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"Ah, dignité ! Fille de l'orgueil et mère de l'ennui." (Tiberius)

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Jeu 15 Mar - 18:29

11/10

Si Beth avait un jour cru au karma, elle se serait sans doute demandée à quels crimes passés elle devait dernièrement de ne plus voir sa vie s’écouler comme un long fleuve tranquille. Entre sa rencontre avec des créatures mythiques le mois précédent et le brusque réveil, autant au sens propre que figuré, occasionné par la soirée de commémoration, elle ne savait plus où donner de la tête. Ainsi, certaines de ses préoccupations étaient passées à un plan plus reculé de son esprit déjà tourmenté par sa propre remise en question et les imprécises perspectives d’un futur exposé à un péril inconnu par une prophétie tout autant nébuleuse. De cette manière, elle en avait presque oublié les surprises éclairées par la guerre et n’avait pas réellement réfléchi comment agir en conséquence. Là où son orgueil lui soufflait d’utiliser ces toutes nouvelles connaissances pour maintenir une certaine position de force, sa raison y voyait une occasion de baisser les armes pour une fois. Si la bleue et bronze était lasse des affrontements, elle savait toutefois qu’il ne serait pas tâche facile de parvenir à ses fins, mais c’était pourtant sans plan d’action ingénieusement établi à l’avance qu’elle s’était décidée d’opérer ce jour-là.

La Grande Salle était étonnamment peu peuplée pour un dimanche en fin d’après-midi ; sans doute certains téméraires avaient décidé d’ignorer les risques d’averse pour profiter des dernières températures clémentes de l’année, là ou d’autres élèves, rattrapés par la charge de travail de plus en plus abondante avaient enfin découvert l’utilité de la bibliothèque. La première intention de la Serdaigle en se rendant dans la pièce maîtresse du château, avait été d’éventuellement y trouver Jon. Elle n’avait pas eu réelle occasion de s’enquérir de son état après qu’elle l’ait aperçu en bien triste forme à l’Infirmerie à son retour solitaire du temple. La jeune femme devinait cependant que les blessures les plus profondes étaient plus psychiques que physiques. Le Poufsouffle pouvait bien organiser toutes les soirées qu’il voulait, le masque du bonheur était le plus dur à porter et aux yeux de Beth, le jaune et noir n’excellait clairement pas dans ce domaine. De plus, même si cela n’avait pas suffi, les têtes dépitées de Rebecca et Baker auraient achevé de lui faire comprendre que le trio était loin d’être dans ses meilleurs jours.

Pourtant, aussitôt le pas de la porte franchi, c’est un autre visage qui attira l’attention de la jeune femme. La bleue et bronze n’avait pas vraiment échangé avec Tiberius depuis la rentrée scolaire, tant soit peu qu’il était possible de qualifier « d’échanges » leurs rixes interminables visant à démontrer la loi du plus fort. Intellectuellement aussi bien que physiquement, qu’elle ne se plaise à le nier ou non, Elizabeth avait dès le départ été attirée par le Serpentard, bien avant de se rendre compte que ses réparties bien construites étaient spoliées par le goût amer des préjugés. Supplantant l’attrait au dédain, elle avait même laissé sa méprise l’aveugler assez pour ne pas remarquer les fréquentations de l’aîné des Avery, bien loin des convictions puristes qu’elle lui prêtait. Pour sa défense, à défaut de rétablir la vérité, il avait préféré pour des raisons qui lui étaient inconnues, entretenir le mensonge de ses croyances. Ce n’était que maintenant, après l’avoir vu dans ceux qui avaient fidèlement défendu leur école en Mai, que Beth pouvait se rendre compte de sa propre bêtise, blâmant autant son jugement hâtif que le garçon qui s’était joué d’elle tout ce temps.

Les quelques enjambées la séparant encore de la table des verts et argents traversées, elle n’eut pas besoin d’annoncer sa présence que déjà une bonne partie des personnes présentes avaient le regard porté sur elle, intriguée sans doute par la raison de sa venue. Il fallait dire que ce n’était pas vraiment un secret qu’elle avait eu la vilaine tendance de mettre tous les serpents dans le même panier et de se tenir le plus souvent éloigné de leur venin. Tiberius cependant n’avait pas levé les yeux vers elle, ce que Beth soupçonnait plus comme une démonstration de sa superbe voir une provocation supplémentaire plutôt qu’un phénomène de concentration dû à la partie d’échec qu’il disputait avec un de ses camarades.

J’ai quelques mots à échanger avec Tiberius, pourrais-tu nous laisser seuls s’il-te-plait ? Si les mots avaient été formulés sous la forme d’une question polie à l’égard dudit élève, avec qui elle n’avait même pas échangé un regard, la requête était aussi factice que son sourire de circonstance. C’était un ordre ni plus ni moins. L’inflexibilité dans sa voix due être assez audible pour qu’il ne s’en aille sans faire d’histoires.

Beth enjamba le banc pour s’asseoir gracieusement à la place laissée libre, forçant ses traits à rester impassibles alors que ses yeux croisaient enfin l’océan de ceux de son interlocuteur obligé. Dérisoirement, elle constata que celui qu’elle avait remplacé n’était pas en bonne posture dans la partie. Plus logique que vraie stratège, la Serdaigle savait que ses chances de rattraper le coup étaient maigres, mais ce n’était pas vraiment cette partie-là qui l’intéressait et elle savait que l’autre serait d’autant plus difficile à gagner avec un adversaire de cette trempe. Elle comptait sur son orgueil à la mesure du sien pour n’abandonner sur aucun des deux niveaux sur lesquels elle savait qu’ils allaient s’affronter.

« Au moindre revers funeste, le masque tombe ; l’homme reste ; et le héros s’évanouit. » cita t-elle en avançant d’une case un de ses pions blancs. Tu es un menteur Avery. Elle savait qu’elle sacrifiait la pièce ivoire à son fou, mais son seul objectif était de protéger sa reine et mettre son roi en échec.


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Dernière édition par Elizabeth Fitzduncan le Lun 16 Avr - 22:24, édité 1 fois
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Ven 16 Mar - 0:42
La partie commença paresseusement tandis que Tiberius avait déjà placé ses premiers pions dans une stratégie incontestablement agressive. Il savait son adversaire plus prudent que lui et la méfiance dont il faisait preuve était un peu moins d'audace face au jeune Avery. Il mangeait rapidement l'espace et bientôt, son opposant dû placer ses premières pièces maîtresses en position sacrificielle pour sauvegarder ses dernières figures avantageuses. Mais la finale n'avait pas été amorcée. Le roi blanc était resté correctement en retrait face aux attaques successive de Tiberius. Alors qu'au début de leur partie, les deux garçons discutaient paisiblement et riaient, son ami se laissa submerger par la crainte d'y perdre la partie. Parfois, Tiberius commentait la discussion d'à côté, moquait la peur de son ami à faire avancer ses pions et riait à gorge déployée à l'une ou l'autre boutade un peu plus spirituelle qu'une autre. Certains de ceux qu'il fréquentait étaient des dignitaires de la haute société. Grands défenseurs de l'idéologie anti-moldus, Tiberius n'avait guère beaucoup de mal à les côtoyer pourvu que cela restait épisodique. Discuter politique avec ceux qui ne partageaient pas son bord était une expérience que Tiberius trouvait toujours enrichissante. Le Serpentard savait son jugement faussé et aimait parfois cette piqûre de rappel. Ce moment où il comprenait que les sorciers ne réfléchissaient pas tous d'un même battement de cœur. Qu'ils n'avaient pas les mêmes vécus ni les mêmes expériences. Et que leurs espérances ne partageaient pas les mêmes couleurs. Toutefois, il se lassait vite de ce petit groupe un peu plus larges d'esprit. Confronté à des arguments inexploitables, Tiberius ressentait toujours un profond sentiment de colère à leur encontre et aimait tenir haut sa supériorité à leur égard. Ces derniers, parce qu'il était sans doute hértier d'une ancestrale famille sorcière, n'osaient jamais lui en tenir rigueur très longtemps. Peut-être n'acceptaient-ils ses méchancetés acerbes seulement parce qu'ils espéraient qu'à force d'échanges, Tiberius finisse par retrouver la voie lumineuse de la rédemption. Le garçon en jouait : Ses deux meilleurs amis voyaient certainement ce genre de fréquentation d'un très mauvais œil mais en leur absence, il aimait se frotter à quelques joutes élégamment placées.

Ce que les Persson ignoraient de ses temps libres ne pouvaient guère leur faire de mal. Et compte tenu de leur absence, Tiberius s'était laissé charmer. Il les avait laisser étudier paisiblement leur cursus moldu sans chercher à les en détourner. Le respect qu'il avait pour une telle détermination l'empêchait de trouver la moindre légitimité à les attaquer sur ce bord-là. Finalement, le calme de la Grande Salle s'était abattu sur le château et Tiberius accepta de ressortir ses vieilles pièces pour apprendre l'humilité à Carter. Un joueur doué mais néanmoins beaucoup trop méticuleux pour avoir le dernier mot sur les assauts pugnaces d'Avery.

Pour la beauté du sport, Tiberius ignora le gambit de son adversaire pour encercler la tour de Carter. Lorsqu'elle fut à sa merci, il attendit patiemment de pouvoir la prendre avec un vulgaire pion. Il sembla à Tiberius que ce fut à cet instant que Carter cessa de parler pour soumettre toute sa plus pure concentration à la partie. Lorsqu'il prit le trait, Tiberius se pencha sur ses pièces, enorgueillis et posa sa tête contre les phalanges de son poing, dans une désinvolture ennuyée. Tiberius avait trois ouvertures pour pousser la finale et forcer le roi à prendre part à la bataille. Cependant, deux d'entre elles nécessitaient le sacrifice d'une pièce. A ce moment de la partie, Tiberius n'en était plus vraiment à gagner mais plutôt à écraser son adversaire dans une victoire éclatante et humiliante.

Des regards se levèrent. Des voix se mirent à murmurer avec d'avantage de défiance. Un Serpentard passa derrière lui et chuchota un nom dans le dos de Tiberius. Ce dernier tourna imperceptiblement la tête, tendant l'oreille à ce nom qu'on annonçait comme le vent qui apporte ses mauvais augures. Elizabeth Fitzduncan résonna à travers la longue rangée et beaucoup jugèrent opportun de fusiller l'étrangère d'un œil contempteur. Avery entendit un rire éclater timidement à sa droite. Quelques pas claquèrent. Tiberius ordonna finalement à son fou d'avancer pour forcer le roi à sortir de sa zone de confort.

La voix d'Elizabeth transcendait quelque chose dans ses tripes. Elle le frappait d'un coup de glaive meurtrier et ouvrait en lui un frisson incommode. Oser parler de noblesse pour définir les attitudes altières de Fitzduncan serait sans doute réducteur pour cette duchesse arrivée d'un autre temps. Elle avait des gestes légers et aériens qui effleuraient à peine le regard. Ses mains étaient toujours tendues d'une féminité précieuse et ses épaules, quoique souples, étaient défiantes. Fitzduncan ressemblait à un nuage ou une brise. Un voile céleste constellé d'une grâce séraphique. A ses côtés, Tiberius avait toujours l'ignoble sensation d'être un Hadès soumis aux volontés du Ciel. Lourd, pataud et chthonien face aux spiritualités supérieures de l'éther. Il adorait se laisser emporter par cet abîme presque divin et son sourire ne savait se taire lorsqu'elle l'affligeait d'un regard soupesé de mésestime.

Le jeu qui s'était crée entre ces deux titans d'orgueil avait été sans doute bien plus agréable pour Tiberius que pour elle. L'adolescent n'avait pas mis beaucoup de temps pour juger de l'étroitesse d'esprit de cette étoile du matin. Force d'idées et d'échanges caustiques, le jeune Avery avait discerner ce qui lui déplaisait tant chez ses grands regards de condescendance impérieuse. Elizabeth Fitzduncan n'avait été qu'une de ces figures parmi les héliastes de la bien-pensance. Tous véhiculaient les tristes idées accordées aux Serpentards et aux sangs-purs. Tous se complaisaient dans ce qui semblait être la pensée à la mode. Mais Fitzduncan s'était éloignée des pléiades de radoteurs pour s'élever aux plus hauts détracteurs que les aristocrates de la trempe des Avery avaient toujours eut. La belle affaire, s'était exclamé Tiberius en la voyant rouler ses yeux sur les tables voisines des Serpentards. Le jeu lui avait semblé amusant et enrichissant. Oh, sans doute, la vérité éclaterait-elle au grand jour mais Tiberius n'avait cure. Un problème différé était un problème refusé. Et le garçon avait été considéré méprisé pour ce qu'il était dans son identité la plus intrinsèque Qu'importent les raisons. Qu'importent les attentes. Tiberius avait jugé moins embarrassant de se faire haïr par Elizabeth pour ce qu'elle pensait savoir de lui plutôt que de se battre pour se faire accepter des calomniateurs.

Tiberius leva les yeux sur Carter qui pliait de volonté face à celle, plus rude, de Fitzduncan. Son adversaire semblait s'excuser de moitié et se para d'un masque d'irrévérence pour y dissimuler l'humiliation qui le tiraillait. Avery ne sût comment empêcher ce repli évident. Il se sentait terriblement déçu et railla d'un demi-sourire moqueur la vanité fardée d'orgueil de ce Serpentard aux faux-airs de purisme. Carter s'éloigna d'un souffle et toisa Fitzduncan avant d'emporter avec lui quelques uns de ses amis. En vérité, la petite poignée de sangs-purs que Tiberius avait espéré emprunter pour les quelques heures à venir. Il semblait plus évident que son après-midi serait bâchée par cet entrevu avec Elizabeth.

Il hésita une seconde à se lever et la laisser se planter dans ce banc sans investir le moindre de ses précieux efforts. Un geste qu'il aurait sans doute accompli pour la simple idée que personne ne pouvait lui imposer quoique ce soit. Pas même sa grande altesse des moldues. Toutefois, ils le savaient tous les deux : Tiberius aurait accepté tous les feux des Enfers plutôt que de laisser un seul ongle de Fitzduncan gagner sur son opiniâtreté désormais légendaire. Pendant un bref instant, il jugea cela puéril et stupide. Pendant un bref instant, plongeant pour la première fois de l'année un regard humain sur sa rivale de toujours, il se considéra adulte.

Cependant, elle marivauda d'un élégant geste bleu ; Tiberius oublia. Son regard se posa sur la partie qu'il avait pensé un instant terminée. Peut-être avait été là l'essence-même de cette guerre qu'ils se livraient. Les duels du paraître était un jeu que Tiberius connaissait bien mais dont il se targuait d'en ignorer les règles. Elizabeth réveillait en lui ce qui avait toujours été là. Un remord prédateur qui l'attrapait à la gorge et le soumettait à ses codes et ses intransigeances. S'il l'ignorait sciemment pour adapter son esprit à celui de son époque, Tiberius retournait à des temps immémorés dès lors que sa nouvelle adversaire échauffait ses vieilles habitudes.

« Bonjour, Elizabeth. » Sa voix se perdit dans une octave suave et gorgée d'un étrange mépris fasciné.

Il sourit. Il se doutait qu'elle venait de deviner quelque chose dans ses grandes comédies politiques. La guerre avait révélé au grand jour de sombres aspects de nos plus vieilles figures héroïques et avait montré que nos méprisés et nos laissés pour compte pouvaient montrer plus de courage et de détermination que certains révérés avant la guerre. Chacun, Tiberius s'en doutait sans jamais vraiment se l'exprimer sciemment, avait exacerber ce qu'il y avait de meilleur comme de pire en soi. Elizabeth était-elle venu demander des comptes après avoir fait ce triste constat ? Il la regarda longuements comme s'il cherchait à creuser au fond de ses yeux pour y trouver une réponse qu'il pourrait deviner. Il se demandait si ce joli mot choisi pour titrer le sujet de leur prochaine conversation était si bien appelé. Il ne put s'empêcher de laisser échapper un rire mauvais au fond de sa gorge avant d'observer le mouvement de Fitzduncan. Tiberius avouait sans mal qu'il devait se méfier de ses coups fardés de négligence. Il fit semblant de concentrer son intérêt sur le plateau de jeu et de n'accorder qu'une attention distraite à la violence de ces premiers mots. Tiberius se moqua d'elle. Son regard semblait se perdre dans des équations que seul lui voyait. Il décida de reculer son fou : Son déplacement lui ouvrirait deux nouveaux champs d'assaut si Elizabeth acceptait d'ignorer la tour qui menaçait dans un coin de l'aile dame. Cependant qu'il ordonnait au fou de se placer autrement, ce dernier sembla avoir une hésitation. Mais la pièce obéit, déposa sa confiance aux choix tactiques de son propriétaire.

« Perspicace. » Il déroula sa colonne vertébrale pour se redresser légèrement et détendre les muscles de ses omoplates. D'un long soupire ennuyé mais terriblement amusé, il dénoua sa nuque d'un large mouvement circulaire. « Pour être tout à fait précis, je suis un trompeur. Je joue avec des règles que les candides se butent à vouloir respecter. » Il la toisa une brève seconde et sourit à la voir si outrée de l'apprendre menteur. « Je te pensais pourtant avertie. »


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Mer 21 Mar - 11:22
À peine installée, Beth regrettait presque déjà in petto d’avoir engagé cette conversation à laquelle elle imaginait mal un dénouement heureux. Pourtant, elle ne pouvait pas perdre la face autant qu’elle savait qu’il ne la laisserait pas écorcher ne serait-ce qu’un peu sa dignité. Habituée aux combats gagnés d’avance face à des esprits trop faibles ou bien trop conciliants, elle était un peu comme un enfant trop gâté coutumière du fait que les gens se plient très vite à sa volonté. Cela n’avait jamais été le cas avec Tiberius bien entendu et elle trouvait ça autant désagréable que stimulant. Il la poussait dans ses retranchements et n’avait souvent pas été très loin de lui faire perdre son sang-froid pourtant si robuste. Il avait été tellement facile de croire qu’il représentait tout ce qu’elle abominait, un puriste élevé dans la conviction de sa supériorité partageant la haine de ses ancêtres pour les gens comme elle. En toute honnêteté, cela avait même été plus simple de se persuader de ce fait. Elle se donnait le beau rôle de cette manière plutôt que d’assumer sa superficialité et les défauts de sa propre éducation. Elle pouvait bien jouer la surprise ou s’indigner de ses mensonges à lui, mais n’était-elle pas au fond elle-même une grande affabulatrice, s’inventant des histoires où son irréprochabilité régnait en maître ? N’étaient-ce pas ses propres tares qu’il lui renvoyait comme un miroir qu’elle avait appris à détester ?

Elle soupçonnait le salut du Serpentard d’exister seulement pour souligner son absence de courtoisie, mais ils n’en étaient plus vraiment là n’est-ce pas ? Sa voix où la surprise, si elle existait seulement, ne transparaissait pas lui rappelait pourquoi elle redoutait leurs affrontements. Elle était bien incapable de déterminer à quoi il pensait ou d’anticiper ses réactions ce qui la frustrait plus que ce qui était raisonnable. Même si sa nonchalance ne la trompait pas sur le mépris qu’il lui rendait, elle aurait vraiment voulu comprendre ce qui se cachait derrière ses sourires de circonstance.

Les tactiques de Tiberius dans les jeux qui les opposait actuellement de façon plus réelle la rendaient d’autant plus confuse alors qu’il ignorait son pion arriéré pour reculer son fou. Elle s’était attendue à une attaque plus agressive de sa part en réponse à ses propres mots dont elle avait conscience de la violence là où elle ne se connaissait pas impétueuse. Elle appréhendait une stratégie progressive qui rendrait sa défaite plus humiliante encore. Ses conjectures furent amplifiées alors qu’il manifestait son ennui avec une provocante exacerbation. Beth se demandait si elle avait un jour passé ou futur réussi à mettre en péril ne serait-ce qu’un peu de son apathie constamment affichée en sa présence.

Elle tiqua imperceptiblement à l’appellation de candide qu’elle prenait personnellement. Cartésienne, elle ne s’expliquait pas son comportement, mais peut-être encore une fois était-elle trop préoccupée par les apparences pour pouvoir comprendre qu’on puisse être insensible à l’opinion publique. C’était plus le fait qu’il ait réussi à la tromper si longtemps qui la gênait plus que le mensonge en lui-même et elle ne pouvait pas se résoudre à lui accorder cette victoire qu’il savourerait sans doute bien trop, mais ne pouvait pas non plus permettre un retour au statu quo de leur aversion mutuelle sans avoir été éclairé sur son fondement.

Qui est le plus candide entre celui qui prend la vie pour un jeu et celui qui tombe dans son piège ? Son sourire la faisait presque grincer des dents alors même que sa répartie cinglante frôlait elle-même le puéril. J’étais déjà bien éclairée, en effet, sur la qualité de tes sournoiseries, mais je ne pensais pas que tes mensonges s’étendaient jusqu’à tes croyances. Elle s’interrompit un instant pour ordonner prudemment à son cavalier restant de se positionner en position de bloqueur devant un de ses pions. J’aimerais juste comprendre si ce jeu, elle les désigna tour à tour, n’était qu’un recours pour tromper l’ennui ou bien si tu avais d’autres motivations pour te faire passer pour un esprit plus étriqué que tu ne l’es réellement. Elle avait senti sa voix vaciller légèrement alors qu’elle se faisait moins sûre d’elle tout à coup.


Elle ne comprenait pas vraiment qu’il veuille dissimuler ce qu’il y avait de plus humain, de plus intègre chez lui en brisant le cercle vicieux de générations d’ignorance en se battant pour ce qui était juste. Irrationnellement, pour elle, c’était comme s’il préférait être méprisé pour quelque chose qu’il n’était pas plutôt qu’on le respecte pour ses bonnes actions.


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Ven 23 Mar - 2:56
Tiberius redressa un regard vers Fitzduncan et haussa d'un sourcil circonspect, sourire effacé et tout jugement dans le visage. Il secoua légèrement la tête d'une interrogation perplexe, comme s'il n'avait guère compris l'idée. Pour Tiberius, la réponse était évidente mais il crut comprendre qu'elle ne l'était pas tant pour cette chère Elizabeth. Il songea une seconde à la question avec un peu plus de sérieux. Il s'imagina la chose avec une certaine difficulté et conclu finalement qu'Elizabeth était à court de bon mot. Peu lui importait, finalement. Pour le garçon, il n'y avait guère de gloire à être piégée mais il ne jugea pas utile de le faire remarquer. Si Elizabeth venait aujourd'hui l'assommer de ce genre d'égard, c'est qu'elle aussi, s'était sentie stupide. Ou alors venait-elle réclamer des comptes sur ses héroïsmes de seconde zone. D'un soupire, il balaya cette idée désagréable de l'esprit. Il n'aimait pas imaginer qu'elle désirait désormais l'élever en petit soldat patriotique. Il n'aimait pas imaginer qu'il était l'exact miroir de ses adversaires et qu'on l'encourage à le porter fièrement. Comme s'il y avait des valeurs d'éthique dans des idées.

Tiberius n'avait jamais prétendu que ce qu'il faisait était bien. Bon. Héroïque ou même courageux. Ce qu'il avait fait, il l'avait fait au nom de valeurs qu'il s'était forgé lui-même, sans considération morale. Avec beaucoup de recul, il ignorait si ses objectifs étaient louables ou non. Est-ce que supprimer les maisons serait si profitable qu'il se l'imaginait ? Est-ce que nourrir la guerre par la violence était un choix éthique ? Et quand chacun abandonnera ces concepts de valeur du sang, quels seront les prochaines minorités que l'on montrera du doigt ? Et si la noblesse cessait d'être noble, est-ce que la société sorcière n'irait pas vers une déconsidération de caste ? Inverser les pyramides sociales était le phénomène à la mode, depuis la guerre. On méprisait les aristocrates conservateurs et on faisait de la jolie propagande moldue. C'était à vomir.

Aussi, il la toisa longuement lorsqu'elle parla de croyance et de sournoiserie. Il ne comprenait pas ce qu'elle voulait lui dire. Ses sous-entendus fardés d'une élégante verve. Que pouvait-il bien lui avouer ? Qu'il n'était pas sang-pur ? Il l'était ! Qu'il n'était pas Serpentard ? Il l'était ! Oh... Oui. Ces histoires d'idéologie, évidemment... Tout tournait autour de ces vieilles et éternelles rengaines ! Comme si la société sorcière avait tant besoin d'être divisée. Parfois, il repensait à la France et à ses partis. Où l'on pouvait discuter avec des personnes d'un bord politique différent sans se juger les uns les autres. Il enviait ces sociétés où il était possible d'être humain avant d'être juge. Tiberius croisa les bras et se pencha pensivement au-dessus du plateau comme pour mieux appréhender son coup. Finalement, sa tour se retrouvait en ligne de mire et il ordonna à son pion de se mettre sur la trajectoire dangereuse. Par la même occasion, la voie se libérait vers le camp adverse et il espérait promouvoir ce même pion. Si Elzabeth refusait de le prendre, il déciderait plus tard de quelle forme lui donner. Pendant un bref moment, son regard calcula des algorithmes de possibilités et il posa son doigt sur ses lèvres. Le regard lascif sur cette partie, il faisait mine de ne pas l'écouter. Pourtant, dans sa réflexion, il lui accorda sa réponse.

« Quel est l'esprit le plus étriqué ? Celui qui joue ou celui qui juge ? » Lui renvoya-t-il en redressant sur elle un sourire narquois. La laissant méditer quelques secondes là-dessus, il soupira et manqua de rire avec une légèreté méprisante. « Elizabeth, Elizabeth... » Il lui souriait paternellement et l'observait d'un œil fasciné. Il ne savait pas si elle était belle ou si c'était ses attitudes princières qui remuait en tant son émotion. « Ne sois pas si sensible. Tout le monde s'en fout de connaître mes croyances. Et je me fous de savoir les tiennes, pour être tout à fait honnête avec toi... » Il ajouta un peu précipitamment en la désignant vaguement du doigt : « D'ailleurs, profites-en, c'est cadeau. » Comme si sa sincérité avait été un présent rare et précieux. « Tout ce que tu as à comprendre c'est que je me suis amusé avec toi et que ça m'a beaucoup diverti. Je m'étais imaginé que je n'aurai pas besoin de le formuler mais visiblement... » Il ricana. « Je vais de déception en déception, aujourd'hui. »


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Mer 28 Mar - 18:18
Beth avait presque appris à déguiser ses émotions avant de savoir marcher. Dans l’univers dans lequel elle avait grandi, tout le monde portait un masque qui n’en était plus vraiment un, prétendre étant devenu plus habituel que se dévoiler. Dans cet infini carnaval, elle s’était oubliée et la guerre n’avait fait que renforcer cette crise identitaire. Elle ne savait plus qui elle était, comment se définir autrement que par son nom de famille dont même la noblesse ne semblait plus avoir de sens. On lui avait toujours appris qu’elle avait eu la chance de naître dans une famille qui comptait. Mais qui comptait pourquoi ? Qu’avaient-ils de plus sinon que de partager leur arbre généalogique avec quelques têtes couronnées que les circonstances avaient placées sur un trône construit sur les cadavres de victimes de batailles insensées ? Beth n’était plus certaine d’être fière de ses origines quand certains avaient utilisé la prétendue pureté de leur sang pour réduire son monde à feu et à sang. Elle ne reconnaissait pas la jeune femme qu’elle croisait dans la glace tous les matins et qui se cachait derrière son orgueil pour ne pas se briser en morceaux. Ironiquement, elle avait eu la chance d’être désignée par les vainqueurs comme une victime de cette guerre. Qu’il était facile de jouer les opprimés quand il n’y avait plus personne en face pour argumenter. Bien sûr, elle était la première à condamner les actes horribles des Mangemorts, bien sûr qu’ils n’avaient pas fait bon être née-moldue sous le règne des Carrow, bien sûr elle savait à quel point la cause pour laquelle elle avait fini par se battre en mai dernier était juste…. Mais cela n’excusait pas tout. En jouant les victimes même face à son propre reflet, elle s’empêchait de penser que leur camp en avait aussi faites de nombreuses. Ils pouvaient bien se cacher derrière des motivations pour le bien commun, mais ils avaient tous été les bourreaux de leurs opposants. Sans utiliser l’Avada, elle était presque certaine d’avoir commis l’impardonnable ce jour-là. L’absence de procès ne la privait pas de sa culpabilité. Peut-être même y avait-elle des élèves, des enfants, au sein même de cette école, qu’elle avait privé d’un père, d’une mère, d’un frère ou d’une sœur, d’un être cher indépendamment de la politique. Beth se refusait d’y penser, car cette vérité la reléguait au même rang que ses bourreaux. Elle continuait à faire semblant, son titre de Reine des Glaces de loin préféré à celui de meurtrière.

Cette conversation enflammait la jeune femme au point qu’elle en oubliait presque son joli rôle de coquille vide. Elle n’était pas sûre que Tiberius s’en rende compte, ou peut être justement en était-il pleinement conscient, mais il éclairait toutes ses insécurités, révélant son jugement obombré par ses stupides croyances d’adolescente. Face à lui, s’était comme si elle redevenait une petite fille qu’on réprimandait pour son pauvre discernement. Son ton moqueusement paternaliste réveilla des souvenirs d’enfance désagréable et elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas répondre avec une verve déplacée. Elle était certaine qu’il apprécierait le spectacle de la voir se transformer en une espèce de furie qui n’aurait plus rien d’impassible, mais elle n’avait pas envie d’affronter le sourire satisfait qu’il offrirait sans doute à ses insultes. Elle le détestait de parvenir à faire de son cerveau une espèce de bouillie émotionnelle que, telle une mayonnaise ratée, elle ne parvenait pas à rattraper ; elle le détestait de ne pas lui offrir de quoi le détester réellement parce que ça aurait été tellement plus simple pour elle de n’avoir qu’à l’ignorer comme elle faisait avec tant d’autres.

Elle ne répondit pas tout de suite à sa petite tirade moqueuse, ses doigts se repliant avec force autour du tissu de sa jupe sur sa cuisse sous l’effet de sa frustration, de sa colère ou bien parce qu’il la blessait, elle n’en était plus vraiment certaine. Elle ordonna calmement à sa dame de prendre le pion qui visait apparemment la promotion. Le coup était sans aucun doute imprudent vu sa tour qui menaçait l’aile dame, mais elle avait pleinement conscience d’avoir déjà perdu et pas qu’aux échecs. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était retarder sa victoire, limiter les dégâts pour elle et son ego déjà bien diminué. Elle respira doucement avant d’ajuster sa posture sur le banc pour retrouver un peu du maintien qu’elle avait perdu au fil de la conversation. Elle chercha ses mots encore un moment, mais c’est finalement son impulsion première qui prit le dessus quand elle ouvrit la bouche après une quasi-éternité.

Je suis désolée. Les trois petits mots semblaient rouillés alors qu’elle les exprimait d’une voix claire, son regard restait planté dans le sien, et que ses lèvres ne lui rendaient pas son éternel sourire narquois. Pour son jugement hâtif et ses pauvres tentatives de vouloir le ranger dans une case, elle l’était ; pour tout ce qu’il ignorait et qu’elle soufflait à demi-mot comme une confession elle l’était ; pour cet échange irréfléchi, elle l’était. Elle reprit un fragment de silence plus tard, avant que sa sincérité ne devienne trop évidente. Je suis désolée d’être une telle déception doublée d’une perte de temps. Cette fois-ci, le sarcasme avait remplacé sa franchise à peine voilée. Mais il me semble qu’aucune chaîne ne te retient à ce banc, Tiberius, tu es libre d’abandonner la partie si tu le souhaites, poursuivi-t-elle en désignant le plateau. Elle sourit légèrement pour la première fois de leur échange à l’image de cette option qu’elle l’imaginait mal envisager. Je pensais qu’il était évident que je n’étais pas une personne amusante pourtant et surtout pas très encline à servir de divertissement. Je m’étais imaginée que je n’aurai pas besoin de le formuler, mais visiblement… Elle laissa sa fierté blessée singer ses précédentes paroles.

Momentanément, dans son petit monologue, Beth avait oublié une de ses allégations,peut-être la plus importante à ses yeux en faits. Je ne m’en fous pas. Cette affirmation tombait un peu comme un cheveu sur la soupe suite à sa tirade et elle n’avait même pas pris la peine de la dévulgariser comme elle l’aurait d’habitude fait, mais elle était certaine qu’il comprendrait à quoi elle faisait référence. Je ne m’en fous pas de m’être inventée plus d’ennemis que le monde sorcier ne voulait bien en fournir à mes origines moldues ; et quoi que tu dises je suis sûre que tu ne t’en fous pas vraiment de ce que les gens imaginent de tes croyances et qu’il y a des personnes que tu ne laisserais jamais penser que tu prônes la soi-disant pureté du sang.  


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Jeu 29 Mar - 2:14
Tiberius observa son pion se faire prendre et lui réclama de se mettre sur le côté. Le pion râla beaucoup mais le Serpentard n'y fit guère attention. La sienne était portée sur les nouvelles possibilités restantes. Prenant son pion empoisonné comme une espèce de résignation lassée, il redressa un regard surElizabeth. Il se demanda si ce geste avait été parfaitement volontaire et réfléchit, mettant sa reine en position de faiblesse ou n'avait-il pas vu le piège qu'elle lui tendait pour se débarrasser de cette tour de plus en plus menaçante.

Il cala son dos contre le dossier. Tiberius ignorait s'il surestimait son adversaire ou si sa méfiance était parfaitement légitime. Il observait le plateau d'un œil perplexe. Il ne calculait aucune attaque possible et pourtant, si Tiberius avait la stratégie rodée, les Serdaigle étaient célèbres pour la force de leur inventivité. Il était probable qu'elle eut quelques tours dans son sac que le Serpentard était encore incapable de percevoir.

Tiberius resta ainsi, la mine pensive mais le sourire narquois aux coins des lèvres. Son confort n'était qu'à peine ébranlé. Il ne s'agissait que de décider ou non si un coup impulsif lui serait préjudiciable. Si le garçon était certain de sa victoire, il espérait l'écraser de toute sa superbe. Sa tour vociférait allègrement qu'elle pouvait la prendre. Que la Dame était à portée. Elle mangea un peu sa case et le maître intima à sa Tour de s'adouber. Elle se tût, sage.

Les paroles d'Elizabeth, alors, s'élevère en une gracieuse symphonie surprenante. Sa voix était claire et sincère. Son visage était traversé d'une émotion que Tiberius ressentit comme un profond malaise. Il redressa un regard vers elle et perdit immédiatement son sourire. Jouer avec Elizabeth était une chose. Amusante. Toujours spirituelle. Et d'une difficulté qu'il adorait surpasser. C'était un jeu divertissant auquel il se soumettait car il prêtait à la Serdaigle une force de caractère qu'il ne pourrait ébranler aussi facilement. Ces trois mots semblèrent effondrer en lui une illusion qu'il avait mis tant de temps à bâtir. Que répondre à un abandon total de soi ? Il ignorait Fitzduncan capable de forfait. Ouvrir son cœur n'était pas ce qu'elle faisait. Car Tiberius le savait très bien : Ils avaient le même péché d'orgueil à expier. Alors, il se demanda pourquoi. Son esprit se laissa noyer de questionnements amers et l'abandonna dans un silence égaré. Il attendait d'elle une explication. Quelque chose sur lequel il pourrait rebondir. Car si la sincérité pouvait se matérialiser en allégorie, elle aurait sûrement été la forme que prendrait l'épouvantard face à lui. Paralysé de peur était une sensation proche de ce qu'il put momentanément ressentir.

Puis ses lèvres s'étirèrent. Un ange passa avant que son cœur ne reprenne un rythme régulier. Un rythme de connard. Il se laissa rassurer et se permit même de rire joyeusement mais d'une voix douce et délicate. Il se redressa, bien plus confortable dans ses bottes qui lui semblait avoir perdu deux tailles pour l'espace d'un instant. Oh non... Elizabeth n'était pas prête à s'ouvrir à lui. Et grand bien lui fasse ! Tiberius osa imaginer le jour où elle craquerait. Où elle fondrait comme une bougie face à lui et qu'il devrait alors jouer sur le même champs de bataille. C'était dans l'humilité et la sincérité que Tiberius était vulnérable. Il chassa l'idée et décida, pour toute réponse à sa proposition de déclarer forfait, de prendre sa Dame. Sa Tour ne se fit pas prier. La menace la plus plus importante du jeu venait d'être éliminée. Les prochaines seront naturellement sa tour et son cavalier. Le jeune Avery redressa un regard satisfait vers Fitzduncan et haussa des sourcils, tout sourire. Il posa son bras le long de son dossier et s'avachit comme un monarque sur son trône.

« Tu as le trait. » Soupira-t-il d'un air d'ennui évident. Finalement, il se laissa jouter par ce rappel que lui enfonçait Elizabeth sous le nez. Le visage de Tiberius sembla hésiter entre une mine perplexe et un sourire amusé. Il croisa les bras puis les jambes.


« N'en soit pas si sûre... »

Elle l'amusait beaucoup plus qu'elle ne le pensait. Tout du moins, Tiberius adorait son intelligence, son esprit et sa finesse. Néanmoins, l'exprimer était un large terrain qu'il lui céderait. Et Tiberius était un seigneur territorial. Il pencha la tête sur le côté et fronça des sourcils. Toujours aussi dubitatif. Le garçon semblait avoir tout le mal du monde à attraper le fond de ses pensées. Elle cachait souvent ses implicites par un suspens insupportable. Alors il arqua un sourcil et pencha la tête en avant, redressa un regard inquisiteur sur elle.

Avait-elle raison ou tort ne fut pas la réflexion immédiatement du Serpentard. Elle semblait tant s'acharner à vouloir le connaître, avec ses affirmations sorties de nulle part. Qu'en savait-elle ? Qu'avait-elle cherché à connaître de lui pour avoir l'air si sûre d'elle ? Peut-être qu'au fond, c'était elle qui était motivée par le regard d'autrui. Peut-être que c'était ça, la raison de cette conversation. Tiberius savait qu'on ne reprochait aux autres que ceux que l'on n'osait pas se faire à soi-même. Alors, sévèrement, il la coupa presque dans sa tirade.

« Qu'est-ce que tu en sais ? » Claqua-t-il sans un sourire. Il la jugea longuement du regard comme s'il eut été capable de légilimencie. Il s'adoucit alors brusquement. Tourna la tête et fut surpris d'un rire mauvais. Il la regarda alors dans les yeux et lui sourit avec une bienveillance hypocrite.

« Je trouve ça amusant : On passe notre temps à nous renvoyer nos vilaines piques à la figure. » Il leva les yeux en l'air avec une espèce de préciosité mal fagotée, comme s'il semblait réfléchir sur le sens de la vie. « Il faut croire que je ne suis pas si différent de toi... Peut-être même que nous ressemblons tous les deux à ces ignobles gens qui prônent des valeurs qui te font si peur, Elizabeth. » Il accrocha soudain son regard à celui de son interlocutrice. « Ce serait cocasse, n'est-ce pas ? » Répondant à côté, Tiberius savait que ce n'était pas tellement le sujet. Mais il lui sembla avoir touché un point qu'il était prêt à creuser jusqu'au bout. Puisqu'elle semblait prête à creuser à son tour. Il tourna la tête vers le groupe de pro-sang-pur qui l'avait abandonné aux mains de la duchesse des moldus. L'air pensif, il ajouta : « Pour en être sûr, il faudrait pouvoir discuter avec eux. Mais regarde-les... Ces monstres. Même pas humains. Ils méritent de recevoir toute la haine qu'ils ont semés, tu ne penses pas ? » Il fit de nouveau face à Elizabeth d'un ait innocent et parfaitement ingénu, les sourcils levés hauts sur son front. Puis son visage s'affaissa en une odieuse expression de dédain. Son sourire s'étira. « Oh, oui. Je ne doute pas que tu sois de mon avis. »


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Mar 3 Avr - 18:27
La prise de sa dame, qui avait quitté le plateau silencieusement, habillée du peu de dignité qui lui restait, empêchait Beth de construire une forteresse autour de son roi. Sa tour-dame, la seule pièce à longue portée qu’il lui restait, était en position de faiblesse, menacée de se faire prendre dès qu’elle aurait perdu le trait, alors que son cavalier ne la protégeait plus de la menace de l’échec quand bien même elle s’en servirait pour prendre la tour régicide. Les trois derniers pions ivoires, bloqués par leurs semblables adversaires au milieu du plateau, n’augmentaient pas non plus ses ambitions. Motivée par les changements de ton de son adversaire, tantôt moqueur puis qui la réprimandait ensuite presque comme l’enfant qu’elle n’était plus, elle n’avait plus vraiment envie de lui céder la victoire. Sachant toutefois qu’elle ne pouvait pas non plus l’obtenir pour elle, Beth cherchait le pat qui déclarerait jeu nul, retournant la supériorité numérique de son opposant contre lui en quelques sortes. Elle ordonna à son cavalier frémissant de prendre la tour victorieuse, l’offrant à la merci d’un simple pion, impassible face à la réticence de la pièce blanche. Beth ignorait si Tiberius y verrait les derniers sursauts de panache de quelqu’un qui se sait condamné à la capitulation ou s’il verrait clair dans le dessein de ses actions et refuserait son sacrifice. Dans cette dernière possibilité, elle voyait l’espoir d’au mieux rééquilibrer le jeu et de s’éviter l’humiliation d’une défaite fracassante, au pire, elle pourrait toujours se dire qu’elle avait fait de son mieux.

Elizabeth savait qu’elle avait fait une erreur en augurant sur la manière dont il gérait le regard des autres autant que sur l’authenticité de ses actions. La froideur de sa voix alors qu’il la remettait sèchement à sa place ne l’effraya pas autant par le miel aux relents presque comminatoires des mots qui sortirent ensuite de sa bouche. Elle pouvait bien lui céder qu’elle ne le connaissait pas assez au final pour lui inventer certaines intentions, c’était la vérité, même si elle aurait aimé qu’il en soit autrement ce qui lui aurait éviter d’avoir à avancer à tâtons. Pourtant, elle aurait dû se douter qu’à se hasarder ainsi à essayer de comprendre ses motivations, elle finirait par subir un retour de flamme douloureux.

Ses mots restèrent coincés dans sa gorge alors qu’il la mettait rudement face à face avec tout ce qu’elle refusait d’admettre, ces peurs qu’elle maquillait de fierté pour ne pas perdre pied, toute cette colère enflammée qu’elle réprimait derrière une attitude glaciale. Il lui était tellement plus facile d’en vouloir aux autres que d’affronter le monstre du miroir qu’elle avait elle-même finit par croire à ses propres mensonges qu’il lui jetait à la figure, un sourire collé sur le visage. Elle le trouvait parfait dans cette attitude dédaigneuse qui lui allait comme un gant alors qu’il se faisait juge à son tour. Quelle monumentale erreur cela avait été de laisser son orgueil venir demander des comptes alors qu’à présent, elle aurait presque aimé baisser la tête pour éviter ses yeux inquisiteurs. À la place, elle tourna la tête pour observer sans le voir, le groupe de personne qu’il lui désignait. Elle ne connaissait même pas leurs noms, ils étaient juste des visages qui lui rendaient son animosité. Beth ne se souvenait plus très bien du moment où les monstres de ses cauchemars avaient pris forme humaine, ni de celui où elle avait laissé la haine se frayer un chemin dans son cœur, empoisonnant son âme au passage. Elle était terrifiée d’entendre Tiberius prononcer avec un cynisme évident les paroles que lui soufflait dans un coin de sa tête depuis la fin de la guerre, une petite voix avide d’une justice vengeresse.

Tu ne sais pas comment c’était. Sa voix s’était finalement élevée, pas plus haute qu’un murmure qui s’excusait presque d’exister. Beth n’avait rien d’une grande tragédienne et sa voix ne laissait pas entendre le tremblement de ses émotions. Sa colère n’avait pour seul témoin que ses poings serrés avec force alors qu’elle pouvait presque sentir sa magie crépiter au bout de ses ongles. Elle ne cherchait même pas à nier ce dont il l’accusait à demi-mot. À quoi bon, ils savaient tous les deux qu’il avait raison. Elle ne savait pas ce qu’il pouvait déchiffrer dans son regard, mais c’était beaucoup trop. Elle ne voulait pas qu’il y trouve tous ses regrets face à sa propre naïveté quand elle avait cru l’année précédente que Poudlard serait un meilleur refuge que le monde moldu. Beth devinait qu’il avait au moins un minimum dû se trouver en contact avec les forces d’opposition pour se retrouver au beau milieu de la dernière bataille, même si elle ignorait à quel point. Elle était certaine que les violences de la guerre étaient venues le trouver d’une façon ou d’une autre, mais elle ne pouvait qu'imaginer les blessures qu’elles lui avaient laissées.

Je suis désolée que mon cœur, comme mon sang, ne soit pas aussi pur que le tien afin de pouvoir pardonner ce qu’il s’est passé au sein même de ce château l’année passée.
La colère froide de ses mots alors qu’elle se justifiait encore une fois par la différence de statut de leur sang n’était qu’une façade dissimulant peu ses réelles et mitigées émotions. Je suis désolée de tiquer à l’idée de voir se balader librement dans le château des personnes qui ont soutenu, sinon participé, aux punitions des Carrow pour simples actes de rébellion », continua-t-elle en mimant les guillemets, ou bien juste pour ceux qui comme moi avaient le malheur d’exister. Des dits châtiments, c’était plus l’humiliation qu’elle retenait et qu’elle taisait, cette odieuse sensation d’impuissance plus marquante que n’importe quelle cicatrice physique. C’était sans doute le fait d’être ainsi diminuée qui poussait la verve assassine de ses paroles que Tiberius ne méritait sûrement pas. Elle lui en voulait d’avoir agacé sa culpabilité bien enfouie en quelques mots pertinemment placés, alors qu’il se plaçait là en inébranlable observateur de sa décadence. Elle pouvait sentir à quel point elle était pathétique, là maintenant, alors qu’elle déballait des vérités qu’elle-même ne voulait pas entendre.

Tu peux bien t’enfermer dans l’utopie que des explications suffiraient à harmoniser les relations entre pro-sang-pur et né-moldu, que de simples excuses apaiseraient les tensions de la guerre, mais le problème Tiberius, c’est qu’ils ne veulent pas de mon pardon autant que je me contrefiche de leurs faux-fuyants. Elle soupira, presque lasse de cet affrontement qu’elle avait pourtant initié. Frustrée de ne pas pouvoir exprimer correctement ce qu’elle voulait, elle se mordilla la lèvre inférieure un instant avant de reprendre, beaucoup plus calme que quelques secondes auparavant. La guerre est terminée et on l’a tous perdue. La mort de Voldemort, l’arrestation des Mangemorts, ça ne changeait rien aux rivalités et injustices du monde magique. Ils pouvaient bien se bercer d’illusions, la société sorcière ne faisait qu’osciller comme un pendule, de gauche à droite, d’un groupe à l’autre, les opprimés devenant oppresseurs.



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Lun 9 Avr - 3:14
Tiberius posa son coude sur la table et appuya d'un doigt lassé sa tempe. Observant le jeu commencer à devenir intéressant, il laissa sa tour mourir au profit d'une bien piètre pièce. Comme à chaque fois que le trait lui revenait, son regard s'assombrissait brutalement pour laisser place à des mouvements oculaires rapides et nerveux sur le plateau. La voix d'Elisabeth lui était parvenu brusquement et avait contraint ses réflexions à s'asseoir dans un coin de son esprit.

Redressant un regard dédaigneux sur Elisabeth, il arqua un sourcil. Il ne savait pas si la pauvre Serdaigle était sur le point de pleurer ou pas. Une tension presque touchante s'échappait d'elle. Une anxiété précieuse de petite princesse blessée. Au moins, Tiberius avait réussit à la toucher. Voilà une bataille qu'il pourrait au moins gagner.

En vérité, Elisabeth avait bien raison et le garçon le savait. Il ne savait pas comment c'était. L'année précédente était comme un long rêve éveillé pour lui. Et lorsqu'il s'était réveillé, le château n'avait pas semblé bougé. Pas d'un iota. Tout avait été si rapidement reconstruit. Tout avait été si rapidement bouclé. Le Seigneur des Ténèbres est mort. Harry Potter a gagné. Hourra. Tiberius n'avait eut qu'à retourner sagement sur les bancs de l'école et finalement, ne s'était réellement rendu compte de l'horreur qu'à travers le vide, les silences et les regards assombris. Il avait eut quelques vents des traitements infligés aux élèves. Des témoignages discrets et toujours emprunts d'une pudeur mortuaire. Il avait vite considéré qu'il ne serait jamais assez légitime pour pouvoir juger de la situation qu'avait été Poudlard sous les Carrows. Beaucoup d'élèves avaient évité le pire et avait décidé de ne pas revenir à l'école de sorciers. Mais d'autres n'avaient pas eut vraiment le choix. Pour de nombreux d'entre eux, Poudlard était leur seul foyer. Un foyer devenu une geôle. Et sans doute, Elisabeth avait été dans ce cas, pour avoir continué cette année-là sous le règne des Mangemorts.

Tiberius ne sut quoi répondre immédiatement. S'il pouvait aisément comprendre que le silence était précieux dans ce genre de situation, en vérité, il ne voulait pas l'offrir à Elisabeth. Il ne voulut pas lui montrer la moindre empathie. Le moindre signe de compassion. Il jugeait que c'était elle qui était venu le voir. Elle qui était venu l'aborder sur des sujets fâcheux. A quoi pouvait-elle s'attendre ? Qu'il la console de gentils mots doux ? D'excuses car il n'avait pas voulu jouer ces petits jeux claniques avec elle ? Tiberius ne savait pas à quoi point elle avait pu souffrir. Pouvait-il seulement le deviner. Mais si elle était là, face à lui, c'est qu'elle était prête à affronter de douloureux souvenirs face à quelqu'un qui ne les avait pas partagé.

Alors, il décida de la laisser continuer en regardant le jeu avec plus d'intérêt. La voilà qui repartait sur les éternelles rengaines qui animaient tous les élèves... Il roula des yeux pendant qu'elle parlait et se pencha plus attentivement sur ses pions. Le blanc semblait offert mais les sempiternelles plaintes de né-moldus, il les connaissait et les entendait tourner dans sa tête au détriment de ses réflexions. Tant pis. Il soupira et releva la tête vers elle.

Il ne savait pas vraiment quoi répondre. Encore une fois, elle avait parfaitement raison. Les né-moldus avaient été les victimes des sang-purs pendant longtemps. Ils avaient été méprisés, mis de côté, raillés et torturés pendant toute une année. Il le savait, elle le savait, tout le monde le savait. Il avait eut les témoignages de ses deux amis pour savoir à quel point c'était dur. A quel point ça avait été une horreur à vivre. Parfois, il entendait une anecdote de Billie ou de Ian et les accueillait toujours avec une grimace d'horreur.

Néanmoins, il ne s'agissait pas de savoir qui avait le plus souffert dans cette histoire. Qui méritait ou non le pardon. Et il n'en était guère juge, en vérité. La Serdaigle était venu le voir pour savoir pourquoi Tiberius avait menti. Pourquoi avait-il décidé d'enrôler la peau du tyran avec elle. Alors, il joua le jeu. Qu'Elizabeth le trouve mauvais ou non, qu'elle le considère mal ou qu'elle l'admire, cela n'avait que peu d'importance. Alors, d'un geste négligeant, il pris le pion grâce à son fou, le protégeant ainsi par son second fou encore debout.

Il fixa d'un regard vide et morne sur son adversaire, sans s'émouvoir de ces derniers mots à faire pleurer dans les chaumières.

« Au moins, on est d'accord là-dessus. » Conclut-il cette émouvante petite tirade égocentrique d'un souffle moqueur. Comme si leur opinion divergeait sur tout le reste.

Il redressa le dos et s'étira tranquillement. Puis s'immobilisa brusquement et la regarda d'un air surpris et faussement pris au dépourvu.

« Ah, tu as finis ? » Il baissa les bras et roula son poignet gauche qui commençait doucement à brûler. « Et tu t'attendais peut-être à ce que je sois désolée pour notre petite duchesse des sang-de-bourbe ? » Il avait pris une voix précieuse et montant haut dans les aiguës, comme on pourrait parler à un petit chaton fragile. Il pencha la tête sur le côté et son timbre repris une vibration grave et cruelle. « Je ne sais pas comment tu as appris que je ne partageai pas leurs idées... » Il ne tourna pas la tête pour les désigner mais les fluctuations de sa voix suffisaient à pointer du doigt le groupe d'à-côté. « Mais si tu es venu pour te justifier, sois rassurée : Je ne te le demande pas. Et je ne vais pas me justifier. » Il la toisa avec un mépris presque écœuré. « Pas face à toi. » Il leva une main lasse en l'air, précieuse et maniérée et soupira. « Tu es... Incorrigible. » Il ricana. « Tu viens me traiter de menteur, d'hypocrite, de naïf. D'idéaliste... » Il ajouta ce dernier mot en l'appuyant d'un hochement de tête et haussant des sourcils. Il souriant gentiment, tout cela ne semblait pas vraiment l'atteindre. Et à vrai dire, ce genre de jugement venant d'une parfaite étrangère, quand bien même la trouvait-il belle et élégante, ne l'atteignait pas. Il rit doucement et haussa des épaules. « Je ne te comprend paaas, Elizabeth ! » Le ton de sa voix était bienveillant, percutant cruellement les reproches que lui avait faite sa camarade. « Qu'est-ce que tu me veux, exactement ? Maintenant que tu mas insulté copieusement, que tu as libéré ce qui tracassait ton petit cœur de née-moldue et de victime... Qu'est-ce que tu espères de moi ? » Il leva les bras, théâtralement, comme s'il s'offrait entièrement à elle. « Dis-moi... Je suis entièrement à toi ! Là, devant ce plateau de jeu ridicule où ton roi est sur le point de se faire prendre... Tu me voulais ? Je suis là ! » Il lui prit alors la main avec une affection mauvaise et la serra comme pour la supplier. « Mais par pitié... » Faussement désolé, son visage s'était décomposé en une moue caricaturale. Elle reprit doucement forme dans une expression de provocation malsaine. « Arrête de te plaindre comme si tu étais la seule à avoir souffert... » Il plissa le nez. « Ca devient presque gênant, entre nous. »


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Mar 10 Avr - 19:08
Beth se sentait un peu idiote assise raide comme un piquet à cette table où, dans l’égocentrisme de ses pensées, elle ne semblait croiser que des regards mauvais. Elle avait bien conscience de la puérilité de sa mésentente avec Tiberius, et même si elle n’acceptait pas d’en prendre tout le blâme, elle savait qu’elle était en partie responsable. Elle n’était pas certaine des raisons qui la poussaient à ces petits jeux sordides de domination, refusant d’avouer que peut-être elle avait besoin d’un adversaire qu’elle ne pourrait pas briser pour se sortir de sa propre léthargie. Elle connaissait parfaitement les risques en se lançant dans cette nouvelle partie où elle ne pouvait plus se cacher derrière le rôle de la victime de racisme. Elle pouvait bien lui cracher toutes ses erreurs à la figure pour minimiser les siennes, jouer les pleureuses en y égratignant sa fierté, elle savait au fond qu’elle ne trompait qu’elle-même. En vérité, elle ne pouvait imaginer comment elle aurait agi s’il avait trahi leurs anciennes querelles en cherchant à s’en repentir. Elle avait le presque masochiste besoin de son antipathie pour ne pas devenir la seule exécutrice de sa mauvaise fortune. Elle ne voulait pas consentir à le laisser devenir un personnage plus complexe que le simple antagoniste dans les histoires qu’elle s’inventait, les fragiles fondations de ses convictions étaient déjà bien trop ébranlées par ce qu’elle avait découvert au printemps dernier.

Elle ne cilla pas à l’insulte qui, bien trop entendue avait perdu de sa signification, surtout venant de lui. Cependant, qu’il pense qu’elle vienne réclamer sa pitié la fit frémir. Elle n’avait pas envisagé sa petite litanie sous cet angle plaintif, mais se rendait après coup compte de son nombrilisme. Son visage perdit les couleurs de l’émotion de sa tirade alors qu’elle retournait son regard vers le plateau de jeu pour ne pas avoir à croiser son regard. Elle se détestait de ne pas avoir su se taire et surtout d’avoir perdu son précieux contrôle.

Les manières théâtrales de Tiberius ne parvinrent même pas à l’agacer alors qu’il soulignait l’aberrance de son réquisitoire. Elle le regarda à nouveau, un instant perdue, incapable d’expliquer son geste. À quoi jouait-elle ? À quoi est-ce qu’elle s’attendait exactement en venant lui balancer ses quatre vérités quand elle refusait d’entendre les siennes ? Était-elle perdue au point de chercher dans leur inimitié quelque chose de familier ? Quels prétextes pouvait-elle encore trouver pour le mépriser quand son arrogance à elle surpassait largement les accusations qu’elle proférait ? Il avait menti certes, il l’avait blessée oui, mais n’avait-elle pas rendu les coups ? Et surtout, si les rôles avaient été inversés, si elle était née dans une des anciennes familles de la magie, aurait-elle seulement eu à prétendre sa supériorité ? Le hasard de sa naissance l’avait placée du bon côté de la justice, là ou Tiberius l’avait choisi en sacrifiant sans doute beaucoup de son confort. Elle répugnait à le voir comme quelqu’un de bien parce que cela signifiait qu’elle ne l’était pas. Elle cherchait tout bonnement à corriger ses défauts sur les siens avant de se rendre compte qu’elle les avait exagérés.

Je ne sais pas. Sa voix avait repris la neutralité qu’elle se connaissait pour prononcer cette insatisfaisante mais sincère réponse, cependant, elle avait perdu sa condescendance. J’imagine que j’avais l’infatuation de penser pouvoir comprendre les raisons de mon manque de discernement à ton sujet, mais ma seule conclusion revient à ma stupidité. Elle lui offrit un léger sourire triste qui contrastait avec le sien, toujours moqueur, avant de récupérer doucement sa main. Résignée, elle était beaucoup plus calme que quelques minutes auparavant comme si l’acceptation la rendait plus digne de la sagesse attribuée aux élèves de sa maison, aussi radical soit son changement de ton. Nous sommes des étrangers, c’est vrai et j’ai cru pouvoir prétendre savoir qui tu étais. J’ai eu tort et ça m’agace, je te l’accorde, parce qu’il me serait bien plus facile de te mépriser si tes croyances s’étaient alignées aux leurs. Elle ponctua ses aveux d’un léger haussement d’épaule qui n’avait de nonchalant que le paraître. Pourtant, tu me connais aussi assez mal pour pouvoir penser que c’est ta pitié que je recherche, je suis certaine que tu comprends à quel point je la trouverais humiliante. Ses yeux trouvèrent de nouveau les siens alors qu’elle y cherchait quelque chose de sincère. Tu sais ce qui est gênant entre nous Tiberius ? Elle ne lui laissa pas le temps de répondre à sa question purement rhétorique pour poursuivre d’un ton doux qu’il aurait sans doute plus de mal à encaisser que son usuelle froideur. Ce qui est gênant, c’est que je suis bien consciente de ne pas être la seule à avoir souffert. Ce qui est gênant, c’est que je pense que tu as aussi été éprouvé. Ce qui est gênant, c’est que tu as peur que je t’oblige à être sincère parce que c’est juste plus facile pour toi aussi si je te déteste. Elle savait qu’il n’apprécierait pas qu’elle ait encore l’insolence d’essayer de deviner ses pensées et elle entendait déjà ses nouvelles insinuations moqueuses, mais elle avait déjà déposé les armes, elle s’en fichait. C’est comme ça entre nous n’est-ce pas ? Celui qui est trop sincère perd le jeu ? Elle posa son index sur le sommet du roi blanc. Et bien, tu as gagné, je perds. Elle coucha la pièce ivoire en guise d’abandon sans le quitter des yeux.


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Mer 11 Avr - 18:25
Brusquement, tout cessa. Le silence avait imposé quelque chose de sinistre à leur échange. Dans le regard de la Serdaigle, une ombre passa et toute sa condescendance dégonfla. Elizabeth avait déjà perdu un peu de sa superbe au cours de leur petite partie. Elle avait essayé de se débattre avec des armes inutiles face à lui et Tiberius l'en avait moqué. Leur relation n'avait jamais dépassé plus de trois échanges. Toujours pour des piques lancées avec spiritualité et beaucoup de défi. Cette discussion ouvrait à Tiberius une nouvelle facette de cette jeune sorcière. Une facette fragile. Une facette friable. Elizabeth était tout ce que l'on attendait d'une poupée de porcelaine. Elle était belle, précieuse. Enviable et pleine d'une innocence maligne et impudente. Mais surtout : Elle lui apparaissait dangereuse à manipuler. Tiberius venait sans doute d'aller trop loin pour elle et il ne savait pas s'il en était déçu ou attristé. Il la regarda sans rien dire.

Son sourire avait disparu. Son visage était fermé de rigueur et d'une autorité où sa moquerie mauvaise n'avait plus lieu. Seul un jugement sévère passait par son regard. Chacun de ses mots le transperçait méchamment dans la poitrine. Qu'est-ce qu'elle faisait ? Qu'est-ce qu'elle disait ? Il espérait qu'au détour de chaque pardon sincère, elle ne le rattrape d'un sarcasme bien placé. Mais plus elle parlait et plus il se sentait mal et minable. Son visage grimaçait d'un dégoût qu'il ne fardait qu'à peine et il la toisait de haut en bas comme si elle était en train de lui faire une très mauvaise blague. Quand elle lui posa une première question, il arqua un sourcil et leva les yeux en l'air, tentant de la rattraper. De la pousser à remettre ces remparts sur lesquelles il pouvait entraîner sa verve.

« Tu sais ce qui est gênant entre nous Tiberius ? »
« Que c'est ton tour de jouer ? » Demanda-t-il rapidement, en espérant la faire taire. Mais elle continua, fière et triomphante de tout son pathos.

Alors elle parla de lui, de ses souffrances, de ce qu'il avait vécu et Tiberius serra la mâchoire. Il préférait mille fois qu'on dise de lui qu'il avait eut une vie facile. Qu'il ne comprenait pas. Qu'il n'était qu'un enfoiré. Parce qu'admettre avoir souffert, c'était admettre sa faiblesse. Si Elizabeth acceptait sa propre médiocrité, Tiberius ne laissait personne accepter les siennes, pour lui.

« Arrête de penser pour moi. » Il la regarda de haut en bas, méprisant. « Tu te crois vraiment capable de m'obliger à quoi que ce soit ? Tu penses sincèrement que je puisse avoir peur de ce que toi, tu pourrais m'obliger à faire ? Ma pauvre, tu planes dans une autre sphère... » D'un ton un peu désolé, il le lui avait soufflé d'un murmure paresseux tandis que son regard fuyait vers le plateau de jeu.

Il vit alors ce doigt se poser sur le roi blanc. Ses yeux s'arrondir et il leva la tête vers elle. Qu'est-ce qu'elle foutait, par Morgane ? Il la regarda d'un air outré. Comme si elle venait d'accomplir l'impensable alors qu'elle avait amorcé ce processus dès le début de leur échange sans même qu'il ne s'en rende compte. Tiberius considéra qu'elle n'avait pas le droit d'abandonner. Qu'elle n'avait pas le droit d'être plus faible que lui. Plus fragile. Plus sincère. Plus humaine. Qu'elle n'avait pas le droit d'être mieux que lui.

Mais c'était fini. Elle ne jouait plus. Plus avec lui. Alors, il laissa tomber ses bras. Son corps se dénoua de la moindre tension et il se dégonfla subitement sur son siège. Un souffle hébété s'échappa de ses lèvres. Et il secouait lentement la tête comme s'il refusait la situation.

« Non... » Le regard un peu dans le vide, ce mot se glissa sous ses lèvres sans qu'il ne pusse le retenir. Il redressa le visage sur elle et sa figure se crispa en une grimace presque haineuse. Il sembla reprendre contact avec la réalité et il se regonfla brutalement de toute sa superbe. Néanmoins, son sourire mauvais avait décidé de disparaître. Il posa les main sur la table, le dos droit. Un sourcil levé haut. Elle ne l'obligerait à rien. Il n'avait peur de rien. « Dans ce cas, casses-toi. » Il était sec et cinglant. D'un geste violent, il balaya le plateau et ses pièces avec son bras, faisant table neuve. Des regards se tournèrent vers eux. Tiberius ne lâchait pas Elizabeth du regard. Stoïque et implacable. « Tu veux te la jouer sincère et psychologue ? Commence par te regarder dans un miroir. Mais ne viens pas m'emmerder avec tes considérations de merde de né-moldus, les sang-pur... A quel moment tu t'es crus objective pour venir m'en parler ? Ce petit jeu, c'est toi qui l'a mis en place. » Il rit, caustique. « Et maintenant, tu viens toute touchante, la bouche en cœur en faisant comme si tu étais sincère ? Sincère ? Est-ce que tu connais ce mot, déjà ? » Sa colère se libéra en une douche glaciale. Son sourire revenait doucement mais ses attitudes se montraient de plus en plus brusques et violentes. « Ah ! Venir m'emmerder pour me dire mes quatre vérités, ça, tu sais faire ! » Il secoua la main et imita une espèce de pimbêche en levant les yeux au ciel, se targuant de copier les mimiques de son interlocutrices. « Mais môa, voyez-vous, j'ai mes raisooons d'être odieuuuse avec tout le monde... Moi, j'ai souffeeert... Moi... Moi, moi, moi... » Il leva les mains en l'air. « Mais ferme ta gueule ! Si tu veux faire semblant d'être une espèce de... » Il la regarda avec répugnance. « Petite princesse hautaine, alors joue le jeu et ne va pas me faire des leçons de sincérité ! » Il posa les mains à plat sur la table et leva. La tête baissée, il la fixait. « Tu es hypocrite, Elizabeth. Tu parles d'eux, de leurs faux-fuyants... » Il pointa le groupe à côté qui décida de quitter la salle. « Mais tu n'as pas une once d'honnêteté. »


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Mar 17 Avr - 21:30
L’atmosphère entre eux était devenue tellement lourde qu’Elizabeth pouvait presque en sentir physiquement le poids sur ses épaules, tant et si bien qu’elle en avait du mal à épargner son aplomb. Ses épaules étaient douloureuses de sa posture si peu naturelle et elle s’attendait presque à s’affaisser à tout instant comme une vulgaire poupée de chiffon. Elle ne céda pas pourtant alors qu’elle s’apprêtait à abandonner ce jeu stupide, perdu d’avance, et qu’il lui conseillait avec un mélange de mépris et d’ennui de redescendre sur terre parce qu’elle n’avait aucune sorte de pouvoir sur lui. Elle refusait d’admettre qu’il avait raison et qu’elle ne pouvait pas ébranler cette façade qu’il lui présentait. Elle était bien trop bornée pour accepter qu’il reste si parfaitement stoïque, impavide, quand elle craignait à tout moment de perdre pieds.

Abdiquer était la solution la plus évidente au dénouement de cette partie, moyen un peu lâche de préférer être à l’origine de sa propre défaite plutôt que de la lui accorder. C’était difficile pourtant pour Beth de mutiler ainsi son orgueil pour ne pas le voir se faire complètement anéantir. Elle avait l’impression de sauter dans le vide, de déchirer en petits morceaux les règles implicites de leur froide belligérance. Pour la première fois depuis leur toute première rencontre, elle eut la brève complaisance de voir la surprise se dessiner sur son visage, mais cette petite victoire de l’avoir rendu muet ne dura que quelques centièmes de secondes avant l’explosion.

Elle ne saurait dire à quel moment elle avait franchi la ligne qui avait fait éclater son flegme en un million de fragments que sa colère sourde avait rendu tranchants et qu’il semblait prêt à lui balancer au visage. Et c’est ce qu’il fit. C’était comme s’il savait exactement où appuyer pour que ça fasse mal, comme s’il voulait faire changer de maître la peur qu’elle lui avait attribué. En comparaison de la difficile vérité, les insultes sur son sang lui semblaient d’une douceur exquise qu’elle en venait à regretter. Elle aurait dû laisser les mensonges entre eux la protéger plutôt que de ne s’aventurer sur un terrain glissant et inconnu. Elle voulait qu’il se taise, mais elle était incapable de faire quoi que ce soit, tétanisée par ce que son laïus accusateur lui inspirait. Elle n’avait rien à y opposer même si elle espérait dans son for intérieur qu’il était exagéré. Elle était honnête… Parfois… Un peu.

Ils étaient à présent le centre de l’attention d’une Grande Salle bien trop peu peuplée pour que le coup d’éclat de Tiberius ne passe inaperçu. Elle détestait ça, nouvelle preuve de l’importance qu’elle accordait malgré elle à un regard extérieur. Beth savait à quelle vitesse mirobolante les rumeurs se répandaient entre les murs de pierre de Poudlard, et elle préférait autant que faire se peut dans être le sujet. Elle aurait voulu, comme leurs voisins, prendre la décision peu courageuse de mettre de la distance entre elle et ce conflit sur lequel elle n’avait plus la moindre maîtrise. Elle aurait voulu l’écouter, se barrer loin, très loin de cette atmosphère empoisonnante, mais sa stupide fierté et sa paralysie soudaine l’en empêchaient. Elle avait le regard vide, scotché au sien, haineux, sa pâleur comme seul témoin du fait qu’elle l’avait écouté.

Elle prit le temps d’être certaine de ne pas trembler pour se décoller à son tour du banc, réduisant leur différence de stature à un écart plus habituel, mais induisant par la même occasion une proximité qu’elle n’était pas certaine de pouvoir endurer. Elle pouvait observer à loisir les moindres détails de son visage, de sa mâchoire serrée aux cernes qui soulignaient l’actuel orage de ses yeux clairs. Elle ravala les quelques injures qu’elle avait sur le bout de la langue comme piètre réponse à sa corrosive tirade ; elle prit le temps d’étouffer son amertume douloureuse qui n’attiserait que de nouvelles haines dont elle ne voulait plus.

Je suis hypocrite, hautaine, donneuse de leçons, si tu veux. Ça n’a rien de nouveau, tu aurais dû être un peu plus attentif aux bruits de couloir toi aussi. Elle ne s’attarda pas sur la moquerie, n’ayant pas vraiment envie de se prendre un sort, vu son état d’énervement, surtout qu’elle avait eu la brillante idée de laisser sa baguette dans son dortoir. Mais par Merlin Tiberius, là tout de suite, je suis tout ce qu’il y a de plus honnête avec toi et, psychomage ou non, je sais que ça te fait peur. Parce que ça l’effrayait elle aussi de devoir jouer avec des dés non pipés. Tu peux bien me détester, me balancer toutes les atrocités de la Terre à la tête et piquer des crises de colère si ça t’apaise. Je. M’en. Fiche. Elle détacha chacun de ses mots d’une voix claire en s’efforçant d’ignorer ceux qui, autour d’eux, profitaient allègrement du spectacle qu’ils leur offraient. Vas-y, essaye de me faire te haïr, que j’ai un mot de trop qui te donnera raison. Elle savait qu’elle jouait avec le feu en lui lançant pareil défi, mais au moins elle savait qu’elle avait un peu réussi à l’atteindre. J’en ai terminé de jouer à ces jeux malsains, que ce soit moi qui ai initié la partie ou non, mais ça ne veut pas dire que je vais choisir de m’abandonner au si mauvais rôle que tu m’as donné. Ses mains agrippaient le rebord de la table à la recherche d’un soutien qui semblait presque vital à cet instant, alors qu’elle tentait de ne pas hausser la voix plus que de nécessaire. Je ne partirais pas parce que la petite princesse hautaine ne reçoit d’ordres de personne, tu vois ? Mais tu es libre de me fausser compagnie pour trouver des personnes plus dignes de ta présence. Elle aurait voulu copier le sourire narquois qu’il affichait si souvent, mais elle n’en avait pas la force. Ou bien reste et explique-moi pourquoi tu sors tellement de tes gonds alors que tu n’as peur de rien et surtout pas de ce que je pourrais te faire laisser échapper. Elle attrapa la reine noire qui avait roulé jusqu’au bord de la table, de nouveau inanimée dès lors que la partie d’échecs avait pris fin et la fit tourner entre son pouce et son index en réfléchissant à ses prochains mots. Est-ce que ça ne t’épuise pas toi Tiberius de voir tout le monde comme un ennemi à abattre ?


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Mer 18 Avr - 19:32
Tiberius s'attendait à une grande claque outrée. Un dos révolté qui s'éloignerait avec une fausse dignité sur laquelle il venait de pisser. Tiberius s'attendait à ce que Elizabeth comprenne qu'il n'était plus temps de discuter. Qu'elle avait réussi : Voilà, on s'arrête de jouer et maintenant, nous n'aurons plus rien à nous dire. Son visage se décomposa en une mine désabusée et circonspecte. C'est qu'elle insistait, la bougresse !

Tiberius voulut l'arrêter mais plus il tentait de la couper dans cette magnifique tirade à faire pleurer des violons, plus il avait l'impression qu'elle haussait le ton d'une décibel. Alors, il abandonna en baissa la tête, mâchouillant l’intérieur de sa joue et soupirant. Il se mordit les lèvres, n'écoutant qu'à demi. Oh, elle avait bien raison sur de nombreux points. Elle l'avait sans doute cerné mieux que beaucoup d'autres avec une rapidité impressionnante. Mais en aucun cas, elle n'était légitime de lui parler comme elle le faisait. Ils ne se connaissaient guère, elle n'était personne. Juste une fille un peu hautaine, un peu spirituelle mais odieusement sensible à l'orgueil. Elle n'avait aucun droit de le juger, d'affirmer ou de le pointer du doigt. Mais elle avait insisté pour le faire avec la hargne d'une vieille folle qui répète les mêmes vanités en long en large et en travers en espérant qu'à un moment ou un autre, ça fasse mouche. Mais, si cela ne fonctionnait pas une fois, ça ne fonctionnerait pas dix minutes après sur des tons d'insultes et de vieilles lâchetés. Et Tiberius leva un regard vers elle en ricanant, mauvais. Amusé de voir qu'elle voulait à tout prix imaginer un lien entre eux qui n'existait visiblement que dans sa tête.

Alors, Tiberius la jugea naïve, un peu frivole. Le mur de glace qui entourait Beth avait explosé et laissait place à une fille pleine de sensibilité doucereuse. Une adolescente aussi butée qu'une autre à imaginer que sa conversation aurait pu mener quelque part avec de tels arguments.

« Ou bien reste et explique-moi pourquoi tu sors tellement de tes gonds alors que tu n’as peur de rien et surtout pas de ce que je pourrais te faire laisser échapper. »

Tiberius se redressa et roula des yeux. Il leva la main vers elle pour la couper immédiatement.

« Okay, mon chou. Je t'arrête. Tu permets ? » Il lui sourit et se désigna. « Je... M'en... Fous... Il faut que je te le répète combien de... »

Comme elle continua, Tiberius leva la voix. Qu'elle arrête de monologuer toute seule comme si elle avait le monopole de la conversation. Comme s'il n'y avait rien à rétorquer et qu'elle avait inexorablement raison sur toute la ligne.

« Stop ! » Agité, presque paniqué, il mima un petit temps mort avec ses mains. « On s'arrête. Maintenant. Stop. » Un petit silence gênant l'encombra. « C'est pas que tu me fais sortir de mes gonds, bichette ! Aha ! C'est que tu es en train de mettre à bout ma patience avec tes conneries... » Il tremblait un peu et avait des gestes spasmodiques. Il se frotta l’arrêt du nez et ricana nerveusement. « Très bien... » Il souffla et redressa les yeux sur Elizabeth. « Tu m'as l'air un peu tendue... Je ne sais pas pourquoi tu tiens autant à me faire chier mais ça commence à être ridicule. Regarde-toi. » Il la désigna d'une évidence flagrante et désolée. « Tu te mets dans des états, ma pauvre... Donc... » Il souffla une dernière bouffée de colère qui se dissipa bien vite et regarda ailleurs. « Écoute, mon chou. Reste là, respire... » Il sortit sa baguette et d'une formule magique, rangea ses affaires et les pièces d'échecs dispersées. « C'est moi qui vais partir. Parce que tu commences sérieusement à me casser les couilles. Ca te va ? » Le ton de sa voix était faussement doucereuse et infantilisation. Il épaula son sac et rit jaune. « Bon Dieu, t'es vraiment la seule bécasse de tout Poudlard à avoir le pouvoir de me faire autant suer sans aucune foutue raison... » Tiberius commença alors a s'éloigner en secouant la tête d'un air indigné, très conscient que la laisser planté là au milieu de la salle allait atteindre la petite fierté fragile de la Serdaigle.

Quelque part, Tiberius ne voulait pas plus qu'elle être aux centres des attentions et, jugeant qu'elle n'était pas prête à mettre fin à leur petit différend, décida de quitter la salle, toujours aussi habile pour préserver son égo.


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Mar 8 Mai - 19:38
Pendant un millième de seconde Elizabeth se demanda si quelqu’un tenterait de l’arrêter si elle essayait de l’étrangler là toute suite, en plein milieu de la Grande Salle. Elle était complètement stupéfaite qu’il ose se poster en figure de la raison qui la faisait passer pour une gamine capricieuse ayant tendance à tout dramatiser. Vraiment, c’était ELLE qui sur-réagissait ? Si elle était frivole à ne s’occuper que des choses futiles alors il l’était d’autant plus à traiter à la légères celles qui étaient sérieuses. Il n’avait juste pas le droit de lui balancer des horreurs à la tête et de lui reprocher cinq minutes plus tard de s’agiter pour rien. Elle détestait cette façon qu’il avait de pouvoir la pousser dans ses retranchements, de refuser de jouer à armes égales. Elle se détestait elle-même d’avoir eu l’infinie bêtise de croire que mutiler son propre ego lui permettrait d’atteindre le sien, de penser que ses nouvelles connaissances l’obligeraient, lui, à une position de faiblesse.

Elle ouvrit la bouche sans qu’aucun son n’en sorte, alors qu’il faisait ce qu’elle aurait dû faire dès le moment où il était devenu clair que cette conversation n’aurait pas d’issue paisible. La profondeur de sa colère démontrait que celle-ci était plus tournée vers elle-même que vers Tiberius vraiment. Qui essayait-elle encore de tromper ? Elle avait perdu dès lors qu’elle avait fait le choix malencontreux de s’épancher comme une adolescente qu’elle croyait avoir enterrée. Se mordant la langue, pour ne pas laisser échapper une énième idiotie qui achèverait de lui donner raison, elle s’agrippa de plus belle à la table, comme si elle cherchait à ce que ses ongles en pénètrent le bois. Ses yeux ne le quittèrent pas alors qu’il la laissait là, sur une ultime insulte, s’abandonner à son rôle de plante verte.

Ce ne fut qu’une fois qu’il n’était depuis bien longtemps plus à portée de voix, qu’elle sembla enfin retrouver l’usage de la parole dans un murmure peu convaincant. « Lâche. » Elle se laissa tomber sur le banc en répondant à ceux qui l’observaient de travers aux alentours par un regard noir. Qu’elle n’ait rien à faire à leur table ne lui effleura pas un instant l’esprit et le cas contraire, elle les aurait bien mis au défi de chercher à l’y en déloger.

Beth ne savait pas trop ce qui la poussait à agir de cette manière avec le Serpentard. Une petite partie d’elle y voyait un mystère à résoudre, comme si décortiquer son comportement lui permettrait d’en oublier l’absurdité du sien. D’un autre côté, qu’elle aurait refusé de l’admettre même sous la torture ou non, il avait aussi cette grisante aptitude à la pousser à se surpasser quand il s’agissait d’argumenter.

Un soupir lui échappa alors qu’elle se retrouvait devant l’étendue du fiasco de cet échange. Elle y avait laissé un peu de sa dignité que les rumeurs qui se répandaient usuellement comme une traînée de poudre entre les murs du château ne permettraient pas de guérir. Son regard fut attiré par quelque chose à côté de son pied qu’elle se pencha pour ramasser. Elle observa ironiquement la pièce souveraine, oubliée par le sort empressé de Tiberius, pour finir par la poser sur la table au cas où son propriétaire à qui elle manquerait voudrait revenir la chercher. Elle se décida finalement à enjamber le banc des verts et argents pour à son tour quitter la Grande Salle qui se faisait oppressante autour d’elle. Échec à la Reine.



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