voulait un autre, elle saurait qu’elle n’avait qu’à demander. Elle l’engloutit aussi vite que le premier et se tourna de nouveau vers son petit cobaye de la mode qui avait fini de batailler avec la jupe, pour constater le résultat de son expérience vestimentaire.

Il semblait à Billie qu’elle découvrait la silhouette de Meg pour la première fois. Habituellement elle cachait ses jambes sous des jupes bien trop longues pour être excitantes et sa taille marquée n’était pas vraiment mise en valeur non plus par les pulls de leur uniforme scolaire, quand elle ne s’enroulait pas entièrement dans sa robe de sorcière. La jeune fille que Billie voyait à présent devant elle n’avait plus grand-chose à voir avec la Meg qu’elle connaissait, physiquement en tout cas ; sa posture coincée et le sourire gêné qui étirait ses lèvres, eux, étaient toujours bien présents. Mais la petite serdaigle aux formes indécises avait disparue, remplacée par une demoiselle toute en courbes et en arrondis qui donnait envie à l’œil de glisser dessus encore et encore avec délectation. Sa poitrine généreuse était mise en valeur par sa taille marquée et ses hanches larges. Ses jambes longues et au galbe avantageux s’attirèrent les jalousies de Billie qui trouvait trop souvent que les siennes ressemblaient à deux piquets en bois. Lorsqu’elle se retourna pour s’observer dans le miroir –en tirant sur le bas de sa jupe de manière assez attendrissante- Billie eut tout le loisir de l’observer de dos et elle devait admettre que la jupe épousait chacune de ses formes à la perfection. Et elle fut forcée de constater que le vêtement allait bien mieux à Meg qu’à elle, le bas du dos de Billie était loin d’offrir au monde une courbure aussi avantageuse. En quelque sorte, ce n’était peut-être pas plus mal que la demoiselle cache des formes aussi généreuse car dans le cas contraire, la serpentard aurait eu affaire à une sérieuse concurrence.

Elle pouffa un peu à la première remarque de son amie, son verre toujours à la main. Oui c’était court, mais c’était le but. La jupe avait sur elle cette longueur parfaite, qui en dévoile beaucoup mais cache juste ce qu’il faut pour laisser à l’imagination le soin de deviner le reste. Sexy, sans être vulgaire comme diraient les professionnels.

Alors que Billie la détaillait de haut en bas avec un petit sourire ravi, elle remarqua enfin les horreurs que la cinquième année portait aux pieds. Elle ne pouvait plus les ignorer maintenant que la jeune fille avait ôté la nappe écossaise qui lui tombait précédemment sur les pieds. Elle ne chercha même pas à cacher la grimace qui lui deforma le visage en voyant les chaussures. Si on pouvait appeler ça des chaussures. Aux yeux de l’adolescente cela ressemblait plutôt à un assemblage bizarre de chutes de cuir noir qu’on aurait relié ensemble au petit bonheur la chance avec un lacet. Et où était la semelle ? La matière épousait la forme du pied de manière assez laide et Billie avait l’impression d’avoir voyagé dans le temps, au Moyen-Âge plus précisément. Les chausses de l’époque devaient ressembler à quelque chose de similaire non ?

- C’est absolument parfait, cela te vas à ravir, je suis plutôt fière de moi, dit-elle en se levant pour reposer son verre vide, par contre tes espèces de pantoufles SM ça ne va pas du tout…


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Lun 9 Avr - 20:05
L’étrangère dans le miroir en face d’elle lui ressemblait un peu, mais sa silhouette était différente de celle de Margaret. Plus… femme. Pas juste une adolescente cachée sous des couches habituelles de vêtements, ni même une jeune fille modelée par un corset contraignant. Une vraie femme, avec un corps assumé. Meg fut tentée de faire coucou de la main à son reflet, comme une petite fille, pour se persuader qu’il s’agissait bien d’elle dans la glace. Elle pouvait sentir le regard attentif, presque insistant de Billie sur son œuvre. Plus que la jupe courte, c’était se savoir ainsi observée qui lui donnait l’impression d’être exposée. Elle n’était pas nue, loin de là encore, mais il lui semblait que l’on lui avait enlevé son armure entre elle et le monde, qu’on la révélait soudain de manière brutale. Par réflexe, elle bascula le bassin, rentrant ventre et fesses dans une position de danseuse classique. Se tenir très (trop) droite était sa manière à elle de se recroqueviller face à l’attention qu’elle recevait soudain. Etait-ce le regard de Billie qui l’emplissait de cet étrange mélange d’embarras et d’exaltation flattée ? Qu’allait-il se passer quand d’autres allaient la voir dans cette tenue ? Verraient-ils Meg, ou bien était-elle en train de jouer un personnage, une version confiante et sophistiquée et… attirante d’elle-même ?

Au rire de Billie, elle tourna lentement sur elle-même, observant une dernière fois son reflet, avant de se reconcentrer sur son amie. Se sentir détaillée ainsi était un peu déstabilisant, et elle voulait renouer un dialogue qui la ferait se sentir plus elle-même. La Serpentard s’était visiblement resservi un verre. Meg jeta un œil à la bouteille sur la table de nuit, et décida de l’ignorer. Elle avait trouvé le Bailey’s délicieux, mais elle se méfiait encore de ses effets et voulait attendre un peu avant de boire de nouveau.

« Merci. » dit-elle, tant pour le compliment que Billie venait de lui payer que pour l’aide qu’elle lui avait apporté.

« SM ? Qu’est-ce que Sainte-Mangouste vient faire là-dedans ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » Ou alors, peut-être que c’était une expression moldue dont elle ignorait le sens. « Ce sont des ghillies. Ce sont des chaussures de danse traditionnelles, en Irlande » - elle illustra ses paroles par quelques pas malgré le silence – « mais surtout, elles sont très silencieuses et très pratiques. Utiles pour se rendre jusqu’à la Salle sur demande en catimini. J’aimerai les garder. »

Ses ghillies étaient le seul élément de sa tenue qu’elle reconnaissait encore et avec lequel elle se sentait réellement à l’aise. Un doudou, en sortes. Elle avait besoin de quelque chose de confortable aux pieds si elle voulait pouvoir oser danser un peu, et se déplacer dans le château. Il était hors de question que Billie lui fasse enfiler quelques escarpins inconfortables. Margaret avait l’habitude des stilletos sous les robes de bal, et quoi qu’elle les maniât désormais avec une aisance apparente, elle les maudissait plus qu’autre chose. Qui aimait les crampes à la voûte plantaire et les ampoules aux talons ? Non, malgré son usage du conditionnel, elle n’avait aucune intention d’abandonner ses chaussures.

« Dis-moi plutôt quoi faire de mes cheveux. Pas un chignon, n'est-ce pas ? »

Un an auparavant, jamais elle n’aurait osé rediriger la conversation ainsi face à Billie. Elle n’avait jamais su dire non à son amie, et c’était d’ailleurs comme ça que leur amitié avait commencé. Elle ne pouvait pas dire qu’elle ait à regretter de se laisser entraîner. Une fois sur deux, elle ne se rendait d’ailleurs même pas compte que la Serpentard l’avait manipulée en douceur, et il n’avait jamais découlé que des choses positives de cette relation un peu biaisée. Toutefois, au fur et à mesure qu’elles avaient appris à se connaître, et que leur amitié était devenue plus sincère, Meg avait commencé à plus faire entendre sa voix, et leur séparation d’un an laissait ce progrès apparaître plus franchement. Un début d’assurance assorti à ses nouveaux genoux, en somme.


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Sam 14 Avr - 23:31
Billie regardait Meg remuer, mal à l’aise, face à son reflet, mais au moins elle ne protestait pas, et ne fit aucune remarque par rapport à la tenue que l’adolescente lui faisait porter. Elle avait craint que la jeune fille ne fasse des manières à cause de la longueur de la jupe et qu’il faille batailler pour qu’elle la garde mais elle semblait accepter son destin de façon plutôt docile. Le sourire de la serpentard s’étira, elle était contente de constater que son amie s’assume un peu plus que les années précédentes. Elle n’osait même pas imaginer sa réaction si elle lui avait proposé la même tenue deux ans plutôt… cela dit elle avait treize ans à l’époque et cela n’aurait peut-être pas été très approprié. Sa posture en revanche était à revoir. Elle rentrait les fesses de façon assez peu avantageuse mais Billie ne fit aucune remarque, elle espérait que quand la soirée battrait de son plein et que la demoiselle serait un peu plus imbibée -elle y veillerait- elle se détendrait un peu et oublierait de se tenir de façon aussi raide.

- De rien, répondit-elle toujours souriante, je te la donne, elle te va mieux qu’à moi.

Il n’y avait aucune amertume dans son ton, juste une franche honnêteté mais peut-être un peu d’admiration envieuse bien dissimulée. Elle choisit toutefois de ne pas se lancer dans des explications sur le SM avec Meg, ses oreilles un peu trop sages n’étaient probablement pas prêtes à entendre parler de ce genre de pratiques. Et pour peu qu’il n’existait pas d’équivalent chez les sorciers (encore que… les pratiques sexuelles un peu intenses n’étaient pas réservées aux moldus quand même, quoique cela expliquait peut-être pourquoi les sang-purs étaient si frustrés dans la vie) elle ne voulait même pas essayer de partir dans moult détails pour expliquer cette activité plutôt hors du commun.

Billie leva deux sourcils étonnés en entendant les protestations de la serdaigle concernant ses chaussures. Il fut un temps où Meg se pliait au moindre des caprices de l’adolescente mais loin de s’énerver face à cette insubordination, Billie s’en réjouit. Elle tenta de masquer le petit sourire qui naissait au coin de ses lèvres alors qu’elle constatait que la cinquième année s’affirmait et faisait preuve d’un peu plus de force de caractère qu’auparavant. La serpentard s’envoya quand même quelques fleurs en se disant que c’était probablement un peu grâce à elle et au fait qu’elle n’avait jamais cherché à la ménager. L’année passée devait y être pour beaucoup bien sûr mais elle aimait se dire qu’elle y avait peut-être aussi joué un petit rôle. La jeune fille leva quand même les yeux au ciel pour la forme, et pour laisser aucun doute sur ce qu’elle pensait vraiment de ces machins qui lui servaient de chaussures, puis descendit de son lit pour fouiller en dessous et sortir la paire de plateformes qu’elle comptait elle-même porter pour la soirée.

- Bien, fais comme tu veux, mais je continue à dire que c’est moche, lança-t-elle sur un ton léger mais sérieux alors qu’elle nouait les boucles de ses propre chaussures.

Meg détourna ensuite la conversation sur ses cheveux et Billie la regarda avec attention. Avec une chevelure pareille cela aurait été un crime de les entortiller dans un chignon serré, connaissant la demoiselle elle doutait qu’elle parle du genre de coiffure un peu lâche et amusante qu’on voyait dans les magazines pour adolescentes. Sans un mot elle fouilla activement dans le tiroir de sa table de nuit pour en sortir, au milieu de tout le bazar qui y régnait, une petite boîte, qui au son qu’elle faisait semblait être remplie de petits objets en plastique.

- Ce serait un crime que d’enfermer ta chevelure de sirène des îles dans un chignon, dit-elle en imitant l’accent d’un pays qui n’existait probablement que dans sa tête, mais j’ai ce qu’il faut.

Elle souleva le couvercle pour révéler une multitude de pincettes en plastique de toutes les couleurs et de toutes les formes, il y en avait des roses, des bleues, des dorées, à paillettes, en forme de papillon… Billie les collectionnait depuis toute petite et sa collection était plutôt bien fournie. Elle la tendit à Meg pour qu’elle choisisse ce qui lui plairait alors qu’elle-même jetait son dévolu sur des pinces noires plutôt simples. Après la coiffure, elles auraient encore les bijoux à choisir mais là encore, l’adolescente savait déjà parfaitement ce qui leur faudrait, et bien sûr le maquillage. Elle se demandait si il lui faudrait batailler avec la serdaigle, la connaissant elle ne voudrait peut-être rien mettre du tout mais il en était hors. De. Question. Une fois qu’elle aurait convaincu sa cadette de la laisser faire (elle ne doutait pas y parvenir, elle lui avait déjà laissé la liberté de choisir ses chaussures ce qui était déjà bien assez de laxisme pour une soirée) elle savait qu’elle s’amuserai comme une petite folle à lui imaginer un maquillage qui mettrait ses traits tellement en valeur qu’elle laisserait tout le monde sans voix.

Malgré un début de soirée un peu trop sérieux pour ce qui devait être une petite « before » entre filles pour se préparer à la première vraie fête de l’année, l’atmosphère était enfin détendue et la conversation légère. Billie s’amusait beaucoup trop à habiller et coiffer Meg, son ardeur étant peut-être due au manque d’amies de sexe féminin durant toute son enfance ainsi que l’absence d’une petite sœur dans son foyer pour ce genre d’expérience. C’était la première fois qu’elle jouait les styliste avec qui que ce soit et à vrai dire s’il ne s’était pas agi de Meg, elle ne se serait pas donnée la peine.


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