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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin
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Anonymous
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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin EmptyDim 8 Avr - 3:54
Les maux de tête l’avaient réveillé en plein milieu de la nuit. Il lui semblait qu’ils étaient pires que ceux qu’il avait pu expérimenter depuis son arrivée à Poudlard. Mais encore une fois, c’est ce qu’il se disait à chaque fois que ses migraines étaient plus fortes que la moyenne. Perceval s’adossa difficilement à la tête de son lit. Chaque mouvement provoquait des détonations abominables dans tout son crâne. Il commença à chercher sa table de nuit à tâtons pour en ouvrir le tiroir, il n’osait pas faire de lumos avec sa baguette de peur que la lumière ne l’éblouisse et accentue la douleur aiguë qui lui traversait les tempes.

- Accio CuraCepha…

Sa voix n’était qu’un murmure rauque dans la pénombre de sa chambre mais il avait eu la sensation de l’entendre résonner puissamment dans ses oreilles. Rien ne vint. La fiole de potion devait soit être vide, soit enfermé dans quelque coffre dont elle ne pouvait sortir. En tout cas il était certain qu’elle ne se trouvait pas dans cette chambre car avec son audition momentanément décuplée il l’aurait forcément entendue tinter si elle s’était retrouvée coincée dans les parages.

Il resta un instant avachi dans son lit, la tête calée dans ses oreillers et les yeux fermés à réfléchir aux différentes solutions qui s’offraient à lui. Attendre patiemment que la douleur étourdissante se calme d’elle-même n’était pas en option. Ni mettre sa chambre sans-dessus-dessous pour retrouver une potion qui pourrait l’apaiser non plus ; rien que l’idée de devoir se mettre à quatre pattes dans sa condition lui donnait un haut le cœur. Il ne lui restait plus qu’à rejoindre l’infirmerie et espérer que l’infirmière de garde ne se soit pas endormit et puisse le soigner.

Il prit une grande inspiration –qu’il regretta amèrement, les veines de son cerveau lui parurent sur le point d’exploser- et se leva de son lit. Le sol froid sur la plante de ses pieds lui donna l’impression de reprendre racine dans la réalité. Il s’avança à l’aveuglette jusqu’au milieu de ses appartement et se décida enfin à chuchoter un lumos qui lui arracha un grognement de douleur quand la lumière atteint ses rétines. Une fois sa baguette enroulée dans un coin de sa chemise il entreprit de se rendre présentable. Même à l’article de la mort Perceval aurait probablement prit un temps pour soigner son apparence. Il se changea pour enfiler une robe de sorcier avec des gestes rendus lents et gauches par la douleur. Elle n’avait rien d’exceptionnel mais c’était toujours mieux qu’un pyjama.  

Sa baguette toujours enroulée dans un tissu il sorti à pas traînant dans le couloir. Chacun de ses pied lui semblait peser une tonne et il avançait avec lenteur, une main sur le mur pour se soutenir. Il n’avait plus du tout l’impression d’être ancré dans la réalité mais au contraire d’évoluer dans une sorte de boule épaisse de coton. Une grosse boule de coton dans lequel étaient dissimulées mille aiguilles. La montée jusqu’au rez-de chaussée fut un calvaire mais une fois arrivé, il put éteindre sa baguette, la lumière de la lune filtrant à travers les hautes fenêtres du château était amplement suffisante pour ses yeux dont la migraine avait aiguisé le sens.

Il continua son chemin du calvaire en prenant la direction des escaliers du premier. Toujours aussi lentement, toujours aussi difficilement. Les pulsations de souffrance dans son cerveau se faisaient d en plus en plus rapides et plus en plus intenses. Ses pensées devenaient de plus en plus floues mais il se dit qu’il avait bien fait de ne pas attendre patiemment dans son lit que cela passe, parce que cela ne semblait pas prêt de passer.

Il arrivait à peine en haut des marches qu’il se sentit vaciller. Quelque chose n’allait pas sans qu’il arrive à mettre le doigt dessus. Il s’éloigna de l’escalier pour s’éviter une chute vertigineuse inutile. Son pied se prit dans un tapis qu’il n’avait pas vu mais heureusement son allure était beaucoup trop lente pour que cela le déséquilibre. Il fronça les sourcils ce qui lui arracha un grognement de douleur. Il faisait sombre, certes, mais il aurait dû le voir. Lentement, il passa la main devant son visage. Il ressorti sa baguette pour produire de la lumière en ignorant la souffrance qui lui vrillait le crâne. Ses doutes furent confirmés. De grandes taches grisâtres lui bloquaient une partie de son champ de vision. Une vague nauséeuse l’envahi. Il fallait qu’il rejoigne l’infirmerie rapidement. Son instinct lui dictait que les taches n’avaient pas fini de s’étendre et qu’il serait bientôt aveugle. Heureusement ce couloir était aussi celui où il dispensait ses cours et il avait une bonne idée de la topographie des yeux. Et quelque chose lui disait qu’il serait bientôt forcé de vérifier si l’expression « capable de s’y retrouver les yeux fermés » s’appliquait pour lui ou non. Il éteignit une nouvelle fois sa baguette, les horribles taches n’étaient pas aussi flagrantes dans le noir. Toujours avec lenteur, il se dirigea dans la direction de l’infirmerie.

Le couloir ne lui avait jamais parût aussi interminable que cette nuit. Ses jambes pesaient des tonnes, il avait l’impression qu’il marchait depuis des heures. Sa tête était tellement douloureuse qu’il avait la sensation qu’elle s’était détachée de son corps. Il aurait préféré qu’elle soit détachée de son corps. Un bon Avada dans le visage et la douleur disparaîtrait. Son champ de vision était à présent réduit à la taille d’une noise, mais il voyait enfin la porte de l’infirmerie. Ses pensées n’étaient plus claires et il était parfois prit de frissons. Il ne savait plus s’il avait trop froid ou trop chaud. Sa main touchait le bois du battant quand il fut pris d’un haut le cœur. Le spasme le projeta légèrement en avant et il poussa la porte un peu plus brusquement que prévu.

Mais il était arrivé à destination. Enfin. Maintenant qu’il se trouvait à l’infirmerie, chose qui lui semblait presque impossible quelques secondes plus tôt, il ne savait pas quoi faire. Son esprit confus ne voulait pas lui indiquer clairement la démarche à suivre. Se faire entendre peut-être. Indiquer à l’infirmière de garde qu’elle avait un patient. Mais articuler un mot, même simplement émettre un son était au-dessus de ses forces. Une troisième vague de nausée le secoua et cette fois il cru qu’il allait rendre son dîner. A bout de force, il se laissa couler sur le sol, aveugle, frigorifié, en sueur et le visage sur les genoux comme un enfant.  
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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin EmptyMer 11 Avr - 13:25
Elle courait parmi les entrelacs d’arbres, leurs silhouettes frêles s’étirant en ombres osseuses sous la lumière du clair de lune, croisillonnant le sol de la forêt anonyme. Sophie elle-même se sentait légère, sans plus de substance que la brume nocturne. La brise caressait ses jambes dénudées sans pour autant qu’elle n’ait froid : elle ne portait pas d’uniforme, mais une robe légère, qu’elle savait jaune mais que la nuit rendait cendrée. Son rire s’échappa, net comme un trille d’oiseau chanteur, disparaissant entre les troncs, puis semblant revenir en échos multiples. Elle allait les trouver !  Débusquer les fantômes avec lesquels elle s’était engagée dans cette partie de cache-cache était un jeu parfaitement sérieux, au sein de ce bois onirique. La tête de Sir Nicholas de Mimsy-Porpington surgit de derrière un bosquet, et Sophie se rua, agile, à la poursuite de l’éclat argenté, une main sur les troncs sveltes pour se stabiliser dans son virage. L’ectoplasme était à sa portée, produisant son propre éclairage fantasmagorique concurrençant l’astre lunaire. Un quart de tour, repousser la branche feuillue qui lui fouettait la joue sans douleur, et la scène sembla se figer dans un éclat de lumière soudain.

Au milieu de la clairière se tenait non pas le noble fantôme de Gryffondor, mais une créature aussi étincelante que terrifiante. Le Détraqueur resplendissait d’une blancheur aveuglante, presque scintillante, à mille lieues des réels gardiens d’Azkaban. En cet instant, Sophie eut la conscience d’être dans un rêve, ou plutôt, dans un cauchemar, mais sa terreur était bien réelle et la maintenait paralysée, incapable de fuir ou d’essayer de se réveiller avant que le pire ne se produise. Quelle importance, si votre âme se faisait avalée alors que vous étiez réveillé ou assoupi ? Le songe ne lui avait pas fourni de baguette : nul Patronus ne viendrait la secourir. Parfaitement immobile, elle fixa la créature qui s’approchait lentement d’elle, ses haillons luminescents agités par un souffle intérieur. Elle avait froid, désormais, pouvait sentir l’aura glacée du Détraqueur faire hérisser ses poils tendit qu’il se penchait vers elle…

La clairière disparut brusquement dans un bruit de porte qui claque, et la jeune infirmière se leva dans un sursaut, repoussant le lourd fauteuil sur lequel elle s’était assoupie. Que… ?! Elle cligna des yeux, cherchant à les habituer à la pénombre ambiante, et tâta devant elle, faisant tomber quelque petit objet avec fracas sur le sol. Ah. Elle avait voulu terminer quelques dossiers de patients et bons de commande la veille au soir, avait fini par transfigurer la chaise du bureau de garde en confortable fauteuil et avait dû s’y endormir, incapable de repousser le sommeil plus longtemps. Elle aurait pourtant pu rester dans son propre lit ce soir-là, puisqu’il n’y avait aucun patient de nuit dans l’infirmerie. Sophie avait des habitudes de sommeil particulières. Ses années à Sainte-Mangouste l’avait rendue capable de dormir par blocs de trois heures avec la régularité d’un métronome, quand elle s’y astreignait, et elle avait toujours eu la capacité de s’éveiller au moindre bruit et d’être immédiatement alerte. Ces capacités avaient été bien utiles lors de ses mois de clandestinité, mais ne l’aidaient guère, désormais, à retrouver une hygiène de vie normale post-Azkaban.

Elle passa une main sur son visage. Le cauchemar perdait de sa substance de seconde en seconde. Un bruit l’avait réveillée, oui. Par réflexe, elle se saisit automatiquement de sa baguette, bien présente dans la poche de son tablier, cette fois-ci, et de quelques Flambios, illumina les lampes à huile éclairant le petit bureau de garde et l’entrée de l’infirmerie, dans laquelle elle se rendit en quelques pas. La lumière chaleureuse des petites flammes avait quelque chose de profondément rassurant. Baguette de nouveau rangée, elle resserra les pans de son gilet rouge contre sa poitrine, cherchant à chasser l’impression qu’elle rêvait encore et que le décor autour d’elle n’était pas réel, avant de se mettre en quête de la source du bruit qui l’avait réveillée.

Il ne lui fallut pas longtemps pour la trouver. Recroquevillé dans sa robe de sorcier, une silhouette ramassée sur elle-même était demi-écroulée, demi-assise contre le mur. Sophie s’approcha et s’agenouilla à sa hauteur, se contorsionnant pour distinguer son visage.

« Professeur Mora ? Que se passe-t-il ? »

Il était en sueur et frissonnant. Se relevant, elle attrapa la couverture pliée au pied du lit le plus proche, et vint la draper sur ses épaules. Perceval Mora. A la réflexion, il lui semblait que Poppy lui avait mentionné le professeur d’histoire, qu’elle fournissait en potion contre les migraines. Chassant les derniers morceaux de brume onirique qui l’entravaient encore, Sophie entreprit de baisser la luminosité des lampes environnantes au minimum. Se penchant à nouveau, elle saisit l’homme sous les épaules et s’arquebouta pour le relever, avant de l’entraîner vers le lit et de l’y asseoir le plus doucement possible. Il était pieds nus. Seigneur, avait-il vraiment traversé le château ainsi ? Elle l’incita à se caler contre la tête de lit et à relever ses pieds du sol en pierre froide, repoussant d’une main la cascade d’épais cheveux lui obscurcissant la vue lorsqu’elle se mouvait. Elle avait dû les détacher avant de s’assoupir, et n’était pas habituée à les avoir en travers de son chemin, hors de leur chignon, hors de leur coiffe, quand elle travaillait.

« Savez-vous quelle dose de CuraCepha Madame Pomfresh vous donne-t-elle habituellement ? » chuchota-elle. S’il ne savait pas, elle irait chercher dans son dossier, mais s’ils pouvaient gagner du temps, ce serait mieux pour lui.
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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin EmptyLun 16 Avr - 14:50
Si Perceval avait encore été doté du sens de la vision, il aurait remarqué les petites flammes qui s’allumaient dans l’infirmerie sur les réceptacles prévus à cet effet pendus aux murs de la grande salle. Il aurait été également possible que cette lumière bien qu’encore tamisée lui brûle anormalement les rétines dû à la migraine dont il souffrait. Mais il était à présent plus aveugle qu’une chauve-souris et le bourdonnement qui retentissait dans ses oreilles l’empêchait de percevoir correctement le doux bruissement des flammes qui apparaissaient grâce à la magie de l’infirmière. Il senti sa présence, cependant, alors qu’elle se penchait au-dessus de lui et sa voix pourtant douce retentit comme mille trompettes dans ses oreilles. Il n’eut qu’un autre grognement à lui offrir en réponse à sa question et leva tout de même la tête en sa direction. Ses yeux fixaient le vague cependant, il ne pouvait pas la voir.

Il sentit aussi qu’on lui déposait quelque chose sur les épaules. Une couverture. Tous ses sens étaient en éveil, il pouvait percevoir chaque fibre sur son épiderme, le lainage qui lui démangeait désagréablement la nuque. Il ressentait son poids anormalement écrasant sur ses épaules. On le tira vers le haut, il tenta une poussée faiblarde sur ses deux pieds pour accompagner le mouvement et d’éviter à la femme qui était venue à son secours de ne pas avoir à soulever toute sa masse –il n’avait pas encore l’esprit assez clair pour identifier l’infirmière qui l’avait pris en charge mais de toute manière aucune d’entre elle n’était bien épaisse- mais ses jambes lui répondaient à peine. Il se laissa manipuler comme une vieille poupée de chiffon et atterrit bientôt sur un lit où il s’allongea docilement. Une petite voix au fond de la boule de nerfs en ébullition qu’était maintenant son cerveau ne pouvait s’empêcher d’exprimer son soulagement vis-à-vis de l’heure tardive de cette crise. Il n’aurait pas voulu être surprit pas un de ses élèves dans une telle position de faiblesse.

Une autre question fut chuchotée à ses oreilles et il eut brièvement l’impression d’avoir mis la tête dans une ruche habitée de mille abeilles en colère. Il voulut répondre mais aucun mot ne réussit à franchir ses lèvres mais un nouveau haut le cœur le prit par surprise. Il se pencha du côté opposé de celui d’où parvenait la voix de l’infirmière pour reprendre son souffle. Quand il se redressa il secoua la tête pour signifier son ignorance, et si au fond de lui il devait bien avoir sa petite idée sur la dose, il n’était de toute façon pas en état de réfléchir. Grave erreur. A cause du mouvement un peu brusque la douleur explosa de nouveau entre ses tempes et les milliers de couleurs vivent avaient remplacé la teinte grise et morne derrière ses pupilles vides. Son grognement de douleur habituel avait été remplacé par un gémissement pathétique qui ne lui ressemblait pas. Quand l’élancement sui lui faisait souffrir le martyr s’estompa quelque peu, il fit un vague signe de la main en espérant que cela suffirait à l’infirmière pour lui signifier qu’il n’en savait rien et s’en remettait à ses compétences.

Anonymous
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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin EmptyMer 18 Avr - 9:05
Avoir un malade avait l’avantage de détourner son attention. Les derniers lambeaux de rêve de Sophie se dissolvaient à l’arrière de son cerveau tandis que son esprit s’animait de protocoles de soin, les yeux à la recherche constante d’indices sur son patient surprise. Le professeur Mora n’était visiblement pas en état d’articuler la moindre réponse mais qu’à cela ne tienne, elle allait se débrouiller sans lui. La situation n’était pas entièrement inhabituelle pour elle. Le nombre de patients ayant ingéré un poison dont la bouche n’était plus fonctionnelle lorsqu’ils arrivaient dans son service à Sainte-Mangouste était conséquent. Elle le traîna donc jusqu’à son lit, son plan de bataille se mettant déjà en ordre dans sa tête. L’ayant installé, elle… Zut, elle n’avait pas eu le temps de lui fournir une bassine qu’il vomissait déjà. Avec un léger soupir, Sophie fit le tour du lit, nettoya les dégâts d’un coup de baguette, et positionna stratégiquement un récipient sur le sol de pierre.

Bien. Maintenant, elle pouvait le délaisser deux minutes. La CuraCepha n’était pas une potion très dangereuse, et lui fut facilement accessible. Le dossier des patients, lui, était maintenu dans des tiroirs fermés à clé, et il lui fallu retourner brièvement dans le bureau de garde. Fort heureusement, elle n’eut pas à fouiller très longtemps : les dossiers des professeurs avaient leur propre tiroir, et ils n’étaient pas très nombreux. Bon, commencer par une demi-dose, le temps qu’il revienne un peu à lui-même. Sophie revint vers Perceval, déposa son dossier sur la table de nuit, et se saisissant du verre à disposition, versa de la potion.

« Buvez. »

Comme pour un enfant, elle lui soutint la tête d’une main, tendit que l’autre inclinait légèrement le gobelet à ses lèvres. Ceci fait, elle s’assit sur la chaise voisine et commença à lire son dossier dans la lumière faiblarde de la lampe à mèche trop courte au-dessus d’elle. Elle connaissait mal le professeur d’Histoire de la Magie. Lui aussi était nouveau, et lorsqu’elle était élève, elle-même n’avait connu que la transparence soporifique du professeur Binns. Oh, elle avait bien croisé le professeur Mora lors des repas, de quelques réunions pédagogiques ou au détour d’un couloir, mais elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de s’en approcher. Ni l’occasion, ni l’envie. Quelque chose dans son regard rappelait un prédateur, bien qu’il se soit toujours comporté très aimablement en sa présence. Sophie, échaudée par ses récentes mésaventures, ne se fiait même pas vraiment à ses premières impressions positives avec certains de ses collègues, alors, ce n’était pas pour faire ami-ami avec quelqu’un qu’elle avait autant de mal à cerner. Son dossier indiquait qu’il avait des migraines régulières, mais qu’elles avaient absolument toutes été traitées par Poppy, avec de fortes doses de CuraCepha, souvent prises en auto-médication. La jeune infirmière haussa un peu les sourcils en voyant les quantités bues, mais se pencha et versa une deuxième ration de potion dans le verre, avant de le lui tendre sans un mot cette fois-ci, supposant qu’il serait désormais assez remis pour boire sans assistance. Qu’elle soit proche de lui ou pas n’avait au fond pas d’importance : personne ne méritait de gémir de telle manière. De sa main libre, elle resserra les pans de son gilet sur sa poitrine.
Anonymous
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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin EmptyVen 8 Juin - 18:20
Perceval se laissait faire avec la docilité d’un nourrisson. A vrai dire il ne sentait pas vraiment le contacte des mains de sa bienfaitrice sur sa peau, ni le rebord du verre sur ses lèvres ou le liquide qui coulait dans sa gorge et manqua presque de s’étouffer avec. Il ne sentait presque rien parce que la douleur semblait vouloir prendre toute la place et poussait tous ses autres sens au rebut. Et à vrai dire son corps semblait avoir abandonné l’idée de lutter contre la migraine. Dans un de ses rares éclairs de lucidité il constata tout de même que ce ne pouvait être Pomfresh qui prenait soin de lui. La doyenne des infirmières était d’une efficacité et d’un professionnalisme irréprochable mais elle n’était pas le genre à se montrer si douce et délicate avec lui ou aucune autre de ses patients, jeune ou moins jeune.

Le liquide âcre fut avalé et la présence s’éloigna. Perceval s’allongea complètement sur le lit dans un mouvement lourd et las. Quelques minutes s’écoulèrent qui parure à l’historien comme plusieurs infinités, prisonnier de son cocon de tourment. Puis, peu à peu, la douleur commença à reculer comme la mer à marée descendante. Les vagues d’acide qui lui brûlaient les méninges emportaient avec elles les algues de sa nausée. Il n’y voyait toujours rien mais ses autres sens s’éveillaient timidement. L’ouïe d’abord. Il distinguait au loin de bruit de feuilles que l’on manipule doucement. Puis le goût, l’amertume de la potion sur sa langue. Il se redressa sur les coudes en essayant de stimuler sa vue. Il plissait les yeux, les fermait puis les rouvrait. Et ne commençait-il pas à percevoir quelques ombres floues à la lisière de son champ de vision ?

Sur sa gauche le gris foncé se transformait en gris clair. Il tourna la tête vers la source de lumière qu’il supposa être celle d’une bougie. Une silhouette noire s’y découpait en ombre chinoise malhabile. Une silhouette qui lui tendait quelque chose. Lentement il tendit la main dans un geste approximatif. A la forme et au toucher il s’agissait forcément d’un gobelet. De l’eau ou du médicament, dans tous les cas il en avait besoin. Il porta le récipient à ses lèvre et reconnu le goût aigre de la boisson. Médicament. Il but le tout en trois longues gorgées rapides et rabaissa son verre avec une grimace.

- Merci.

Sa voix était rauque, fatiguée et sonnait comme un raclement de gorge rocailleux. Mais au moins il avait retrouvé la capacité à s’exprimer autrement qu’en grognement gutturaux ce qui annonçait une nette amélioration malgré sa tête qui n’en finissait pas de bourdonner désagréablement.
Anonymous
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Mauvaise foi nocturne - PV. Sophie Goodkin EmptyLun 18 Juin - 13:48
Le dossier toujours ouvert sur ses genoux, Sophie scrutait le professeur Mora, à la recherche de signes que sa condition s’améliorait. Maintenant que le plus urgent était fait, ils avaient tout le temps du monde. Au fond, elle était ravie qu’il ait débarqué ainsi en plein milieu de la nuit. Un patient était toujours la distraction parfaite à un cauchemar et pour une fois, ce n’était pas un adolescent apeuré ou rebelle. Elle n’avait pas la moindre envie de retourner dans le bureau de garde ou dans ses appartements. Il lui semblait qu’une terreur vague restait coincée dans ces pièces sombres, comme un écho de son cauchemar. Tant qu’elle restait dans l’infirmerie, active, elle était protégée. Sophie n’était pas une lâche, et elle se plaisait à croire qu’elle affrontait ses peurs lorsque c’était nécessaire. Après tout, elle avait été à Gryffondor, non ? Toutefois, elle goûtait peu les peurs inutiles, surtout lorsqu’elles provenaient de cauchemars irrationnels. Les personnes équilibrées n’avaient pas peur de leurs propres rêves. Elle jeta un rapide coup d’œil derrière elle, mettant au défi un quelconque Détraqueur cauchemardesque d’apparaître dans l’encadrement de la porte du bureau, et devant la pénombre tranquille, se reconcentra sur son patient.

Avec un sourire encourageant, elle lui reprit le gobelet des mains et le posa sur la table de chevet. Le professeur Mora s’était redressé et semblait retrouver ses sens, puisqu’il regardait dans sa direction. Elle lui sourit.

« De rien. Je peux augmenter un peu la lumière ? »

Lui arrivait-il souvent d’avoir des crises aussi violentes ? Elle s’inquiétait sur la fréquence de ses migraines. A en juger par son dossier, il avait une préférence pour les gérer seul, et Madame Pomfresh laissait faire, mais cela ne lui semblait pas une conduite très raisonnable après cette nuit. Il fallait trouver l’origine de ses maux. Elle n’avait jamais entendu que la CuraCepha soit une potion particulièrement addictive, mais s’il continuait à en consommer de telles quantités, il allait développer des effets secondaires. Machinalement, elle partit à la pêche dans la poche de poitrine de son uniforme et en tira un élastique, avant de commencer à natter ses cheveux en une tresse lâche, le temps que son patient retrouve ses moyens.
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