Forum Hp situé juste après la guerre contre Voldemort
 

Partagez | 
 

Commémoration • Sujet commun & libre

Aller en bas 
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 478
Ft : Dane DeHaan.
Localisation : Là où il ne le devrait pas.

Feuille de personnage
Don: Occlumens & Animagi
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 7 Mar - 16:00

Hors RP : Pour des questions d'organisation,
ce serait super cool de vôtre part d'attendre la réponde de Ian et Billie !
Dans tous les cas, on attend vos réponses avec impatience !

La nuit était tombée depuis longtemps sur les confins écossais. Les journées étaient de plus en plus courtes et de plus en plus fraîches. Une fine bruine trempait les gazons et la Lune restait cachée par d'épais nuages orageux. Le ciel était noir et l'obscurité avait avalé tout le paysage. Tiberius avait troqué ses habits traditionnels pour envelopper sur ses frêles épaules une épaisse cape sombre. Pour se protéger de la pluie, il avait rabattu la capuche sur sa tête et dissimulait son visage aux fenêtres closes du château. De temps en temps, il resserrait les pans de sa cape pour se tenir chaud tandis qu'il vérifiait régulièrement les lumières de l'école.

La préparation avait été longue. Trouver un objet magique capable de cracher suffisamment de volume pour réveiller tout un château. Un sort assez lumineux pour éclairer cette nuit sans Lune. Organiser les différents membres de l'Académie pour que tout se passe avec une fluidité rangée. Le cœur de Tiberius battait fort. Il craignait qu'un membre du personnel ne le remarque et il restait caché dans un coin des extérieur en attendant le signal. Il était heureux de concrétiser ce que l'Académie avait fomenter depuis plus d'un mois. Il craignait un contre-temps. Une intervention malhabile. Ou peut-être qu'on reproche à l'Académie de ne pas respecter la mémoire des combattants. Pourtant, il semblait à Tiberius – et à toute l'Académie qui s'était levée comme un même homme – qu'il s'agissait d'un acte primordial et même capital.

Il avait insisté pour être celui qui resterait en arrière. Peu se doutaient que Tiberius eut vraiment été touché par les morts et les disparitions. Il savait qu'il serait le moins ému par l'antipathie des élèves qui remarqueraient son absence. Quelque part, il espérait pouvoir offrir aux membres de l'Académie l'occasion de porter également cet hommage pour ceux qu'ils avaient aimé. Quelque part, ce maigre sacrifice était une nouvelle manière de se sentir légitime. De faire un acte rédempteur vis à vis de son appartenance aux vieilles familles sang-purs qui avaient participé à ce carnage.

Il comptait sur ses camarades. L'un d'eux, parmi les Serdaigles, devait éclairer la salle commune vide d'un lumos pour qu'il puisse envoyer la première valse.  Tiberius se demanda si le corps pédagogique le punirait sévèrement si l'on découvrait son implication. Ou puniraient-ils les élèves qui se seraient déplacés après le couvre-feu ? Après avoir découvert avec angoisse le nouveau corps professoral, le jeune Avery craignait quelque peu de la rigidité des enseignants.

Une lumière pâle et chiche éclaira les grandes fenêtres de la salle des Serdaigles. Billie devait sans doute déjà être au premier étage en attendant les premiers mots. Ou peut-être avait-elle choisi une autre façon d'évacuer. Tiberius se sentait seul, à ne pas savoir ce que Ian et sa sœur étaient en train de faire en cet instant. Mais il leur faisait confiance. Sans doute n'aurait-il même pas pris la peine de tant si le projet n'avait pas été porté en parti par les jumeaux Persson. Qu'importe comment ils décideraient d'organiser les hommage. Il savait qu'ils prendraient les meilleures décisions.

Il avança un peu. Il eut un dernier coup d’œil vers les fenêtres : Tiberius ne voulait pas qu'on puisse voir sa silhouette depuis l'intérieur. Cependant, il serait difficile de lancer correctement le sort sans se mettre légèrement à découvert. Il tira un peu sa capuche sur son visage et sortie sa baguette. Une incantation murmurée puis un long silence. La plainte d'une cornemuse s'éleva sur tout le château et même à travers les bois de la forêt interdite. Les oreilles de Tiberius vibraient. La musique semblait provenir de partout et nulle part. Le son n'était qu'à peine atténué par les épais mur de l'école. Amazing Grace était un choix simple mais cependant évident pour cette étrange commémoration illicite.

Tiberius laissa la musique planer une longue minute, espérant tirer ainsi les élèves endormis de leur sommeil. Il faisait confiance aux membres de l'Académie pour réveiller les autres, feintant se réveiller à cause du bruit. Lorsqu'il jugea que les élèves devaient s'être en partie réveiller, il leva sa baguette vers le ciel. Dans cette posture, il songea une seconde aux mangemorts. Son cœur bondit d'allégresse ou de terreur. Il l'ignorait lui même. Peut-être que ce frisson qui parcourait son dos et ses bras n'était dû qu'au froid de cette nuit glaciale.

Sa baguette émit une petite étincelle avant qu'un jet de lumière ne vole comme une fusée vers le ciel et n'explose en une magnifique prouesse pyrotechnique. En de brefs instant, la verdure des parcs prenait une formidable teinte. Le ciel s'éclairait et on distinguait les gros nuages menaçants d'octobre. Pour le moment, Tiberius ne faisait qu’échauffer son sort pour attirer l’œil des élèves vers le ciel. Quelques boucles et arabesques se formaient parfois puis disparaissait en un chatoiement scintillant et laissait place à une nouvelle salve de lumière.

« A nos frère,
A nos sœur.
 »

Les éclairs magiques prenaient alors forme de mots et de phrases. Ils apparaissaient longuement avant de retomber et s'éteindre tout à fait. Un nouvel éclair.

« A nos amis,
Et nos amours.
 »

« A ceux qui ont partagé nos repas.
A ceux qui ont partagé nos rêves.
 »

« A ceux qui se sont sacrifiés.
Et qui n'ont jamais abandonné.
 »

« Pour ceux que nous n'oublieront jamais.
Et qui ont sauvé :
 »

« Leurs frères,
Leur sœurs.
 »

« Leurs amis,
Et leurs amours.
 »

« Pour ces héros d'hier,
Leur nom restera gravé dans le ciel.
 »

« Pour les siècles à venir. »

« Pour les générations futures. »

« Pour ces héros d'hier, »

« Nous leurs offrons cet hommage. »

Tiberius lançait ses sorts doucement. Tout avait été écrit à l'avance. Préparé méticuleusement. Pour toucher les cœurs et éviter les maladresses. Ce petit discours larmoyant avait surtout pour objectif de laisser le temps aux Poufsouffles et Serpentards de remonter le château jusqu'à la Salle sur Demande – un lieu pratique mais surtout symbolique pour tant de membres de l'AD. Il se faisait moins de soucis pour les Serdaigles et Gryffondors qui n'étaient guère très loin. Cependant, il craignait que les professeurs l'empêchent. Que les plus récalcitrants poussent le reste des élèves à rester dans leurs dortoirs. Un long moment, le ciel resta noir et obscur.

Un filet de lumière grimpa alors bruyamment comme un feu d'artifice. Lorsqu'il explosa, un nom apparut. Puis disparut en paillettes magique et retombées argentées. Une autre gerbe étincelante monta haut. Puis explosa sur un nouveau nouveau nom. Il s'agissait d'une liste des élèves victimes de la guerre. Tous ceux qui étaient tombés et dont on avait tut le nom jusqu'à présent, plus personne ne pourrait l'ignorer. La musique se renforça tandis que les noms défilaient dans le ciel.

Pendant ce temps, il espérait qu'il ne faisait pas ça pour rien. Et que Ian et Billie et le reste de l'Académie aient réussis leur office.


They said I couldn't. That's why I did.
(c) okinnel
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 692
Ft : Ella Purnell

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 8 Mar - 22:50
C’était ce soir. C’était maintenant. Cela faisait à présent plusieurs semaines que l’Académie complotait, préparait minutieusement chaque détails de cette soirée pour que tout se déroule de façon optimal. Il ne fallait surtout pas qu’un seul accro vienne ruiner cet hommage et perturber les élèves et, ils l’espéraient, professeurs dans leur recueillement. Cette nuit leur était primordiale. Pas seulement pour les membres de l’Académie, mais pour tous les autres élèves, les amis, les proches, les victimes. Est-ce que l’atmosphère de l’école changerait après cette nuit ? C’était impossible à prévoir mais l’Académie avait espéré que cette cérémonie de commémoration qu’ils essayaient de mettre en place dans le plus grand respect des mémoires pourrait leur permettre de tourner une page douloureuse de l’histoire de leur vie. Tout le monde jusque-là semblait avoir préféré agir comme si tout était normal à Poudlard. On évitait du regard les chaises vides, les lits désertés. Les murs du château avaient étés reconstruits, les marques de la bataille effacés. On ne parlait pas des tortures physiques, mentales et magiques que nombre d’élèves avaient subi pendant un an. Mais cela ne les faisait que s’enliser dans un malaise gluant comme de la poix qui suintait entre chacune des pierres de l’école. Ils avaient tous besoin de sortir de ce déni qu’ils croyaient protecteurs ; il était temps d’enfin affronter la réalité et de commencer à penser leurs blessures.

Billie se tenait debout dans la pénombre de la salle commune des Serpentards, le cœur battant si fort dans sa poitrine qu’elle avait l’impression que le bruit se répercutait sur les quatre murs de la pièce. À ses côtés, silencieux comme une tombe, se tenait son frère ; grâce à lui elle ne s'était jamais senti seule, ce soir encore il était présent pour elle mais surtout pour Eux. La préfète était vêtue entièrement de noir, pour plus de discrétion mais avant tout par respect pour ses camarades tombés au combat. Quand l’heure fut enfin venue elle leva sa baguette pour lancer une boule de lumière au plafond qui illumina toute la pièce. L’Académie avait fait passer un message dans toutes les salles communes expliquant le déroulement de ce soir, en réalité peu devaient l'avoir lu mais ils espéraient que le bouche-à-oreille avait fait son office. Libre à chacun de venir ou non. Ils ne forçaient personne. Une première tête apparue dans l’escalier qui menait des dortoirs à la salle commune, puis une autre suivie de près par encore deux autres élèves. Bientôt Billie fut entourée par ses camarades de maison. Bien plus que ce à quoi elle s’attendait. Elle attendit encore quelques minutes avant de franchir la porte de la salle commune et de mener tout le petit groupe en direction des étages. Malgré le nombre d’élèves présent pas une seule parole ne fut échangée, seul le bruit de leurs pas rompait le silence respectueux de tous. Billie les amena tout d’abord dans le cloître et s’arrêta en son centre. Naturellement les élèves se rassemblèrent autour d’elle. Elle croisa quelques regards interrogateurs mais les bouches restaient scellées. Bientôt ils furent rejoints par des Pouffsouffles qui respectaient le même état de déférence silencieuse. On entendait plus que le bruissement du vent glacé d’octobre dans les feuilles des arbres de la cour ponctué de temps à autre par quelques toussotements étouffés. Le cœur de Billie battait toujours. Elle se demanda si Tiberius était bien à l’endroit prévu, s’il avait réussi sa mission sans contretemps regrettable.

Soudain la musique explosa leur bulle de silence, elle retentissait si fort qu’elle atteignait tout le château dans ses moindres recoins. Une animation fébrile anima les rangs jusqu’alors si sage des élèves des deux maisons. Quand la première gerbe d’étincelles jaillit, tous les regards se tournèrent vers le ciel. D'ici ils avaient une vue parfaite sur les mots qui commençaient à se former lentement juste en dessous des astres, les courbes et les arabesques de lumière resplendissaient dans le carré de nuit découpé par les toits du cloître. La musique, ces mots destinés à toucher les élèves au coeur pour y commencer un travail de guérison, tout avait été longuement réfléchit par l'Académie.

Les élèves s'étaient tus dans la cour, certains semblaient même retenir leur respiration. Toutes les têtes étaient levées vers les cieux et les pupilles se remplissaient d'étoiles d'or et d'argent, miroir de ce que les élèves lisaient au dessus du château, là où encore pas si longtemps de cela avait jaillit d'une baguette ,eurtière le symbole à la fois haït et craint des mangemorts. Billie chercha fébrilement la main de son frère et la serra. Quand les noms apparurent à leur tour sur la voute étoilée, Billie en reconnu plusieurs, certains étaient des compagnons de combat, d'autres d'ancien camarades de classes. Elle se frotta la joue et fut surprise de la trouver humide. Elle n'avait pas remarqué qu'elle pleurait.

Enfin, le silence retomba sur l'école et le ciel reprit sa couleur d'encre mais personne n'osait encore bouger. Tous avaient besoin d'un temps pour se remettre de toutes ces émotions qui venaient de les secouer plus efficacement encore qu'un tremblement de terre. Billie fut la première à sortir de sa torpeur. Elle prit de nouveau la tête du groupe et sortie du cloître pour rentrer dans le château. Lentement, elle prit la direction des escaliers pour mener ses brebis jusqu'au septième étage où la suite de la cérémonie devait se dérouler.  


Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.
- George Abitbol

(c) black pumpkin
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 383
Ft : Bill Skarsgård

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 9 Mar - 0:12
Ian resserra les pans de sa cape autour de lui, jetant un coup d’oeil aux élèves qui les entouraient. Certains semblaient encore à demi endormi, d’autres étaient parfaitement réveillés. Ils ne savaient pas vraiment où regarder. Les Poufsouffles et les Serpentards se mélangeait en un seul et même groupe dont l’uniforme était la cape noire qu’ils avaient revêtus par dessus leur pyjama. Il n’y avait pas de distinction entre les deux maisons. Ian se retrouva un peu peiné que Tiberius ne puisse pas voir ça mais il était déjà impatient et fébrile à l’idée de lui en parler. Ou peut-être était-ce l’angoisse de savoir où était son ami et si tout était en place. Est-ce qu’un professeur l’avait surpris? Ian retint son souffle en voyant la silhouette de Miss Teigne se découper devant eux. Son miaulement fut couvert par les premières notes de musiques. Chacun retint son souffle alors que les premières gerbes de lumière éclataient dans le ciel noir.

La musique semblait s’intensifier. Les élèves chuchotaient doucement entre eux alors que de nouvelles têtes venaient agrandir le groupe. Beaucoup des élèves qui n’avaient pas jugé bon de rejoindre directement leurs préfets dans la salle commune semblaient avoir changés d’avis quand la musique s’était immiscée dans leur dortoir. Ian décrocha son regard du ciel quand le discours était bien entamé pour observer les dizaines d’élèves qui l’entouraient. Plus personne ne parlait, c’est à peine si on osait respirer. Il vit le vieux concierge devant eux qui observait également le ciel en silence, son chat dans les bras.

Ian serra doucement la main de sa soeur. Il n’était que trop conscient de la chance qu’il avait de l’avoir encore auprès de lui. Chaque nom qui s’affichait à la suite du précédent en était comme un rappel. Ian souffla doucement. Les sanglots se firent un peu moins discrets mais personne ne bougea. Tous gardaient les yeux rivés vers le noms de leurs camarades qui étaient morts durant la guerre qui avait eut lieu quelques mois plus tôt. Ils faisaient face à une réalité qu’ils avaient trop fuit.

Il y eut plusieurs longues minutes de flottement avant que les élèves ne s’animent de nouveau. Ian et Billie se séparèrent. Sa soeur prit la tête du groupe avec un des préfets de Poufsouffles. Ian croisa le regard des différents membres de l’Académie. Chacun était avec un ou plusieurs camarades. Ils se consolaient et s’épaulaient.
Le groupe se mit en marche très rapidement, poussé par la même volonté. Ian laissa les élèves passer devant lui dans l’idée de fermer la marche. Les plus récalcitrants à partir étaient les élèves plus jeunes, trop secoués pour réussir à bouger. Sans avoir eut besoin de se concerter Ian et d’autres élèves plus agés leurs offrirent quelques mots de réconforts. Celle qui devait être la cadette du groupe, une élève qui n’avait pas encore onze ans, prit la main du garçon avant qu’ils ne puissent partir dans leur lente ascension. Ian en avait oublié Rusard qui semblait de toute façon s’être éclipsé.

Ils ne mirent pas bien longtemps à rejoindre les derniers élèves du groupe en marche vers la Salle sur Demande. Des élèves continuaient timidement à les rejoindre, à se faufiler pour rejoindre leurs camarades. Les moins frileux étaient en pyjama et les couleurs détonaient avec le noir des capes du premier groupe d’étudiants. Ian fut surprit de constater que même certains fantômes s’étaient joint à eux et respectaient le silence attentif qu’observaient les élèves. Les personnages de beaucoup de tableaux, réveillés depuis bien longtemps par la musique, trottaient de cadre en cadre pour les suivre également. Ils chuchotaient entre eux.
Tout ce qui concernait la Salle sur Demande avait été laissé aux mains de membres de l’Académie de la maison de Gryffondor. Ils avaient expliqués savoir exactement quoi faire et quelle apparence donner à la salle. Ils n’avaient pas eut besoin de défendre leurs idées très longtemps avant que le trio fondateur ne les accepte. Quand elles avaient été soumises aux reste des membres de l’Académie, tout le monde avait accepté à l’unisson. Les quelques rares académiciens qui avaient été membre de l’Armée de Dumbledore avaient été parmi les plus emballés.

La salle offrait un espace spacieux. Ian avait eut peur qu’ils manquent de place mais quand il entra avec les derniers élèves il fut surpris de voir qu’encore plusieurs dizaines élèves pouvaient aisément s’y installer. Les Serdaigles et les Gryffondor étaient déjà là, comme prévu. Certains étaient en pyjama ou en robe de chambre, d’autre en civils. Très vite des groupes se formèrent. Les frères et soeurs se rejoignirent ou les amis de différentes maisons. Tout le monde était calme dans cette salle paisible qui avait accueilli les membres de l’Armée de Dumbledore. Ian avait vu la salle à quelques rares reprises, principalement pour des fêtes. C’était la première fois qu’il voyait à quoi elle avait ressemblé durant l’année scolaire précédente. On aurait dit une cabane dans les arbres. Un endroit paisible et calme qui avait certainement été comme une bulle hermétique à ce qui se tramait en dehors. Quelques hamacs avaient été poussés sur les côtés et certains élèves s’y étaient installés. Des bannière sur lesquelles ont pouvait voir les blasons des quatre maisons décoraient la pièce. Celle de Serpentard était un ajout non négligeable et on ne pouvait plus louable.

Sans tarder Ian alla rejoindre sa soeur dans un coin de la pièce. Sur le mur qui faisaient face aux élèves et à l’entrée, des photographies des élèves dont le nom était apparu sur le ciel commençait à être affichées par les plus téméraires. Quelques élèves sortirent de la salle pour revenir plus tard avec une photo ou un objet à déposer face au tableau qui avait été le passage secret ayant servi à restaurer les membres de l’AD. Ian remarqua que quelques professeurs se tenaient dans la salle.




war is peace - freedom is slavery - ignorance is strenght
Les masses  ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles soient opprimés. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimées.

(c) Myuu.BANG!

En ligne
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 503
Ft : Saoirse Ronan

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 9 Mar - 0:52
Aslinn avait été mise au courant à la dernière minute, plus ou moins. Un élève de serdaigle et les autres préfets étaient venu lui demander son aide pour faire passer discrètement les élèves de la maison jusqu'à la salle sur demande. On lui avait rapidement expliqué le déroulement, quelques secondes avant que ça ne commence. Les élèves de Serdaigle contemplaient le ciel de leurs chambres, rideaux tous ouverts ou depuis la salle commune. Un silence religieux régnait dans la tour des Serdaigle. La Dame Grise et d'autres fantômes les avaient rejoint. Même Peeves était la, silencieux pour une fois.

Les serdaigle qui avaient participé à cette organisation firent signe aux préfets de commencer. Aslinn et un des préfet de Serdaigle sortirent en premier, accompagné d'un fantôme. Ils se dirigèrent vers la salle sur demande, la dépassant pour inspecter les couloirs alentour. Aucun professeur. Un petit morse en lumos et voila le message passé aux autres préfets qui commençaient à faire passer les élèves de Serdaigle par groupes.

Marchant dans les couloirs Aslinn et le préfet furent stoppés par nulle autre que la directrice, McGonagall. Elle savait que ce n'était pas leur tour et elle savait qu'un regard appuyé sur Aslinn, de sa part à elle, l'empêcherait de prendre son apparence lisse. Aslinn était impressionnée par la Dame et ça se voyait. Elle prit cela dit son courage à deux mains et expliqua le gros du projet, en évitant de rentrer dans les détails. Elle même n'en avait pas idée. Elle ne lui indiqua aucune pièce, aucun étage en particulier et précisa qu'elle était prête à prendre la responsabilité. Un sourire plus tard, la directrice la rassura. Elle voulait même y assister, à la mémoire des personnes disparues.

Aslinn, le préfet et la directrice arrivèrent donc parmi les derniers de Serdaigle et Gryffondor. McGonagall avait opté comme beaucoup d'autres pour une longue cape noire, capuche posée sur la tête et ne laissant pas voir son visage, pas directement en tout cas. Elle n'était pas la pour récupérer les lauriers de cet événement, ni même pour proclamer quique ce soit. Elle venait comme tout le monde, au même titre que les élèves. Elle venait rendre hommage, rien de plus.

Aslinn entra dans la pièce et découvrit pour la première fois ce lieu. Elle n'avait pas participé à la bataille et comme beaucoup s'évertuait à le lui répéter, elle ne pouvait pas savoir ni même comprendre ce que les autres avaient endurés. Elle se réconfortait en se disant que s'exposer au danger et se faire tuer n'aurait aidé personne, pas dans son cas en tout cas. Elle n'avait jamais eut l'âme d'un héros, d'un combattant ou même d'un résistant. Elle s'était contenté de survivre à cette guerre et avait fuit la bataille comme beaucoup l'avaient fait. Elle avait aidé certains élèves sans en chercher la moindre reconnaissance. Elle avait fait ce qu'elle pouvait faire à son niveau mais peu importe ce qu'elle aurait put faire, ça n'aurait jamais été assez. A présent elle faisait ce qu'elle savait faire de mieux, essayer de panser les plaies béantes qu'avaient laissé cette guerre, aider ceux qu'elle pouvait aider à se reconstruire. Elle endossait son rôle de préfète à la perfection et écoutait ce qu'on avait à lui dire. Sous couverture de son insigne elle faisait office de cellule psychologique pour les élèves de Serdaigle.

Elle reconnaissait quelques visages sur les photos exposées, certains étaient des élèves, d'autres des professeurs, anciens ou en fonction durant la bataille et finalement il y avait d'autres sorciers, certains qu'elle ne connaissait pas et d'autres qu'elle avait croisé à Pré-au-Lard ou même aux réunions de ses parents. Aucun portrait de Vincent Crabbe cela dit. Il avait livré Harry à Voldemort, sans doute dans l'espoir qu'il s'en aille sans détruire Poudlard bien que ça personne ne le saura jamais. Il était ensuite mort, dans cette salle, tué par son propre sort. Un frisson lui parcouru l'échine. Evidemment qu'il n'y avait aucun portrait de lui et pourtant, comme beaucoup d'élèves qui avaient fait le mauvais choix, il avait été victime de cette guerre qui les dépassaient encore tous. Draco et d'autres de ces jeunes étaient encore à Poudlard, comme si tout ça n'avait pas d'importance. Aslinn avait tout de même été reconnaissante de voir des noms comme celui de Crabbe inscrits dans le ciel.


Admin
avatar
Invité
Invité
Ven 9 Mar - 13:32

Thomas et les autres

Rp commun d'hommage


Un énorme boucan avait réveiller Thomas et ses camarades dans le dortoir des garçons de Gryffondor. Il dormait paisiblement quand il avait sursauté dans son lit en entendant comme une explosion. La guerre était pourtant bel et bien terminée, alors pourquoi ce genre de bruit à Poudlard et surtout en pleine nuit ? Le jeune homme était en pyjama, comme la plupart de ses camarades, mais ça ne lui faisait ni chaud ni froid, il voulait savoir pourquoi ce bruit l'avait réveillé. Il descendit discrètement les escaliers du dortoir pour aller dans la salle commune. Personne était là, logique puisqu'il faisait encore nuit. Thomas s'était ensuite dirigé vers non pas la Grande Salle, mais la Salle sur demande. Parce qu'il avait vu qu'un mot avait été placardé dans la salle commune des lions et qu'il fallait qu'il se rende dans cette salle secrète. Une fois dans cette salle, il remarquait tout de suite qu'il n'était pas seul et pour cause : en fait, le bruit qu'avait entendu Thomas n'était pas une explosion, mais un hommage aux victimes de la guerre, quelques mois plus tôt. C'était des feux d'artifice en fait.

Le jeune homme était abasourdi par ce qu'il voyait, comme les autres élèves présent dans la salle sur demande. Ainsi, c'était donc ça qui l'avait fait sursauté et bouger de son lit... En même temps, il n'aurait pas pu louper cet hommage... Il aperçut rapidement son meilleur ami, Peter, présent lui aussi. Étant donné que le gryffondor et le poufsouffle ont participé à la grande bataille, ils se devaient d'être là pour leurs camarades disparus. Thomas n'avait pu s'empêcher de pleurer, après avoir lu les noms des victimes de la guerre...

Il ne trouvait pas les mots pour parler et de toute manière, que pouvait-il dire ? Cet hommage était vraiment émouvant et beau à la fois... Jamais il n'avait vu quelque chose d'aussi exceptionnel. Au moins, certains n'avaient pas oublié les autres élèves morts durant la guerre, ainsi que certains professeurs...

AVENGEDINCHAINS
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 686
Ft : Jennifer Lawrence
Localisation : Explore le Londres moldu !

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 9 Mar - 13:59
Lorsqu’elle s’était réveillée, Margaret avait un instant fixé le noir devant elle, figée par un sentiment de terreur urgente, avant de se forcer à expirer et repousser les couvertures. Billie lui avait rapidement expliqué ce qui devait se passer ce soir, et elle savait qu’elle devait se lever. Elle n’avait même pas prévu de s’endormir, d’ailleurs, mais s’était assoupie malgré elle, son livre lu plus tôt dans la soirée lui étant tombé des mains. 10 contre 1 que la commémoration avait été organisée par des gens qui n’étaient pas présents dans l’école l’année précédente, où bien ils n’auraient jamais eu la brillante idée de les tirer de leur lit au milieu de la nuit comme les Carrow avaient pu le faire. Cependant, elle ne s’en plaignait pas : les gens qui avaient été là l’année dernière, eux, avaient oublié comme bouger tout court. Elle supposait que cette étrange cérémonie était mieux que rien.

En pilote automatique, elle avait enfilé sa robe de chambre, une paire de chaussettes, ses ghillies, et était sortie du dortoir sur la pointe des pieds, avec l’étrange impression d’avoir été téléportée six mois en arrière. Elle aurait aussi bien pu se rendre à la volière apporter une missive secrète de l’A.D. à Puck. Mais cette fois-ci, la salle commune était pleine à craquer de gens habillés comme elle. Elle se posta à l’une des fenêtres et contempla le ciel illuminé, sentant la boule au ventre qu’elle avait senti au réveil grossir et grossir à mesure que les noms défilaient. Le silence avait été brisé par un hymne et à ses côtés, par des reniflements et même quelques sanglots. Meg aurait voulu pouvoir pleurer, elle aussi, mais elle s’en sentait incapable. Toute la scène semblait irréelle.

Flottant toujours, elle avait suivi la colonne d’élèves menée par Aslinn à travers les étages. C’était tellement étrange, si peu discret, d’être soudain des dizaines à briser simultanément le couvre-feu, qu’elle attendait de se réveiller de son rêve, comme si les escaliers se fondant dans la pénombre allaient soudain se dissoudre, remplacés par les rideaux de son baldaquin. Mais non. Ils avaient fini par arriver jusqu’à la Salle sur Demande, et en y entrant, Meg avait eu le souffle coupé, l’impression de retour en arrière se faisant encore plus prononcée. Elle n’était jamais restée très longtemps dans la Salle l’année précédente, entrant et sortant en coup de vent déposer de la nourriture, échanger quelques nouvelles de l’extérieur, et repartant avec du courrier à faire passer sans jamais se donner le temps de se poser. Elle n’avait jamais « disparu » suffisamment longtemps pour que quiconque soupçonne qu’elle avait des activités illégales. Elle aurait aussi bien pu prendre des pauses toilettes un peu longues, pour ce que les pro-Mangemorts de l’école étaient concernés. Mais la Salle était le dernier endroit où elle pouvait visualiser vivants certains camarades qui n’étaient jamais revenus de la Bataille de Poudlard, et son décor, véritable ode coloré à la résistance comparé au reste du château, était resté gravé dans sa mémoire.

Saisie par l’impression de ne plus très bien savoir quel jour exactement ils étaient (octobre 98 ? Décembre 97 ? Mars 98 ?), elle alla s’installer sur l’un des hamacs, où elle resta assise et les pieds fermement campés au sol comme pour mieux s’ancrer dans la réalité, elle se balança doucement. Ses yeux fixaient alternativement ses chaussures, le mur de photographies en face d’elle, et la Salle, qu’elle n’avait jamais vue aussi pleine. Sa robe de chambre s’était ouverte pendant sa marche sans qu’elle ne songe à renouer la ceinture, et elle frissonnait légèrement. Son mal de ventre ne voulait pas disparaître, et il lui fallu un moment pour réaliser de quoi il s’agissait. Ce n’était pas de la tristesse, comme elle l’avait cru au départ, sonnée par Amazing Grace et le nom de ses camarades dans le ciel : c’était de la peur, pure et simple. Après tout, n’avait-elle pas toujours été anxieuse en entrant ici ? A part oser affronter leur deuil collectif, peut-être, il n’y avait plus rien aujourd’hui qui aurait dut l’effrayer et pourtant, Margaret Bride ne pouvait s’en empêcher : elle était terrifiée.
avatar
Poufsouffle
Poufsouffle
Messages : 410
Ft : Thomas Brodie-Sangster
Localisation : Poudlard

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur http://havchronicles-ouat.forumactif.com/
Ven 9 Mar - 18:42
Peter fut réveillé par un bruit qui ressemblait à des explosions. Quoi, c’était une nouvelle attaque ? Intrigué, il rejoignit ses autres camarades de maison et comprit enfin ce qu’il se passait. Thomas lui avait dit avoir lu un mot dans la salle des gryffy qu’il se passerait peut-être un truc cette nuit-là. Il suivit donc les autres après avoir fermé son peignoir. Il n’était pas le seul à être en pyjama mais qu’importe. Le jeune homme avait un peu une idée de ce qui se passait. Personne ne parlait un seul mot, ni même quand ils rejoignirent les serpentards, avec Billie et Ian en tête. Le cortège se dirigea ensuite vers l’extérieur du château comme en un seul homme.
Tout à coup, un son de cornemuse se fit entendre. On pouvait l’entendre dans tout le château et les professeurs n’allaient certainement plus tarder à venir mais qu’importe. Peter estimait qu’il devait être là. En levant les yeux au ciel étoilé, il vit un nouveau jet de lumière et lut les messages. Puis, ce fut au tour des noms des nombreuses victimes. La plupart étaient des amis, des camarades que Peter avait cotoyé. Une larme coula quand il vit le nom de Fred Weasley et de son professeur de DCFM en première année, Rémus Lupin. De tous les professeurs de DCFM qu’il avait eus, c’était Lupin qu’il avait préféré. Le jeune homme ne fit même pas le moindre effort pour l’essuyer.
Puis, il eut à nouveau un silence lorsque prit fin la musique. Le temps que tout le monde se remette un peu de ses émotions, Peter vit Billie prendre encore une fois la tête de groupe. Ils prirent ensuite la direction de la salle sur demande où le blondinet retrouva ses amis Shun et Tommy. Il y avait un silence incroyable. Voyant son ami rouge et or pleurer, Peter passa une main réconfortante sur l’épaule du brun. Il n’avait pas besoin de dire quelque chose. Seul le geste en disait long.
La suite de la cérémonie fut de montrer les photos des victimes. Une douleur à la jambe rappela au Poufsouffle que cette bataille avait laissé des traces sur les survivants. Il fut signe à ses amis de le suivre pour se mettre sur le côté. Se souvenant des conseils d’Aslinn, Peter s’assit par terre et tendit sa jambe en attendant que la douleur s’en aille. Ce n’était pas tous les jours faciles pour lui à monter les escaliers. Un souvenir de cette guerre dont il s’en serait bien passé mais si c’était à refaire, il le referait. Cela en avait valu la peine ! Ils s’étaient tous battus pour leurs valeurs, leurs principes, protéger les plus faibles et défendre leur école. L’adolescent fut surpris de voir Mme Pomfresh et la directrice. Finalement, les professeurs avaient bien compris que c’était important pour les élèves de rendre hommage à leur manière à leurs proches et camarades disparus. C’était bien qu’ils soient tous réunis pour eux.


avatar
Staff de Poudlard
Staff de Poudlard
Messages : 170
Ft : Diego Luna

Feuille de personnage
Don: Animagi Xoloitzcuintle
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 9 Mar - 19:01
Rafael était assis dans l’herbe devant la cabane de Hagrid quand l’explosion de sons et lumières mis le feu au ciel au-dessus du château. Il n’était pas le moins du monde surpris, et cette commémoration organisée par une poignée d’élèves était même la raison pour laquelle il était venu chez le garde-chasse.

La nouvelle avait commencée à tourner chez les élèves le matin même et aux douze coups de midi, certains professeurs commençaient à être au courant. Il régnait dans l’école une telle atmosphère de fébrilité et d’appréhension que l’air de Poudlard paraissait électrique. Difficile de ne pas se douter que quelque chose était sur le point de se produire. La directrice n’avait pas fait d’annonce officielle mais de par son manque de réaction on pouvait aisément deviner qu’elle n’allait pas s’opposer à la petite cérémonie. Rafael s’était demandé s’il serait de bon goût de s’y rendre, il n’avait pas participé directement à la guerre mais il tenait quand même à présenter ses respects à ceux qui étaient tombés pendant la bataille. Et puis sa fille aurait sûrement besoin de lui. Il hésitait encore sur la conduite à tenir quand il s’était rendu dans la cabane du demi-géant un peu plus tard dans l’après-midi.

Rafael et Hagrid s’était très vite rapprochés. La candeur sincère du grand homme avait tout de suite plut au magizoologue. Il avait d’ailleurs été désolé d’apprendre qu’il lui avait volé son ancien poste de professeur de Soins aux Créatures Magiques, mais Hagrid, loin d’être rencunier, avait été ravit que le poste soir assuré par le célèbre Vidal. Rares étaient ceux qui connaissaient son nom en Angleterre et cela leur avait fait un sujet de conversation qui les avait gardés éveillés une bonne partie de la nuit. Quelques bouteilles de whiskey Pur-Feu, et quelques dédicaces sur des copies de ses livres s’apparentant plus à des torchons qu’à des bouquins, le mexicain et le demi-géant étaient devenus les meilleurs amis du monde.

Et ce soir-là lorsqu'il avait rejoint Hagrid dans son repère pour lui proposer un petit apéritif avant le dîner, il l'avait retrouvé les yeux rouges et bouffis émergeants de dessous sa crinière noir er hirsute, en train de jouer de la trompette dans un mouchoir grisâtre de la taille d'une couverture de bébé. Quand ses sanglots furent un peu calmés, Hagrid demanda si Rafael pouvait lui tenir compagnie un peu plus longtemps ce soir ce qu'il accepta avec plaisir, comprenant bien pourquoi le demi-géant ne souhaitait pas rester seul.  

Il avaient beaucoup parlé, ils avaient un peu bu aussi. Et maintenant que les lettres apparaissaient dans le ciel ils s'étaient tus avec respect. Seuls les bruits de trompette tonitruants de Hagrid qui avait ressorti son mouchoir arrivaient à couvrir le bruit de la musique. Rafael était impressionné, les élèves avaient fait les choses bien. Quand le silence reprit son règne dans l'école, Rafael prit son apparence de Xolo pour rejoindre le château plus rapidement après un dernier au-revoir amical à Hagrid. Il courru jusqu'au château, passa entre les jambes des nombreux élèves qui circulaient dans les couloirs et arriva à la tour des Serdaigles au moment où les bleu et bronze sortaient de leur salle commune. Il reprit son apparence humaine et chercha sa fille des yeux se demandant qu'elle comportement adopter. Il n'eu pas a s'en soucier longtemps, la petite jaillit d'elle même de la foule d'étudiants, en pyjama sous sa grande cape noire, les cheveux ébourrifés et les yeux encore remplis de sommeil, pour se réfugier dans ses bras. Il la serra longtemps, assailli d'émotions contradictoires. Il ressentait la détresse de Gabriela qui avait tant souffert l'année passée à cause des Carrows, mais il était heureux de pouvoir être là pour elle. Il se dirigèrent ensemble vers la salle sur demande où il mettait les pied pour la première fois. Elle le tira dans un coin de la pièce un peu en retrait où ils s'assirent à même le sol. Il regarda les tentures portant les blasons magnifiques des quatre maisons de Poudlard qui se soir plus que tout autre jour ne faisaient qu'un. Ses yeux s'arretèrent longuement vers les tableaux dont le nombre ne faisait que grandir au fur et à mesure que les élèves les rajoutaient. Ces noms qui ne voulaient pas dire grand chose pour Rafael avaient enfin des visages et il était attristé de voir qu'il y en avait autant. Sa fille se leva pour déposer quelques petits objets sous certains des tableaux. Il la laissa y aller seule car elle avait besoin de ce moment. Elle revint bien vite se blottir dans ses bras. Il ne savait pas combien de temps elle souhaitait rester veiller mais il serait la pour elle jusqu'au bout pour partager son deuil. 


"If having a soul means being able to feel love and loyalty and gratitude, then animals are better off than a lot of humans."
―James Herriot


Dernière édition par Rafael Sedeño Vidal le Ven 9 Mar - 20:00, édité 1 fois
avatar
Gryffondor
Gryffondor
Messages : 468
Ft : Dove Cameron

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur http://havchronicles-ouat.forumactif.com/
Ven 9 Mar - 19:42

Cela faisait des heures que Sandrine tentait de dormir mais tout à coup, un bruit la fit se relever sur son lit. Se demandant ce qu’il se passait, elle mit son peignoir sur son pyjama « Spice Girls » et alla voir dans la salle commune de Gryffondor. Tout le monde s’était rassemblé et le mot vu plus tôt dans la journée au panneau d’affiche lui revint en tête. Il y avait un truc de prévu pour cette nuit mais elle n’avait pas compris le sens. En même temps, elle n’était pas là l’année précédente. Elle n’avait pas vécu cette bataille où beaucoup d’élèves et de professeurs avaient combattu contre les mangemorts. C’était plus par curiosité qu’elle suivit ses camarades de maison, changeant son peignoir contre une cape noire. Les Gryffondor rejoignirent les Serdaigles, menés par Aslinn, une fille qui était dans la classe de Sandrine. La petite belge commençait à retenir les noms de ses camarades de classe déjà. Plus par les prénoms que par les noms de familles.
Ils avaient été stoppés par la directrice. Sandrine eut un instant peur que McGonagall les engueule mais c’était tout le contraire. Elle voulait se joindre à eux pour rendre hommage aux disparus. Oui, c’était une cérémonie en hommage aux disparus de la bataille de Mai que tout ceci avait été organisé. La petite blondinette se sentait un peu gênée car elle avait du mal à ressentir ce que les autres avaient pu endurer l’an dernier.
Ils se retrouvèrent tous dans une grande salle. Sandrine n’avait aucune idée à quoi elle pouvait servir mais elle vit des photos d’élèves, de professeurs ou même des adultes. L’adolescente essayait de se faire une idée de ce qu’ils avaient dû vivre. Cela devait être horrible de voir des visages connus tomber les uns après les autres. Un peu comme lors de la seconde guerre mondiale qu’elle avait étudiée en primaire. Cela l’avait un peu choqué lorsqu’elle avait été visiter les lieux du déparquement avec ses parents. Surtout le cimetière américain avec toutes ces tombes !
Elle regarda autour d’elle et aperçut le prof de Soins aux créatures magiques avec une élève dans les bras. Sans doute sa fille. Elle les trouva mignon sur le moment. En regardant à nouveau dans la grande piéce, d’autres professeurs s’étaient joins en silence. Elle aperçut un garçon de sa maison avec deux autres de deux maisons différentes. En elle-même, la jeune fille réalisa à quel point ça avait vraiment dû être horrible cette bataille. Dans un coin, assise sur un hamac, une fille blonde semblait être perdue. Par instinct, Sandrine la rejoignit.
- Ça te dérange si je m’assieds à côté de toi ? lui demanda-t-elle en murmurant pour ne pas trop se faire entendre par les autres. Au fait, je m’appelle Sandrine et toi ?




Spoiler:
 
avatar
Gryffondor
Gryffondor
Messages : 543
Ft : Nick Robinson

Feuille de personnage
Don: Métamorphomage
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 9 Mar - 20:54
Damien n'avait pas dormi, il était resté éveillé dans la salle commune avec Meow encore éveillé et Harry dormant dans ses bras. Il avait entendu dire par un autre élève qu'il y aurait quelque chose d'important ce soir mais qu'il ne pouvait pas lui en dire plus. Il avait donc veillé pour voir de quoi il s'agissait. Il était sur le point de s'endormir quand il vit la lumière filtrer violemment par la fenêtre. Il avait observé la scène, avait vu les noms s'inscrire et en avait reconnu quelques uns, tous camps confondus. Il avait repensé à Ella et à la réaction qu'il aurait eut s'il avait lu son nom dans le ciel. Il ne la connaissait pas plus que ça, pas à l'époque de la bataille mais même sans la connaitre elle faisait partie de sa famille. A force d'avoir entendu Raf lui en parler encore et encore il avait eut l'impression de la connaitre depuis toujours. C'était en partie pour elle qu'il avait accompagné son père à Poudlard pour combattre.

Il faisait froid, du moins Dam avait froid. Il attrapa donc la couverture qui le couvrait dans le fauteuil pour se rendre à la fameuse salle sur demande. Il suivit d'autres élèves de Gryffondor et surtout Neville qui ouvrait le pas. En arrivant il remarqua plusieurs autres élèves. En entrant dans la salle il jeta des coups d'oeil à gauche à droite, cherchant des têtes connues. Au bout d'un moment il remarqua Ella et Raf. Il était déjà la pour la soutenir. Ouf ! Il savait qu'elle avait souffert et il n'avait aucune envie de relire une fois de plus la tristesse dans son regard. Il remarqua ensuite Meg plus loin, avec une autre fille. Il se dirigea vers elle et remarqua qu'elle frissonnait légèrement. Il faisait froid par ici. Lorsqu'elle croisa son regard il esquissa un petit sourire, pour lui signaler qu'il était la si elle en avait besoin. Il retira sa couverture et l'enroula autour de son amie.
En regardat les photos présentes dans la pièce il reconnu quelques visages. Il en avait croisé plusieurs durant la bataille et ne les avait effectivement plus revu après.


Admin
"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités."
Nous avons la responsabilité d'être irresponsables.


Dernière édition par Damien Carmichael le Sam 10 Mar - 23:36, édité 1 fois
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 686
Ft : Jennifer Lawrence
Localisation : Explore le Londres moldu !

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 10 Mar - 0:51
La peur pouvait presque être un sentiment confortable, au fond. Paralysant. Si elle avait peur, Margaret n’avait pas besoin d’avancer et d’affronter l’horrible réalité. De regarder vraiment les photos en face d’elle et d’accepter une bonne fois pour tous que ces gens étaient morts. Légèrement en contrebas, la veillée se poursuivait, tranquille. Les gens qui allaient et venaient pour déposer de petites offrandes semblaient bouger lentement. Meg était bien réveillée, désormais, mais elle avait tout de même l’impression de flotter un peu en dehors de la réalité. Quelque chose allait forcément se passer. Un monstre, un grand méchant, quelque chose allait surgir, pour justifier la peur qui lui rongeait le ventre.

Et effectivement, quelqu’un arriva, mais en lieu de monstre ou de Mangemort, se tenait devant elle une fille blonde qu’elle n’avait jamais vue auparavant. Meg la fixa, biche prise dans les phares d’une voiture moldue, et se fit violence pour que les mots de l’adolescente parviennent jusqu’à son cerveau. « Je m’appelle Sandrine. » Comme il n’y avait pas de menaces là-dedans, et qu’elle n’avait clairement pas le temps de penser à faire connaissance avec une illustre inconnue en pleine veillée aux morts, son regard dériva simplement par-delà la nouvelle, comme si la pauvre Sandrine était soudain devenue transparente.

Il lui sembla qu’un long moment encore s’était écoulé (mais sa notion du temps était sérieusement distordue ce soir, alors, elle n’en était pas très sûre), quand Damien apparu comme par magie dans son champ de vision. Damien. Dans sa tête, le Gryffondor était irrémédiablement associé au grand soleil de juillet en Afrique du Sud. Il n’avait rien à faire ici, au cœur de la nuit, à une veillée funèbre, et pourtant, la partie rationnelle d’elle-même savait qu’il avait participé à la Bataille de Poudlard, et qu’il était aussi légitime, sinon plus, que bien d’autres ici ce soir. Leurs regards se croisèrent ; il lui sourit. Elle chercha de la chaleur dans ce geste amical, quelque chose qui lui permettrait de sortir de sa torpeur paniquée, et sursauta presque quand il lui déposa sa couverture sur les épaules. Il la réchauffait très littéralement. Meg se décala un peu sur le hamac, glissant légèrement vers Sandrine, au cas où Dam voudrait s’asseoir à son tour, puis agrippa les pans de la courtepointe et se blottie à l’intérieur.

Ses frissons s’apaisèrent tandis qu’elle se réchauffait. Seule persistait une étrange sensation de chatouillis entre sa nuque et son épaule gauche. Curieuse, elle brisa son immobilité pour se gratter, et eut la surprise de découvrir Harrison le hérisson, empêtré dans le col de sa robe de chambre. Comment Merlin avait-il pu arriver là ? Est-ce qu’il s’était accroché à la couverture de Damien tout ce temps ? Demandant l’autorisation du regard à son ami, elle recueilli le petit animal dans le creux de l’une de ses mains, utilisant l’autre pour lui caresser le dos dans le sens des piquants. C’était étrangement doux, et bercée par ce geste répétitif et apaisant, Meg ne se rendit même pas compte que les larmes qu’elle avait tant retenues coulaient enfin sur ses joues.


The piano is not firewood yet
They try to remember but still they forget
That the heart beats in threes
Just like a waltz
And nothing can stop you from dancing

crédits : siren charms, visenya, eylika
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 83
Ft : Colin Morgan

Feuille de personnage
Don: Occlumens
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 10 Mar - 22:48
Elzéar avait entendu les rumeurs, bien sûr. Quand quelque chose se préparait à Poudlard, on ne pouvait l'ignorer bien longtemps ! Cette fois, cependant, contrairement à l'habitude, les rumeurs n'étaient que confuses. "Quelque chose", "préparez-vous" circulait ... au lieu de "x a fait çi" ou "avez-vous entendu qu'un tel sort avec une telle". Bref, alors qu'habituellement les rumeurs disaient quelque chose bien souvent déformé par le téléphone arabe, cette fois les murmures n'étaient qu'imprécises. On devait se préparer parce que quelque chose allait arriver. Mais on ne savait pas quoi. Ni quand. En tout les cas, le jeune homme n'avait rien entendu de spécifique, si on mettais de côté les idées complètement loufoques et impossibles répandues soit pas des plaisantins, soit par des premières années en mal de sensations fortes (on allait tous les envoyer dans la forêt interdite à la recherche d'une relique perdue ou alors, McGonagall allait annoncer qu'elle fermait l'école pour entièrement la peindre en fuschia ... des conneries, quoi).

Ce soir là, Elz s'était couché assez tôt. Il voulait se réveiller de bonne heure pour étudier le nouveau sortilège de métamorphose. Bien au chaud dans ses couvertures, il était en train de faire un rêve assez étrange. Un rêve impliquant Merlin. Ça c'était weird, pensait-il dans son songe. Un songe qui, comme tous ceux qu'il faisait sur le puissant mage, serait complètement oublié dès que ses yeux s'ouvriraient sur le monde. Merlin, bien enfoui au fond de son être, prisonnier de son sort raté, avait un peu plus de l'attitude quand ce corps était assoupi. Phénomène bien connu, l'inconscient se dévoilait durant notre sommeil. Elzéar rêvait donc. Plongez donc dans son rêve ...


Il ouvrit les yeux. Subitement. Les souvenirs de son rêve s'effacèrent aussitôt, beaucoup plus rapidement que son cerveau réalisa pourquoi son réveil avait été aussi abrupte. Une explosion. Puis deux. Une lumière aveuglante. Elzéar ouvrit de grands yeux paniqués avant de se redresser vivement dans son lit. Empêtré dans ses couvertures, il tenta de descendre de son baldequin mais, évidemment, il tomba en pleine face au sol. Elzéar senti le sang sortir de son nez et, sur le sol. il se débati de longues minutes pour se sortir des couvertures. On attaquait Poudlard à nouveau. Ou ... ils étaient revenus en arrière. Fuir comme il en avait eu l'intention ce soir là. Ou combattre. Tenter de le faire en tout les cas.

Le jeune homme fini par se libérer et se releva. Son nez lui faisait un mal de chien. Il se précipitais en direction de la porte du dortoir quand une musique assourdissante se fit entendre. On aurait dit qu'elle coulait des pierres du château. Amazing Grace. Une chanson Moldue souvent liée à la mort. De nouveaux éclats firent tourner la tête du Serdaigle en direction des fenêtres desquelles il s'approcha. Dehors, dans les cieux sombres défilaient des mots qui le firent frémir intérieurement. Il fixa ses mots qui se transformèrent en noms dans des gerbes colorés.

Severus Rogue
Fred Wealsey
Remus Lupin
Nymphadora Tonks
Colin Crivey ...

Du mouvement lui fit baisser les yeux. Des personnes se dirigeaient vers la petite cour. Un silence noble et lourd planait partout. Elzéar releva le regard vers les étoiles pour y lire les derniers noms. Il avait connu quelques-uns des étudiants décédés. Voir leurs noms auraient dut l'émouvoir mais, étonnamment, le jeune homme se sentais calme. Très calme. Presque comme en dehors de lui-même. Lentement, il tourna les talons pour descendre des dortoirs. Il suivit le reste de ses compagnons dans les sombres couloirs. Plusieurs pleuraient, se soutenaient. Serdaigle rejoingnit Griffondor et, tous ensembles, ils se rendirent processieusement dans la salle sur demande. Ils allaient y rejoindre Poufsouffle et Serpentard. C'était comme si les fondateurs se réunissaient ici à nouveau, au fond. Serpentard, Griffondor, Poufsouffle et Serdaigle. Ici, tous réunis dans la souffrance. Elzéar parcouru les gens présents du regard. Margaret n'avait pas l'air d'aller. Il lui fit un sourire rassurant avant de porter son attention sur Peter, qu'il salua de la tête. Puis, le bleu et argent se figea. Les photos des victimes. De toutes les victimes.

Cette simple vision le renvoya en arrière. La bataille. Les cris. Le sang. La peur. Son intention de quitter pour se protéger. Puis sa conscience qui lui dictait de rester et de combattre. Il avait descendu un escaliers, baguette à la main et il avait fait une vilaine chute. Il avait perdu conscience et ne l'avait repris qu'une fois la bataille terminée. Quelqu'un l'avait caché derrière un rideau et posé sa baguette à ses côtés. Une personne lui avait probablement sauvé la vie en le camouflant aux Mangemorts. Cette personne était-elle présente dans cette salle actuellement ? Ou son nom faisait-il partie de ceux qui avaient brillé dans le ciel ? Élzéar n'en savait rien. Ces pensées lui firent, enfin, monter les larmes aux yeux. Il devait ... ils étaient tous ici pourquoi ? Pour se libérer. Se libérer de leur culpabilité, ne serait-ce que celle d'avoir survécus alors qu'eux ... eux étaient morts.

" J'ai voulu me battre ... " débuta t'il

Sa voix, forte mais calme, résonnait dans la salle. Parlait-il aux autres ou à lui même ? Il ne le savait pas. Il savait juste qu'il devait se libérer. Parler. Raconter sa part d'expérience. Nommer sa culpabilité. Cette réunion en était une d'expiation. Il le sentais. D'expiation et d'union.

" ... mais je me suis planté dans les escaliers. J'ai perdu conscience et, quand je me suis réveillé, tout était fini. Quelqu'un m'a caché ce soir là. Derrière un rideau. Quelqu'un m'a caché en me laissant ma baguette. Quelqu'un qui est reparti combattre. Quelqu'un qui est peut-être ... mort. Mort à ma place, peut-être. Si j'avais été moins idiot, je ne me serais pas planté ... et peut-être que certaines de ces personnes seraient encore en vie. J'ai échoué. Ce soir là, on m'a sauvé mais je n'ai sauvé personne "

Les larmes coulaient sur ses joues, mais il n'en avait que faire. Il avait parlé. Son regard se leva en direction des quatre bannières représentant les maisons de cette école. Quatre maisons. Quatre idéologies. Quatre solitudes. Elzéar leva sa baguette; qu'il avait emporté croyant revivre les événements passés. Il la leva en direction des bannières et, sans réfléchir, sans même savoir qu'il connaissait le sort qu'il lança alors, il métamorphosa les bannières. Au lieu des quatre apparue celle de Poudlard. Les quatres maisons étaient réunies. Ce devait être ainsi. Réunies sous une seule bannière. Pas quatre. Une seule. Ils étaient tous un.

" C'est la division qui nous a détruit. Depuis les fondateurs et même avant.
Plus jamais de division. "


Il ne savait fichtrement pas pourquoi il parlait ainsi. Ni pourquoi il sentais une sorte de chaleur l'entourer. Mais, ces mots étaient importants. C'était tout ce qu'il savait.

Elzéar passa son regard sur tout le monde, comme s'il voulait les défier de dire le contraire ... ou les unir par la force de son regard. Puis, lentement, il alla s'asseoir dans un coin non loin de Peter et de sa bande. Pour laisser la place à quelqu'un d'autre. Pour lui permettre l'union.


Elzéar; Réincarnation inconsciente de Merlin

LIFE IS NOT A FAIRYTALE AND
THERE ARE NO HAPPY ENDINGS
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 478
Ft : Dane DeHaan.
Localisation : Là où il ne le devrait pas.

Feuille de personnage
Don: Occlumens & Animagi
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 11 Mar - 0:27
Tiberius avait sa liste sous la main et comptait les secondes entre chaque sort lancé. Les lumières crépitaient silencieusement dans le ciel et s'évanouissaient sous de gros nuages menaçants. Cependant, la fine pluie d'automne s'était arrêtée et une lourdeur humide s'était échappé des gazons trempés. Il faisait plus chaud qu'en début de soirée. Ou alors était-ce cet exercice qui le faisant tant transpirer. Tiberius lisait à peine les noms des élèves. Il n'avait pas le temps de comprendre ce qu'il faisait. Chaque sort était envoyé dans le ciel machinalement et Tiberius n'eut guère le temps de penser à se recueillir. Il devait rester concentré pour ne faire aucune erreur. Ne sauter aucun nom. Ne rater aucune orthographe. Il appliquait son rôle avec une discipline minutieuse qui lui fit oublier pourquoi il était là.

Toutefois, ses yeux tombèrent sur ses noms familiers. Trop familiers. Il eut une seconde d'hésitation. Il battait des cils. Une émotion vive remonta jusqu'à sa gorge. Il n'avait pas le temps de se reposer. Ni de penser à ses petits états d'âme personnels. Il inspira un grand coup pour continuer sa cérémonie. Infiniment frustré mais également en colère contre lui-même : Il espérait que sa petite faiblesse n'ait pas été remarquée par les élèves. Sa gorge était sèche. Cela dura longtemps. Mais il n'avait pas non plus le temps de vérifier l'heure. Lorsqu'il arriva au dernier nom, il fut étonné qu'il ait enfin fini. Il eut l'impression qu'il pourrait continuer ainsi des heures durant. Toutefois, lorsqu'enfin fut terminé ce générique mortuaire, il sentit son bras avoir une douloureuse crampe. Ses jambes étaient flageolantes. Son souffle était difficile. Il laissa tomber son bras, sa baguette et lui-même. Le silence était retombé. Il ne resta plus qu'un calme angoissant et la petite lumière des fenêtres de la maison de Hagrid, dans le lointain de la prairie. Tiberius resta longuement assis. Il pensait. Il pensait à ces élèves, ces professeurs. Mais également à tous ceux qu'il avait connu et apprécié qui s'étaient trouvé dans le camp opposé. Le camp des Méchants. Des Vilains. Ca le touchait. Il y avait une forme d'injustice. Les perdants panseront toujours leur plaie en silence et dans le plus grand mépris général. Il plia les genoux et les entoura de ses bras pour y poser sa tête. Il devait avoir l'air d'un gosse, comme ça. Un gosse pathétique et risible. Il devait avoir l'air d'Hippolyte. Il se demanda si Hippolyte y avait été, à cet hommage. S'il le retrouvait dans la salle sur demande. Il l'espérait. L'idée lui tordit l'estomac. Tiberius remballa doucement ses affaires et décida de passer par là où personne ne le croiserait. Il avait un pyjama sec et propre qui l'attendait dans la salle de l'Académie. Il avait prévu le coup : Sans doute, certains Serpentards auraient refusé de descendre. Il ne fallait pas qu'ils le croisent vêtus comme ça.

En remontant les escaliers, le jeune Avery eut plusieurs fois envie de redescendre directement dans sa salle commune. Il n'avait pas envie de partager sa lourdeur avec le reste de l'école. Seulement avec ses proches amis. Sa famille. Ceux qui le connaissaient. Il avait envie de se réchauffer près du feu et de se glisser sous une couette. Regarder le feu crépiter dans l'âtre et laisser la contemplation calmer une fureur qui tambourinait en lui depuis beaucoup trop longtemps. Mais Tiberius devait faire acte de présence. Qu'on ne le soupçonne ni lui, ni aucun Académicien. Lorsqu'il fut changé, il resta longtemps dans le silence et le noir avant de trouver le courage d'aller affronter le monde. Tiberius craignait d'avantage le regard de ses camarades car il n'arrivait pas à se sentir à sa place dans cet hommage. Lui qui n'avait pas été là. Qui n'avait pas subit. Là où des centaines d'autres avaient supporté l'insupportable. Pourtant, lui aussi sentait une boule se former dans sa gorge. Sa bouche était devenue pâteuse et il sentait que la fatigue le rendait bien plus émotif.

Il rentra discrètement dans la salle qu'il découvrait pour la première fois. Il eut un mouvement bref et spasmodique. Un hoquet d'émotion. Il sentit ses yeux devenir vitreux et il décida de les ravaler très fort. Il se sentait de plus en plus fiévreux et songea qu'il n'avait peut-être pas tant besoin que ça de montrer sa bouille, ce soir. Ian et Billie semblaient occupés. Ils assuraient un beau rôle dans cette salle et Tiberius les trouva héroïque. Il se sentait incapable. Stupide. Émotif. Faible. Il ne voulait pas que ses amis s'empêchent d'accomplir un devoir humain en le voyant ainsi. Tiberius profita alors du discours personnel d'un élève pour faire demi-tour pendant que l'attention semblait portée sur ce cher Elzear.

Aussi, plutôt que de retourner en salle commune, l'adolescent décida de s'isoler là où il serait certain qu'on ne l'y trouverait pas. Il disparut pour la nuit, comme d'autres élèves qui avaient sans doute plus de mal à partager leur deuil que leurs camarades rassemblés dans la Salle sur Demande.


They said I couldn't. That's why I did.
(c) okinnel
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 316
Ft : Adelaide Kane
Localisation : Poudlard, sans doute à la bibliothèque

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 11 Mar - 14:39
Beth était à moitié éveillée lorsque le vacarme extérieur mis fin au sommeil de ses camarades de dortoir. Depuis l'année précédente, il lui était compliqué de trouver un repos réparateur lorsque venait la nuit, ses souvenirs de guerre se transformant bien trop souvent en cauchemars dès lors qu'elle fermait les yeux. Si elle avait dans la journée entendu que quelque chose se préparait, les rumeurs discrètes parvenant même jusqu'à ses oreilles, elle n'y avait que peu prêter attention. Pourtant, aux premières notes d'Amazing Grace, elle descendit dans la salle commune rejoindre l'attroupement qui si était formé. Le boucan qui aurait habituellement résulté d'un tel rassemblement avait été remplacé par un silence assourdissant seulement interrompu par les notes de musique célestes. La jeune femme ne comprit vraiment de quoi il en retournait seulement après que des mots douloureux ne commencent à apparaître dans le ciel d'automne, dénué d'étoiles. Elle ne pouvait pas se détourner des lettres lumineuses et sentait bien à l'atmosphère pesante autour d'elle que le discours avait fait mouche dans le cœur de ses camarades comme il l'avait fait dans le sien. Elle savait que de l'extérieur, elle paraissait sans doute aussi froide que d'accoutumé, que même lorsque le premier nom apparu, elle n'avait laissé aucune émotion filtrée là où des sanglots avaient commencé à retentir dans son entourage. Chaque nouveau rappel d'une personne tombée se gravait dans son esprit alors qu'il semblait refuser d'associer les patronymes à de réelles personnes. Elle vivait le moment comme détachée de son propre corps, incapable de faire autrement.

Bien après que les dernières étincelles du dernier nom moururent dans la nuit et que la plupart des élèves aient entamé leur cheminement vers la Salle sur Demande, Beth n'avait pas bougé, son regard toujours fixé sur le ciel à travers la fenêtre. Elle tremblait, conséquence du douloureux mais nécessaire retrait de ses œillères. Elle avait refusé d'affronter la réalité elle le savait, trop bouffie d'orgueil pour faire face à ses cicatrices et à celles du monde magique, trop fière pour écouter sa peine à la vue des bancs clairsemés à la rentrée. Ses yeux quittèrent l'abîme nuageuse avant que ses pensées ne l'entraîne vers un terrain où elle ne contrôlerait rien, perspective bien trop compliquée à envisager pour la bleue et bronze.

Elizabeth effectua le chemin de la Tour des Serdaigles à l'ancien lieu de rassemblement de l'AD mécaniquement bien qu'elle ne s'y soit auparavant jamais rendue. Les couloirs étaient presque déserts, sans doute était-elle dans les derniers retardataires. En arrivant sur place, elle avait eut le temps de se préparer à gérer sa propre tristesse. Mais pas celle des autres. Elle s'appuya sur un mur de la salle, nécessité de rester à l'écart ou bien réel besoin d'un soutien physique elle n'en était pas certaine. Ses yeux s'attardèrent sans vraiment les voir sur les photographies des disparus aux visages souvent beaucoup trop juvéniles. Il n'y avait de l'insouciance plus que dans leurs regards, ceux rassemblés ici en chair et en os en avaient tous été privés d'une façon ou d'une autre. Beth ne se sentait pas réellement à sa place dans cet endroit où les démonstrations d'affection et de soutien semblait être de mise. Elle aperçue du coin de l’œil Meg qui avait un air perdu de circonstance et fut heureuse de constater que la jeune fille était bien entourée. Elle savait que ce soir, elle n'aurait pas trouvé les bons mots pour consoler sa cadette. C'est Elzéar qui attira étonnamment son attention par la suite avec un discours particulièrement juste, mais que son pessimisme jugeait utopiste. Le récit qu'il faisait de son expérience de la bataille de mai trouva un amer écho dans la sienne. Beth se souvenait presque honteusement de se sort qui l'avait atteint à l'aurore des affrontements, l'empêchant d'y apporter une réelle contribution.

La honte, la colère, la peine, elle était bien incapable de gérer ce torrent d'émotions surtout devant une telle audience bien que personne ne semblait lui avoir prêté attention. Elle aurait aimé pouvoir verser comme beaucoup des larmes libératrices, mais c'était comme si ça lui était impossible, comme si ses sanglots étaient emprisonnés au fond de sa gorge. Quittant l'assemblée des yeux, elle concentra son regard sur ses mains ouvertes face à elle, là où sa parfaite manucure avait entamé ses paumes sans qu'elle ne s'en rende compte, observant avec indifférence les croissants de lune rougeoyants. Les souvenirs de l'année écoulée tournoyaient dans sa tête, la douleur des pertes, la colère face au traitement qu'ils avaient subis au sein même de leur école, l'espoir quand d'autres se battaient pour leur liberté, le soulagement quand tout fut terminé, mais aussi cette incroyable sensation de vide, ce besoin de reconsidérer ses priorités. Beth comprenait l'utilité de cette veillée. Elle savait qu'ils avaient tous un devoir de mémoire au même titre qu'ils se devaient d'avancer pour ceux qui ne pouvaient plus. Pourtant, elle ignorait si elle en était capable et cette nuit plus que jamais elle se sentait incroyablement faible. Incroyablement seule.


She's cold as ice, but in the right hands, she melts.
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 113
Ft : Charlie Heaton
Localisation : Au sol

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 11 Mar - 15:52
A des heures de la nuit qui habituellement lui appartenaient, Maxence se frayait une route difficile dans la forêt d’yeux rougis et de murmures, comme un jeune héros perdu en pleine nuit sur le dos d’un Argus en larme.

Le jour qu’il redoutait depuis le début de l’année était venu le surprendre alors qu’il revenait d’une expédition aux toilettes. Il trouva son dortoir étrangement vide à son retour pendant qu’une musique locale perturbait la quiétude des lâches endormis. La pierre froide mordait ses pieds nus et son jogging glissait sur ses hanches maigres. Avant de rencontrer une étrange procession d’élèves endeuillés, il prit le temps de se figer dans le couloir pour apercevoir à-travers une fenêtre une stèle magique s’écrire dans les nuages gris. Maxence ne s’approcha pas trop de la vitre. C’aurait été une trop forte ironie. Il feint d’ailleurs de ne pas comprendre trop vite ce qui se passait.

L’attroupement le guida. Il ne se soucia pas d’être décoiffé, bouffi de sommeil ou d’avoir les yeux luisants. En retrait, il laissa passer devant lui presque tout le monde pour entrer dans la salle. Petit sourire poli au coin de la bouche, il marquait un certain détachement et une sorte d’admiration pour tout ce beau travail. Quels salauds d’avoir concoctés ça dans le dos de tout le monde ! Du grand spectacle vraiment. Que tous les enseignants qu’ils croisaient semblent participer sans faire d’histoire, c’était fort. Même le concierge ne bronchait pas. L’évènement valait le coup, c’était important bien-sûr, mais produire un ultime acte de résistance en agissant de la sorte, c’était sûrement très digne. Tous ceux qui avaient des souvenirs de cette nuit devaient se sentir honorés. Tout le dispositif marchait bien, il entendait des reniflements de partout.

Sa pensée s’emballait complètement pendant qu’il jetait un œil sur la branche inférieure de chaque cadre qui montrait un visage mortuaire. Il s’arrêta un temps pour partager une sorte de sourire resté coincé au fond de la gorge de la jeune serdaigle qui prenait une pause émotive contre un mur. Au fur et à mesure qu’il avançait, ses épaules se voûtaient et il baissait la tête. Son visage était très pâle mais ça pouvait passer inaperçu, de sa part. Il regarda autour de lui, les pieds de tout le monde. Maxence n’ignorait pas que quelques élèves connaissaient son attitude "cette nuit-là". Seule l’indifférence générale et l’hypocrisie du début d’année l’avait sauvé d’une confrontation indésirable. Il n'y avait que sa mère pour lui rappeler qu'il était vraiment un paillasson médiocre qui ne méritait pas ses bourses et ferait mieux d'aller sous-traiter le trafic de Bouse de dragon dans le tiers-monde. Maxence connaissait la plupart des morts et avait même eu des sympathies avec ceux dont le statut était le plus ambiguës. Avant même de passer devant dix tableaux, il fit marche arrière pendant que le discours d’Elzear retenait l’attention de tout le monde. Pour se justifier, il sortit péniblement de sa poche une cigarette qu’il scotcha à sa lèvre, mollement. Il contrôlait ses gestes mais ses muscles lui semblaient avoir fondus le temps de venir jusqu'ici. Au total, sa présence dans l’antre mémorielle avait été de une minute. Clairement, il n’était pas à sa place ici.

En sortant dans le couloir, il réalisa qu’il n’était pas du tout capable de partager les larmes de ses semblables. Ses yeux restaient secs et les torsions de son cœur étaient douloureusement calmes. Seule la sensation d’être indésirable à ce moment remontait de ses pieds à la racine de ses cheveux emmêlés. Par respect pour ses camarades et par gêne face à tant de bons sentiments, il préféra se tirer. Il avait peur qu’on le remarque et qu’on le provoque, voilà tout. Les duels n’étaient pas son truc. En plus sa baguette était restée dans sa chambre. Il s’éloigna de son pas irritant et élastique et rencontra quelques tableaux absents. Machinalement, il en griffa quelques uns au passage avec ses ongles et érafla la peinture. Sa pensée continuait de fuser en tous sens, comme le délire paranoïaque familier aux fumeurs d’herbe. Il avait peur de croiser quelqu’un dans sa fuite, tout comme il avait peur d’être vu parmi les élèves dont le deuil était sincère et légitime. Les épaules rentrées, il se faisait petit. Il avait peur de trouver quelqu’un dans son dortoir tout de suite. Il alluma sa cigarette dix mètres avant de prendre une issue au rez-de-chaussée.

Dehors, le vent s’engouffra dans son tee-shirt de groupe « O L D B O Y ». Il descendit quelques mètres dans l’herbe en baissant la tête pour ne pas trop regarder le ciel dans les yeux. Il resta debout à se promener et à cracher de temps à autre en fumant. Son front commençait à transpirer un peu. Maxence connaissait les signes par cœur et il chercha un terrain propice, comme un chat qui invente sa litière. Il avait sûrement attrapé un truc… Finalement au pied d’un arbre, il crachota un peu et essaya de vomir ce qui rebondissait dans son ventre et résonnait dans son thorax. Rien de bien solide, hélas. Une sale bile de coupable qui saute des repas pour se planquer dans la réserve de la bibliothèque. Accroupi dans l’herbe, sa cigarette brûlante coincée entre deux doigts, il avait choisi l’endroit idéal pour son recueillement collectif.
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 692
Ft : Ella Purnell

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 11 Mar - 22:55
Billie avait fini de ramener son petit troupeau dans la salle sur demande. Elle n’y était jamais entrée auparavant. Pas décorée comme ça. Rien à voir avec l’endroit où elle avait fait la fête quelques jours plus tôt. Alors qu’elle se tenait près de la porte pour accueillir quelques éventuels retardataires, elle laissa son regard glisser sur les étendards qui portaient fièrement les couleurs des quatre maisons tout autour de la salle. Il y avait aussi des hamacs un peu partout, des tentures beiges et grises qui avaient servi toit pendant de longs mois à des élèves considérés comme clandestins à Poudlard. L’Académie avait pris la bonne décision de laisser la décoration à l’A.D.. Eux seuls savaient vraiment ce dont les adolescents meurtris avaient besoin pour présenter leurs respects durant cette veillée funèbre. Billie ne pleurait plus mais avait toujours une boule douloureuse dans la gorge. Elle regarda d’un œil éteint les étudiants qui se levaient pour afficher les photos de leurs proches victimes de la guerre sur les murs. Elle en reconnaissait plusieurs. Trop. Elle ne connaissait pas le nom, ni le prénom de beaucoup d’entre eux mais elle avait vu leur visage pendant la bataille. Certains encore en vie, d’autres déjà tombés lorsque son chemin dans le chaos des combats avait croisé le leur. Mis à part quelques chuchotements respectueux, personne n’osait prendre la parole. Les arrivées dans la salle se faisaient de plus en plus rares. Billie repéra son frère dans la foule, il tenait la main d’une petite fille de première année. Ce tableau aurait été inhabituel, surprenant dans un autre contexte, mais ce soir elle trouvait cela normal de la part de son jumeau. D’un pas hésitant elle franchit la foules des élèves assis, certains sur des tapis, d’autres dans des hamacs, pour les rejoindre. Elle croisa quelques regards, beaucoup affligés par la peine, certains plein d’une reconnaissance triste. Ces derniers étaient des camarades qui connaissaient les organisateurs de cette veillée soit parce qu’ils avaient travaillé ensemble à réaliser ce projet qui leur tenait tous à cœur, soit parce qu’ils y avaient contribué de manière indirecte. Billie, bien que membre fondateur de l’Académie, ne voulait pas de cette reconnaissance silencieuse. Elle n’avait rien fait d’extraordinaire. Elle aurait espéré pouvoir faire plus. Ne sachant trop comment réagir elle leur répondait par un petit sourire terne. Chaque pas la rapprochant de son frère lui était douloureux, il n’étaient plus séparés que par quelques mètres mais ils lui semblaient insurmontables. Elle remarqua Meg, recroquevillée sur un hamac un peu plus loin, l’air complètement perdue, heureusement elle n’était pas seule, Damien était à ses côtés ainsi que cette drôle de fille que la serpentard avait rencontré un peu plus tôt dans la journée.

Elle arriva enfin à son frère et s’assit à côté de lui gardant un silence religieux. Les jumeaux n’avaient de toute façon pas besoin de parler pour savoir ce que ressentait l’autre. Billie veillait, muette, avec les autres. Toutes les couleurs étaient mélangées, ce soir les maisons ne voulaient plus rien dire. Le regard de la serpentard ne pouvait s’empêcher de revenir immanquablement vers la porte. Le cœur fébrile, elle guettait. Elle ne réalisa pas tout de suite le petit manège, de son regard, comme si tout son corps était parti en pilote automatique. Elle avait beau tourner la tête vers les élèves dans leur peine, observer les tentures, dévisager les photos mouvantes sur les murs, son regard revenait toujours vers la porte. Elle guettait l’arrivée de Tiberius. Il était supposé les rejoindre une fois sa mission accomplie. Mission qu’il avait réalisée avec brio, touchant droit au cœur tous les résidents du château, d’une façon ou d’une autre. Billie avait l’impression qu’il ne manquait plus que lui. Depuis des années ils avaient été un trio. Lui, Ian, elle. Et à présent elle ressentait un froid glacial là où il aurait dû se tenir, à son côté. Machinalement elle serra le bras de son frère pour trouver du réconfort. Tiberius n’était toujours pas là.

Un élève que l’adolescente connaissait parce qu’il était dans sa classe se leva et brisa le silence de connivence. Sa voix s’éleva, faible au début puis gagna de l’assurance au fur et à mesure qu’il parlait. Tous les regards étaient portés sur lui alors qu’il relatait son expérience de la guerre. Billie ne comprenait pas où il venait en venir. Peut-être voulait-il évacuer une douleur trop longtemps restée enfouie ? Tous ici avaient été touchés par la guerre de façon indirecte ou non. Mais cette réunion nocturne ne se limitait pas simplement à cela. La guerre avait fait des victimes, mais le règne cruel des Carrows aussi. Le visage fermé mais calme de la jeune fille changea du tout-au-tout lorsque Elzear leva sa baguette pour changer la couleur des bannières. Pour qui se prenait-il ? Cette décoration avait été longuement été pensée par les membres de l’AD. Ceux-là même qui s’étaient réfugiés dans cette salle pendant une année entière. Et lui se ramenait la bouche en cœur et se permettait de changer tout ça après un discours larmoyant. Mais au nom de quoi ? Billie fulminait. Seul le respect des morts l’empêchait de se lever pour lui dire sa façon de penser. Sa main s’était crispée sur le bras de son frère.

Un mouvement au coin de son œil. Tiberius se tenait à la porte mais elle n’aurait pu dire depuis quand. Toute sa rage s’évanouie d’un coup. Les avait-il vus ? Billie tenta de capter son regard, en vain. Le garçon se retourna la mine défaite pour s’enfoncer dans les ténèbres du couloir. Billie se leva d’un bond, et sans hésitation elle s’élança à sa suite sans regret pour les élèves qu’elle laissait derrière elle. L’atmosphère de la salle était de toute façon devenue étouffante depuis peu. Elle s’engouffra dans le trou béant de la porte de la salle sur demande et vit la silhouette efflanquée du Serpentard disparaître au détour du couloir. Elle courut à sa suite sans aucune pensée pour le vacarme que ses talons faisaient en claquant contre les dalles froides. Le nœud qui lui tiraillait l’estomac l’empêchait d’appeler et quand bien même il n’était qu’à quelques mètres devant elle, elle ne réussit pas à prononcer son nom.

Sans un mot, elle mit sa main dans celle, plus grande, du garçon. Elle resserra sa prise avec douceur alors qu’il se retournait pour voir qui l’abordait de façon aussi familière.


Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.
- George Abitbol

(c) black pumpkin
avatar
Gryffondor
Gryffondor
Messages : 468
Ft : Dove Cameron

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur http://havchronicles-ouat.forumactif.com/
Lun 12 Mar - 15:53

Sandrine n’eut aucune réponse de la fille et lorsqu’un autre Gryffondor vint rassurer en mettant une couverture sur la Serdaigle pour la réconforter, la belge se sentit de trop. Voyant qu’ils avaient l’air de se connaître, elle préféra les laisser ensemble et reporta son attention sur le reste des personnes présentes. La jeune fille avait l’impression de ne pas être à sa place. Pire, de déranger ou d’être arrivée au mauvais moment. Elle comprenait en partie la peine et la douleur que devaient ressentir chacun de ses nouveaux camarades mais il lui était impossible de pleur car elle ne connaissait pas les gens dont les photos étaient affichées. Elle s’apprêtait à partir quand un élève prit la parole. Il devait avoir presque le même âge qu’elle. Elle l’écouta raconter son expérience de la bataille. Elle pouvait ressentir la frustration, la tristesse et la peur qu’il avait dû ressentir ce jour-là et encore là, dans cette pièce. Elle fut impressionnée de le voir métamorphoser la bannière des quatre maisons en une seule, celle de l’école. Elle connaissait un peu l’histoire de l’école pour l’avoir lu à la bibliothèque avant qu’elle ne se perdre à nouveau. Elle ne comprenait pas ce système de maison d’ailleurs et ça lui avait justement donné l’impression de rivalité et compétition. Diviser pour mieux régner comme dirait sa grand-mère. Ce n’était pas pour se vanter mais elle était persuadée que les belges étaient un peu plus sains d’esprit que les anglais. Après tout, la devise de la Belgique n’était-elle pas « l’union fait la force » ?
Lorsque le garçon se mit sur le coin, Sandrine eut la sensation qu’elle devait faire quelque chose mais quoi ? Elle manquait encore un peu de confiance en elle-même si elle commençait à ne plus trop donner d’importance aux regards des autres mais là, elle ne savait vraiment pas quoi faire malgré l’envie.
La seule chose qui lui vint à l’esprit était de rejoindre le garçon, Elzéar, pour déposer une main sur son épaule en espérant qu’elle arriverait à le réconforter et lui fit un mince sourire. C’était tout ce qu’elle pouvait faire.


avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 478
Ft : Dane DeHaan.
Localisation : Là où il ne le devrait pas.

Feuille de personnage
Don: Occlumens & Animagi
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 13 Mar - 0:52
Ses pantoufles glissaient sur le carrelage du couloir dans un soupire blanc. Tiberius retrouva un calme éphémère en lui. L'angoisse s'échappait des pores de sa peau pour ne laisser que ce sentiment poisseux de culpabilité. L'idée de laisser ses amis en arrière avait fait hésité cette lâcheté de dernier instant mais il s'était senti incapable de tenir la distance. Il y pensait profondément et tentait d'oublier les noms qu'il avait fait voler dans le ciel sans y réfléchir outre mesure. Certains prenaient sens seulement maintenant mais ne réussissaient toujours pas à percuter la réalité, dans son esprit. Tout restait identique. La perte d'un proche. Son absence cruelle. Le silence des murs. Il ne se sentit pas plus apaisé qu'hier. Seulement un vague sentiment douloureux au creux de l'estomac s'était réveillé et remontait jusqu'à sa gorge. Ses yeux lui faisaient mal et il sentait un papillonnement désagréable sous sa mâchoire.

Tiberius entendit les bruits de pas qui s'empressaient derrière lui. Il ignorait qui cela pouvait être et ne s'en posa guère la question. De ce qu'il se souvenait, Ian et Billie avaient été occupés et Tiberius n'avait envie de voir personne d'autre. Aussi, il continua le pas déterminé de sa marche alors qu'il rassemblait le reste de son courage pour faire face à un opportun un peu trop curieux.

Une main se glissa dans la sienne. Une sensation de chaleur l'envahit et fit choc thermique avec sa peau glacée par le vent humide d'automne qui s'était abattu sur lui. Un long frisson réconfortant le traversa mais il refusait ce geste de n'importe qui. Il se retourna en haussant du même sourcil dédaigneux habituel. La bouille de Billie et son grand regard gorgé d'une douce bienveillance apparut à lui comme un soleil radieux. Il se sentit idiot de ne pas avoir prévu qu'elle puisse le voir. Il resta éberlué de très longues secondes qui se comptèrent peut-être en minutes. Ses yeux tremblaient de panique. Beaucoup d'angoisses lui traversèrent l'esprit et le regard.

Tiberius eut peur qu'elle n'ait abandonné ses amis et son frère pour lui. Qu'il soit l'habituel grand perturbateur. Celui qui doit nécessairement concentrer l'attention sur lui. S'il assumait ce rôle à la perfection – et souvent avec beaucoup d'égocentrisme narcissique – il ne voulait pas qu'on puisse le lui reprocher ce soir. Il n'avait pas le droit d'être plus triste que Billie qui avait gardé sa noble dignité. Il n'avait pas le droit de priver Ian de sa sœur. Il n'avait pas le droit de flancher là où d'autres avaient vécus et vivaient encore bien pire. Il tenta alors un faible sourire et une grimace qui se fardait d'une pâle sympathie. Il déglutit. Sa salive était pâteuse et épaisse. Pour la rassurer, il serra sa main.

« Ehe, ca va... T'en fais pas. » souffla-t-il dans un mensonge éhonté. « Je vais juste... » Il n'arrivait pas à enchaîner plus de deux mots sans que sa voix ne tremble ou ne se brise avec une odieuse élocution pathétique. Il baissa la tête lorsqu'il sentit un pic d'émotion transpercer son cœur et qu'il ne saurait le retenir.

Il renifla bruyamment. « Je suis désolé. Je... » Il voulait s'excuser d'avoir quitté la salle. De faiblir. Mais il ne réussit pas à achever ce bout de phrase et sa gorge se noua pour bloquer le moindre sanglot. Sa main lâcha alors celle de Billie pour chercher son bras, son épaule, un appui, en tâtonnant. Il glissa sans ses bras et tout son corps relâcha une pression. Il pouvait presque entendre ses muscles libérer une tension qui s'était accumulé pendant longtemps.

Dans ses bras, il se sentait bien. Et ne les aurait quitté pour rien au monde.

***

Ils retournèrent dans la salle. Tiberius se laissa entraîner par la main de Billie vers le petit groupe d'élèves où Ian avait décidé de veiller. Tiberius avait séché le reste de ses émotions vives et lança un regard à Ian afin de le rassurer. Un sourire faible et timide. Il s'installa en silence. Tiberius avait accepté de rester après avoir dégorgé le reste d'émoi qui l'avait paralysé. Il sourit a Billie. Garda sa main dans la sienne. Tiberius se sentit bien entouré. Avec Ian près de lui et Billie qui le soutenait, il lui semblait que l'épreuve ne serait pas si difficile. Il observa autour de lui. Le recueillement de chacun qu'il regardait d'un œil nouveau. D'un œil sincère et honnête. En osant lever les yeux, Tiberius eut une espèce de longue inspiration. Ses poumons se dégorgèrent de cette chaleur sirupeuse coincée au fond de ses entrailles. Il observa les photos installées ici et là. Les objets. Tiberius hésitait. Il avait quelques cousins, quelques personnes proches de sa famille qui avait combattu dans le camp opposé. Sans doute cela aurait été malvenu de sa part. Déplacé et même odieusement cruels. Mais pour ces gens qu'il avait trouvé stupide mais qu'il avait aimé pour être de son propre sang, il désirait pouvoir faire quelque chose. Au fond, peut-être que s'ils avaient connus le château aussi uni qu'il l'était à cet instant, au cours de leur scolarité, leur adhésions au mouvement de Voldemort aurait été différent. Peut-être que si quelqu'un les avait vraiment respecté de leur vivant, n'auraient-ils pas choisi de mourir pour se faire respecter par la terreur. Ou peut-être que tout ça n'étaient que des justifications ridicules.

En tournant la tête il aperçut Aslinn qui semblait être resté à l'écart. Tiberius eut un regard sur ses deux meilleurs amis. Il n'osait pas leur demander à eux qui avaient été la victime des persécutions de ces gens qu'il voulait honorer dorénavant. Mais Aslinn pourrait comprendre. Peut-être. Sans doute. Ce n'était pas le moment de l'importuner. Il le savait. Elle aussi avait eut des gens proches dont les noms servaient désormais à ruiner et souiller des familles entières. Par ailleurs, il ne vit pas son frère. Le jeune Avery jugea cela heureux. Hippolyte ne s'y serait jamais sentit à sa place. Il aurait voulu pouvoir aller le chercher et rendre hommage à leurs morts avec lui, loin de toute cette effervescence victorieuse. Mais il se doutait qu'il allait le renvoyer à de vieilles rancunes qui n'avaient pas lieux, ce soir. Il hésita. Peut-être qu'Aslinn saurait l'y convaincre.

Tiberius embrassa doucement Billie sur le front et lui accorda un sincère sourire de reconnaissance. Il posa une main bienveillante sur l'épaule de Ian. « J'arrive... » Puis il se leva doucement vers la préfète des Serdaigles.

« Goyle. » Il craignait qu'elle ne le renvoie à leurs mêmes passifs un peu houleux et refuse son initiative. Mais Tiberius refusait de n'avoir encore ne serait-ce qu'un seul regret. « Je suis désolé pour... Ta famille. » Il hésita. Aborder le sujet était douloureux. Ils avaient une situation très similaire, finalement. « Tu sais où es mon frère ? »


They said I couldn't. That's why I did.
(c) okinnel
En ligne
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 503
Ft : Saoirse Ronan

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 13 Mar - 1:48
Aslinn était figée sur place, perdue dans ses pensées. Elle ne réagit pas au discours d'Elzéar. Elle se contenta de perdre son regard dans la foule, essayant de se rendre utile en observant les plus jeunes de sa maison. Heureusement ils étaient bien entourés. Serdaigle avait toujours été soudé mais à présent c'était toute l'école qui l'était.

Elle fut interrompue dans ses pensées par une voix familière, une voix d'ordinaire désagréable à entendre mais qui ne semblait pas hostile ce soir. Qui l'était ? Elle se tourna vers Tiberius, c'était la première fois qu'il semblait vouloir se montrer avenant avec elle. Il ne lui lançait aucune pique, il était... humain. Aslinn sentie les larmes lui monter. Elle les contenait tant bien que mal, les poings serrés et caché sous sa longue cape noire.

- Merci.... pour la tienne aussi.

A peine eut-elle finit sa phrase qu'elle sentait les larmes pointer le bout de leur nez, au coin de ses yeux. Elle sentait son visage prendre feu en tentant de les retenir, ses oreilles chauffer sous la pression qu'elle exerçait en bloquant par moment sa respiration et sa gorge. Par chance Tib reprit la parole, détournant la conversation. Elle se reconcentra, renifla légèrement puis se frotta rapidement les yeux du bout de sa manche, pour chasser toute envie.

- Il est resté dans la tour. Je voulais passer puis retourner le voir. Tu.... Tu veux venir ?

Elle oublia un instant les querelles, celles entre elle et Tib et entre Tib et Hippo. L'heure n'était plus à ça, pas ce soir. Elle jeta un rapide coup d'oeil vers le reste de la pièce. Elle ne semblait pas être très utile pour l'instant et de toute façon elle avait envie de rejoindre Hippolyte. Sans vraiment attendre la réponse de Tiberius elle se mit donc en route, doucement, solennellement.


Admin
avatar
Serdaigle
Serdaigle
Messages : 686
Ft : Jennifer Lawrence
Localisation : Explore le Londres moldu !

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 21 Mar - 21:05
La lumière du petit jour, aux alentours de huit heures, avait lentement traversé les hautes fenêtres de la Salle sur Demande, nimbant progressivement l’enchevêtrement d’élèves d’un halo doré faisant pâlir les dernières bougies encore allumées. L’aurore avait paru les réanimer progressivement, mouvements infimes semblant s’intensifier par vagues successives jusqu’à ce que quelqu’un, enfin, ne se lève. Comme si l’enchantement d’un conte de fée moldu avait été levé, tous semblaient reprendre vie au fur et à mesure que le jour naissant redonnait ses couleurs à la pièce, les ramenant dans le royaume des vivants. On ne savait trop comment, mais la nuit avait passé, leur étrange veillée mortuaire touchait à sa fin, et la porte de la Salle était ouverte. Un à un, mais dans un silence religieux persistant, les élèves sortaient en procession lente pour se rendre à la Grande Salle, où les attendait le petit déjeuner.

Margaret avait regardé les traits d’or et d’ombre créés par le cerclage de plomb des carreaux monter lentement sur les colonnes en face d’elle au fur et à mesure de l’avancée du soleil. Toujours assise sur son hamac, recroquevillée sous la couverture de Damien, elle n’avait pas bougé durant de longues heures et se sentait désormais ankylosée. Peut-être avait-elle fini par se transformer en statut. A un certain point de la nuit, Harry le hérisson était retourné dans les bras de son propriétaire légitime, et à un autre, ses yeux avaient fini par tarir. Ses larmes avaient dessiné des sillons pâles sur ses joues désormais sèches, et ses yeux demeuraient rougis par le manque de sommeil et les pleurs, mais son expression était plus sereine. La peur aussi avait fini par se dissoudre dans la nuit, et son vide paralysant avait cédé sous l’assaut des souvenirs. Au plus noir, les moments d’effroi et de douleur, la cruauté des pertes lorsqu’elle avait revu en mémoire les visages de camarades tués et torturés, et des scènes de leur vie dans cette même salle. Dans la clarté grise et morne qui précède l’aube, il lui avait presque sembler pouvoir entendre leurs voix, certaines dans leurs derniers moments, et d’autres, de plus en plus nombreuses, dans de simples échanges de leur vie quotidienne. « Passe-moi la confiture, s’il te plaît. » « Tu fais quoi pour les vacances de Noël ? » « T’as répondu quoi, pour la question 3B ? » Elle avait contemplé les photos émergeant lentement de la grisaille, l’ombre mouvante des dernières bougies leur donnant un ultime supplément de vie. Il y avait quelque chose de rassénérant dans la conscience qu’elle n’était pas seule à les regarder, pas seule à se souvenir. Le jour était là et aucun monstre n’était finalement venu ni ne viendrait plus.

Avec des gestes raides, Meg se leva, maintenant la couverture sur ses épaules d’une main, et se frottant les yeux de l’autre. Ses gestes étaient lents, comme si la moindre brusquerie risquait de briser le charme fragile qui pour quelques instants encore, les unissait tous. Presque sur la pointe des pieds, elle contourna les corps endormis de première année couchés en chien de fusil à ses pieds, puis se laissa emporter par le flot d’élèves et professeurs se dirigeant lentement vers la sortie de la Salle, fixant jusqu’au dernier moment possible le mémorial. Que deviendrait-il lorsque le dernier d’entre eux serait sorti ? Serait-il encore là, si l’A.D. se réunissait à nouveau dans le futur ? Et juste comme ça, avec cette simple interrogation, ses pensées se tournèrent à nouveau vers l'avenir Elle franchit la porte de la Salle alors que quelqu’un à l’intérieur ouvrait l’une des fenêtres, laissant entrer un courant d’air frais qui la fit frissonner, et les trilles matinaux des oiseaux.
avatar
Poufsouffle
Poufsouffle
Messages : 410
Ft : Thomas Brodie-Sangster
Localisation : Poudlard

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur http://havchronicles-ouat.forumactif.com/
Jeu 22 Mar - 21:09

La veillée avait semblé longue pour Peter et ses amis mais malgré les larmes silencieuses, cela leur avait fait du bien. Peter était resté par terre, la jambe allongée, ses deux meilleurs amis à ses côtés. Cela n’avait pas été une année facile pour lui l’an dernier. Se faire passer pour un sang-mêlé et un cousin anglais de Thomas au nez et à la barbe des Mangemorts, même si le professeur Rogue devait être au courant. Parfois, le Poufsouffle s’était pas mal inquiété pour les parents de son ami Thomas, espérant que ça ne leur avait pas créé des ennuis quand les Carrow avaient commencé à se poser des questions sur sa véritable nature de sang. Il avait passé le reste de l’année dans cette même salle où on avait projeté des images des nombreuses victimes de la bataille. Peter avait eu un peu de peine en voyant les photos, se remémorant des délires des jumeaux Weasley lorsqu’ils avaient fui Poudlard lors du règne de ce crapaud d’Ombrage, lorsque les trois mousquetaires avaient tenté de s’inscrire à la coupe des trois sorciers mais ils s’étaient pris le sort de protection de Dumbledore. Quelle idée aussi ils avaient eu tous les trois ! Après la tristesse, c’était la joie des bons souvenirs qui venait prendre le dessus.
- Eh les gars, vous vous souvenez la fois où on avait tenté de faire une blague à Parkinsson ? fit Shun.
Oh oui, Peter s’en souvenait. Ils avaient détalé comme des lapins afin d’éviter les foudres de la Serpentard. C’était lors de leur première année, leur première blague ensemble et certainement pas la dernière. Mais pour l’instant, depuis la rentrée, le trio s’était un peu plus assagi à moins que ce n’était qu’une apparence. Peter connaissait bien ses amis. Ça ne durait jamais longtemps.
Il ne sait pas quand ni comment mais Peter avait fini par s’endormir, trop fatigué et il aurait certainement préféré son lit à la fin. Ce fut Shun qui le réveilla, alors que le soleil commençait à se lever. Le blondinet se releva avec l’aide de l’asiatique. Il ne savait pas trop ce qu’il allait faire mais rapidement, à force de trop bailler, il décida de finir sa nuit. Il salua donc ses amis, ne sachant pas s’ils allaient manger ou encore rester là, et partit en direction de la salle commune des Poufsouffle. Une fois dans le dortoir des garçons de sixième année, il fut le seul à aller se recoucher. S’il avait fait, il n’aura qu’à demander quelque chose à grignoter aux elfes de maison de l’école.



avatar
Invité
Invité
Dim 25 Mar - 22:11
Helen avait tardé, ce soir-là. Après ses premiers cours, elle avait reconsidéré vaguement certaines de ses notes qu'elle avait jugé propice à l'étude. Ses dernières observations sur ses classes lui donnèrent odieusement tort. Elle jugea que ses élèves seraient bien incapablesv d'aller au bout du trimestre sans une petite baisse des attentes scolaires. Alors, elle décida de rester plantée dans son bureau pour la nuit, rédigeant quelques feuillets plus adaptés à sa nouvelle fonction.

La musique parvint brusquement à elle comme un souffle difficile et malade. Elle releva les yeux sans comprendre d'où cela pouvait venir. Helen n'avait pas assez fréquenté ses congénères pour savoir ce qu'il se tramait dans l'école. Elle avait passé ses heures entre le 5e étage et la bibliothèque, ne croisant guère beaucoup de ses collègues. Cependant, ce genre de miaulement roque était généralement destiné aux enterrements et aux cérémonie funéraires. Et dans l'air, quelque chose de fort semblait faire vibrer son cœur. Elle sortit dans le couloir pour tendre l'oreille. La musique semblait ni plus faible, ni plus volubile. Alors elle sortit complètement et regarda à travers les couloirs pour tenter de comprendre. Lorsqu'elle croisa une fenêtre, elle comprit enfin les tenants de cette soirée.

Elle s'arrêta un long moment pour lire les grandes lumières qui jaillissaient dans le ciel. Helen se demanda s'il s'agissait d'une cérémonie officielle. Non... Elle aurait été prévenue. Mais elle doutait que les élèves pussent réussir un tel coup au nez et à la barbe de l'académie. Quand elle décida de descendre les escaliers, elle entendit des bruits de pas qui remontaient. En penchant la tête, elle aperçut la cohorte remonter des longs colimaçons. Helen se pétrifia. Elle vit quelques professeurs dans la nuée et jugea qu'elle ne pouvait donc pas s'opposer à cette étrange et macabre cérémonie. Même si le couvre-feu était dépassé depuis un long moment.

Helen avait eut ses morts, durant la guerre. Du moins, connaissait-elle quelques collègues qui avaient été victimes de ce régime. Elle ne les avait jamais vraiment connus et n'avait jamais eut une once d'affection pour eux. Elle les croisait parfois. Signait leurs congés et se contentaient de manger en leur compagnie quand il n'était plus envisageable d'esquiver éternellement son équipe de laboratoire. Cependant, lorsqu'elle était revenu, elle n'avait jamais vraiment eut de pincement au cœur concernant leur décès. Un petit peu d'empathie pour leur famille endeuillée. Un petit sentiment de vide pour les plus casses-pieds d'entre eux. Et le regret de devoir abandonner son atelier car ils n'avaient pas été foutus de survivre. Helen n'avait pas vraiment pleuré les disparus et s'ennuyait à devoir feindre la tristesse et le recueillement pour des gens qu'elle ne connaissait pas. Si elle s'appliquait par devoir patriotique à tenir une minute symbolique de silence, Helen n'avait guère envie de se retrouver au milieu de reniflements de nez insupportables ou de devoir consoler l'un ou l'autre pour assurer une bonne image.

Aussi, elle fut terrorisée, en voyant approcher ce grand attroupement. Elle craignait qu'il ne l'emporte avec elle dans cette commémoration et qu'elle ne fusse coincée entre un professeur qui lui raconterait comment il avait perdu sa pauvre femme et un morveux qui fuitait du nez, des yeux et de la bouche en odieux bruits gutturaux et humides. Dans l'urgence de la situation, elle trouva un couloir où bifurquer et se cacha derrière un coin de mur en écoutant le silence passer dans une marche solennelle et inspirante. Elle n'avait jamais vu les élèves de Poudlard aussi disciplinés. C'était beau à voir. Helen se trouva brusquement cynique et reconsidéra quelque peu son manque d'empathie pour ces élèves. Elle ne pouvait pas s'inventer de bons sentiments ou une tristesse mortuaire. Néanmoins, elle se trouva très moqueuse et elle décida, à défaut d'être parfaitement morfondue de chagrin, d'oublier que ce soir était celui des morts. Elle retourna à son bureau où elle continua ses quelques travaux comme si l'école était, comme tous les soirs, endormie et silencieuse.

Elle se réveilla brusquement. Une horrible douleur dans la nuque et le dos craquelant. Elle grimaça en se redressant et regarda autour d'elle. Le soleil n'était pas levé mais le ciel était gris. Elle se frotta les yeux, un peu démaquillée. Du mascara assombrissait ses cernes. Elle regarda son bureau et nota qu'elle n'avait pas terminé les exercices qu'elle s'était imposée pour la nuit. Elle s'était endormie avant et était incapable de savoir ce qui l'avait tant fatigué. L'ambiance ? Sa journée de la veille ? Elle se leva doucement et rangea ses affaires. Elle se souvenait qu'elle avait quelques plantes à recueillir pour son cours de TP et cela la fit profondément soupirer. Elle traînait mollement des pieds jusqu'à ses appartements, hésitant entre son lit et une dernière bravoure professionnelle. Elle avait la figure ensommeillée et avait toutes les peines du monde à peser le pour et le contre. Finalement, la fatalité lui apparut rapidement : Les cours de botanique la contrarieront durant la journée et elle n'avait guère d'autre choix que d'aller récupérer ses extraits immédiatement.

En descendant, Helen se rappela de la veille. Des lumières et de la musique. Elle croisa quelques élèves qui redescendaient à leurs dortoirs et comme elle ne pouvait décemment pas les enguirlander de violer le règlement et qu'elle était mal à l'aise face à eux, elle changeait immédiatement de trajectoire. Un collègue passa néanmoins et la coinça d'un sourire bienveillant sur le trajet du rez-de-chaussée. Elle lui rendit son amabilité avec un embarras immense. Il voulut engager la conversation et elle se contenta de hocher sérieusement la tête. Avec sa mine de déterrée, elle devait avoir l'air crédible dans le rôle de l’endeuillée. Elle le salua précipitamment lorsqu'elle aperçut la porte de loin. Néanmoins, après ses cordiaux aux revoir, elle continua à marcher à ses côtés pendant une longue et bonne minute. Leur chemin se séparèrent et elle souffla enfin. L'air, dehors, était glacial. Elle croisa les bras contre son ventre pour resserrer sa robe sur ses hanches. Son pas fut plus pressant et ses souliers se confrontèrent à la rosée gelée du matin, collée dans l'herbe et qui embouait le chemin. Le voyage jusqu'aux serres lui parut interminable et elle s'y enfonça brusquement en soupirant fort. Elle referma à deux main derrière elle et maugréa à cause du froid et du professeur qui lui avait douloureusement tenu la jambe.

Elle se retourna, soulagée et un peu plus éveillée. Elle tourna la tête à droite et à gauche. Et entreprit de se retrouver dans ce labyrinthe. Rien n'était correctement rangé. Des outils traînaient de-ci de-là et les plants n'étaient ni classés par leur nom, ni par leurs caractéristiques. Elle songeait qu'elle devrait sans doute proposer son aide au professeur de botanique. Mais elle se rappela aussi vite qu'elle n'aimait pas faire copain-copain avec ses collègues qu'elle jugeait toujours beaucoup trop démagos pour elle et son réalisme pessimiste.

Elle tourna la tête et aperçut une petite forme sur le côté. Elle sursauta, ne reconnaissant en cette boule prostrée rien d'habituel dans la serre. Après la stupeur passée, elle observa d'avantage et reconnu un élève. Le cœur sur la main, elle fronça des sourcils. Elle ne pensait pas pouvoir en reconnaître un seul mais celui-là, elle n'aurait pas pu se le sortir de la mémoire. Maxence Brooks n'était pas l'élève qu'elle avait le plus apprécié dans sa première classe. Néanmoins, les erreurs de jugement étaient toujours possibles et elle préférait garder ses réticences dans un creux de sa mémoire. Sans doute les réutilisera-t-elle lorsqu'elle aura assez d'arguments solides. En attendant, la figure décomposée et presque verte du garçon l'inquiétait. Dans la pénombre, elle voyait à peine les traits qui le découpaient du décor mais elle sentait une horrible odeur acide et écœurante. Elle se demanda s'il avait passé la nuit ici. Avait-il fait la fête pendant la commémoration ? Ou alors s'était isolé ? Son visage blanc et son attitude lui pinçait le cœur assez fort pour que sa lassitude se laisse attendrir. Elle n'avait pas spécialement envie d'être l'oreille complaisante du moindre élève vis-à-vis de cette cérémonie improvisée mais elle ne pouvait décemment pas se considérer maître de ce garçon si elle était incapable de la moindre attention compatissante.

« Monsieur Brooks... ? » Elle fit quelques pas en avant et écarta quelques branches pour mieux s'en assurer. « C'est un drôle de nid que vous avez trouvé là. » Un drôle de nid pour un drôle d'oiseau. Elle regarda autour et approcha. Arrivé à son niveau, elle s'accroupit, les genoux serrés sur lesquels elle croisa les bras. Elle arqua un sourcil pour le questionner du regard. Mais son visage resta doux et elle pris soin de n'appliquer aucun reproche dans le ton de sa voix.
avatar
Serpentard
Serpentard
Messages : 113
Ft : Charlie Heaton
Localisation : Au sol

Feuille de personnage
Don:
Sortilèges:
Inventaire:
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 27 Mar - 0:13
Quand il avait entendu entrer, Max avait eu un sursaut de recul, persuadé qu’il serait tranquille jusqu’au matin. Qui d’autre que lui viendrait épancher ses pleurnicheries de petite fille aux allumettes dans un réservoir à boutures toxiques ? Il sentait que la peau de son visage s’était changée en un masque de coulures séchées. L’endroit lui avait paru choisi pour laisser libre cours à sa crise de panique, il avait même verrouillé derrière lui. Son regard épuisé et chargé d’angoisse peinait à se fixer sur un point et brouillait sa vision, lui donnant l’air hagard et égaré. Il distinguait mal la figure penchée sur lui dans l’obscurité et la tristesse jusqu’à ce qu’elle parle. Soudain, il reconnut le timbre grave et monocorde qui lui avait fourré les oreilles de formules abstraites toute la matinée.

-Professeur ?

Sa voix s’effondra sur les premières voyelles comme s’il toussait du chocolat en poudre. Il se racla la gorge pour réaccorder ses cordes vocales.

-Hem. Ouh. Professeur ?

Mieux mais toujours un peu rauque. Il s’empressa d’essuyer ses joues sales avec ses avant-bras en prenant une expression gênée. Son tee-shirt était froissé et il avait super froid. Pendant un moment, il s’était peut-être endormi au milieu des racines.

Dans le même mouvement où elle s’agenouillait devant lui, il prit appui sur une paroi en plastique jaune pour se relever. Il se déploya face à elle. « J’vais bien, oulah, pas de panique, je fais pas une overdose. » Ha ha. Ses lèvres très rouges souriaient poliment sous ses yeux de cocker. Comme s’il découvrait les lieux, il jeta un coup d’œil autour d’eux. « Ah oui drôle de… Ouais je, j’aime bien le, parce que c’est plutôt calme ici. Désolé si j’vous ai fait peur madame. » Subitement, il avait tellement honte d’être découvert. Il se gratta l’arrière de la tête. Bien-sûr l’empathie prononcée d’une enseignante valait toujours mieux que celle d’un de ses camarades proches. Qu'on le voit pleurnicher pouvait ruiner une réputation déjà ambiguë voire attirer l'attention sur son cas. Il avait pensé à venir ici en voyant Goyle dans un coin de la commémoration, plusieurs heures plus tôt. Les serres étaient calmes, isolées et closes, comme des chiottes mais en plus malin. « C’était pas intentionnel, c’était juste que j’arrivais pas à dormir avec leurs histoires de, enfin bref, du coup je suis venu me m’occuper des … » Quel gros con. Il n’avait même pas sa baguette sur lui pour se refaire une beauté. Il eut encore une petite toux en la regardant.

Sa douceur le déstabilisait. Il aurait préféré qu’elle l’engueule tout de suite. Aucune idée de l’heure qu’il était. Debout, il voyait un peu de lumière traverser les épais carreaux. « Je rentre à ma salle commune ou je suis collé ? »



"Et tu ne peux trouver de si douces caresses,
Dont le goût dure autant que celui des richesses."
Mélite ou les fausses lettres, Acte 1, Corneille

avatar
Invité
Invité
Mar 27 Mar - 2:42
Restée accroupie, Helen leva la tête sur Maxence qui se redressait comme pris sur le fait. Maxence avait l'air plus coupable que victime et l'alchimiste se demanda une seconde s'il n'était pas, originellement, venu y commettre un délit ou deux. Qu'importe, finalement. Pourvu qu'elle n'en était pas concernée, Helen ne voyait guère d'intérêt d'enquêter à propos des bêtises d'un adolescent. De toutes les manières, sa figure blême et fiévreuse laissait entendre une toute autre affaire. Une affaire qui lassait d'avance le professeur.

Helen fut reconnaissante. Il ne semblait pas vouloir lui fondre dans les bras ni même se confondre en sanglots déchirants. C'était providentiel. Elle n'aurait guère eut d'excuse pour l'éloigner de ses bras et aurait eut à cacher sa répugnance aux contacts physiques. Dans ce genre de cas, Helen se demandait si une tape dans l'épaule suffisait. C'était ainsi qu'elle se souvenait avoir réconforter son cousin. Et elle ne s'entendait pas à plus de sentimentalisme pour quiconque.

Face aux justifications bredouillantes de l'adolescent, Helen resta impassible. Elle se redressa doucement en époussetant son tailleur et redressa sa robe sorcière sur ses épaules. L'observant dans toute sa fragilité, Helen songea une seconde au comportement approprié.

« Des plants ? » Elle redressa un sourcil, inquisitrice et suspicieuse. Elle laissa le silence peser pendant que les premiers piaillement matinaux résonnaient dehors. « Cela va de soi. Je comprend. »

Elle décida de se laisser berner et d'endormir un peu sa rigueur. Elle ne pouvait pas empêcher un enfant traumatisé de vouloir s'isoler de tout ça. Et ne souhaitait-elle pas non plus forcer la confidence. Elle n'était pas là pour ça et finalement, l'enfant devait avoir de bonnes raisons de garder pour lui ses secrets. Helen retourna alors quelques instants dans le passé. Où elle se revoyait dans ses moments les plus intimes. Ceux où elle ne supportait plus ni la solitude, ni les remarques déplaisantes, ni ce sentiment coupable de ne pas avoir le mot correct ou l'attitude naturelle pour mieux s'intégrer parmi ses proches camarades. Elle aurait sans doute détestée être prise en flagrant délit de faiblesse. Elle aurait sans doute détestée qu'on la prenne en pitié.

Mais le professeur ne pouvait pas justement punir un élève quand tous ses camarades se baladaient encore dans les couloirs au su et à la vu de la directrice. Elle jaugea le Serpentard.

« Pour cette fois, je n'enlèverai pas de point à votre maison et vous n'irez pas en retenu. Je serai contrariée de devoir l'expliquer à vôtre directeur. » Elle regarda autour, se rappelant qu'elle avait une mission. Elle s'éloigna doucement de Maxence en cherchant du regard parmi les racines apparentes et les touffes de feuillages. « Cependant... » Elle leva à peine un doigt, sur le côté, sans le regarder immédiatement. Ses mots flottèrent légèrement dans l'air. « Je vous raccompagnerai jusqu'au château. » Elle se tourna vers lui. « Pour m'assurer que vous ne vous perdiez pas en cours de route. » Ajouta-t-elle avec un brin de malice dans la voix mais l'expression toujours de marbre.

Elle se remit à chercher parmi les petites notes ici et là de la serre. « Puisque vous semblez aimer vous occuper de nos chères pots de fleurs, j'ose espérer que vous pourrez m'indiquer où je peux trouver de l'alchémille, de la mélisse et du chélidoine. »
Contenu sponsorisé
 
Commémoration • Sujet commun & libre
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Commémoration du 8 mai (2015)
» Sujet-commun : Intrigue 1
» Commémoration du 8 mai (2016)
» Commémoration du 16 août 2016
» → la commémoration (sujet commun)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CallOfMagic :: Poudlard :: Septième Étage :: Salle sur Demande-
Sauter vers: