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[Clos]J'ai tendu des cordes de clocher à clocher, des chaînes d'or d'étoile à étoile [Ian]

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Serdaigle
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Mer 6 Juin - 22:37
Mardi 10 novembre 1998


Puck hulula d’un air endormi dans sa main, et Meg le caressa avec affection, sentant les plumes lisses glisser sous ses doigts. La volière n’était pas l’endroit le plus confortable du monde, mais une fois le rebord de l’une des hautes fenêtres récurvité pour en enlever les fientes, on pouvait s’y asseoir et observer le ciel étoilé sans crainte d’être dérangé. Le ciel était suffisament dégagé pour qu’elle puisse admirer les astres ce soir. Il faisait froid, mais elle avait appliqué un sort calorifère à sa robe de chambre. Elle aurait sans doute dû enfiler sa cape, mais elle ne l’avait jamais fait l’année dernière, et n’y avait pas plus pensé ce soir. Comment aurait-elle justifié aux Carrow et à leurs sbires s’être habillée pour sortir, quand expliquer pourquoi elle était hors de son lit tout court était déjà assez difficile ? Heureusement, la seule personne l’ayant jamais surprise dans ce genre d’expédition nocturne était Hippolyte, avec les conséquences que l’on savait.

Venir ce soir malgré le couvre-feu avait été un jeu d’enfant pour qui, comme elle, s’y était risqué tout au long de l’année dernière dans des circonstances bien plus difficiles. Elle connaissait par cœur les horaires des rondes des préfets et si l’on n’était jamais à l’abris d’être surpris par Peeves ou Miss Teigne, elle était si discrète dans ses ghillies, qu’elle aurait toujours eu le temps de se cacher si elle les avait détectés. Du moins, c’était ce qu’elle s’était toujours dit pour se rassurer, et elle avait toujours été chanceuse jusque-là.

Elle ne savait pas trop ce qui l’avait poussée à revenir ici et briser le règlement sans aucune autre raison qu’elle le pouvait. L’envie de voir Puck, peut-être. Son hibou avait la particularité d’être diurne : alors que les autres pensionnaires de la volière étaient quasiment tous sortis prendre l’air, chasser ou livrer du courrier dès le coucher du soleil, le sien dormait à moitié entre ses mains. Elle coula un regard affectueux sur l’oiseau. A se demander à quoi lui servait ses troisièmes paupières, lui qui roupillait à chaque fois que le soleil aurait risqué d’éblouir ses grands yeux de feu.

Ou peut-être était-ce juste le plaisir de faire une bêtise, même si personne ne le saurait jamais. Etre venue ici lui redonnait la sensation d’être capable et pleine de contrôle, et elle en avait bien besoin après les événements du début du mois. Meg était sortie de l’infirmerie depuis une semaine, et son front avait repris une couleur normale, mais son sommeil restait agité. La vérité était peut-être tout simplement qu’elle fuyait une insomnie. Demain serait terrible pour rester concentrée en cours. Elle avait un double cours de Défense contre les forces du mal le matin, qui ne lui faisait pas trop peur : le professeur Smith ne demandait rien d’autre que l’on se tienne tranquille dans sa classe, et elle pourrait rester passive jusqu’à la partie pratique. De toute manière, elle n’avait jamais été douée quand il fallait appliquer les sortilèges dans cette matière, alors, faire acte de présence suffirait. Au besoin, elle sécherait le déjeuner pour faire la sieste avant le cours du professeur Mora. Avec lui, ça n’était pas possible de faire semblant d’être concentrée, et rien que l’idée d’aller en cours lui tordait déjà un peu le ventre.  

Mieux valait ne pas y penser tout de suite. Elle pencha un peu la tête au-dehors, juste assez pour ne pas perdre l’équilibre, et respira profondément l’air de la nuit. Elle n’avait pas la prétention de penser qu’elle était la seule personne éveillée du château, mais elle était seule dans la tour, et cet instant de solitude rare était agréable.

Ce ne fut pas un bruit qui attira finalement son attention, mais au contraire le silence. Les battements d’ailes et piaillements des quelques chouettes qui n’étaient pas à la chasse avaient brusquement cessé. Quelqu’un était là. Meg sentit son cœur accélérer brusquement et se releva d’un bond à l’équilibre précaire, manquant de déraper sur une fiente et tanguant un peu, ce qui ne l’empêcha pas de brandir sa baguette devant elle. Puck, qu’elle avait un peu trop serré durant l’opération, émit un hululement indigné.  Le sang battant aux tempes, elle regarda la silhouette émerger de l’ombre, interloquée :

« Ian ? »


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Ven 8 Juin - 23:44
La fenêtre s’était ouverte sans bruit. Ian lança, plus qu’il ne le laissa s’envoler, le petit hibou à l’extérieur qui n’avait cessé de s’agiter pendant toute sa remontée des cachots jusqu’à la première fenêtre accessible qui donnait sur le parc. Qui n’était pas toute près. Il avait enfilé un sweat-shirt par dessus son pyjama, s’était enroulé dans son écharpe et avait enfilé une paire de chaussures enchantées pour être aussi silencieuses que les coussinets d’un chat.

Detoo était un compagnon à plumes assez agréable en soit. Il ne prenait pas trop de place et coûtait peut être un peu plus cher que les autres hiboux en nourriture (il n’aimait pas chasser quand il lui suffisait de hululer auprès des filles pour avoir ce qu’il voulait) mais était assez affectueux pour faire vite oublier ce détail. Évidemment il n’était pas très utile. Mais un chat non plus ça n’était pas utile et on ne le leur reprochait pas. Mais Detoo avait des petits sauts d’humeurs et était capricieux.

Ian referma la fenêtre et s’immobilisa un instant. Il lui avait semblé entendre un bruit. Une seconde, deux secondes. Cinq, … rien. Il se détendit un peu et fit quelques pas. Pour sursauter quand un énorme pong raisonna dans le couloir. Quelques tableaux se mirent à chuchoter. Ian grimaça et se tourna lentement. De l’autre côté de la vitre Detoo peinait à tenir sur ses deux pattes. Il se mit à tapoter le verre. Ian le voyait s’égosiller mais pas un son ne lui parvenait. Sauf ses petits coups réguliers. Soupire. Il alla lui ouvrir et referma immédiatement les mains sur lui pour l’empêcher de réveiller tout le château.

Perchée sur la cheminée de la salle des Serpentard, on aurait pu le prendre pour un objet de décoration. Une petite figurine silencieuse. De temps en temps il ébouriffait ses plumes, laissait échapper un petit roucoulement puis retrouvait son immobilité. Vers la fin de la journée il s’était enfin réveillé pour se pavaner devant les premières années. Il avait chipé des morceaux de nourriture (c’était un miracle qu’il ne soit pas obèse) et profité que les élèves quittent le dortoir dans le but d’aller dîner pour sortir prendre l’air. Il avait fait son grand retour en même temps que les élèves de troisième années revenaient de leur cour d’Astronomie.

S’il n’avait pas le coeur à le laisser dehors alors que son ami (c’était un bien grand mot, à ses yeux Ian devait juste être l’un des parfaits crétins parmi tant d’autre qui ne cessait de le nourrir) à plumes n’en avait clairement pas envie il était également hors de question qu’il le laisse continuer à se donner en spectacle chez les Serpentard. Le milieu de la nuit (ou une heure très avancée du matin) n’était pas une heure décente pour ça. En revanche il avait bien moins de remords à l’abandonner à la volière où il pourrait y faire tout le tapage qu’il souhaitait. Ian enfouit Detoo dans la poche de son sweatshirt. Il continuait à le tenir pour étouffer ses piaillements suraiguës.

Deux des cinq élèves du second dortoir des sixième années de Serpentard agitaient leur baguette vers le plafond. Le troisième ronflait. Le quatrième lançait des injures à Ian et son hibou. Demain Mora allait les défoncer, fais lui fermer sa gueule, bordel !. Finalement, après beaucoup de galère et avoir utilisé une chaussure comme projectile, Ian avait réussit à s’emparer du volatile. Dans la salle commune il avait croisé un Max profondément endormit (ou alors son cadavre, peut-être). Il l’avait laissé sur son canapé allégé du poids de quelques bricoles qu’il avait trouvé dans ses poches. Des créatures marines un peu curieuses avaient observés Ian à travers les fenêtres.

Finalement Ian regrettait beaucoup sa décision de crapahuter dans tout le château à une heure pareille. A chaque marche montée ses mollets criaient qu’on leurs donne le coup de grâce. Ses poumons n’en menaient pas large non plus. Il s’offrit une pause de quelques minutes lorsqu’il dut se cacher dans un passage secret, le temps que Peeves s’en aille embêter Rusard qui, d’après les babillements de l’esprit frappeur, était un peu plus bas. Ian réalisa complètement l’absurde de la situation en même temps que l'adrénaline de cette rencontre inopinée s’évaporait. Il était en train de déployer des efforts monumentaux simplement pour amener son hibou capricieux avec ses copains… Maintenant qu’il était parfaitement réveillé, il ne pouvait que s’émerveiller de sa capacité à prendre des décisions de merde. Il continua son escalade.

Ses chaussures enchantées étaient usées. Elles couinaient un petit peu lorsqu’on tapait trop le talon contre le sol. Les tableaux qui se trouvaient sur son chemin s’animèrent légèrement, se réveillant devant l’opportun. Ian prit grand soin de ne pas les regarder. Comme les armures qui bougeaient, jamais il n’arriverait vraiment à se faire à toute cette agitation chez les oeuvres d’art. Surtout pas au milieu de la nuit dans un décor digne d’un film d’horreur (il avait commencé bien trop tôt malgré les ronds de couleur qui le lui interdisaient). Une de ses plus grandes craintes restait qu’un jour une gamine de première année se ramène avec une poupée enchantée capable de bouger et parler.

Ian s’arrêta dans les escaliers exigu qui menaient vers la volière. De sa main libre (l’autre était toujours occupée à maintenir Detoo) il s’alluma une cigarette. Ian souffla doucement la fumée par sa bouche en “o” puis reprit sa route. Plus que trois marches. Et il serait libre. La descente ne lui paraissait que délicieuse. Et il pourrait s’accorder dix minutes de pause. Être entouré de fientes d’oiseaux ne le dérangeait pas vraiment à cet instant précis.

Une silhouette se découpait par la fenêtre et Ian la vit commencer une série de figures acrobatiques compliquées. Son hibou lui donna une mauvaise note. Detoo y répondit joyeusement. Ian laissa échapper un espèce de ricanement enroué. Margaret Bride (qui d’autre?) prit la parole.

Meg ? T’as pas réussi à trouver le mot de passe pour rejoindre ton dortoir ? Y’a des endroits plus confortable que la volière pour dormir.




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Les masses  ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles soient opprimés. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimées.

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Dim 10 Juin - 1:35
Elle n’aurait pas du venir ici, elle n’aurait pas du briser le règlement sans bonne raison, elle était folle. Cette silhouette pouvait être celle d’un prof, et elle allait faire perdre un tas de points à Serdaigle et le peu de popularité dont elle jouissait fondrait comme neige au soleil. Pire, c’était peut-être un intrus, comme celui du bal de Samain, prêt à la rôtir ou la transformer en plume ou elle n’en savait trop rien. Si on la transformait en plume dans la volière pleine de plumes ordinaires, qui penserait jamais à lancer Reparifagex sur elle pour lui rendre forme humaine ? Rusard la balayerait, la mettrait à la poubelle et adieu Meg Bride.

Toutes ses pensées effrayantes lui traversèrent l’esprit tandis qu’elle patinait brièvement sur de la fiente de hibou, et redescendirent fort heureusement en même temps qu’elle retrouvait son équilibre. C’était Ian Persson, drapé dans la banalité de sa cigarette à l’odeur désagréablement familière. Margaret rangea sa baguette, soulagée, et relâcha Puck, qui s’envola pour mieux venir se percher sur son épaule, visiblement indigné, ses grands yeux rouges comme deux feux de signalisation interdisant à l’intru d’approcher.

Meg rougit dans le faible contre-jour et fit quelques pas vers le Serpentard. Elle n’avait rien oublié du tout ! Elle… Elle n’avait aucune raison valable d’être là, en effet.

« Je venais voir Puck. Il chasse le jour, alors je ne le croise jamais, sinon. »


Puck était une bonne excuse pour ne pas parler d’insomnie, de désir d’isolement ou de la beauté des étoiles. Ian aurait sûrement ri si elle avait évoqué le plaisir qu’elle trouvait à admirer les constellations, ces jolis diamants qui racontaient des histoires merveilleuses dans le ciel. Elle aurait aimé avoir l’humour facile et décontracté de son ami, et son sens de la répartie aussi, mais c’était difficile. A elle, les bons mots venaient toujours une demi-heure après les faits, et la moitié du temps, ils lui semblaient si grossiers qu’elle n’aurait pas osé les dire à voix haute pour commencer. Alors que dans la bouche de Ian… « Et toi, quel hibou t’amène à la Volière à une heure pareille ? » S’il venait bien pour un oiseau, mais elle avait entendu le pépiement caractéristique près de lui. Detoo ou Artoo ? Elle confondait les coursiers des jumeaux Persson. Il lui semblait que le gros était à Billie, qui s’en était déjà servie pour lui envoyer des messages, mais en même temps, le tout petit n’aurait pas pu les transporter tout seul, si ? Elle voulait voir.

« Lacarnum Inflamarae. » murmura-t-elle au tas de fientes rassemblé dans un coin, qui s’embrasa avec promptitude. Elle connaissait la volière par cœur dans le noir, pour l’avoir longuement pratiquée l’année précédente, mais avoir une conversation à l’aveuglette n’était pas très agréable quand on avait de la compagnie. Elle préférait s’éclairer avec la lumière des flammes qu’avec un bête Lumos. C’était plus chaleureux. Et surtout, elle avait découvert depuis quelques jours qu’elle adorait enflammer les choses. C’était si facile, si naturel, les flammes jaillissaient de sa baguette au moindre mot caressant l’air. Hauteur, chaleur, couleur : elle contrôlait tout. Elle était maîtresse de ces feux-là, et ils ne la brûleraient pas. L’Inferno affronté au bal de Samain lui avait finalement laissé plus que quelques brûlures cicatrisées. Après une bonne semaine à éviter stupidement toutes les cheminés de l’école, voilà qu’elle était désormais la première volontaire pour les rallumer. Quel mal pouvait-il bien y avoir à ça ?

Elle releva la tête pour observer Ian, éclairé par la lueur mouvante de son feu de camp improvisé. C’était bien le petit hibou qu’il avait avec lui. Leurs congénères, gênés par la lumière soudaine, avaient fermé leurs paupières externes. L’un d’eux décida plutôt de prendre la fuite dans la nuit et se lança par la fenêtre en lui frôlant le crâne au passage. « Cette excursion nocturne… Ça restera entre nous, n’est-ce pas ? » Elle se sentait un peu mesquine de demander ça, comme si Ian était un rapporteur, mais c’était important. La Volière de nuit était son jardin secret à elle, et elle tenait à ce qu’il le reste. Ça ne concernait pas les profs, mais pas non plus ses amis.


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Lun 6 Aoû - 2:02
Ian haussa un sourcil, jeta un coup d’oeil à Puck. Le hibou tirait la gueule, mécontent d’être ainsi dérangé dans le tête à tête (observé par moins d'une dizaines d’oiseaux de toutes plumes) avec sa maîtresse. Il avait bon dos le vieux hibou des Bride. Puis Ian se rappela la raison pour laquelle lui-même était en haut de cette tour. Elle ne valait sûrement pas beaucoup mieux. Il se contenta donc d’un bref hochement de tête à peine perceptible alors qu’il sortait Detoo de sa poche. Meg avait la poisse. Elle était embourbée dedans comme un oiseau dans le mazout. Peut-être que la prof de Divination réussirait à voir un esprit malfaisant flâner autour d’elle. Peut-être que la Serdaigle trouvait l’air apaisant entre ses murs. Tout à coup Ian le trouvait trop lourd. Il se sentait coupable d’avoir dérangé Margaret et sa visite à son hibou. Elle brisa le silence qui s’était interposé pour lui retourner sa question.

Un soufflement de nez amusé. Ian retrouva bien vite son sourire goguenard, bouclier à toute épreuve contre l’empathie paranoïaque. Il laissa ses mains s’ouvrir sur Detoo, qui hurla sa joie d’être enfin libre. Le petite oiseau ouvrit ses ailes, s'ébouriffa et bomba le poitrail, n’en ratant jamais une pour faire le fanfaron. Il ne prit pas son envole. Les serres de Detoo s’enfoncèrent considérablement dans les mains de Ian, traduisant comme il le pouvait sa surprise lorsque des flammes surgirent du sol.

La surprise de Ian, quant à elle se traduisit par un haussement de sourcils (principale source de communication chez lui) et un glapissement de douleur. Il était habitué aux petits accrochages avec Detoo qui n’était jamais bien précautionneux, mais dans l’immédiat ce petit crétin ne l’avait pas raté. Difficile de lui en vouloir. Ian décrocha rapidement (moins qu’il l’aurait souhaité) le hibou de sa main et le laissa s’envoler loin de la source trop vive de lumière qui ne plaisait pas trop aux quelques compagnons emplumés autour d’eux.

Les flammes faisaient danser des ombres gigantesques et inquiétantes sur les murs à chaque battement d’ailes d’oiseau. Ian tira sur sa cigarette. Sa main égratignée pendait mollement contre ses jambes de flamand rose. La pièce n’allait pas tarder à se réchauffer. Il observa Meg qui avait l’air ensorcelée par le feu qu’elle venait de créer. Un peu trop absorbée, peut-être. Il avait entendu parler de ce qui lui était arrivé lors du bal, quelques jours après la bataille, principalement par le biais de sa petite soeur. Catriona avait exprimé de long en large son inquiétude à travers la salle commune et sans participer aux consolations vis à vis de la cadette des Bride, Ian n’avait pas échappé à ses plaintes. Elle avait vécu l’enfer, c’était terrible. Que faisait l’école ? Il avait une autre question. Que faisait Margaret a allumer des feu au milieu de la volière en pleine nuit? Lui aussi happé par les flammes bien réelles qui se trémoussaient sans honte devant  eux, il s’installa confortablement dans ce silence seulement perturbé par les crépitements du feu. Il n’avait pas envie d’avoir de réponse au fond. Ce n’était pas lui le fin psychologue du duo Persson. Ou l’amicalement vôtre.

Encore une fois la voix de Meg s’éleva dans l’air, assurée. Ian tourna la tête vers elle. Il ne répondit pas tout de suite, l’évaluant du regard. Elle était encore cernée et semblait épuisée. La carapace qu’elle s’était forgée pour survivre à sa famille (ou de par son éducation, tout dépendait de la version) se fissurait doucement, mise à mal par les épreuves de Poudlard qui reprenait de plus belles. Il haussa les épaules. “Si le château prend feu et nous avec dis toi que tu n’auras pas beaucoup de soucis à te faire à propos de ton secret.” Blasé juste ce qu’il faut, de façon presque comique, comme ses mannequins trop maigres qui tirent la tronche sur les podium des défilés. Ian envoya le mégot de sa cigarette dans les flammes. Il ne tint pas longtemps avant de sortir son paquet de sa poche. Face au poids du silence et des émotions tellement lourdes que même lui arrivait à les déchiffrer, il valait mieux cloper. Après s’être servi il tendit le paquet à Margaret. Il savait qu’elle détestait ça. Il ne manquait pas de remarquer son petit air pincé et ses regards désapprobateurs à chaque fois qu’il allumait une cigarette devant elle. Fumer pour Meg devait être l’équivalent de renvoyer chier ses parents en les insultants copieusement, mettre le feu à des poubelles ou tousser dans un cours de Mora. La défiance et le mal ultime. Il n’y avait pas de petite étape vers le décoinçage de cul. “Ça restera aussi entre nous. Mais quitte à cramer des trucs autant que ça soit ça.




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Mar 7 Aoû - 19:51
Meg fit quelques pas pour se rapprocher du feu, observant son chef d’œuvre. La fiente n’était pas le combustible le plus durable, mais ça s’enflammait bien. Elle tendit les mains pour s’y réchauffer. La volière se trouvait transformée par la lumière mouvante des flammes. On se serait vraiment cru revenu au Moyen-Age. Peut-être que Poudlard ressemblait à ça, du temps des fondateurs.

Elle éclata d’un léger rire à la remarque d’Ian, même si sous son regard insistant, son propre sourire trahissait un léger malaise. Non, évidemment qu’elle n’allait brûler personne, elle était même un peu insultée qu'il le sous-entende. Machinalement, elle se frotta le front d’une main, là où quelques jours plus tôt encore, on pouvait voir la décoloration laissée par sa rencontre avec l’Inferno. « Je ne suis pas certaine que du hibou grillé serait un plat très comestible. » C’était juste un joli petit feu pour les réchauffer. La lumière creusait les ombres sur le visage de son ami, qui lui apparaissait presque taillé à la serpette. Elle n’avait rien fait de mal, et économisait sans doute même du travail à Rusard. Ici, c’était le lieu de tout Poudlard où elle se sentait le plus en contrôle. Si sa petite création lui avait échappé, elle ne l’aurait pas supporté et en conséquences, tout était fait pour que ça n’arrive pas.

Elle resta un peu bouche bée quand il lui tendit le paquet de cigarettes, un peu gênée qu’il ait semblé remarquer son attirance pour le feu, aussi. Pour elle ? Mais qu’est-ce qu’il voulait qu’elle en fasse ? Les lui cacher pour qu’il arrête ? Oh. Elle attrapa une cigarette avec un « Beurk » involontaire et le regarda comme si lui, plus que son brasier, risquait de lui brûler les mains. On aurait dit une poule qui avait trouvé un couteau. Elle lui lança un regard : « T’es sûr ? » Les cigarettes étaient vulgaires, dangereuses pour la santé, coûtaient cher, sentaient mauvais. Même les jolies pipes, les cigares coûteux, les porte-cigarettes censés féminiser la chose pour les gens de la haute ne l’avaient jamais attirée. Toutefois, Ian avait le bon argument pour ce soir : c’était tentant de vouloir enflammer une chose supplémentaire. L’Inferno et ses fumées lui avait sans doute bien pris plus que six minutes de vie, alors, elle n’avait plus grand-chose à perdre.

De la pointe de sa baguette, elle enflamma l’extrémité orange de la cigarette, d’une mince flamme haute. Trop haute pour ce qu’elle faisait réellement, mais bon, c’était la partie la plus amusante. Ok. Et maintenant, elle supposait qu’il fallait mettre le bout blanc dans la bouche et… Et quoi, exactement ? Inspirer à travers ? Souffler ? Par le nez, par la bouche ? Meg tenta un peu les deux et s’emmêla si bien les pinceaux qu’elle se retrouva pliée en deux à cracher de la fumée, un goût âcre dans la bouche. Puck, qui avait jusque-là sagement attendu sur son épaule, s’envola dans un hululement indigné, manqua de s’emplafonner dans le visage de Ian dans sa fuite aveugle, et gagna finalement de plus hautes sphères de la tour, là où les humains daigneraient enfin le laisser dormir en paix. Meg, indifférente à cette cavalcade emplumée, attendit d’avoir fini de tousser pour articuler : « Mais c’est vraiment affreux ! Comment tu peux supporter ça ? Et… et la fumée ! » Elle avait l’impression d’être un dragon enrhumé, avec toute cette masse d’air gris dont elle ne savait pas quoi faire. Sa voix était celle d’un chaton enroué.

Elle inspira profondément, et se recula d’un pas, sa quinte de toux l’ayant dangereusement rapprochée du feu. Ses joues étaient toutes rouges, et ses cheveux blonds échappés en halo donnaient presque l’illusion qu’elle allait s’embraser elle-même. Elle dévisagea Ian, juste pour voir comment il manipulait la chose. Lui arrivait à rendre son horrible cigarette presque élégante, et elle se demandait bien comment. « Tu t’es fait mal à la main ? » Il lui semblait voir des traces rouges dessus, mais peut-être n’était-ce que l’un des reflets dansants du feu.


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Dim 12 Aoû - 19:50
Margaret réagissait à son offrande comme une enfant. Grimaçante, beurk, il n’aurait pas été étonné de la voire se boucher le nez en tirant la grimace accompagnant le tout d’un “Ça pue, c’est dégoûtant!”. Mais elle accepta le petit défis contre les barrières qu’elle s’était imposée dans la bienséance et bien pensance. Ian s’en retrouva agréablement étonné. Un peu soulagée également. Il n’aimait pas son délire étrange sur le feu. Ça le rendait mal à l’aise. Comme s’il était face à une scène qu’il n’aurait pas dû voir. La petite Maggie laissait voir des traits de personnalité qu’il n’était pas sûr d’apprécier pleinement encore. Poudlard et ses adolescentes.

Non, pas comme ç-” Trop tard. Le filtre était allumé et une odeur nauséabonde s’en échappait déjà. Et elle avait utilisé sa baguette. Il remit son briquet dans sa poche. Les sorciers avaient un don certain pour se rendre ridicule en compliquant les choses.

Ian évita le hibou indigné d’un bref mouvement avant d’éclater de rire, sans se soucier du tapage qu’ils étaient en train de faire tout les deux. Si quelqu’un passait dans le coin ils allaient se faire choper. Tant pis. Ça paraissait risible à côté des évènements du bal.

Maggie avait un don certain pour se rendre ridicule en compliquant les choses. Et Ian n’arrivait pas à partager son malheur, beaucoup trop occupé à se marrer. “Tu fais n’importe quoi.” Après avoir passé autant de temps entre Tiberius, lui et sa soeur il se serait attendu à un échec moins stupide. Margaret manquait d’observation. Eviter de regarder l’objet du délit. “Attends.” Au moins on ne pouvait pas dire qu’elle manquait d’enthousiasme. Même si elle ressemblait à un petit chiot apeuré face au grand danger de la cigarette. Même en arrivant à lui faire fumer une cigarette en entier, Ian était persuadé de ne pas avoir une quelconque dépendance sur la conscience. Que les parents Bride se rassure, même lui n’arriverait pas à corrompre leur petit bijou.

Coinçant la cigarette qu’il avait à la main (et qu’il n’avait pas prit le temps d’allumé, trop occupé à admirer le spectacle comique que lui offrait son amie) derrière son oreille, Ian sortit de nouveau son paquet de cigarettes pour en sortir une autre. Cette fois il ne comptait pas la lui donner tout de suite. Qu’on ne gâche qu’une cigarette à la fois. Il baissa néanmoins les yeux sur sa main à la réflexion teintée d’inquiétude de Meg. “Ça ? C’est rien, juste Detoo. T’inquiètes pas.” Quelques égratignures, plus où moins profondes. Les plus fraîches couvraient de toutes petites cicatrices laissées par son oiseau miniature. Un peu de sang perlait sur sa main, contrastant avec la pâleur exceptionnelle de sa peau et brillant d’un joli éclat donné par le feu. Ça picotait tout au plus. Il agita sa main pour montrer qu’il ne risquait pas de la perdre tout de suite.

Balance ta clope, t’as allumé le filtre. Si ça peut te rassurer ça te semblera beaucoup moins dégueu de fumer normalement.” Il lui sourit, moqueur. “Et t’as du tabac coincé entre les dents.” Elle ne s’en remettrait sûrement jamais, mais c’était très drôle de voir Meg dans tous ses états. Ian coinça la nouvelle cigarette entre ses lèvres pour l’allumer correctement. Il tira une première bouffée. “Aspire un peu, pas trop.” Ça lui semblait important de bien appuyer sur ce point, il ne voulait pas qu’elle se refasse une crise de toux. Ca tenait déjà du miracle que Miss Teigne n’ait pas encore fait son apparition ici (peut être que les chouettes et les hiboux de Poudlard la détestaient autant que les élèves). “Ensuite tu gardes un peu la fumée dans ta gorge, l’avale pas. Puis tu la recrache. C’est pas sorcier, tu verras.” Ian mit son explication à exécution. Et juste à s’entendre il se sentait complètement idiot. Il lui tendit l’objet du délit. “Et essaie de pas trop baver dessus.” Mais c’était juste une préférence personnelle.




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Lun 13 Aoû - 18:38
Meg aurait dû, et se sentait réellement ridicule. Elle se mettait toujours dans des situations invraisemblables en présence de Ian. Mieux valait ne pas trop repenser à son comportement lors de la Yellow Party, où elle s’était bêtement alcoolisée et avait fait une scène qu’il était bien bon de ne pas lui rappeler en permanence (si on arrêtait de compter le nombre de fois où il l’avait appelée Vomito). Quant à la fois où après qu’elle ait découvert Tiberius blessé, il l’avait quasiment traînée jusqu’à l’infirmerie… Non, elle ne voulait vraiment pas penser à cette fois-là. Il suffisait de retenir qu’elle était rarement à son avantage en sa compagnie, ou du moins, ne le restait pas très longtemps. Cette fois-ci ne faisait pas exception. Fallait-il qu’elle prenne des cours pour quelque chose d’aussi basique que fumer ? Apparemment oui. Un peu embarrassée, mais pas vraiment vexée, elle se laissa gagner par la bonne humeur qui agitait Ian, et quand elle eut finit de tousser, elle lui offrit un grand sourire plein de tabac.

« Tiens. » Elle fouilla dans la poche de sa robe de chambre et en sortit un mouchoir immaculé, orné de ses initiales, pour qu’il puisse essuyer sa main. Le voir saigner l’angoissait un peu, même si la quantité n’avait rien de comparable avec celle que Tiberius avait pu perdre en octobre. Elle regrettait de ne pas savoir lancer un Epiksey. Au fond de la poche, ses doigts rencontrèrent un autre objet familier, qu’elle sortit avec un sourire presque affectueux, avant de donner le mouchoir à Ian. « C’est plus facile de s’occuper de ton tamagotchi que de fumer, tu sais ? Il n’est mort que de vieillesse en presque deux ans. » Elle avait pris soin du jouet avec une fidélité impeccable et un peu stupide, glissant une pensée à l‘intention des Persson chaque fois qu’elle nourrissait la bestiole en pixels l’année précédente.

« Le filtre ? Oh. Désolée. » Sa voix commençait à s’éclaircir un peu. Elle ne savait même pas que ces machins-là avaient un filtre. Elle obtempéra et la lança dans le feu, la regardant se consumer avec satisfaction et sans doute un peu trop d’insistance. Il ne fallut pas longtemps pour que le mégot s’embrase, jusqu’à devenir indistinct du reste de la fournaise, mais il lui sembla percevoir une légère odeur de tabac grillé. D’un coup de baguette, elle orienta la fumée du feu pour qu’elle s’échappe par la fenêtre la plus éloignée du château, tournant presque à angle droit dans l’air pour l’atteindre.

Ian la ramena une fois de plus au présent, la rendant plus écarlate que jamais. Comment ça, elle avait du tabac entre les dents ? Elle passa lentement la langue dessus pour les nettoyer, mortifiée. Heureusement qu’il lui avait promis plus tôt que toute cette petite escapade resterait vraiment entre eux. Avec une attention quasi religieuse, elle écouta ses explications, sourcils froncés et bouche retenant à grand peine une grimace de dégoût. Il ne l’avait même pas laissé allumer la cigarette elle-même, et c’était la seule partie amusante ! L’idée de garder de la fumée dans sa gorge lui semblait affreuse et puis, quel était l’intérêt si c’était pour la cracher ensuite ? Auntant le faire directement, non ? Cracher ! Non, vraiment, fumer était dégoûtant. « Mais je suis sorcière, justement. » Faible tentative d’humour. « Evidemment. » Elle ne bavait pas plus qu’elle ne crachait ! Elle tombait des nues sur toutes les étapes peu ragoûtantes nécessitées par l’opération. Quand Ian fumait, ça semblait facile, fluide et nonchalant. Elégant. Ca ne sentait certes pas bon, mais ça n’était pas si… sale. Elle n’aurait pas continué si la lueur moqueuse dans le regard de son ami n’avait pas aiguillonné son amour propre. Elle se morigéna intérieurement, et accepta l’offrande avec précaution : sans doute que partager une cigarette n’était pas plus sale que de partager un verre. C’était juste de la salive. Les gens devaient bien plus se baver dessus quand ils s’embrassaient, et personne ne pensait aux microbes dans ces moments-là. Quoique… Elle était finalement assez contente de ne pas avoir eu le temps d’échanger ses microbes avec Peter.

Okay. Tenant la cigarette comme si elle risquait de la mordre (chat échaudé craignait l’eau froide), elle la porta à sa bouche et suivit scrupuleusement les instructions de Ian. Aspirer, mais pas trop. Au moins, cette fois-ci, elle ne mangeait pas du tabac en même temps. C’était vrai que c’était moins pire, même avec la fumée qui lui brûlait un peu la gorge. Suivant toujours soigneusement les étapes prescrites, elle éloigna la cigarette de sa bouche et recracha la fumée. « Comme ça ? » Mouais. Elle prit une deuxième petite bouffée, expérimentalement. Pour le goût de la transgression. Leva le nez, en quête de Puck, qui n’était toujours redescendu depuis qu’elle l’avait expédié de son épaule en toussant, puis voulu de nouveau regarder Ian. « Woah, ça tourne. » Elle vacilla quelques secondes sur ses pieds, encore une fois un peu trop proche du feu, et opta finalement pour s’asseoir en tailleur à ses pieds plutôt que de risquer de tomber dedans. Ce n’était pas vraiment désagréable, mais elle se sentait un peu… bizarre. « Tu ne m’avais pas dit que ça faisait comme de l’alcool. Non, attends… Comme un philtre calmant, un peu. » L’alcool la rendait stupidement volubile. La sensation actuelle était différente. Plus cotonneuse.


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Lun 3 Sep - 0:27

Le mouchoir que Meg lui tendit termina très vite dans sa poche. Ian n’avait pas le coeur à s’essuyer la main avec un si bel objet. Tout du moins il devait certainement être beau, brodé main ou avoir une valeur particulière. Maggie était comme ça, elle ne trimballait rien de simple. Des écharpes tricotées à la main, de belles plumes ensorcelées qui avaient appartenues à on ne savait quel grand-mère, des secrets lourds comme le poids d'un ami blessé, ou encore un vieux tamagotchi. Un peu surpris, Ian tira quand même un sourire amusé à la petite Serdaigle. C’était du Meg tout craché, de garder des vieux trucs sans importance pour leur en donner une. Et avoir la patience de s’occuper d’une petite bestiole virtuelle aussi longtemps. L’intérêt de Ian pour ces bidules s’était rapidement éteint avec l’arrivée de ses premières vraies consoles de jeu. Il y avait reporté toute son attention en voulant concilier Zelda et Poudlard. Ensorceler une petite machine comme un tamagotchi avait été bien plus simple (dans toute sa difficulté) qu’un Gameboy.

La bouche en cul de poule et avec crainte, comme si la cigarette risquait de lui sauter à la gorge pour l’étrangler, Margaret Bride tira enfin la première vraie latte de sa cigarette. Le sourire de Ian s'agrandit. D’accord elle avait l’air complètement niaise, elle était maniérée au possible ce qui rendait le tout parfaitement hilarant. Le petit doigt levé était un must incontournable.

Ian s’assit face à Meg, un peu plus éloigné du feu qui commençait à lui chauffer un peu trop les joues. “C’est pas si désagréable que ça, si ? Pour la première fois il faut juste éviter d’en fumer plus qu’une, sinon tu vas finir par avoir mal au coeur et à la tête.” Sa première cigarette avait été partagée avec Billie, dans un petit parc pas si loin de l’appartement familial, entre le quartier arabe et celui du marché aux fleurs. Il avait piqué quelques clopes dans le paquet de leur mère dans le secret absolue. Nul doute qu’elle leur aurait arraché la tête si elle l’avait apprit. Mais après avoir passé une année scolaire à voir des camarades de classe se faire pétrifier par un serpent géant qui se baladait dans l’école, fumer une cigarette semblait bien inoffensif à côté. C’était presque un dû. On est des grands, on a le droit d’avoir notre cigare et des conversations en aillant l’air important. Ne manquait plus que le verre de vin. Sauf qu’à cette époque (qui semblait si lointaine à présent), le vin c’était dégueu et la bière tout autant. Il fallait se planquer sous le toboggan de l'air de jeu. "Tiens. Pour célébrer ta première clope." Il lança sur les genoux de Meg un petit briquet ou l'ont pouvait voir Lucky Luke dégainer son pistolet sur un fond blanc.

Leur mère n’avait pas manqué de leur arraché la tête. Il n’y avait pas de gnomes dans l’appart sur qui on pouvait rejeter la faute des disparitions de chaussettes. Ils s’étaient fait punir. Ça ne les avait pas empêché de recommencer à de nombreuses reprises, plus discrètement cette fois, jusqu’à pouvoir s’approvisionner eux-même dans les tabacs en France, durant les vacances (amen, ils se fichaient bien des cartes d’identités).

Après on s’y fait.” Ian attira ses longues jambes contre lui après avoir allumé sa propre cigarette. Il souffla un long nuage de fumée visible grâce au feu. “Il y’a des cigarettes sorcières qui font des trucs marrants, aussi. Ou avec des goûts différents.” Il ne devait rien lui apprendre. On parlait de son monde à elle, dans lequel elle avait passé sa vie. Ou peut-être que dans son monde de sorciers bourgeois on privilégiait les pipes bizarres enchantées de façon improbable. Maigre tentative pour lancer un sujet de conversation. L'horreur. Son pire cauchemar. Il en déployait des efforts.

Ian tourna les yeux vers elle, presque grave sous les lumières des flammes qui continuaient de s’agiter paresseusement. Est-ce que c’était le moment où il fallait parler du bal et des nouvelles catastrophes qui leur planait sur la tête ? Des morts et des blessés qu’ils avaient tenus dans leurs bras ? Son soupire se perdit dans l’expiration pour rejeter la fumée par ses narines. T’as vu, Billie, on dirait un dragon !. Ou peut être que partager une cigarette en se contentant de parler de conneries n’était pas plus mal. Ça avait même son charme, tapit dans la volière au beau milieu de la nuit. Le reste du château était passé au jour suivant. Ils restaient dans la volière, sur l’autre rive, le temps de quelques minutes.




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Jeu 6 Sep - 12:10
Ils étaient bien, là, posés près du feu. Meg regarda Ian s’asseoir en face d’elle avec une certaine satisfaction. Parfois, il lui rappelait ces pantins de bois dont les membres se relevaient quand on tirait sur une ficelle. Le Serpentard avait une manière bien à lui de ranger ses longues jambes, un peu comme si elles n’étaient pas totalement à lui, qui attirait son regard et l’amusait beaucoup. Ian avait toujours été grand dans ses souvenirs, même quand elle l’avait connu. Il était en deuxième année alors, à cet âge où la plupart des filles dépassent encore les garçons, ayant eu leur poussée de croissance les premières, et peut-être que sa mémoire lui jouait des tours, mais il lui semblait que lui dépassait déjà du groupe à cette époque. Ça et ses gadgets tout bipant et clignotant, c’était sans doute ce qui l’avait incitée à oser lui adresser la parole en premier lieu. A ce souvenir, elle caressa du bout des doigts le Tamagotchi puis le remit dans sa poche avec un petit sourire pensif. Le feu avait trop rougi ses joues pour que leur couleur soit désormais l’indicateur d’un quelconque embarras.

« Non, ça va. » Bon, ça n’avait pas vraiment bon goût, mais enfin, peut-être que c’était comme le café. Meg, élevée à l’Irish breakfast tea, avait toujours trouvé le breuvage affreux, quoi qu’elle en aimât l’odeur, mais beaucoup d’élèves ne semblaient jurer que par ça. Peut-être qu’il fallait en boire beaucoup, et donc fumer beaucoup, pour commencer à apprécier les saveurs, si on pouvait appeler ça comme ça, d’une cigarette. Encore une fois, que l’on puisse vouloir volontairement ingérer un truc qui « donnait mal au cœur et à la tête » la dépassait, mais puisqu’elle était en train de le faire, elle aurait été mal placée pour soudain donner une leçon. Elle allait se contenter de finir sa cigarette sagement. Sa camarade de maison Elizabeth aurait dit qu’elle faisait ça « pour la science ».

« Parce que ça se fête ? Merci ! » Meg adressa un sourire amusé à Ian, avant de tenter de rattraper l’objet qu’il lui lançait, et d’échouer lamentablement. La cigarette lui donnait vraiment la sensation d’être toute molle. Heureusement qu’elle ne faisait pas partie d’une équipe de Quidditch dans un état pareil. Avec un léger rire, elle piocha le briquet qui avait atterri sur ses genoux. Le dessin de cowboy l’amusait beaucoup, car malgré son sujet sérieux, un certain humour s’en dégageait. « Oula, ton monsieur tire au pistolet les yeux fermés ? » Elle connaissait l’existence des armes à feu grâce au cours d’Etude des Moldus. Leurs équipements militaires étaient impressionnants, et elle trouvait particulièrement répugnant qu’on ait inventé des petites machines dont la seule fonction soit de percer des trous dans le corps des gens. Certes, une baguette pouvait le faire aussi, et même bien pire, mais elle ne servait pas qu’à ça !

Elle réprima un frisson qui n’avait rien à voir avec le froid, et reprit une bouffée de cigarette pour se donner une contenance. Elle n’aimait pas penser à ce que sa propre baguette avait dû faire l’année précédente, ni à ce que certains élèves faisaient avec les leurs ici même, de leur plein gré. Hippolyte… Hippolyte Avery n’était pas dans la Volière en ce moment. Elle se força à concentrer son attention sur le briquet. Ian s’était servit de ça plutôt que de sa baguette pour allumer sa cigarette. Elle le regarda, puis reporta son attention sur le petit objet, et en fit jaillir une flamme. « Wow ! » Clic, clic, le feu jaillissait sans effort de la minuscule petite boîte. Elle serra le briquet blanc dans son poing, fascinée. « C’est fantastique ! » Elle afficha un sourire radieux et reconnaissant. Plus petit qu’une flamme de baguette magique, mais tellement… accessible. Elle était déjà en train de réfléchir à des occasions de l’utiliser, puisqu’elle n’avait pas l’intention de fumer.

« Tu as déjà vu les fume-cigarette ou les pipes dont la fumée est modelable ? On peut faire toutes sortes de scènes, avec. Je crois que le professeur Vidal en a une comme ça. » Juste parce que fumer chez les Bride était mal vu ne signifiait pas que personne ne le faisait, dans certaines occasions sociales. Evidemment, on ne sortait pas le type de tabac qui fait flotter à quelques centimètres du sol en plein cocktail, mais elle savait que ça existait.

La conversation était légère, mais il y avait quelque dans l’atmosphère de plus sérieux, comme un courant sous-marin à leurs badinages de surface. L'expression quasiment solennelle de Ian, peut-être. Meg replia les jambes sur le côté, sensible au changement d’atmosphère et cherchant une position plus en accord avec la légère langueur que lui procurait sa cigarette. Si un professeur les surprenait maintenant, elle se ferait punir, mais en tant que préfet, Ian risquait plus gros qu’elle. Pourtant, il avait eu la gentillesse de ne pas la rembarrer et de plutôt prendre son temps, alors qu’il aurait simplement pu prétendre faire une ronde. Ou peut-être juste qu’il se fichait du règlement intérieur, désormais, pas juste pour le plaisir de le briser, mais avec une réelle indifférence.

« Le couvre-feu et toutes ces règles scolaires, ça doit te sembler tellement stupide désormais. »

Pas étonnant qu’après un an à vivre dans le monde des adultes, et un monde en guerre qui plus est, certains se moquent royalement du règlement. Elle n’avait pas vraiment réalisé que la dérive de ses pensées donnait l’impression qu’elle passait du coq à l’âne. Elle-même continuait à aimer la majorité des règles. Celles qui étaient justes et rassurantes, une routine confortable, des garantes de la paix sociale. Celles qu’on pouvait contourner sans trop de conséquences pour se sentir exister, comme ce soir.


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Ven 7 Sep - 21:13
Parce que c’est le meilleur tireur de tout l’Ouest. Il tire plus vite que son ombre.” Ian avait déjà survolé quelques bande dessinées du plus célèbre cow-boy francophone. L’étagère dans les toilettes de leur oncle qui résidait dans un petit bled paumé en Bretagne était pleine à craquer d’album et magazines en tout genre. Il ne les avait jamais vraiment lu, s’intéressant surtout aux dessins qu’il trouvait très chouettes, incapable de bien comprendre la langue de Molière. “C’est une bande-dessinée française.” Ian ne rendrait pas aux Belges ce qui était aux Belges. Il faisait l’amalgame depuis bien trop longtemps pour s’en rendre compte.

Margaret était comme une enfant devant son premier briquet, fascinée par la petite flamme qui sortait de l’appareil. Un ricanement moqueur partie du fond de la gorge de Ian devant tant d'exaltation pour un si petit objet. Sans magie il fallait bien se débrouiller comme on pouvait. Et un briquet avait plus de charme qu’une baguette magique. Ian sortit son zippo, celui qu’il avait sur lui depuis quelques années maintenant. Il ouvrit la petite capsule au dessus et la flamme s’éleva d’elle-même. Il la referma et le tendit à Meg, si jamais elle voulait assouvir sa curiosité. Sauf que celui-là il le reprendrait. Meg n’était pas prête pour le zippo Alien. “Max vend pas mal d’herbes qui ont des effets un peu similaire. C’est marrant.” Tib était un plus gros consommateur que lui sur ce point là. Ian se contentait surtout de tabac purement lambda. Un intérêt à vouloir se démarquer ou une réelle dépendance ? Peut-être un peu des deux. Le côté nostalgie n’était pas vraiment valable, il était arrivé à Poudlard avant de devenir un gros fumeur.

Ian finit par croiser ses jambes en tailleur et poser une main au sol, insensible à la crasse qui pouvait s’y trouver. Un simple sortilège suffirait à nettoyer son pyjama et le sweat-shirt qui avaient déjà bien morflés de toute façon. Il continuait de tirer sur sa cigarette pour observer la fumée s'entremêler au dessus de leur tête. Le silence entre lui et la petite Serdaigle n’avait rien de ses silences pesants et gênants de ceux qui ne savent pas quoi se dire. Celui-ci était une parenthèse pour souffler un peu et profiter des moments d’accalmies entre deux crises à Poudlard. Chaque nouvelle journée était une crise en elle-même.

Maggie rompit le charme presque timidement, la voix douce et à peine audible. Ian tourna la tête vers elle, se replongeant dans le silence le temps de quelques instant. “Non, pas vraiment…” On ne pouvait pas dire qu’il trouvait tout ça stupide. “Je n’y accorde juste pas beaucoup d’intérêt.” Comme il n’accordait pas beaucoup d’intérêt à pas mal de choses. Encore moins maintenant, elle n’avait pas tout à fait tort là dessus. “Mais c’est important pour d’autres de rester dans un… certain cadre.” Les plus jeunes avaient besoin de règles à respecter, parce qu’ils ne connaissaient rien d’autre. La discipline et la rigueur étaient de bons début pour l’éducation. Ian tapota sa cigarette pour faire tomber la cendre par terre. Parler éducation n’était peut être pas ce que Margaret avait derrière la tête. Lui non plus n’était pas sûr de vouloir partir dans cette direction. “Et toi? Pas trop angoissée de fumer dans la volière à deux heures du matin ?” Si quelqu’un les voyait (dans le pire des cas Rusard ou Goyle) il y avait des chances pour que la Serdaigle s’en tire sans trop de problème. Une retenue dans le pire des cas. C’était un modèle de droiture, elle ne risquait pas grand chose pour sa première grosse infraction au règlement.




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Sam 8 Sep - 12:13
Meg sourit en entendant Ian réciter le slogan sur un ton presque chantant, comme quelque chose  d’appris par cœur. Vu le dessin du petit cow-boy sur le briquet qu’elle tenait entre ses mains, il devait s’agir d’un héros destiné aux enfants. Elle était toujours fascinée par ce qui avait dû constituer une enfance moldue. Ce devait être si étrange de grandir avec une télévision, un lave-vaisselle, pas de Pimentine pour les petits rhumes, pas d’essence de Murlap pour les genoux écorchés, des jouets électroniques et la peur de se faire mal en tombant si jamais on se penchait par la fenêtre. Si elle avait été Animagus souris et avait disposé d’un retourneur de temps, elle aurait été espionner les Persson enfants, juste pour voir. Mais évidemment, cela faisait beaucoup trop de « si » pour qu’elle ne le fasse jamais. D’ailleurs ça aurait été un peu bizarre de s’introduire en catimini dans la maison d’amis. Elle acquiesça lorsque Ian lui expliqua qu’il s’agissait d’une bande-dessinée française. Elle savait lire le français, mais on ne travaillait pas vraiment sur des bande-dessinées, en classe, et elle n’en avait donc jamais eu connaissance.

Les yeux de Margaret pétillaient joyeusement et elle ne se rembrunit guère quand Ian se moqua un peu d’elle. Elle avait l’habitude et de sa part, savait que ça n’était pas méchant. En public, elle aurait été un peu gênée, mais puisqu’ils n’étaient que tous les deux, elle n’était pas assez orgueilleuse pour se vexer.

« Ton briquet est superbe. » Elle attrapa l’objet et l’examina avec attention. Après tout, elle s’y connaissait en métal ouvragé. Celui-ci n’était pas de l’argent, évidemment. « C’est du chrome ? » La gravure était relativement fine, pour un objet moldu dont quelqu’un qui n’était pas riche se serait servi tous les jours. C’était de la bonne qualité. Elle pensait cela sans snobisme : sa propre famille vivait dans le luxe, elle en avait bien conscience.  « Qu’est-ce que c’est, la créature représentée dessus ? » Elle joua un peu avec le couvercle, puis la flamme. Elle aimait bien le poids de ce briquet-là dans sa main, et la manière dont la flamme restait droite, et le rendit presque à regret à son légitime propriétaire.

La mention de Max, en revanche, lui fit pincer les lèvres, et elle ne fit pas de commentaire. Elle n’avait pas envie que sa présence, même dans leur conversation, vienne gâcher le moment. Max ne vendait pas que du tabac amusant, il vendait aussi toutes sortes de drogues illégales, elle ne se faisait aucune illusion sur le sujet. Moins elle en saurait, mieux elle se porterait.

Elle était reconnaissante de sa manière de répondre à sa remarque un peu hors sujet. Ian savait affirmer son point de vue sans pour autant donner aux autres l’impression qu’ils avaient tort. C’était un respect souvent rare, et il était reposant. Il aurait été tellement facile pour lui de mépriser toutes leurs petites différences, et ce qu’elle savait être ses petits travers de jeune fille trop sage ! Par indifférence ou par amitié, lui n’avait semblait-il aucune intention de la changer, et c’était reposant.

« Il est déjà deux heures ? » L’observant, elle l’imita consciencieusement pour débarrasser sa cigarette de la cendre. C’était vrai qu’elle était un peu fatiguée, mais pour le moment, qu’il s’agisse de l’effet de la cigarette, de ce lieu qui était son refuge ou tout simplement de la présence agréable de Ian à ses côtés, elle n’avait aucunement envie de bouger. « Je ne me suis jamais fait prendre dans cette volière. Même s’il est vrai que d’habitude, je n’y fais pas de feux de joie, et que je n’y fume pas. » Elle sourit, un peu malicieuse. Peut-être bien que cette fois-ci, elle risquait de se faire attraper, en effet, mais c’était presque dur à imaginer, assise là dans le petit cocon délimité par la lumière dansante des flammes.

Les ombres mouvantes avaient un effet amusant sur la grande silhouette de Ian. De là où elle était, ses yeux étaient entièrement sombres, et les os marqués de son visage semblaient osciller bizarrement. « On ne m’a surprise à briser le couvre-feu qu’une seule fois, et encore, c’était à l’entrée de cette tour seulement. » Elle s’épargna de rentrer dans les détails désagréables, pour ne pas mettre fin à l’atmosphère fragile du moment. C’était déjà beaucoup qu’elle sous-entende que ce soir n’était pas une exception et que la volière était son refuge nocturne et illégal. Certes, c’était la première fois de l’année qu’elle y retournait ainsi en catimini, mais elle n’aurait pas partagé « son royaume » avec n’importe qui. « D’ailleurs, tu n’étais pas censé faire une ronde ce soir, je me trompe ? » Elle connaissait trop bien les horaires pour s’y tromper. Préfet ou pas, Ian non plus n’était pas censé être présent.


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Mer 24 Oct - 16:52
Ian effleura la main de Meg du bout des doigts en récupérant le briquet. “Je pense, oui. La plupart des zippo étaient en chrome, celui-ci ne devait pas faire exception. Dans le fond il ne s’était jamais posé la question. Le briquet marchait, c’est tout ce qu’il lui demandait. Il le fit tourner quelques secondes entre ses doigts pour observer et toucher la gravure qu’il connaissait par coeur. “Ça vient du film Alien. C’est…” Il chercha ses mots quelques secondes… comment expliquer ça simplement ? “le monstre qui pourchasse des scientifiques coincés dans un vaisseau spatial. C’est un survival génial mais je ne pense pas que tu apprécierais vraiment. C’est plutôt un film d’horreur et suspense.” Ian l’observa encore quelques instants, l'époussetta de quelques poussières d’un mouvement de pouce avant de le glisser de nouveau dans sa poche.

Les adolescents pensent qu’être bruyants et surexcités est le meilleur moyen d’avoir l’attention sur soit. Ce n’est pas vrai. Un ado qui se comporte comme une nuisance reçoit deux secondes d’attention le temps qu’on lui dise de fermer sa gueule. Ce qui attise la vraie curiosité et qui pique l’intérêt à vif c’est la réserve discrète. La sagesse avare en paroles inutiles et en gestes trop convulsifs. Margaret Bride et son uniforme impeccable, son respect du règlement et ses cheveux toujours bien peignés était de ceux-là. Une ado timide et discrète qui gardait précieusement beaucoup de choses entre ses mains scellées.

Le Serpentard rendit son sourire à la Serdaigle, l’air toujours un peu traînant, sa signature. Il tira une nouvelle fois sur le si terrible objet de délit pourtant si ridiculement petit. Tout doucement Margaret semblait délasser ses doigts. Elle livrait quelques détails de ses aventures avec précaution, au compte goutte. Billie lui avait bien dit ce qu’elle savait sur la chose mais ce n’était pas grand chose. Personne ne savait grand chose de ce que la petite Maggie avait fait l’année dernière. Est-ce que quelqu’un avait réellement pris la peine de se pencher sur la question ? Personne n’avait vraiment prit la peine de se pencher sur ce genre de détails, non. Tout le monde avait prit bien soin de ne s’occuper que de ses affaires et son nombril. Une grande première dans l’Histoire de Poudlard.

Je ne te prenais pas pour une récidiviste.” Son sourire était gentiment moqueur. Il n’alla pas plus loin dans la provocation, ce n’était pas nécessaire. Meg parlerait quand elle en aurait envie et si elle en avait envie. Elle laissait filtrer quelques rayons de vérité entre le creux de ses doigts et c’était déjà suffisant.

Époussetant son pantalon de pyjama pour retirer la cendre qui s’y était déposée, Ian haussa machinalement les épaules. “Pas aussi tard, non.” Il souffla un long nuage de fumée qu’il dispersa d’un geste de la main. “Et de toute façon Winsford se démène bien assez pour quatre. On dirait un petit roquet complètement survolté, c’est très drôle.” C’était drôle deux minutes en réalité. Puis après il y avait ce terrible sentiment, entre la peine et l’énervement. Connor Winsford faisait de la peine parce qu’il se donnait beaucoup de mal et était très… trop maladroit. Il était agaçant parce qu’il était insupportable et que les plus jeunes ne pouvaient pas le blairer, ayant peu d’armes pour se défendre contre lui. Mais il essayait, de son mieux. Ce sont toujours les plus divertissants.




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Lun 29 Oct - 18:01
Leurs mains se croisèrent alors qu’elle lui rendait son beau briquet. La douceur furtive de ce contact d'une brièveté fortuite la prit au dépourvu et elle se figea quelques secondes avant de finalement se tourner vers Ian, un sourire un brin malicieux s’étirant presque malgré elle sur ses lèvres. Le geste avait été anodin, vraiment, et en plein jour, dans un couloir bruyant ou une salle de classe bourdonnante, elle ne s’en serait peut-être même pas rendue compte. Mais Margaret vivait dans un monde où l’on ne se touchait pas, la seule exception notable étant peut-être sa petite sœur. Face à toute autre personne, une distance de politesse s’imposait d’office, même avec ses propres parents. Elle avait été élevée comme ça, c’était sa nature, et la majorité du temps, elle ne se rendait même plus compte du corset tactile dans lequel elle se passait ses jours.

Mais les êtres humains étaient faits pour se toucher et elle en avait soudainement une conscience aigüe alors que la sensation fantôme des doigts de Ian sur le dos de sa main s’évaporait lentement. La sage, la proprette Margaret ne s’asseyait pas sur les genoux de ses camarades lorsqu’ils discutaient en cercle informel dans le parc. Elle se sentait un peu maladroite quand il s’agissait de prendre une amie dans les bras pour la réconforter. Elle savait danser la valse et la polka mais aurait été incapable de savoir où mettre ses mains dans un slow informel. Face à ce désert total, il était peu étonnant qu’un non-évènement comme celui qui venait de se produire, sans aucun doute sans la moindre intention de la part de Ian, lui fasse l’effet d’un mini-séisme.

Elle tâcha de se concentrer sur ce que le Serpentard racontait pour oublier son léger trouble, fixant sa main les yeux dans le vague jusqu’à les propos de son ami lui fassent relever la tête, sourcils froncés. Toutes les histoires d’exploration spatiale des moldus étaient aussi fascinantes que déroutantes, mais l’aspect horrifique la laissait perplexe. Ian avait été sa première porte d’entrée sur le monde des moldus, mais elle avait rarement fait attention au fait que son point de vue soit nécessairement subjectif. « Tu aimes te faire peur en regardant des films d’horreur ? Comme… un genre d’exorcisme ? » Pourquoi s’effrayer avec de la fiction quand la réalité pouvait déjà être si terrifiante ? Il y avait déjà tellement de monstres existants qu’elle voyait difficilement l’intérêt d’en inventer de nouveaux. « Tu crois qu’on pourrait transplaner dans l’espace ? Sur la Lune ? » Elle-même n’aurait pas voulu tenter de s’y rendre en balai, en tout cas.

Elle rendit son sourire à Ian, un peu pensive. « Je plaide coupable. » Devrait-elle en raconter plus ? Elle était au bon endroit après tout, et il n’y avait définitivement plus d’Armée de Dumbledore à trahir. Ses membres les plus célèbres étaient tous des héros de guerre adulés comme tels, désormais. Ian lui ouvrait la porte, invitation sans insistance, qui pour la première fois, lui paraissant tentante, parce qu’il semblait sincèrement prêt à écouter. Parce qu’il n’avait pas été là l’année précédente et aussi, plus prosaïquement, parce que son éternel étalage d’indifférence plus ou moins feinte dépossèderait le récit de ses émotions trop intenses.

Toutefois, le temps qu’elle tergiverse, la conversation avait glissé sur un autre sujet. D’un mouvement coordonné de fesses et de jambes, Meg se rapprocha à la fois un peu du feu et un peu de Ian. Un peu, mais pas trop, pour ne pas entrer dans son cercle fantasmagorique de fumée. Elle étouffa un léger éclat de rire pour elle-même : avec sa cigarette comme cela, il lui faisait penser à un dragon enrhumé. C’était étrangement réconfortant et exhilarant de briser en règlement en compagnie d’un véritable préfet, mais la suite de ses paroles lui fit perdre un peu de sa bonne humeur. « Pas étonnant que Connor Winsford ait quelques soucis de légitimité. Tu aurais dû le voir l’année dernière… Après la mort de son père, les Carrow lui faisaient les yeux doux comme s’ils s’étaient attendus à ce qu’il marche dans les traces de son paternel. M’est avis qu’il a des choses à se faire pardonner. » Peut-être était-elle un peu injuste. Il avait au moins le mérite d’essayer. Connor ne s’était pas montré particulièrement zélé en cours de magie noire… mais cela s’était bien vu qu’il avait déjà reçu une éducation « maison » sur le sujet et il s’en était servi lorsque cela s’était avéré nécessaire pour remplir ses « obligations » de préfet, sans grand déplaisir apparent. Plus encore que dans le reste du château, la salle commune des Serpentard devait être le témoin de scènes étranges depuis la rentrée, surtout en la présence née-moldue des Persson. Cat, qui adorait pourtant les ragots et les scandales, ne lui avait rien rapporté sur le sujet, et c’était étonnant, mais après tout, ce genre d’information n’avait pas la qualité frivole qui attirait sa sœur. Il faudrait qu’elle lui tire les vers du nez par un moyen ou un autre.

Elle se mordit la lèvre et contempla son moignon de cigarette presque entièrement consumé sans trop savoir quoi en faire. Venait-elle d’être une langue de vipère ? Après tout, elle aussi avait eu une apparence soumise, l’année précédente. « Mais je dis peut-être des bêtises. Tout le monde n’a que des petits bouts de vérité, sur l’année dernière. Même moi, je n’ai jamais ouvert une seule lettre que j’ai fait passer, tu sais ? » Elle releva la tête, sourit plus franchement. « Je savais qu’elles venaient des bonnes personnes, mais même les noms des destinataires étaient codés. Encore aujourd’hui je ne suis même pas sûre de comment les réponses arrivaient dans le château, d’ailleurs. Je me suis contentée de faire sortir des choses de l’école. Les faire rentrer dedans, ça aurait été bien plus difficile. » Elle ne voulait pas gâcher l’ambiance, se sentait toujours un peu réticente à se confier et attirer l’attention sur elle. « Tout le monde n’a malheureusement pas ton expérience de contrebandier de Yellow Parties. » Un trait d’humour où elle se dénigrait un peu au passage lui semblait une excellente diversion.



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Dim 11 Nov - 0:48
Un genre d’exor-... Ian l’observa d’une expression plus confuse qu’autre chose. La pause d’incompréhension passée, le Serpentard étira un long sourire narquois. Il se pencha doucement vers Margaret. Les flammes faisaient danser les ombres sur son visage et lui chauffait la joue droite. “Si jamais je suis possédé par un démon je ne tenterais pas l’exorcisme par film d’horreur. Je ne crois pas que ça soit une technique conseillée par l’Église.” Il se redressa et fit glisser son regard vers le feu. Il resta silencieux quelques secondes à sa question. En vérité c’était quelque chose auquel il avait beaucoup beaucoup trop réfléchit. Il ramena vers lui ses grandes jambes et observa le feu. “Peut-être. En tout cas on devrait pouvoir s’y rendre. On a des sorts capable d’annuler les effets de l’apesanteur, de faire pousser des fleurs et créer des dômes de protection. On peut faire voler des tapis et des voitures. Il est possible de tordre les lois les plus élémentaire de la physique. On pourrait sûrement réussir à rendre une planète habitable.” Il conclut en haussant les épaules. Il ne connaissait pas tous les tenants et aboutissants de l’implication des sorciers dans les recherches “moldues” tout du moins spatiales. Il comptait s’y pencher une fois ses études à Poudlard terminées. Un des (trop) nombreux projets qui l’intéressait. La bibliothèque de l’école était trop pauvre sur le sujet.

Je plaide coupable” Meg semblait un peu plus à l’aise entre les murs de la volière avec pour uniques témoins de leur discussion les rares hiboux encore présents. L’impression de jouer l’équilibriste sur une discussion aussi délicate, enrobée de sous entendus lourds lourds lourds comme le passé. Une sensation de ne pas être vraiment légitime. Il n’avait pas été là l’année dernière, n’avait pas partagé la souffrance des élèves qui s’étaient battus pour survivre dans une maison devenue prison.

Le regard de Meg perdit de son éclat joyeux (mensonge, les flammes faisaient encore briller cette drôle d’étincelle dans sa pupille), ses sourcils s’affaissèrent légèrement. A peine. Bride savait maîtriser ses émotions. Ou peut être pas tant que ça au final. Il écouta ses théories sur l’aîné des Winsford avec un visage dénudé de toute expression. Ian se pencha doucement en avant une fois de plus et tendit le bras pour jeter son mégot dans le feu. “Les circonstances de la mort de son père sont bizarres. C’est ce que tout le monde pense, non ?” Une histoire de légitime défense, une enquête bâclée,... Toutes les familles de sang-purs avaient leurs secrets qu’on ne voulait pas trop remuer. Après les évènements de l’année passée la justice sorcière n’avait probablement pas jugé nécessaire de donner un coup de pied dans la fourmilière et d’offrir une enquête correct. Peut-être qu’au fond ça les arrangeait bien la mort d’un potentiel mage noir. On ne devait pas trop cracher sur de telles opportunités. Winsford avait sa dose de magouilles et de cachotteries. Et en vérité Ian ne savait même pas comment la maison Serpentard faisait pour dormir tranquille. Ni comment personne à Poudlard faisait pour dormir tout court en sachant que son voisin avait potentiel torturé quelques camarades de-ci de-là. Tout le monde ne pouvait pas se retrouver dans la volière à deux heures du matin. Il y avait peut-être d’autres planques.

Ian l’écouta dans un silence religieux, les yeux toujours tournés vers le feu qui se réduisait peu à peu. Il leva la tête vers elle lorsqu’elle mentionna les lettres et répondit à son sourire par un autre. Il n’avait aucune foutue idée de quelles lettres elle parlait exactement, mais deviner le contexte n’était pas bien compliqué. L’imaginer elle être un élément central de la révolution silencieuse de Poudlard était tout une autre affaire. Mais après tout il ne la connaissait pas si bien. Margaret était discrète. Elle avait aussi ses secrets. Parfois on les voyait peser sur ses épaules, en regardant avec attention.

Le silence bref fut rompu par la touche d’humour de la Serdaigle. Une fermeture de parenthèse. Le sujet n’avait pour l’instant pas besoin d’être creusé d’avantage et il n’avait pas l’intention de la mettre mal à l’aise. Ce n’était ni le lieu, ni l’endroit. Et de toute façon ça ne le regardait pas. Meg pouvait s’autoriser à lâcher des brides d’indices sur ses activités de contrebandière de l’année passée, il n’avait aucun droit de lui demander plus d’informations. Ça ne serait que dans le but d’assouvir une curiosité. Tout ça relevait du passé. Ian lui rendit son sourire. Tranquillement, prenant son temps comme s’il calculait chacun de ses gestes, il se leva et épousseta son pantalon. “C’est tout un art. Je t’apprendrai à affiner ta technique.” Ian glissa une main dans la poche de son sweatshirt comme pour s’assurer que baguette, briquet et cigarettes y étaient toujours. Il s’étira paresseusement. “Je vais y aller. Il faut encore que je traverse tout le château. Tu termines de tout cramer ou tu retournes dans ton perchoir ?




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Mar 13 Nov - 11:14
Ce n’était pas ce qu’elle avait voulu dire, exactement. Bien sûr qu’elle ne pensait pas à de véritables démons. Comment auraient-ils pu se cacher entre les fils électriques et les petits pixels d’une télévision moldue ? Ça n’avait pas de sens. Elle se mordilla l’intérieur de la joue en cherchant comme s’expliquer plus clairement, le mot « catharsis » lui échappant résolument, et fini par abandonner. Ca n’avait guère d’importance. Ian aurait pu jouer dans un film d’horreur, en cet instant, penché sur elle à parler de démons, le visage agité par des ombres mouvantes, si elle n’avait pas été si familière avec son sourire. Moqueur sans méchanceté. Chez d’autres, il l’aurait blessé, mais pas chez lui, dont c’était la façon de fonctionner. Elle avait bien conscience que sa manière de voir le monde moldu devait parfois paraître ridicule ou amusante.

« Et vivre avec en permanence un sortilège de Tête-en-bulle ? Je préfère rester sur Terre pour le moment ! »

Ce serait pratique, tiens, pour manger, boire, respirer des parfums (que sentait la Lune ?), fumer, s’embrasser… Un peu de rouge lui monta aux joues à cette idée, mais ça n’avait guère d’importance, le feu étant un suffisamment bon prétexte. Elle préférait sa lune à elle comme un bel objet de rêve dans le ciel nocturne. « Ca me rendrait un peu triste de savoir que des gens mènent une vie toute ordinaire, là-haut. Que… Des gens font de l’arithmancie sur la Lune, par exemple. C’est censé être plus beau que ça, non ? » Peut-être qu’elle avait tort, et que vivre au milieu des cratères argentés, en admirant la Terre depuis sa fenêtre, était poétique et extraordinaire, mais vraiment, ça ne lui faisait pas envie. La Lune avait l’air trop… solitaire.

Margaret savait être seule. Elle l’avait beaucoup été, l’année précédente. Mais aujourd’hui, elle avait soif de trouver des personnes pour la comprendre et embellir son quotidien. Pouvoir de nouveau se confier à Andromeda, par exemple, ou être faussement frivole avec Billie. Et juste… se laisser aller à profiter de l’instant avec Ian ce soir, sans aucune attente particulière. Elle appréciait sa compagnie exactement pour ça : il était présent, attentif, sans jamais se montrer intrusif. Sérieux, mais assez moqueur pour qu’elle ne sente pas prise au piège, ni de ses attantes à lui, ni des convenances sociales. Ca lui redonnait la sensation d’être vivante. Il y avait eu des moments, six mois plus tôt, où elle s’était sentit tout à fait transparente. Invisible. Mais ce soir, elle existait.

« Il y a eu tellement de morts bizarres l’année dernière que j’ai perdu le compte. » Elle jeta à son tour son mégot dans le feu, le regardant exploser dans une brève gerbe d’étincelles. Le niveau du feu commençait à baisser. Les fientes ne constituaient pas un combustible très long. Elle aurait sans doute du se sentir un peu coupable de tant d’indifférence face à ce mort de plus, mais franchement, elle n’avait pas sentiments à gaspiller pour un Mangemort qu’elle ne connaissait pas. Il y avait eu trop de monde qui le méritaient à pleurer. Mais c‘était vrai que l’histoire était intrigante. Elle se décida à regarder Ian. « Tu sais… Les familles Sang-Purs adorent les ragots. Connaître les secrets de famille, c’est une question de survie pour beaucoup, surtout maintenant. Et la rumeur, sur les Winsford… Je veux dire, on sait qu’il est mort en ratant un Avada Kedavra, mais le cœur de l’histoire, c’est qu’il aurait tenté de le lancer sur son propre fils. Pas Connor, son petit frère. » Elle avait baissé la voix en racontant ça, comme si quelqu’un risquait de les entendre plus qu’à la minute précédente. C’était bête, mais bon. Qui voulait parler d’un père tentant d’assassiner son fils à haute voix ? L’horreur apportée par Voldemort, la violence, le chaos et la mort, c’était une chose. Imaginer une telle haine au sein de sa propre famille… Ca, c’était impossible. Un pur sacrilège.

« Puck ! » appela-t-elle doucement. Somnolent mais de bonne grâce, le volatile vint se poser dans ses bras, et elle lui lissa les plumes avec lenteur. Elle avait besoin d’un peu de tendresse après des pensées aussi sombres, et d’un peu d’humour, aussi.

« Volontiers. » Après une dernière caresse, elle tendit le bras pour permettre à son hibou de s’envoler, puis se leva à son tour, allumant sa baguette d’un Lumos. « Non, je vais te suivre. M’endormir pendant le cours du professeur Mora demain serait une mauvaise stratégie de survie. » Elle lui rendit un sourire plus franc, et fit léviter un nouveau tas de fientes pour étouffer définitivement la flambée, les plongeant dans une pénombre soudaine. Ian semblait avoir définitivement remarqué son attrait pour le feu, et elle n’était pas encore sûre de quoi en penser. Mieux valait lui qu’un autre, sans doute, mais cela la faisait se sentir un peu vulnérable. Bah. Elle n’avait rien fait de mal, n’est-ce pas ? Ian, si respectueux de sa vie privée, n’avait aucune raison de faire quoi que ce soit.

« A demain. Et merci pour…» L’écoute ? « … la cigarette. » Elle n’aurait pas cru que partager sa Volière avec lui pourrait se révéler aussi agréable.


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Mer 28 Nov - 16:43
La lune ? Ian fit couler son regard sur la fenêtre ouverte qui laissait passer un courant d’air froid. Dehors on ne voyait rien à l’exception de quelques étoiles dans le ciel. Pourquoi se contenter de la lune quand l’espace entier nous ouvrait les bras. Peut-être que si Voldemort s’était un peu plus penché sur l’astronomie il n’aurait pas cherché à massacrer les moldus pour rendre les sorciers supérieurs. Un petit voyage vers une nouvelle galaxie à bord d’un château volant à turbines magiques, une planète sympathique et l’affair et dans le sac. Plus besoin de se cacher, tout le monde est content. Ce qui manquait cruellement à la NASA c’était un département magie.

Perdre le compte des morts. Le regard posé sur le visage poupin de Margaret, le Serpentard ne dit pas un mot de plus, préférant écouter les siens. Perdre le compte des morts. Ça avait quelque chose de terrible et de lourd. Quelque chose de vrai. L’horreur s’était banalisée. Qui avait vraiment été marqué par le décès du professeur Pham ? La vie adolescente reprenait son cours. Les histoires d’amour étaient bien plus catastrophique que des histoires passées et enterrées. Des morts il y en avait partout et tout le temps. Pas le temps de tous les pleurer. Surtout pas les morts chez les Winsford. ‘Il était un peu con, le père Winsford. Lancer un sort impardonnable, pour tuer, devant autant de témoins. Et pour le rater en plus.” S’en moquer permettait d’alléger la chose, de minimiser l’horreur de la situation. Puis c’était un constat qui n’était pas si bancal. Le père Winsford ne devait pas être très malin. Oh, simplement une décalage dans l’éducation. Les sangs-purs, ces êtres sataniques qui lançaient des doloris à tour de bras et des avada kedavra pour faire le ménage. Les Bride devaient sûrement eux-aussi participer à quelques sabbats entre deux contrats signés.

Detoo s’était enfuit depuis bien longtemps. Tant mieux, c’était la raison pour laquelle il avait été emmené ici à la base. Ian épousseta brièvement son pantalon de pyjama. Il imita la Serdaigle en récupérant sa propre baguette pour l’allumer également. Traverser tout le château dans le noir était du suicide. Tout comme s’endormir pendant le cours d’histoire de la magie, en effet. La réflexion tira à Ian un sourire. Il la laissa passer devant, dans les escaliers alambiqués qui était le seul échappatoire de la volière (il ne comptait pas l’option de se jeter par les fenêtres comme valide).

Quand tu veux. C’est toujours un plaisir d’entretenir le cancer des autres.” Il lui fit un bref signe de la main, accompagné du sourire narquois, chuchotant cette fois pour éviter d’attirer Miss Teigne ou tout fantôme trop curieux. “Bonne nuit, Meg.” Ian se détourna pour filer à pas de loup dans le couloir. Il alla rejoindre un passage secret, derrière une des armures endormies, qui lui sauverait l’embarras des escaliers capricieux.




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