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Les poupées fragiles ♣ Margaret

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Ven 1 Juin - 11:19

Les poupées fragiles
Margaret & Catriona

« Love is powerful. It can bring the gods to their knees. »
Il y a d’abord eu les cris puis la fumée.

Elle n’a rien vu en vérité, bien au chaud dans sa salle commune de vert et d’argent. La soirée aurait pu être merveilleuse mais elle lui avait trouvé un gout de cendre un peu trop vite. Gabriela était avec son cavalier, le sien l’ennuyait prodigieusement, sa sœur désapprouvait Merlin seul savait quoi et Hippolyte la fuyait. Autant rentrer plus tôt sous des prétextes tout trouvés, le reflet d’une lune blanche dans des yeux un peu humides. Ils étaient tous bêtes ! Ce fut exactement ce qu’elle pensa en faisant retomber ses boucles blondes. Ils méritaient des horreurs et elle espérait que Meg renverserait du punch sur sa jolie robe et qu’Hippolyte se ferait marcher sur les pieds par toute ses cavalières !

« Cat’ viens vite !!! Ta sœur te cherche. » Elle lève un nez dédaigneux. Ah maintenant on la cherche ? A la bonne heure ! « J’ai sommeil alors non me… » « Des monstres sont venus au bal ! » Il y a un peu trop d’effroi dans la voix de son camarade de classe et d’autres courent vers les couloirs. L’un de leurs joueurs de quidditch rentre pour s’effondrer dans un des sofas, les vêtements sentant curieusement le brûlé. « Si… si tu parles de cette horrible chose que Bullstrode portait, je comprends mais ce n’est pas… » « Non, il y a eu une attaque, Bride. » Elle déteste ça. Le fait qu’on l’appelle par son nom de famille, le fait que cette école soit un moulin à vent et le fait que cette fichue infirmerie lui semble bien trop loin.

**

« Mademoiselle Bride, veuillez retourner dans votre salle commune. Suivez vos préfets. Tout va bien. » « Mais Mag’ est … » « Vos professeurs s’occupent de ce fâcheux événement. Trop de monde ne fera que ralentir Madame Goodkin. » Elle se tient indécise dans le couloir, si peu courageuse tout à coup. « C’est un ordre, mademoiselle Bride. » La mine est plus compréhensible et elle croit y trouver une douceur désolée. « Vous feriez plus de mal que de bien pour l’instant. Dépêchez-vous. »

**

« Cat’ ! » La voix de Gabriela lui fait l’effet d’un sortilège apaisant, la panique outrancière palpitant dans les muscles tandis qu’elle enlace son amie. « Demain matin, j'irai voir Hippo, Meg est là-bas, j’ai entendu un des poufsouffles dire qu’on l’y avait emmené » Elle reste interdite partagée entre le soulagement et l’angoisse. Il n’y a plus qu’à attendre alors ? La rage bouillonne sous l'inaction, trop petite néanmoins, écrasée par l'inquiétude. Elle en a assez d'être traité comme une enfant mais il n'y a plus que ça à faire, n’est-ce pas ? La nuit passerait bien assez vite, pas vrai ? Elle occulte le brouhaha dans la salle commune ainsi que les injonctions des préfets. « Hippolyte aussi ? » Elle s'en veut de ses souhaits puérils. La langue est lourde sur le palais, gonflée de cauchemars. Elle a entendu certains clamer la présence d’une chauve-souris géante, d’autres se remémorer un troll dans les toilettes, puis elle s’est endormie quelques heures sur son lit, la collerette de son pyjama froissée, les oreilles encore bourdonnantes de récits sans queue ni tête.

Il est beaucoup trop tôt, l’épuisement des batailles enveloppant le château d’une étreinte nauséabonde encore. Cat se faufile dans les escaliers, la robe de chambre flottante dans sa course jusqu’à l’infirmerie encore fébrile. Le flash blanc inonde l’iris quelques secondes et elle voit enfin sa sœur, écartant toute autre pensée. « Meg ! Oh Meg… tu es affreuse. » C’est tout le désespoir enfantin qui coule dans sa voix, les sanglots étouffés par l'effroi. Elle est tellement rassurée. Margaret a les traits fatigués et de la cendre en neige éternelle sur la pâleur de ses cheveux. C’est Cassandre devant les flammes de Troie, les lambeaux de sa robe en drapeau défait devant lui ruines de sa cité.

Cat se terre entre ses bras avant d’entendre la douleur rouler sur les lèvres de sa sœur. « Pardon. » Fait-elle pénaude en s’écartant. « J’ai eu très peur. » Très. Le genre de choses qu’elle ne peut avouer qu’à Meg. Enfant terrible, Catriona est après tout égale à elle-même ; pleine d’incertitudes, emplie d’insécurité, le tout masqué par un visage factice de détermination. Meg la juge parfois mais l’aime toujours. « Oh la la. » La panique remonte en boule dans la gorge. L’odeur incandescente sature encore le corps de son aînée et Catriona en conclut qu’elle ne doit pas être ici depuis si longtemps. La bouteille de médicaments apaisant sur la table de chevet lui donne raison, l’œil un peu vitreux de la serdaigle aussi.

Cat s’installe sur le bord du lit bordant Meg. Elle ne sait pas encore ce qu’il s’est passé mais sa sœur est en piètre état. « Ça va ? » demande-t-elle enfin d’une toute petite voix.

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Ven 1 Juin - 23:35
La potion qu’on lui avait donné pour la faire dormir touchait à sa fin de vie, et Margaret commençait à s’agiter malgré les draps bordés serrés sur le petit lit de métal. Jusqu’à présent, son sommeil n’avait été qu’une masse noire dont elle n’avait pas eu seulement conscience : la drogue était efficace. Toutefois, des éclats de couleur semblaient désormais zébrer ses paupières, gris opaque et éclairs incandescents, accompagnés d’un sentiment de peur croissant. Elle aurait voulu se réveiller, mais était prise au piège par les derniers effets de la potion. Ses yeux ne voulaient pas s’ouvrir. Elle dégagea son bras d’un mouvement léthargique, et il lui retomba mollement sur la figure, lui arrachant un glapissement de douleur. Ah. Sa bouche était donc là. Ses poumons aussi. Crier faisait mal. Son front lui faisait mal. Quelque part entre son front et sa bouche… Oui, elle avait trouvé ses yeux.

Elle battit laborieusement des cils. La grisaille ambiante annonçait que l’aube n’était plus très loin, mais il lui fallut un moment pour se souvenir où elle était. Ce n’était pas son lit. Ce n’était pas sa chambre. Les bruits qui lui parvenaient, tout autour, étaient loin des respirations profondes et calmes de ses camarades de chambrée, et il y avait bien plus de monde, à en juger par ce que ses oreilles lui rapportaient. L’écho même des légers gémissements et des pas sur la pierre était différent. L’espace était plus grand. Elle resta immobile, yeux mi-clos, tandis que les évènements de la veille lui revenaient lentement en mémoire. Elle avait été blessée au bal de Samain, et elle se trouvait désormais à l’infirmerie. Il y avait eu un monstre terrifiant, tout de flammes, elle s’était perdue dans un labyrinthe de vapeur, et certains de ses camarades avaient été gravement blessés. Dans la paix relative de l’infirmerie, elle considéra l’enchaînement avec un grand détachement. Tout était calme ici. Elle avait l’impression de flotter hors du temps, là où rien ne pourrait l’atteindre. La réalité était effroyable, mais elle était hors de portée, et elle se sentait pour le moment tout à fait en sécurité. Ses lambeaux de pensées se déroulaient mollement tels les nuages s’échappant du narguilé de la chenille philosophe d’Alice au Pays des Merveilles, sans conséquences.

Une agitation soudaine la ramena malgré tout au temps présent. Flash de couleur, puis de douleur, et le poids solide de sa sœur sur la poitrine, sa voix au creux de l’oreille. Les lèvres de Meg s’étirèrent en un sourire automatique malgré l’inconfort, ses cils battirent plus vite pour se forcer à se maintenir grand ouverts. Catriona était là. De cette réalité, elle voulait bien. « Catcat… ». Même murmurée, sa voix ne lui ressemblait toujours pas, rendue rocailleuse par tout ce qu’elle avait avalé et respiré la veille, mais le surnom enfantin, lui, était familier. Déjà, sa cadette s’éloignait, de peur de lui faire mal, peut-être, et cette situation lui déplut. « Viens là. » Elle se tassa d’un côté du lit étroit, pour qu’elle puisse s’allonger à côté d’elle. Comme lorsqu’elles étaient enfants, les samedis. Les dimanches matin avaient toujours été pressés, il fallait parfaire son apparence avant de se montrer en public lors de la messe. Mais les samedis matin, eux, avaient été leur royaume. Pas d’obligations sociales, pas de leçons, juste de splendides grasses matinées blotties l’une contre l’autre sous l’édredon moelleux, à se rendormir presque, les bras enchevêtrés, jusqu’à ce que l’odeur du full Irish breakfast vienne leur chatouiller les narines et les tirer définitivement du lit.

Meg tourna la tête et força ses yeux fatigués à faire la mise au point sur le visage flou de sa petite sœur. « Moi aussi, j’ai eu peur. » C’était un petit aveu tout calme, sans orgueil. Elle n’avait jamais eu de difficulté à admettre être effrayée. Il lui était arrivé de mentir pour rassurer sa cadette, mais pas pour passer pour plus forte qu’elle ne l’était. Avoir peur n’avait guère d’importance et c’était inévitable. Ce qui comptait, c’était d’agir quand même, de ne pas se laisser paralyser. Cette philosophie l’avait portée pendant tout le règne de terreur des Carrow, pourquoi pas maintenant ?

« Tout va bien maintenant. » C’était le genre de phrase répétée après un cauchemar ayant éveillé la nurserie, après avoir vérifié qu’il n’y avait aucun monstre dormant sous le lit, rituelle et vide de substance, mais curieusement, elle y croyait. Les restes de potion anti-douleur et de sommeil, la soie des boucles blondes de Cat sous ses doigts et son odeur si familières se combinaient pour lui offrir un profond sentiment de sérénité, et peut importait que celle-ci soit artificielle et déconnectée de la réalité. « Et toi, tu vas bien ? » Elle ne réalisa pas qu’elle n’avait pas vraiment répondu aux questions de sa sœur, mais en même temps, elle aurait été bien incapable, en cet instant, d’énumérer ses blessures. Son front bandé parlait de toute manière de lui-même, et elle se contenta de continuer à caresser les cheveux de Cat.


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Mar 5 Juin - 12:57

Les poupées fragiles
Margaret & Catriona

« Love is powerful. It can bring the gods to their knees. »
« Catcat… » Il y avait un réconfort infini dans ce surnom et la cadette renifla avant de pencher son visage, incertaine. « T’es sure Mags ? » D’ordinaire, elle ne se serait pas fait prier mais d’ordinaire, Meg n’avait pas le front et les bras recouvert de marques rouges dû aux brûlures. Un bref instant de flottement tortilla dans l’air avant que Catriona ne se décide à rejoindre sa sœur, l’odeur aseptisée de l’infirmerie en cocon précieux. Le bras vint se nicher tout autour et elle tourna un regard inquiet vers son aînée. Que c’était-il bien passé ? La culpabilité tangua dans la poitrine. C’est parce qu’elle avait souhaité des horreurs et maintenant Meg était allongée, la mine toute blanche et les cils lourds de fatigue. Catriona ne demanda pas les faits, ils circuleraient bien assez tôt dans les méandres de l’école, et surtout elle avait appris qu’on ne demandait pas aux gens leurs récits de guerre. Pas quand on les aimait en tout cas. « Moi aussi, j’ai eu peur. » Un soupir zébra les lèvres. Catriona pensait que le temps des effrois était loin derrière eux, coincé entre les Carrow et un Poudlard en ruine. « Tu… tu crois que c’est comme l’année dernière ? » L’écho d’une bataille auquel elle n’avait en aucun cas participé résonnait encore dans certains vestiges de ruines au détour des couloirs, mais pour l’essentiel, il semblait que tout ceci n’avait été qu’un cauchemar un peu flou.

La respiration se calqua en un rythme apaisé sur celle de sa sœur, le rêche des draps en contraste opportun avec la douceur de sa personne. « Les professeurs étaient en train de courir de partout, ils nous ont interdit de venir vous voir tout de suite afin de ne pas donner plus de travail à madame Goodking. Je me suis faufilé. » Un petit sourire s’amusa à crépiter au coin des lèvres avant de s’évanouir aussi vite qu'il était né. « Et toi, tu vas bien ? » A la question, Catriona fronça son petit nez. « Oui… » Elle abaissa ses paupières, la honte écarlate sur les joues rebondies. Meg lui en voudrait surement mais elle aurait raison. « J’ai très mauvais caractère, jesuisdésolée. » Elle tâcherait d'être plus à l'image de Meg, promis! Si elle n’avait pas été aussi fâchée et revancharde, sans doute serait-elle restée plus longtemps à la fête et aurait pu aider sa grande sœur, mais comme elle avait un nez de cochon récalcitrant, Meg avait dû -une fois de plus- subir tous les désagréments en offrant de sa personne pour secourir autrui. « J’étais tellement en colère hier soir… je croyais que tu me faisais la tête, Gabriela avait un chouette cavalier et puis Hippolyte est bizarre et… mais je ne voulais pas qu’il y ait de monstres, promis ! » Elle était sournoise parfois, un peu vilaine sans doute, jalouse à l’occasion mais elle n’avait pas non plus envie que les gens meurent tout de même.

En tout cas pas Meg. Et comme pour souligner sa pensée, elle se bouina un peu plus contre elle.

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Mar 5 Juin - 23:28
Blottie contre sa sœur, dans une scène à la douceur à la fois familière et si lointaine déjà (où était passée leur enfance ?!), Meg se serait bien rendormie. Ses paupières étaient encore lourdes de sommeil artificiel, et tout son corps pesait trois tonnes et s’enfonçait dans le matelas de son petit lit, avec la sensation qu’elle ne s’en relèverait jamais et que cela n’avait pas la moindre importance. La douleur à son front était sourde, sa présence en arrière-plan rappelée à chaque battement de cœur dans un bercement abrutissant.

Toutefois, sa quiétude ne pouvait pas être complète alors qu’elle sentait la crainte de Catriona, telle de petits tentacules de froid perçant sa torpeur. Elle fit un effort pour rouvrir ses yeux, qui s’étaient fermés sans qu’elle ne s’en rendre compte, et pour rassembler ses pensées. « Non, ce n’est pas comme l’année dernière. Le professeur McGonagall est notre directrice, et elle nous protègera. » C’était affreux de penser que Cat n’avait connu Poudlard presque qu’uniquement aux mains des Mangemorts, comme un lieu de noirceur, où torturer des adolescents était la norme. Meg, elle, avait grandi avec une autre vision de l’établissement. Ses yeux d’enfant avaient été éblouis par la splendeur du Tournois des Trois Sorciers, et ses repas avaient été rythmés par les discours du professeur Dumbledore, là où Cat ne les avait entendus que trop brièvement. Assister à son enterrement, ce n'était pas un discours de fin d'année plein d'espoir comme ceux qu'elle-même avait connus. « L’année dernière, l’ennemi était à l’intérieur de Poudlard. Cette année c’est différent. Ces monstres… C’était juste un incident isolé, je suis sûre que nous sommes bien protégés. » Son cerveau fatigué avait oublié l’arrivée de l’homme, ne retenant pour l’instant, et c’était compréhensible, que l’Inferno. Un monstre terrifiant, mais également une créature isolée. Elle avait besoin de croire à cette version des faits, ou elle n’aurait jamais retrouvé le sommeil. Pour l’instant, les drogues qu’elle avait reçu l’aidaient à  consolider ce beau château dans les nuages et elle n’avait aucunement l’intention de se désillusionner.

Elle referma les yeux au récit de sa sœur, un sourire au coin des lèvres. « Goodkin » corrigea-t-elle dans un souffle, par pur réflexe. La nouvelle infirmière qu’elle avait croisé en amenant Damien à l’infirmerie, au tout début de l’année. « Je suis contente que tu sois venue. » Pour une fois, il n’y aurait pas de reproches sur le respect du règlement. Cat ne dérangeait personne, ainsi venue au petit matin, et elle était contente de l’avoir avec elle. Soulagée d’entendre qu’elle allait bien. Réconfortée par sa présence si familière et leurs démonstrations d’affection dans cette épreuve.

« Qu’est-ce que tu racontes, chaton ? »  Elle eut un début de rire, qui finit en toux rauque, et dut se redresser le tant que passe la quinte. Ses bronches étaient encore toutes encombrées. Elle se laissa ensuite retomber sur les oreillers et attira un peu plus sa sœur dans son épaule. « Rien de ce qui s’est passé hier soir n’est de ta faute. Et je ne te fais pas la tête, c’est toi qui me boude. » Parce qu’elle la fliquait, mais ça n’était pas le sujet. Hippolyte, bizarre ? Des signaux d’alarme s’allumèrent dans son cerveau tournant au ralenti. Fallait-il lui dire frontalement de rester éloignée de lui, au risque qu’elle fasse tout le contraire par pur défi ? C’était cruel, sans pouvoir lui expliquer pourquoi. Elle abandonna son ton de sermonneuse. C’était plus facile d’être simplement complice, quand on chuchotait, la voix déformée par les somnifères et la fumée : « Laisse Hippolyte tranquille. Il a peut-être des problèmes qu’il aimerait régler tout seul. » Il avait intérêt à les régler tout seul. Elle s’abstint de finir par « il reviendra quand il sera prêt ». Elle n’était pas certaine qu’Hippolyte soit jamais prêt. « Et toi, tu n’avais pas de cavalier ? » Sa sœur était la lampe attirant les papillons de nuit, jolie, spontanée, charmante autant que charmeuse et si ces qualités l’inquiétaient parfois, aujourd’hui, elles la réjouissaient. Quelqu’un finirait bien par remplacer Hippolyte dans le cœur de Cat, avant même que celle-ci ne se rende compte de la place qu’il y avait prise.


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Sam 9 Juin - 0:23

Les poupées fragiles
Margaret & Catriona

« Love is powerful. It can bring the gods to their knees. »
Les mensonges avaient bon gout. Catriona avala la cuillère dorée que lui présenta sa sœur en des mots qui n’avaient plus beaucoup d’importance maintenant. Dans quelques heures, il y aurait des morts et la protection aurait un parfum de cendre. Cela ne servait à rien de tergiverser trop longtemps et la blonde se laissa bercer par les non-dits qu’on lui offrait avec constance. « Oui. Bien sur que nous le sommes. Puis quelle idée se serait que de détruire encore les murs quand on vient juste de les reconstruire. » Poudlard lui avait semblé si jolie la première fois mais elle n‘était plus si sure maintenant. Elle froussa les lèvres, bien à l’abri du regard tendre de sa sœur. Meg avait raison et puis n’avait-elle pas décidé l’année dernière de s’amuser ? Le reste était bulle sous les vents contraires et tout le monde avait complètement tord comme de bien entendu. Toute ces histoires de monstres et de sang pur et ces déconvenues faites de gens qui ne voulaient plus vous parler et d’autre qui vous ignoraient…

Elle glissa ses doigts sur le drap, entortillant le tissu dans de petits mouvements gracieux. « Laisse Hippolyte tranquille. Il a peut-être des problèmes qu’il aimerait régler tout seul. » Cat ne répondit pas ce qui aurait dû pourtant sembler évident ici à sa sœur : surement, Hippolyte savait qu’elle était son amie justement et qu’elle serait là pour l’aider malgré son caractère fantasque, n’est-ce pas ? Il n’avait pas si piètre opinion d’elle tout de même ? Ou peut-être que Nereus avait réussi.
La vérité c’était qu’elle avait été remplacée depuis longtemps quelque part et qu’elle commençait lentement à en prendre conscience dans une colère aussi taciturne qu’irréversible. L’idée lui picora les yeux. Elle n’avait pas tant d’amis de cœur que ça. Gabriela et Hippolyte avaient été son monde inconsciemment, la loyauté constante bien qu’un peu cruel à leurs égards en un étendard vibrant. Elle ravala la déception. « Surement. Les cours sont difficiles il parait en 4ème année. Oh mais je suis sûre que je me débrouillerais très bien moi, puis tu m’aideras. » Un sourire résolu glissa sur un visage revenant à hauteur de son ainé toute blonde et jolie. Elle lui chipa un baiser sur la joue. « Et toi, tu n’avais pas de cavalier ? » Meg sommeillait malgré elle et Cat secoua son visage à la question. Les choses légères c’étaient tout de même bien plus amusant ! « Je peux t’assurer que mon manque de cavalier à ce terrible bal n’était en aucun cas quelque chose que j’avais envisagé de moi-même, ce fut tout un concours de circonstances absolument effarant et qui m’a bien servi de leçon. » Elle gonfla ses joues, se roulant sur le ventre pour mieux raconter ses péripéties alors que son aîné s’endormissait à vue d’œil. Elle chuchota un peu plus bas : ce n’était pas des informations à mettre entre toutes les oreilles ! « J’ai été invité deux fois et … oh comme une sotte j’ai toujours pensé que j’aurai une meilleure proposition. C’était censé être une merveilleuse soirée et au final je me suis ennuyée, j’ai été jalouse et en plus tu t’es fait attaquée. Ma vanité a été bien punie. » Cat papillonna des cils, la bouche en un arc framboise vers le bas. « Un second année m’a invité en premier mais je m’étais dit oh non jamais ewwww, alors qu’il avait l’air très gentil mais si j’étais allée avec lui, ma réputation ! » C’était une bonne raison, n’est-ce pas ? Elle n’était pas si sûr. Meg n’aurait jamais refusé pour une raison pareille. « Après, il y a eu celui avec des lunettes chez les poufsouffles, mais Eliza a dit à Louise qui a dit à Gabriela qu’elle en pinçait pour lui. Je ne peux décemment pas manquer au code. Je voulais vraiment un sixième année, ça aurait été si palpitant… mais rien du tout. Nul. Le fiasco. J'avais choisit en plus. Il m’a juste dit que j’étais trop mignonne gnagnagna. » Vraiment. L’insulte. Bien sur qu’elle était mignonne ce n’était pas le sujet.
Le museau tout grognon vint se poser sur le bras de sa sœur, le silence zébrant quelques secondes l'espace restreint. « Je crois que c’est parce que je n’ai pas de poitrine. » Si, c’était forcément pour ça. « Selina Rosenberg en a une énorme et elle a été invitée par un cinquième année, elle. »

Trop injuste.

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Dim 10 Juin - 13:05
Au simple nom d’Hippolyte, son cerveau embrumé se battait contre la somnolence avec férocité. Elle ne voulait pas perdre une miette de ce que lui dirait sa petite sœur sur le sujet. Catriona n’avait pas l’air de vouloir la contredire, cherchant même des excuses pour aller dans son sens, bien. L’excuse scolaire n’avait aucun sens mais elle se garda bien de le dire. Hippolyte n’était pas brillant, mais il n’était pas plus bête qu’un autre non plus. Dans certaines matières, il se débrouillait même très bien Quant à recevoir de l’aide, il avait toujours celle d’Aslinn quand il en avait besoin. Ce n’était donc pas une question de manque de soutien. Et puis, la quatrième année était du pipi de chat, en comparaison avec la cinquième et la pression des BUSEs. Mais si Cat voulait y croire… « Bien sûr que je t’aiderais. Tu t’en sortiras très bien, tu verras. ». Sa cadette était si jolie quand elle souriait ainsi. Son visage de brave bonne petite fille. Meg n’était pas entièrement dupe. C’était le sourire qu’on sortait aux invités pour donner le change, ça. Mais pour l’instant, ça suffirait.

Cat lui planta un petit baiser sur la joue, et Meg soupira d’aise avant de laisser ses yeux se fermer. Elle pouvait tout aussi bien écouter sans voir. Elle connaissait sa sœur par cœur et devinait ses expressions malgré ses paupières closes. Un léger rire lui monta aux lèvres, qu’elle se retint de trop laisser sortir. Ce n’était pas le moment de vexer son leprechaun blond. L’entendre encadrer le tout dans une vertueuse leçon de morale, avec les intonations de leur mère, et alors même qu’elle parlait de quelque chose d’aussi frivole restait cependant très drôle. Le goût de Cat pour les grands mots lui avait semblé normal, enfants, quand elles n’avaient pas de comparaison. Elle ne s’était rendu compte qu’à Poudlard que les manières de la petite pouvaient être délicieusement grandiloquentes. « Deux fois, c’est bien. » Elle-même n’avait reçu aucune invitation. Elle s’était attendue à ce que Peter le fasse, mais non. Et que fallait-il penser de la remarque de Ian ? « Si j’avais su que tu venais seule, je t’aurais invitée. » Probablement qu’il avait simplement dit ça par politesse. Il lui semblait qu’il avait esquissé un compliment, avant que Tiberius ne les interrompe, mais est-ce que ça comptait quand on l’appelait en même temps Vomito ? Et d’ailleurs, est-ce qu’elle voulait ce genre d’attention de la part de Ian ? Mmh. C’était trop compliqué pour qu’elle y pense maintenant. Elle se faisait probablement des films, de toute manière. Encore une fois, sa sœur de treize ans avait eu plus de succès auprès des garçons qu’elle. Elle n’était même plus étonnée. C’était probablement Cat qui aurait dû l’aider, tiens.

« Tu as bien fais de dire non au Poufsouffle. » C’était important de préserver d’abord ses amitiés, surtout à son âge. Cat était jeune. Elle avait besoin d’amies et de copines bienveillantes à ses côtés, pas de garçons lui tournant autour comme des mouches. Les garçons, eux, allaient chercher des filles plus jeunes qu’eux, mais c’était vrai que l’inverse restait mal vu. Elle pouvait comprendre que la vanité de sa sœur lui ait fait refuser le premier garçon, même si elle était désolée que cela ait gâché sa soirée. « C’est un mal pour un bien au final, tout ça. Ça t’a tenue éloignée des monstres. » Elle rouvrit les yeux. Un sixième année ? Ah non ! C’était viser beaucoup trop haut, pour le coup. Un sixième année serait intéressé par des… choses, pour lesquelles Cat était beaucoup, beaucoup trop jeune. Meg elle-même s’estimait trop jeune pour, alors, sa petite sœur, pensez donc ! Son bébé avec un grand garçon de seize ans ! « Je ne veux pas que tu sortes avec des sixième année, tu m’entends ? Ca ne serait pas palpitant du tout, tu t’ennuierais. Crois-moi, ils ne parlent que de leurs futurs ASPIC. » Le pieux mensonge. Décidément, les études auraient bon dos aujourd’hui. Cat et un sixième année ! Elle allait vraiment demander à Aaron de garder un œil sur sa sœur. Et à Billie aussi, tiens. Cette histoire de flirt précoce était l’excuse parfaite. « Si tu veux frimer un peu, vise plutôt un quatrième année. » N’importe lequel sauf Hippolyte. Merlin. Sa sœur voulait déjà fréquenter les garçons ! Elle n’allait pas survivre à tant de stress.

Meg appuya un doigt léger sur le nez de sa sœur. Du lait était encore prêt à en sortir. Les craintes de sa sœur sur sa poitrine, elles, ne la faisaient pas rire. Elle avait eu cette peur-là, elle aussi, il n’y avait pas si longtemps. Pas assez de seins. Puis, trop de seins par rapport aux autres filles de sa classe. Maxence Brookes ne manquait d’ailleurs pas une occasion de le lui faire remarquer. Disons que si Meg gardait encore certaines rondeurs de l’enfance, la plupart de ses kilos étaient bien distribués et que son bonnet B pigeonnait au bord du C. La puberté était compliquée. « Je parie que Selina Rosenberg met des chaussettes dans son soutien-gorge. Et dis-toi bien que les garçons qui ne s’intéressent qu’à ta poitrine n’en valent pas la peine. » Elle regarda sa sœur dans les yeux et recommença à lui caresser les cheveux. « Ca va venir, ne t’en fait pas. Tu as une jolie silhouette, c’est ça qui compte. » Cat n’avait pas besoin de corset pour avoir la taille fine, elle. On ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux, même si elle trouvait personnellement que sa cadette était bien plus jolie qu’elle. Oh, elle pensait aussi que sa sœur avec une tête bien faite, et des qualités de cœur indéniables, mais ça n’était pas le sujet du jour, n’est-ce pas ?


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Lun 11 Juin - 21:52

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« Love is powerful. It can bring the gods to their knees. »
« C’est un mal pour un bien au final, tout ça. Ça t’a tenue éloignée des monstres. » Elle n’était pas certaine. Ça l’avait surtout tenue éloignée de sa sœur. Elle s’était inquiétée et l’année dernière n’était pas si loin pour n’être plus qu’un souvenir brumeux. Meg était plus courageuse qu’elle ne le laissait voir et la blessure au front le montrait assez bien. « Si tu veux frimer un peu, vise plutôt une quatrième année. » Elle fronça les sourcils, la conversation avec Nereus revenant à la surface de son esprit. Lui aussi n’avait pas été au bal ce qui expliquait sans doute qu’Hippolyte soit ici à l’infirmerie. Sam probablement devait être là également et elle se promit de leurs faire parvenir à chacun des bonbons.
Se hissant sur ses coudes, elle jeta un coup d’œil à son corsage. Meg se voulait rassurante mais il lui suffisait d’ouvrir les yeux tout de même. « Un ami d'Hippolyte a dit… enfin ce n’est pas que je l’écoute, c’est un parfait crétin, comme tout les amis d'Hippolyte d'ailleurs. » Elle tapota sur ses lèvres d’un air absent, remontant son regard vers son aînée. « Il sait déjà ce qu’il veut faire plus tard. Il est très ambitieux. » Sa sœur semblait toujours opaque à ce niveau, les désirs d’avenirs contenus dans les conversations calibrées. Catriona comprenait, elle-même ne savait pas du tout ce qu’elle voulait aussi. Leurs parents - tout aimants qu’ils soient - avaient imposés inconsciemment des avenirs tout tracés dans leurs imaginaires. Des mariages, du prestige, des noms et une vie de luxe. C’était bien tout ce qu’il y avait et il n’y avait pas l’heur de se plaindre, pourtant entendre Nereus se faire si agité en parlant de ses futurs conquêtes l’avaient bien plus impressionnée qu’elle ne l’avait laissé paraître sur le moment. « Tu… tu veux faire quelque chose toi ?  A part te battre contre des monstres ? » Elle eut un sourire taquin qui coula au bout de quelques minutes. « J’aimerai bien… voyager je crois, même si je n’aime pas l’idée que tu ne sois pas toujours avec moi. » Une petite moue amusée se china aux coins de la bouche, les paupières un peu lourdes sous la chaleur du lit douillet. Elle avait cru sentir Meg étouffer un bâillement qui venait du coup - comme par enchantement - se réverbérer sur ses propres lèvres. « Je n’ai pas envie de travailler pour le ministère. Tout le monde dans ma classe veut devenir auror et c’est sans doute très cool mais… » La magie faisait partie des Bride mais elles n’avaient jamais été coupés du monde moldu et les majordomes se mêlaient aisément aux elfes de maison au manoir familiale. S'enfoncer dans un ministère sinistre lui semblait inutile et cruel. Du reste, elle n'en avait pas besoin, ce n'était ici que fantaisie. « Papa et maman vont être furieux quand ils apprendront ce qui est arrivé. Ils vont vouloir nous envoyer à Beauxbatons et c’est très joli là-bas j’en suis sure mais il n’y a pas Gabriela et elle a besoin de moi pour ne pas se mettre toujours dans le pétrin.  Si on s’en allait, qui te manquerait le plus ? » Sa sœur était toujours si modéré, même dans ses affections profondes, la sagesse toute pleine d’une noblesse nacrée.
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Sam 16 Juin - 10:43
A la mention des amis d’Hippolyte, Meg pinça les lèvres et fixa le plafond d’un air résigné. Elle aurait vraiment préféré que Cat ait d’autres fréquentations. De meilleurs exemples à suivre dans un monde en mutation que cette petite bande de Sangs-Purs aux idées rétrogrades. La qualité d’un arbre généalogique restait importante, bien sûr, et le sang en faisait partie (quoi qu’elle sache de moins en moins pourquoi) mais avoir fait partie de l’entourage du Seigneur des Ténèbres n’était quelque chose dont il fallait se vanter, au contraire. La richesse, les connexions, l’influence sociale et une réputation de bonté, d’ouverture et de courage étaient aussi des choses importantes. Plus importantes que jamais dans cette nouvelle société d’après-guerre qu’elles apprenaient à naviguer.

« Je n’ai jamais voulu me battre. »


C’était arrivé, c’était tout, mais en réalité, elle ne se sentait ni courageuse, ni revancharde. Elle était restée calme et concentrée sur le moment parce qu’elle voulait rester en vie, c’était vraiment tout. Toutefois, elle devait s’avouer qu’elle aussi était plus ambitieuse qu’elle ne l’aurait cru. Avoir soudain d’aussi grands rêves, loin des objectifs parentaux, semblait transgressif et lui inspirait un vague sentiment de culpabilité. Pourtant… Si elle n’avait jamais voulu se battre contre les Carrow non plus pour le bête plaisir de la rébellion, l’avoir fait, à son échelle, lui avait insufflé une nouvelle conscience d’elle-même. Elle était capable d’être tellement plus qu’une jolie potiche décorative, si elle s’en donnait la peine ! Il y avait tant à explorer et faire et oui, elle voulait laisser sa propre marque. Doucement, en prenant soin de ne pas frotter ses bras brûlés contre les draps, elle se tourna sur le côté et se redressa sur un coude pour mieux regarder sa sœur.

« Je voudrais apprendre comment on gère une entreprise comme la nôtre. Faire de vraies études pour ça peut-être, pour prouver à Papa que je serais capable de reprendre la maison. Pas mon futur mari, moi. Ça t’embêterait ? » Elle était l’aînée, mais le commerce Bride serait un jour leur héritage à toutes les deux, après tout. « Il y aurait tellement de choses à faire, tu sais. Développer l’activité en Afrique, et pas juste pour des commandes ponctuelles comme on a fait jusqu’à présent avec les Carmichael. Ouvrir plus de partenariats avec les moldus, leurs musées, leurs familles royales… »

Ses yeux brillaient. Meg avait trouvé son grand rêve tout près de sa vie quotidienne, finalement, et ce qu’elle appelait « ambition » aurait pu paraître bien ridicule à quelqu’un élevé dans un environnement plus libre, mais pour elle, c’était déjà beaucoup. S’imaginer en impératrice compétente et indépendante d’un florissant commerce millénaire n’était quand même pas rien. Elle tût ses petites stratégies pour sécuriser sa dot. Si ça marchait, il serait toujours temps de donner l’astuce à Cat… si elle en voulait.  

« Où est-ce que tu voudrais aller ? »
Elle posa un baiser léger sur la joue de sa sœur. Elles avaient presque toujours été ensembles, même si l’entrée de Meg à Poudlard deux ans avant sa cadette les avait forcées à prendre petit à petit leur indépendance. « Nous pourrions voyager ensemble, parfois. Et d’autres, tu aurais des choses merveilleuses à me raconter à tes retours. » C’était facile à imaginer, finalement : elle, la toujours stable Margaret, en train de faire tourner la boutique, pendant que Catriona papillonnerait de par le monde.

« Auror, c’est dangereux et les trois quarts d’entre eux n’ont pas les capacités de toute manière. C’est juste un effet de mode. » Kingsley Shacklebolt avait été Auror avant d’être élu Ministre de la Magie, et Harry Potter voulait en devenir un quand il quitterait Poudlard. Il n’en fallait pas plus pour capter les fantaisies d’adolescents. Meg, elle, était plus pragmatique. « Moi non plus, je ne voudrais pas travailler à plein temps pour un ministère. Et puis, l’irlandais n’est pas si grand. Mais il y a peut-être des partenariats intéressants à faire avec leurs départements de liaison des gobelins. » Il fallait qu’elle demande à Aslinn de lui prêter un manuel pour se remettre à l’étude de leur langue, d’ailleurs. La famille Bride avait de bien meilleures relations avec la population gobeline (ou du moins, la frange qui acceptait de faire commerce de ses productions avec des humains) que la majorité des acteurs institutionnels officiels. Pourquoi aurait-elle été se compromettre auprès d’eux ?

« Je n’irai pas à Beauxbâtons. » La certitude avec laquelle elle avait murmuré sa réponse la surpris elle-même, mais une fois prononcé à haute voix (enfin, murmuré), l’affirmation lui sembla parfaitement juste. Elle avait vécu trop de choses à Poudlard pour aller soudain chercher la facilité ailleurs. Elle faisait partie de cette école, et l’école le lui devait bien en retour. « Ma place est ici. La tienne aussi, non ? Ne t’inquiète pas, j’écrirai à Papa et Maman. » Ils ne pouvaient pas les faire changer de force d’établissement avant les vacances de Noël, de toute manière et d’ici là, elle aurait réussi à les convaincre, elle en était certaine.

Elle étouffa un bâillement, et se laissa glisser à nouveau en position allongée. « Andromeda. » Le prénom de sa meilleure amie était sorti naturellement. Elles ne s’étaient pas assez fréquentées l’année précédente mais maintenant qu’elles s’étaient retrouvées, il était hors de question qu’elles soient à nouveau séparées. Elle se retint de citer Peter.  Peter était… particulier, et elle n’était plus du tout au clair sur ce qu’elle pensait de lui. « Et puis Aslinn, Billie » et sans doute Ian également (elle jeta un regard au Tamagotchi posé sur sa table de chevet), « Tiberius… Non, tu vois bien, il y a trop de monde ici pour partir à Beauxbâtons. » Cat faisait bien de mentionner Gabriela. Que sa sœur soit meilleure amie  avec la nièce du ministre de la Magie britannique était un bon argument à rappeler à leurs parents pour les convaincre de les laisser à Poudlard.


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Les poupées fragiles
Margaret & Catriona

« Love is powerful. It can bring the gods to their knees. »
« Je n’ai jamais voulu me battre. » Catriona se mordit l’intérieur de sa joue. Ça semblait être un des leitmotivs de son entrée dans l’âge adulte : « je n’ai jamais voulu ceci ni cela » Et pourtant ça n’empêchait guère les actions. Si on ne veut pas, si on voit que c’est incohérent alors pourquoi s’enfoncer dans ce genre de choses ? Elle comprenait sa sœur cela dit, les idées sombres voletant autour d’un esprit déchiré. Elle ne voulait pas non plus se fâcher avec les gens, elle ne voulait pas repenser à l’année dernière, elle n’avait aucune envie de se battre… mais voilà où nous en étions. Acculées au mur, les Bride se devaient d’être fidèles tout d’abord à elles-mêmes.

On lui avait passé plus de choses durant son éducation, le désir de plaire à tous ancré dans ses manières et la bouche souriante qu’elle que soit l’occasion mais tout changeait quelque part, les événements étaient trop sombres pour que l’on continue à danser au bord des ravins : il fallait sauter ou rester sur le rebord à contempler le vide.

Catriona réprima un frisson, la mèche blonde de sa sœur glissant entre ses doigts dans un mouvement hypnotique, l’oreille attentive. « Je suis certaine que tu pourras reprendre l’office de papa mieux que quiconque. » Fit-elle d’une voix douce et confiante. Comment ne le pourrait-elle pas ? Margarethe était fine et brillante, l’amabilité onctueuse et un peu froide qui était on ne peut plus parfaite pour le commerce. « Où est-ce que tu voudrais aller ? » Elle papillonna sous la question, les récits de Damien plein les rêves. « Tu crois que Damien accepterait de m’accompagner un peu ? » Les joues se colorèrent juste un peu sous le rire étouffé. « Je t’apporterai un tas de souvenirs et aussi des robes… tu sais j’ai vu l’uniforme des élèves de Mahoutokoro, il est merveilleux… et il épouse la forme de ton corps ! » Elle aurait voulu pouvoir mettre la main sur l’un d’entre eux et l’étudier fil par fil.
Elle hésita un bref instant avant de se taire. Elle ne pouvait pas avouer – pas même à Meg – qu’elle aimait vraiment beaucoup la mode, qu’elle en aurait volontiers fait quelque chose de plus concret mais ce n’était pas un domaine bien sérieux, n’est-ce pas ? Pas pour une néo-noblesse en devenir ou quelque chose dans ce genre. « Si l'on fait des bêtises, l’uniforme devient tout blanc et tout le monde est au courant. J’ai lu que c’était un procédé de magie noire mais par Merlin, c’est tellement… cool.» Poudlard lui sembla soudainement terriblement étriqué par rapport aux autres écoles du monde, la curiosité faisant vibrer le bout de son joli nez.

« Ma place est ici. La tienne aussi, non ? Ne t’inquiète pas, j’écrirai à Papa et Maman. » Elle garda un silence nacré. Elle aimait cette école, elle en aimait surtout les gens mais à l’adolescence, le monde vous semblait être cage, les couloirs lianes et les cours portes de prison. Elle inspira lentement : il y avait tellement à voir à l’extérieur… Meg égrena les noms de ses amis et Catriona cilla lourdement à celui de Tiberius. Un jour ou l’autre elle irait le voir. Il le fallait – vraiment. Rien n’avait de sens à son sujet, ni son frère, ni son attitude, ni ses plaisanteries, ni même sa propre sœur à elle. « Tiberius ? » Elle fronça le nez délicatement, les pensées trop sérieuses pour ses frêles épaules de jeune fille. « Les Avery sont des énigmes. » Le murmure avait été trop bas, trop étouffé dans les draps et Cat se serra contre sa sœur, les paupières lourdes. « Ils sont dangereux. » Elle étouffa à nouveau un bâillement, le cœur battant d'angoisse durant quelques minutes. Il fallait chasser ce genre de choses et ne penser qu'à des merveilles, toujours.

Cat se bouina un peu plus, s’assoupissant enfin dans le cocon des bras de sa sœur aînée.

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